CHAPITRE m
CR
ITIQUE DES MODES DU SYLLOGISME
Telles sont les règles du syllogisme. U s'agit maintenant d'appliquer ces règles.
Nous avons dit qu'il y a soixante -quatre modes possibles du syllogisme, dans chaque figure syl- Listique; mais la plupart de ces modes, mecan.qxLent possibles, ne sont point concluants, sont inutiles ou impossibles rationnellement.
Essayons de les discerner par des règles qui viennent d'être exposées,
U y a, disions-nous, les quatre espèces de propositions désignées par les lettres a, e, ., o. Ces
CRITIQUE DES MODES DU SYLLOGISME
quatre lettres arrangées trois à trois donnent les soixante-quatre combinaisons qui suivent, à chacune desquelles nous joignons sa critique. Cette critique est un travail que tout élève de philosophie doit faire par hii-même, plusieurs fois, d'abord par les huit règles des anciens, puis par les quatre de Goudin, puis par la formule très unum sint. Pour suivre cette dernière voie, il faut ainsi poser la question : En quoi cette forme montret-elle, par elle-même, que les termes ne peuvent être trois et un ?
Rien de plus facile que d'opérer l'exclusion par les règles des anciens, si on les sait par cœur. Dans le tableau suivant, nous mettons après chaque mode la règle qu'il viole, et le mot bon s'il n'en viole aucune.
a a a Bon, car il ne viole aucune des huit règles.'
a a e Ambae affirmantes nequeunt generare negantem.
a a i Bon.
a a 0 Ambce affirmantes nequeunt generare negantem.
a e a Pejorem sequitu semper conclusio partem.
a e e Bon.
a c i Pejorem sequitur semper conclusio parlera.
a e o Ne viole aucune règle ; mais est inutile, parce qu'ici le petit terme, qu'il soit sujet ou attribut de la mineure, est pris universellement dans les prémisses. Il doit donc être pris aussi universellement dans la conclusion, et ne peut dès lors être sujet d'une proposition particulière.
CRITIQUE DES MODES DU SYLLOGISME, i a Pejorem sequitursemperconclusiopartcm. i t Idem et aussi ambœ affirmantes, etc.
i i Bon.
i o AmbiE affirmantes nequeunt ^-enerarc negantciu.
0 a Pejorem sequitur semper conclusio parteni. Q Q idem,
Q i Idem.
0 0 Bon.
e e Utraquesi pr^missa ueget, nihilinde soquetur.
e a ^dem.
e i Idem.
e ,) Idem,
a a Pejorem sequitur scmpcr conclusio partem.
a e Bon.
a i Pejorem sequitur semper conclusio partem.
a 0 Bon.
i a Pejorem sequitur semper conclusio parlem.
j e Idem.
I i Idem.
i 0 Bon. . ,
0 a Utraque si prœmissa neget, nihil inde sequetur.
0 e Idem.
Q i Idem.
Q o Idem.
i i Nil sequitur geminis ex particularibus unquam.
i a Idem.
i e Idem.
[ 0 Idem.
a a Pejorem sequitur semper conclusio partem.
a e Idem.
a i Bon- . ,,,
a 0 Ambœ affirmantes nequeunt generare negauttn. e a Pejorem sequitursemperconclusiopartcm.
e e Idem .
e i Idem.
CRITIQUE DES MODES DU SYLLOGISME
0 Latins hune qiiam praBmissap conclusio non vult. Impossible , parce qu'ici le grand terme, soit sujet, soit attribut de la majeure, y est pris particulièrement. Donc il ne peut être attribut do la conclusion négative, qui prend son attribut toujours universellement, a Nil sequitur geminis ex particularibus unquam. e Idem,
i Idem.
o Idem.
o Utraque si praemissa neget, nihil inde sequetur. a Idem.
e Idem.
i Idem.
a Pejorem sequitur semper conclusio partem. a e Idem.
a i Idem.
a 0 Bon.
o e a Utraque si praemissa neget, nihil inde sequetur. o e e Idem.
o e i Idem,
0 e 0 Idem.
0 i a Nil sequitur geminis ex particularibus unquam. 0 i e Idem.
0 i i Idem.
0 i o Idem.
Les exclusions ainsi opérées, nous voyons qu'il reste dix modes qui peuvent être concluants : ce sont les modes :
CRITIQUE DES MODES DU SYLLOGISME
CRITIQUE DES MODES DU SYLLOGISME
Il V aurait donc dix modes dans chaque Ogure, c'est-à-d.re quarante modes en tout. Mais nous allons voir que chaque figure, à son tour, exclut, en ce qui la concerne, plusieurs modes, ce qu. réduit encore le nombre des modes concluants.
U première figure, celle où le moyen terme est deux fois attribut (Pr^, Prie), exclut par cela même les modes composés de deux prémisses affirmatives, puisque, dans ce cas, le moyen terme serait pris deux fois particulièrement, l'attribut d'une proposition affirmative étant toujours pris particulièrement. Cette figure exclut encore les modes dont la majeure est particulière, parce qu'alors le grand extrême sujet <le la majeure, est particulier. Mais,
ce grand extrême qui est toujours l'attribut de la conclusion, laquelle est ici négative, y sera donc pris généralement^ comme tout attribut de proposition négative. Donc alors ce terme serait général dans la conclusion et particulier dans les prémisses, ce qui pèche contre la règle :
Latius hune quam praBinissœ conclusio non vult.
Enfui cette figure exclut encore la forme e a o , parce que le petit terme, qui est sujet de la mineure, y est universel et ne doit point être pris particulièrement dans la conclusion ; la conclusion conclurait trop peu. Donc il reste, comme modes valables, pour cette figure :
La seconde figure, où le moyen termç est deux fois sujet (5wè, SuU)^ exclut tous les modes dont la mineure est négative; car alors la conclusion est négative, et la majeure affirmative. Dès lors le grand extrême, qui est attribut des deux, serait pris particulièrement dans les prémisses et généralement dans la conclusion, ce qui est impossible :
latins hune quam praîmissae conclusio non vult.