XIV PRÉFACE
Bien heureux sont ceux qui peuvent compreDdre une pareille déduction et qui savent se convaincre qu'elle s*appliquc plutôt à la connaissance qu*à Tanaour, à la vertu, au devenir ou à la végétation. Quant à n)oi« ntalgré les quelque vingt ans que j'ai consacrés à Tétude de la connaissance depuis mon premier Essaie je dois confesser que dans ce moment de ridée absolue, je ne découvre absolument aucune idée, que je ne saisis pas même pourquoi on ne mettrait pas à la place de chaque terme le terme contraire. Quelle différence y aurait-il dans la démonstration de la thèse, si Ton disait : ridée n'existe dans un état de nécessité et hors de soi que lorsque le particulier est son élément, que Tobjet et la notion font deux ou que l'idée se prend elle-même pour sujet, etc.? Que le lecteur compare, et il avouera que la notion de la connaissance n'est nullement obscurcie par cette substitution. Que Hegel se soit pris au sérieux, je le crois; sa doctrine, après tout, est une phase naturelle dans l'évolution de l'idéalisme allemand ; mais cette doctrine, qui consistée réaliser nos pensées, sans consulter au préalable le monde réel soumis à notre observation, peut revêtir autant de formes qu'il y a de combinaisons possibles entre nos pensées ; chaque poète, chaque rêveur est idéaliste, et le moins fantaisiste n'est pas Hegel. Il est temps que la plaisanterie cesse; ce n'est pas là de ta logique, c'est la charge de la logique.
La connaissance est déjà l'idée pour Hegel. Mais avant que l'idée devienne idée, elle se manifeste comme objet dans la mécanique, dans la chimie et dans la téléologie; pourquoi pas dans la plante, dans l'animal et dans l'homme? Et avant (le passer à l'état d'objet, elle est sujet dans la notion, dans lejugement et dans le syllogisme. Ici on pourrait demander à l'auteur pourquoi il traite des opérations multiples de la pensée, avant de parler de la connaissance en général. Est-ce que la notion, le jugement et le raisonnement ne