LES MÉTHODES DES SCIENCES PSYCHOLOGIQUES ET 50CIAJ
qu'il faut étudier séparément : l'enquête indirecte ou questionnaire proprement dit, l'enquête directe ou orale.
lu Le procédé du questionnaire est si connu qu'il esl inutile de le décrire. On oe peut nier qu'au premier abord il es! séduis Prendre un sujet, le réduire a quelques questions et s'adresser a un | > 1 1 f > I ï « - souvenl énorme par la voie des journaux, des revues ou même des feuilles détachées qu'où distribue à profusion, il semble bien que c'esl la variation ei l'extension de l'expérience exig par les règles de la méthode. De plus, comme la matière du psychologue esl beaucoup plus hétérogène que celle du physicien ou du chimiste, il semble que, par ces multiples réponses, on a plu chances d'en pénétrer la variété, d'écarter le danger si difficilement évitable d'une psychologie schématique. Malheureusemenl les résultats ont rarement répondu à ces belles espérances ei la réflexion en découvre aisément les causes. On ééhoue par La nature du sujel proposé c( par la faute du public auquel il s'adresse.
Si l'on choisit quelque grande et importante question, elle reste réfractaire à ce que l'on pourrait appeler la - mise en forme ». Elle <i^l trop complexe ou trop délicate pour être découpée en morceaux ei posée en termes clairs, ne comportant que Ar< réponses précises.
Mais si les grands sujets sonl interdits, te psychologue peut-il se rabattre sur les petit- ? Ici, il est juste de reconnaître que l'emploi du questionnaire ;i rendu di^ services: ainsi c'est par ce procédé qu'on a découveri l'inaptitude totale de diverses personues pour la vision mentale. Toutefois le succès esl dû ;i la simplicité des que-tions; quoique d'ordre psychologique, elles ne dépass pas de beaucoup le niveau d'une enquête sur le poids, la couleur de- yeuxou de- cheveux et autre- particularités physiqu
Enfin, il y a aussi les difficultés qui proviennent du publie interrogé. H faudrait être assuré de deux choses : la véracité de- répondants, leur compétence. <>r, sauf le- cas <>ù l'on s'adresse i un public bien connu — par conséquent, très restreint — on est dans l'indéterminé et dépourvu de tout moyen de contrôle.
L'interrogation orale et directe m'inspire seule quelque confiance. Cependant (die n'e-t pas sans inconvénients.
D'aoord, elle esl nécessairement restreinte. Ce procédé exige une
connaissance suffisante du sujel interrogé, de son milieu social, de
sa tournure d'esprit, de son caractère, de -a culture intellectuelle
■l'aie et spéciale. L'ignorance de tous ces facteurs non- lancerail
dans l'inconnu.
Ensuite, il y a l'interprétation des réponses par le psychologue. -t une épuration personnelle inévita] it l'effort doit
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tendre à [a réduire au minimum. L'altitude de l'interrogateur doit être passive, réceptive, et sa vçrtu principale consiste à ressembler îi un instrumenl i nregistrcurs Pans certaines enquél aies,
d'ailleurs bien conduites, il Semble que le psychologue intervient trop et incline le sujet vers une direction. Malgré ces inconvénients, l'enquête orale me parail un mode d'investigation légitime.
En résumé la méthode du questionnaire s'a] puie sur le nombre. Elle est une adaptation du suffrage universel aux problèmes delà psychologie et trop souvent elle ne diffère pas beaucoup de ces interrogations que les journalistes adressent au grand public sur tous les sujets.
L'enquête orale, au lieu du nombre, vise à la qualité. On a dit avec raison que « l'étude méthodique de dix personnes par dix psychologues est incomparablement plus utile que le remplis d'une centaine de feuilles signées ou non signées».
Pour conclure, l'enquête n'est qu'une méthode auxiliaire, et elle n'est utile que si on acc< ide à la critique le rôle important qu'elle mérite. 11 est double: critique des procédés, critique des témoignages.» (De la méthode dans les sciences. — Chapitre de Th. Ribot sur la psychologie, p. 236. sq.; Alcan, 1909.)
Les manifestations psychologiques peuvent encore être observées dans leurs résultantes superficielles par la psychologie sociale et la psychologie comparée ; ensuite dans leurs éléments plus profonds par la psychologie physiologique.
b) Psychologie ( bjective générale. — 1° La psychologie sociale examine d'abord les manifestations extérieures les plus apparentes du phénomène, en l'étudiant dans la société actuelle et en remontant historiquement dans le passé. Cette étude constitue la psychologie sociale ou sociologique : elle puise des informations précieuses dans les différentes sciences sociologiques (sociologie générale, sociologie esthétique, épistémologique, religieuse, juridique, économique, ethnologie, linguistique, folklore) et dans les travaux descriptifs préparatoires (travaux historiques en général : histoire de la civilisation, de l'art et de la littérature, des sciences, des religions, (\\\ droit, du commerce et de l'industrie, etc.).
Ces informations nous permettent de corriger ce. que nos observations auraient de trop individuel. On a trop souvent reproché à la psychologie de faire la science de « l'homme blanc, adulte et civilisé ». Par la sociologie s élargit le champ de nos investigations. Nous opérons sur des masses, des peuples entiers et considérés pendant des siècles, sur des résultantes enfin, où les particularités se sont évanouies pour ne laisser la place qu'aux phénomènes généraux, conséquences des causes générales.