‹ Logique et moraleChapitre 87 sur 352 · LES MÉTHODES DES BC11 V ES PSYCHOLOGIQUES 1.1 S0CJ ILES · texte numérisé non relu

LES MÉTHODES DES BC11 V ES PSYCHOLOGIQUES 1.1 S0CJ ILES

fructueuse la méthode pathologique. La faculté de la parole volon taire, <le la répétition des mots entendus, de la lecture à haute voix, de l'écriture volontaire ou sous l;i dictée, <!<• la compréhension <Nimots parlés, des mots écrits, la faculté de copier, toutes ces facultés peuvent Être abolies ensemble ou par groupes de trois, quatre, cinq, les autres restant intactes. Sommes nous donc fondés à dire que la maladie <ist un merveilleux instrument d'analyse? Il y h plus, elle instruit sur l'état normal; car ces variétés d'aphasie contribué à mettre en relief la prédominance marquée, chez l'un, des images de lavue type visuel , chez d'autres des ima§ nies

ou motrices type auditif, i\ pe moteur .

Je n'ai encore rien ditdes rapports de la méthode pathologique avec les sentiments. Tous peuvent revêtir la forme morbide; mais M est un groupe, qui, en raison de son importance morale et sociale, a donné naissance à une science nouvelle : l'anthropologie criminelle. A la vérité «'11»' appartient pour- une bonne moitié à l'anatomie el à la physiologie <lu corps; pour le reste, elle relève de la psychologie ou «le la morale. Elle étudie les délinquants, les gens placés sur la frontière de la folie; elle montre que le langage populaire i e se trompe pas en disant de certains individus « «ju'ils n'ont rien d'humain ». Il peut exister dans L'organisation du sentiment des lacunes comparables à la privation d'un membre <>u d'une fonction dans L'organisation physique : ce son! des êtres que la natur< les circonstances ont déshumanisés. La psychologie d< - foules qui étudie le rôle des sentiments et des impulsions dans les groupes pI collectivités est comme un rameau détaché de ce tronc. De date récente, elle s'est affirmée dans quelques œuvres <l<' valeur.

Il ne conviendrait pas Je quitter la méthode pathologique sans l'appeler ce qui est <lù au procédé si longtemps décrié de l'hypnotisme, on n'a pas craint «I»' l'appeler « une vivisection morale . véritable expérimentation qui permet <!•' voir et de faire fonctionner bous nos yeux le mécanisme intellectuel, comme le physiolog voit cl t'ait fonctionner sous Bes yeux la machine organique. Les paralysies produites et guéries par suggestion, les amnésies artificielles, les hallucinations positives el négatives, les suggestions

;tes a longue échéance : tous ces faits et bien d'autres onl : de vieux problèmes sous une nouvelle forme.

Mais le point important a noter, c'est que ce procédé est le plus

efficace pour pénétrer dans l'activité inconsciente ou sul

sciente. Il est clair que la méthode d'observation intérieure est ici d'usage nul. ou ne peut servir qu'à tromper. C'est avec l'emploi toujours grandissant de la méthode objective que la psychol confinée longtemps dan- la conscience claire, a étendu son domaine

et s'est habituée a admettre que ce qui tombe soiu >i pri ea n'est qu'une faible partie de La \ ie mentale

L'hypnotisme esl un procédé excellent pour explorer ce monde souterrain qui, connu ou inconnu, fait partie de nous-même, qui conserve notre passé et qui est un réservoirde tendances virtuelles, d'énergie potentielle n'ayant pas réussi à faire irruption dans [a conscience. Il a permis de Les atteindre directement. » Id., p. 253 sq

Il esl vrai qu'en vertu même de leurnature ce sont les faits de conscience les pins simples qui seront susceptibles d'expérimentation. Mais la psychologie scientifique débute à peine. Il fautbien commencer par le simple avant d'atteindre le complexe. C'esl m une nécessité de la méthode. La psychologie a donc des procédés d'expérimentation bien définis, et elle n'a plus alors qu'à appliquer la méthode expérimentale directe.

H.— VOliSEnVATION INDIRECTE EN SOCIOLOGIE.

Les faits sociaux sont encore plus difficiles a atteindre que les faits psychologiques. Ils évoluent au-dessus et en dehors de nous : ils se prolongent souvent bien au delà d'une vie humaine, et embrassent une multitude d'individus répartis fort loin les uns des autres.

Nous ne pouvons observer directement que la part minime et effacée que nous prenons à quelques-uns, sans nous douter le plus souvent de l'effet total que nous contribuons ainsi à préparer et à produire. Nous sommes à peu près dans le cas où se trouverait une des cellules qui composent notre organisme, si elle voulait observer et comprendre l'évolution de l'organisme entier et les événements dont il est le théâtre.

H faut donc que le savant, par des procédés indirects, puisse reconstituer les faits dans leur intégrité. Il Faut qu'il accumule des documents qui lui permettront d'apercevoir ce qu'il ne peut observer luimême, à cause de l'éloignement dans le temps et dans l'espace. La première démarche de l'investigation scientifique, l'établissement des faits, exigera donc dans les sciences sociales une série de travaux spéciaux et difficiles. Ces travaux spéciaux constituent ce qu'on a [) pelle la critique historique, qui s'appuie elle-même sur la critique des textes ou critique philologique. L'histoire, avec son procédé préparatoire la critique des textes, n'est rien autre en effet que la reconstitution des faits sociaux et la première démarche des sciences sociales. Dans l'état actuel de ces sciences, il faut reconnaître même Que tout le travail se borne à peu près à cette première dé-

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marche, et que les généralisations inductives et les déductions probantes y sont fort vagues et fort rares.

LA MÉTHODE HlSTOIUyUE

A. Réunion des documents; l'heuristique. — Il est d'abord à peu près impossible de songer à observer et à reconstituer un l'ait social actuel, car ses conditions de durée et d'étendue s'y opposent : nous n'aurions aucune chance d'embrasser ce fait dans son intégrité. Il faut donc nous borner aux faits pa « Les faits passés ne

nous sont connus que par les traces qui en ont été conservées... L'histoire se fait avec des documents... Faute de documents, l'histoire d'immenses périodes du passé de l'humanité est à jamais inconnaissable. Car rien ne supplée aux documents : pas de documents, pas d'histoire. »

« Mais il estclair que, préalablement à tout examen critique et a toute interprétation des documents, se pose la question de savoir s'il y m a, combien il y en a, et où ils sont. Si j'ai l'idée de traiter un point d'histoire quel qu'il soit, je m'informerai d'abord de l'endroit ou des endroits où reposent lesdocumenU nécessaires pour le traiter, supposé qu'ils existent. Chercher, recueillir les documents esl donc une des parties, logiquement la première, etune des parties principalesdu métier d'historien. En Allemagne onluia donné le nom d'heuristique... Il va de soi que, si l'on ne la pratique pas bien, c'est-à-dire si l'on ne sait pas s'entourer, avant de commencer un travail historique, de tous les renseignements accessibles, on augmente gratuitement ses chances (toujours nombreuses, quoi qu'on fasse) d'opérer sur des données insuffisantes... Les document- historiques anciens sont réunis et conservés aujourd'hui, en principe, dans ces établissements publics que l'on appelle archives, bibliothèques et musées. A la vérité, tous locuments qui existent n'y sont pas...; mais l'exception, qui est négligeable, n'entame pas ici la règle1. >» Les inventaires des richesses contenues dans ces établissements, des répertoires généraux de ces inventaires, sortes de catalogues de catalogues, et enfin les répertoires bibliographiques donnant la liste i\c> travaux faits sur tels ou tels documents, sont les instruments indispensables — et malheureusement encore fort imparfaits — de l'heuristique.

i . Ce chapitre esl h peu p ilj se du |uable i

Langlois, In M hode historique, h qui sonl empi

citai i<>n>.

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/>'. Critique historique. — a) Généralités : deux espèce» de do ments. — Les documents réunis, d'une façon souvent, assez pénible, l'historien procède désormais par voie de raisonnement pour e de conclure, aussi correctement que possible, des traces aux faits. Le document, c'esl le pointde départ; le l'ai! passé, c'est le point d'arrivée.

« Entre ce point de départ et ce point d'arrivée, il faut traverser une série complexe de raisonnements, enchaînés les uns aux au! où les chances d'erreurs sont innombrables ; la moindre erreur, qu'elle soit commise au début, au milieu ou à la fin du travail, peut vicier toutes les conclusions... L'analyse détaillée des raisonnements qui mènent de la constatation matérielle des documents à la connaissance des faits est une des parties principales de la méthodologie historique. C'est le domaine de la critique.

«On peut distinguer deux espèces de documents. Parfois le fait passé a laissé une trace matérielle (un monument, un objet fabriqué). Parfois, et le plus souvent, la trace du fait est d'ordre psychologique ; c'est une description ou une relation écrite. Le premier cas est beaucoup plus simple que le second. Il existe en effet un rapport (ixe entre certaines empreintes matérielles et leurs causes, et ce rapport, déterminé par des lois physiques, est bien connu. La trace psychologique, au contraire, est purement symbolique: elle n'est pas le fait lui-même; elle n'est pas même l'empreinte immédiate du fait sur l'esprit du témoin; elle est seulement un signe conventionnel de l'impression produite par le fait sur l'esprit du témoin. Les documents écrits n'ont pas de valeur par eux-mêmes, comme les documents matériels; ils n'en ont que comme si^n^s d'opérations psychologiques, compliquées et difficiles à débrouiller. L'immense majorité des documents qui fournissent à l'historien le point de départ de ses raisonnements ne sont, en somme, que des traces d'opérations psychologiques.

« Cela posé, pour conclure d'un document écrit au fait qui en a été la cause lointaine, c'est-à-dire pour savoir la relation qui relie ce document à ce fait, il faut reconstituer toute la série des causes intermédiaires qui ont produit le document. Il faut se représenter toute la chaîne des actes effectués par l'auteur du document à partir du lait observé par lui jusqu'au manuscrit (ou à l'imprimé) que nous avons aujourd'hui sous les yeux. Cette chaîne, on la reprend en sens inverse, en commençant par l'inspection du manuscrit (ou de l'imprimé) pour aboutir au fait ancien.

« D'abord on observe le document : Est-il tel qu'il était lorsqu'il a été produit? N'a-t-il pas été fabriqué? afin de le restituer au besoin dans sa teneur originelle et d'en déterminer la provenance. Ce premier groupe de recherches préalables, qui porte sur l'écriture, la

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Langue, les formes, les sources, etc., constitue le domaine particulier «le la critique externe ou critique d'érudition (ou critique philologique). Ensuite intervient la critique interne : elle travaille au moyen de raisonnements par analogie... à se représenter les riais ihologiques que l'auteur du document a traversés. Sachant ce que l'auteur dn document a «lit, on se deman le : 1" qu'est-ce qu'il a voulu dire; &c s'il a cru ce qu'il a dit; 3° s'il. ;i été fondé à croire ce qu'il a cru. A ce dernier terme, le document se trouve ramer un point où il ressemble à Tune des opérations scientifiques par lesquelles se constitue loute science objective; il ne reste plus qu'à le traiter suivant les méthodes des sciences objectives. Tout document a une valeur, exactement dans la mesure où, après en avoir étudié la genèse, on l'a réduit à une observation bien faite.

« Deux conclusions se dégagcnl de ce qui précède : complexité extrême, nécessité absolue de la critique historique.

« Comparé aux autres Bavants, l'historien se trouve dans une situation très fâcheuse. Non seulement il ne lui esl jamais donné, comme au chimiste, d'ohserver directemenl des faits; mais il esl 1res rare que les documents dont il est obligé de se servir représentent des observations précises. Il est dans la condition d'un chimiste qui connaîtrait une série d 'expéril nces seulement par les rapports de son garçon de laboratoire. L'historien est obligé de tirer parti de rapports très grossiers, dont aucun savant ne se contenterait.

« D'autant plus nécessaires sont les précautions à prendre pour utiliser ces documents, qui sont les seuls matériaux de la science historique... D'autant plus nécessaires sont en même temps les avertissements a ce sujet, que la peut»1 de l'esprit humain est de ne prendre aucune précaution et de procéder en ces matières, où la plus exacte précision sérail indispensable, confusément... L'instinct naturel d'un homme à l'eau esl de faire tout ce qu'il faut pour se noyer... De même l'habitude de la critique n'est pas naturelle; il faut qu'elle soit inculquée, et elle ne devient organique que par des exercices répétés. »

Nous allons décomposer les diverses opérations decette critique.

b) Critique externe, critique d'érudition; i.a méthode philologique. — lu Critique de restitution. — « Avant de se servir d'un document, il faut savoir si le texte de ce document est bon, c'est-à-dire aussi conforme que possible au manuscrit autographe de l'auteur; et lorsque le texte est mauvais, l'améliorer. Agirautremcnl est danux... Des théories ont été en effet bâties sur des passages viciés par des erreurs de transcription, qui sont tombées à plat, en I I

sque le texte original de ce • a été

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tué... Tous les documents historiques n'ont pas été publiés ju qu'ici de manière à procurer ;mx historiens la sécurité donl ils onl besoin, et quelques historiens agissent encore comme s'ils ne e rendaient pas compte qu'un texte mal établi est, par cela même, sujet à caution. Mais un progrès considérable 8 été réalisé. La méthode convenable pour la purification et la restitution des texte? a été dégagée des expériences accumulées par plusieurs générations d'érudits. Aucune partie de la méthode historique n'est au jour d'hui fondée plus solidement, ni plus généralement connue. » En voici les principes essentiels : Trois cas sont à considérer.

Premier cas. — «Le cas le plus simple est celui où Ton possède l'original, l'autographe même de l'auteur. 11 n'y a qu'à en reproduire le texte avec une exactitude complète... »

Deuxième cas. — « L'original est perdu ; on n'en connaît qu'une copie. Il faut se tenir sur ses gardes, car il est probable, a priori, que cette copie contient des fautes. Les textes dégénèrent suivant certaines lois. On s'est appliqué à distinguer et à classer les causes et les formes ordinaires des différences qui s'observent entre les originaux et les copies; puis on a déduit par analogie des règles applicables à la restitution conjecturale des passages qui, dans une copie unique d'un original perdu, sont certainement (parce qu'ils sont inintelligibles), ou vraisemblablement corrompus. Les altérations de l'original dans une copie, les «variantes de tradition», comme on dit, sont imputables soit à la fraude, soit à l'erreur... Presque tous les copistes ont commis des erreurs soit de jugement, soit accidentelles. Erreurs de jugement si, étant à demi instruits et à demi intelligents, ils ont cru devoir corriger des passages ou des mots de l'original qu'ils n'entendaient pas. Erreurs accidentelles s'ils ont lu de travers en copiant, ou mal entendu en écrivant sous la dictée, ou fait involontairement des lapsus calami. Les modifications qui proviennent de fraudes et d'erreurs de jugement sonl souvent très difficiles à voir... Mais la plupart des erreurs accidentelles se laissent deviner, lorsqu'on en connaît les formes ordinaires : confusions de sens, de lettres et de mots, transpositions de mots, de syllabes et de lettres, dittographie (répétition inutile de lettres ou de syllabes), haplographie (syllabes ou mots qu'il aurait fallu redoubler et qui ne sont écrits qu'une fois), mots mal séparés, phrases mal ponctuées, etc..

« La restitution conjecturale d'un texte suppose, outre des notions générales sur le processus de la dégénérescence des textes, la connaissance approfondie : 1° d'une langue; 2° d'une paléographie spéciale; 3° des confusions (de lettres, de sens et de mots) dont les copistes de textes rédigés dans la même langue et écrits delà

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même manière avaient ou ont l'habitude. 1*0111- l'apprentissage de l'émendation conjecturale des textes grecs et latins, des répertoires (alphabétiques et méthodiques) de variantes de tradition, de confusions fréquentes, de corrections probables ont été dressés » [Adrrrsaria critica de Madvig (grec et latin), Commcntatin pidceographica de J. Bast (grec), Gradus ad criticen de Hagen (latin)].

«.Il serait facile d'énumérer des exemples de restitutions heureuses. Les plus satisfaisantes sont celles qui ont un caractère d'évidence paléographique, comme la correction classique de Madvig au texte des lettres de Sénèque (80, 4). On lisait : « Philosophai unde dicta sit, apparet; ipso enim nominr l'atetur, quidam etsapientiamt/a quidam finierunt... »,cequi n'a pas de sens. On supposait une lacune entre ita et quidam. Madvig s'est représenté le texte en capitales de l'archétype disparu où, suivant l'usage antérieur au vine siècle, les mots n'étaient pas séparés et les phrases n'étaient pas ponctuées (patetor quidam et sapiektiam) ; il - I demandé si le copiste, qui eut d'abord sous les yeux l'archétype en capitales, n'avait pas coupé les mois au hasard, et il a lu sans difficulté : « ipso enim nomine fatetur quid amet. Sapientiam ita quidam /inirrunt. »

Troisième cas. — « On connaît plusieurs copies qui diffèrent d'un document dont l'original est perdu...

« Le but, comme dans le cas précédent, c'est de reconstituer l'archétype. On ne doit se lier ni à une copie prise au hasard, ni à la copie la plus ancienne, car une copie plus récente peut être une bonne reproduction d'une copie antérieure perdue, ni compter les leçons et décider à la majorité, car il peut y avoir des copies laites les unes sur les auties, ou sur une4 même copie antérieure, et qui reproduisent ainsi toutes la môme faute. » Il a été reconnu que le seul parti rationnel est de déterminer d'abord les rapports des copies entre elles. On part, à cet effet, d'un postulai incontestable, savoir: toutes les copies qui contiennent, aux mêmes endroits, les mêmes fautes, ont été laites les unes sur les autres, ou dérivent toutes d'une copie où ces fautes existaient... On éliminera sans scrupule tous les exemplaires dérivés d'une copie qui a été con- ■ ée : ils n'ont évidemment que la valeur de cette copie, leur source commune... Cela fait, on n'est [dus en présence que de copies indépendantes, prises directement sur l'archétype, OU de copies dérivées dont la source est perdue. Pour classer les copias dér: n [inutiles dont chacune représente avec plus ou moins

de pureté la même tradition, on recourt encore à la méthode de la comparaison des fautes. Elle permet ordinairement de dresser sans trop de peine un tableau généalogique complet

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conservés (iui met très clairement eD reliel Leur importance relative. Quand l'arbre généalogique des exemplaires est <] on com-

pare, pour restituer le texte de l'archétype, Les traditions indépendantes.

S'accordent-elles à donner un texte suffisant, pas de difficultés. Diffèrent-elles, on décide. S'accordent-cllcs par hasard pour donner un texte défectueux, on recourt, comme si l'on n'avait qu'une copie, à l'émendalion conjecturale. C'est une condition beaucoup plus favorable, en principe, d'avoir plusieurs copies indépendantes d'un original perdu que d'en avoir uno seule, car la simple comparaison mécanique des leçons indépendantes suffit souvent à dissiper des obscurités que la lumière incertaine de la critique conjecturale n'aurait pu percer.

Les résultats de la critique de restitution — critique de nettoyage et de raccommodage — sont entièrement négatifs. On arrive, soit par voie de conjecture, soit par voie de comparaison ei de conjecture, à obtenir non pas nécessairement un bon texte, mais le meilleur texte possible, du document dont l'original est perdu.

Le bénéfice le plus net est d'éliminer les leçons mauvaises, adventices, propres à causer des erreurs, et de signaler comme tels les passages suspects. Mais il va sans dire que la critique de restitution ne fournit aucune donnée nouvelle.

2° Critique de provenance. — « Il serait absurde de chercher des renseignements sur un fait dans les papiers de quelqu'un qui n'en a rien su, ni rien pu savoir. Il faut donc se demander tout d'abord, quand on est en présence d'un document: d'où vient-il? quel en est l'auteur? quelle en est la date? Un document dont l'auteur, la date, le lieu, l'origine, la provenance en un mot sont totalement inconnaissables n'est bon à rien. » D'ailleurs « les indications les plus formelles de provenance ne sont jamais suffisantes par ellesmêmes. Ce ne sont que des présomptions fortes ou faibles : très fortes, en général, quand il s'agit de documents modernes, souvent très faibles quand il s'agit de documents anciens. Il en est de postiches, collées sur des œuvres insignifiantes pour en rehausser la valeur, ou sur des œuvres considérables pour glorifier quelqu'un, ou bien avec l'intention de mystifier la postérité, ou pour cent autres motifs... Il y a en outre des documents entièrement faux ; les faussaires qui les ont fabriqués les ont, naturellement, munis d'indications très précises de leur provenance supposée. Donc il faut contrôler. Mais comment? On contrôle la provenance apparente des documents, lorsqu'elle est suspecte, par la méthode môme qui sert à déterminer, autant que possible, celle des documents

Jépourvus de toute indication d'origine. Les procédés sont les mômes dans les deux cas.

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