PRÉFACE. XV
sont pas des connaissances particulières, dçs formes déter*minées de la connaissance, ou bien la déduction ne procèdet-elle pas du plus au moins, du général au particulier? Sans doute, mais Hegel appelle notion ce que tout le monde appelle connaissance ; cela convient mieux à la marche de ridée. Soit, c*est là son moindre défaut, pourvu que cette manœuvre puisse nous apprendre quelque chose sur la notion, le jugement et le raisonnement. Ces formes organiques de la pensée ont une valeur parfaitement déterminée par la théorie et par la tradition depuis Àristote. Kant les déclarait parfaites, quoiqu'il n'eût pas de préjugés en faveur des anciens. Certes, il est permis de critiquer ou môme de réfuter ce qui est établi, mais à la condition qu'on nous dise pourquoi et qu'on fasse mieux. Mettons donc l'idéalisme absolu h l'épreuve, voyons comment les triades s'appliquent à la logique formelle de l'école. On chercherait en vain, elles ne s'appliquent pas. Hegel ne donne pas une théorie de la notion, du jugement et du raisonnement, mais une explication très superficielle de quelques notions, de quelques jugements, de quelques raisonnements. Le reste n'entre pas dans le mouvement de l'idée, et c'est souvent l'essentiel. L'auteur ne s'est pas donné la peine de comprendre la logique formelle, il la dédaigne. Il confond le syllogisme avec le raisonnement en général et l'induction avec le syllogisme; mais il a soin de dissimuler ses erreurs sous la prétention des termes. Du reste, aucun esprit d'observation ou d'analyse, aucune explication que l'intelligence puisse s'assimiler et reproduire ; au lieu de science, des logogriphes :
ce La notion est l'existence vraiment concrète, parce que l'individualité, qui est l'unité négative et déterminée en soi et pour soi, contient aussi un rapport avec soi, c'est à dire l'universalité. Les moments de la notion ne peuvent, par conséquent, être séparés. Les déterminations réfléchies peuvent chacune être séparées de son contraire, et, ainsi
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isolées, elles peuvent être comprises et avoir une valeur. Mais comme dans la notion se trouve posée leur identité, chacun des moments de la notion ne peut être saisi qu*avee etparTautre. »
<( Le jugement constitue le moment de la finîté; car la finilé des choses consiste précisément en ce qu*elles sont des jugements, c'est à dire en ce qu'en elles se trouvent réunies et leur existence propre et leur nature générale, leur corps et leur âme; sans cela, elles ne seraient pas; mais ces deux moments sont distincts, et peuvent être séparés. Dans le jugement abstrait : l'individuel est l'universel, l'individuel, en tant que terme négatif et qui est en rapport avec lui-même, est le terme immédiatement concret, et le prédicat est le terme abstrait et indéterminé, l'universel . Mais comme ils sont réunis par la copule est, le prédicat doit contenir, dans son universalité, la déterminabilité du sujet. L'universel ainsi déterminé, c'est \e particulier, lequel pose ridentité du sujet et du prédicat; et puisqu'il est dans un état d'indifférence à l'égard de la forme de tous les deux, il fait le contenu du jugement. »
a On se représente ordinairement le syllogisme comme une forme de la pensée rationnelle, mais comme une forme subjective qui n*a pas une connexion intime avec le contenu de la raison, par exemple, avec le principe d'une action conforme à la raison. On parle beaucoup et souvent de la raison, et l'on en appelle à elle sans déterminer ce qu'elle est, et sans songer au moins à la faculté qu'elle a de raisonner. Si le syllogisme formel qui est l'instrument de la raison semble ne rien offrir de rationnel, c'est qu'on le sépare du contenu de la raison. Et cependant ce contenu n'a un caractère rationnel qu'en vertu de la détermination qui donne à la pensée elle-même ce caractère; et cette détermination c'est le syllogisme, lequel n'est autre chose que la notion posée avec tous ses éléments réels (mais qui n'est d'abord que no-