Modalité
Possibilité et impossibilité.
Réalité et non-existence.
Nécessité et contingence.
Il y a donc quatre catégories fondamentales, dont chacune en comprend trois autres. Les deux premières classes renferment les catégories mathématiques; les deux dernières, les catégories dynamiques. Les unes sont simples, les autres sont doubles ou possèdent des termes corrélatifs. Kant fait
observer en outre que la troisième catégorie dans chaque classe résulte de la combinaison des deux précédentes, les*quelles sont opposées entre elles comme membres d*uiie division dichotomique. Ainsi la totalité est la pluralité ramenée à Tunité; la limitation est la réalité unie à la négation; la communauté ou réciprocité exprime la causalité de substances qui dépendent les unes des autres; la nécessité enfin désigne Texistence réelle déduite de la pure possibilité.
La correspondance se comprend sans peine entre les catégories et les jugements de quantité. La qualité présente une difficulté, au sujet du troisième élément qu'elle contient dans les deux tableaux. Il semble étrange que Rant fasse correspondre la catégorie de la limitation au jugement infini. Mais Terreur est plutôt dans les termes que dans les choses. L'auteur appelle jugement infini une proposition qui est positive sous un rapport, quant au verbe ou à la relation, et négative sous un autre, quant au sujet ou à Tattribut. I) donne pour exemple : Tftme est non mortelle, ce qui veut dire que Tâme'est comprise positivement dans l'extension sans limites des choses qui ne sont pas périssables. Toute équivoque disparaîtrait si l'on distinguait entre le caractère positir ou négatif des termes et du rapport qu'on établit entre eux, et si l'on appelait jugements limitatifs les propositions dans lesquelles se rencontrent à la fois l'affirmation et la négation. La troisième classe est exposée à des objections plus graves. Pourquoi Rant ne distingue-t-il que trois sortes de relations? C'est apparemment pour conserver la symétrie du tableau. Mais la classification même est arbitraire, la correspondance est forcée entre les catégories et les jugements. Le jugement catégorique exprime entre le sujet et l'attribut une relation pure et simple, qui n'a rien de commun avec la substance. Le jugement hypothétique désigne que les deux termes sont unis par un rapport de conditionnalité plutôt que de causalité. Le jugement disjonctif, qui représente la division du sujet en ses diverses espèces, n'offre qu'une analogie lointaine avec l'idée de la réciprocité. Kant fonde celte analogie sur la coordination qui existe entre les
espèces d'un même genre et sur la détermination réciproque de ces espèces, dont chacune exclut les autres; mais il n*y a rien là qui rappelle Faction et la réaction comme catégories dynamiques. La quatrième classe n*a pas les mêmes défauts, mais les modalités deTexistence, si importantes pour la métaphysique, ont été mal déterminées par Kant, comme postulats de la pensée empirique (1).
Les catégories de Kant sont encore généralement adoptées. On a proposé en France de les réduire à deux, la sul> stance et la causalité; mais une pareille tentative n*a rien de sérieux, car il s*agit de découvrir l'ensemble des attributs universels plutôt que la racine commune de toutes les idées; sinon, la substance suffirait, puisque toutes les propriétés, y compris la cause, ne peuvent être que les attributs de la substance ou de l'être. Un autre auteur, qui marche sur les traces de Kant en exagérant ses défauts, a exposé un système nouveau de catégories, comme lois générales de la représenlation :