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qu'il faut bannir de la science. Tout est là. Les conclusions de Fauteur doivent être celles du sensualisme et du positivisme, puisque le principe est le même. Mais ce n'est pas là une étude sérieuse de la connaissance humaine. M. Renouvier n'a pas vu que la logique a ses racines dans la psychologie, et que la psychologie bien développée est toute autre chose qu'une pure phénoménologie, comme je l'ai démontré ailleurs. S'il avait approfondi la question du point de départ de la science, comme on est tenu de le Taire après Descartes dans une critique de l'esprit humain, ou s'il avait seulement, à défaut de la conscience, compris la portée de la raison, en profitant des travaux de l'école éclectique, il serait arrivé à des résultats moins désolants pour notre dignité, il aurait constaté que la pensée n'affirme pas un phénomène à son point initial et à son point final, en affirmant le moi et Dieu, il ne se serait pas volontairement condamné au scepticisme et à l'athéisme. Tout est relatif, dit l'auteur, copiant Protagoras; tout absolu est une chimère ;« aussi bien que la psychologie, la théologie s'évanouit en présence de la critique, dont le vrai nom à cet égard serait l'athéisme, si, borné au domaine de la science pure, ce mot n'excluait aucune croyance légitime et ne servait point à couvrir des doctrines aussi vaines que celles qu'il prétend désavouer. » La conclusion de la science c'est donc qu'il n'y a point de science, que toute vérité est relative, vraie pour les uns, fausse pour les autres, selon les circonstances. Nous voilà revenus de progrès en progrès au beau temps des sophistes de la Grèce.
Les circonstances, malheureusement, sont assez favorables à M.Renouvier. La réaction continue partout en Europe contre les abus de la spéculation. Beaucoup de savants sans culture philosophique prétendent au «titre de philosophe, et répètent à l'envi que les principes s'en vont avec le droit divin, avec le surnaturel, avec les systèmes, et qu'il ne reste
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que les faits, seulobjetdésormais de Tadoration des hommes. La statistisque gouverne le monde. Ne parlons plus de liberté, de droit, de devoir, de Dieu, ce ne sont pas là des faits. Donnez-nous le chiffre des crimes, dira un positiviste, et nous vous donnerons en retour la naturedeThomme et la destinée de la société. Un fait contient tout, Tesprit et la matière, la guerre et la paix, le temps et l'éternité. M. Janet a décrit ce sujet avec éloquence dans l'introduction de ses Études sur la dialettique de Platon et de Hegel; M. Garo revient à la charge dans son livre sur Vidée de Dieu; mais cela n'est pas assez, il faut un ouvrage complet et méthodique pour réhabiliter la philosophie au moins dans l'esprit des générations nouvelles qui voudront l'étudier sans prévention. Pour arrêter ce flot d'erreurs malsaines qui pervertissent la vie rationnelle et. empoisonnent tous les rapports moraux de rhomme, il faut revenir à fa théorie de la connaissance, qui est encore ignorée dans ses parties essentielles et qui seule cependa'nt peut servir de mesure entre les droits incontestables et les prétentions absurdes de la critique. La théorie de la connaissance a besoin d'être refaite, élucidée et complétée après les avertissements de Kant, d'être discutée enfin avec maturité dans sa base et dans sa légitimité. LdL Logique de Hegel, traduite en français et commentée par M. Véra, dispense-t-elle d'accomplir ce plan? Bien au contraire, elle l'exige. La méthode de Hegel a été jugée et condamnée. Le fastueux édifice qui a séduit tant d'imaginations est renversé ; il ne reste que le génie de Tarchitecte qui n'est pas en cause. La partie la plus vantée de ce système est la logique. Que nous apprend-elle sur la théorie de la connaissance? Rien. Dès la première proposition, elle confond la question du point de départ de la science avec la question du principe, la pensée avec la réalité, la logique avec la métaphysique. Hegel n'analyse pas la connaissance en ellemême d'une manière impartiale comme manifestation de
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notre conscience; il la fait apparaître dans la série de ses déductions, comme un des moments du développement de ridée, après la théorie de Tôtre et de Tessence, entre la vie et ridée absolue, dernier terme du processus. Ce qu'il en dit ressemble à une énigme dont aucun esprit sensé ne peut trouver le mot. Qu'on en juge par le début.
ce L'idée n'existe dans un état de liberté et pour soi que lorsque l'universel est son élément, que l'objet et la notion ne font qu'un, ou, ce qui revient au même, que l'idée se prend elle-même pour objet. Ici la Torme subjective de l'idée qui se détermine pour atteindre à l'universel n'est qu'une distinction simple qui se produit au dedans d'elle-même, une intuition où l'idée se maintient dans son état d'identité et d'universalité; mais comme il y a là une différence déterminée, l'on se trouve de nouveau en présence d'un jugement où ridée se sépare d'elle-même et se présuppose d'abord comme un monde extérieur. Il y a là deux jugements qui sont identiques en soi, mais qui ne sont pas encore posés comme tels. Le rapport de ces deux idées qui en soi, ou en tant que vie, sont identiques, forme le côté relatif, et partant, fini de ce moment de l'idée. C'est un rapport réfléchi en ce que la différenciation de l'idée n'est ici qu'un premier jugement; c'est une présupposition, et non une position, et, par conséquent, en présence de l'idée subjective se pose un monde objectif immédiat, ou bien, l'idée en tant que vie, apparaissant sous la forme d'existence individuelle. Mais ce jugement se produit au sein de l'idée elle-même. Par conséquent, tout en se dédoublant^ l'idée conserve son unité et la conviction de son identité avec le monde objectif, identité qui n'est ici qu'à l'état immédiat. La raison s'applique à la connaissance du monde avec la croyance absolue de réaliser cette identité ; elle éprouve le besoin de faire disparaître la contradiction et de donner à cette croyance la forme de la vérité. Ce processus de l'idée constitue la connaissance. »