‹ Logique [microform]Chapitre 58 sur 88 · II. L · texte numérisé non relu

II. L

• * *^ Il

g2 L'IWDUCTION APPLIQUÉE PAK KEPLER.

ser OU les attirer constamment vers le centre du soleil. On décluit de la seconde loi que 1 m te n site de la force qiu semble pousser ou attirer chaque planète vers le soleil est en raison inverse du carre des distances au soleil. Orl>ite elliptique et force en raison inverse du carré des distances, ces deux idées, en apparence si diverses, sont la même loi ou la même idée transibrmcc Lnlin, on déduit de la troisième loi qu'a réalité de distance du centre du soled, rintensité de la fcrce motrice est proportionnelle à la masse de cliaque planète. Ainsi, la proportionnalllé des carrés du temps aux cubes des grands axes signifie, en d'autres termes, cetltautre loi, en apparence si lUfierente, que la force cherchée agit en proportion des masses '.

Déduire par syllogisme la découverte de Newton des trois lois de Kepler : étant donnée la loi des phénomènes, en condun' par voie d'identitt les caractc rch de la cause, ou du moins tous les caractères que doit avoir la cause pour pouvoir imposer ces lois; arriver ainsi en astronomie à Tidée de l'attraction universelle agissant en raison inverse du carré des distances : certaiiKinent, voilà la plus admirable transformation syllogistique dont on

» On peut voir cette déduction dans le Traifé de mécanique (le Poisson, t. ï, p. 432.

L'INDUCTION APPLIQUÉE PAR KEPLER

puisse rencontrer l'exemple dans aucune science. Cependant, nous avons annoncé une réserve : nous avons dit qu'il y avait dans cette connaissance de la cause par ses effets et par ses lois une grande lacune. En effet, cette lacune est telle qu'après tous ces raisonnements, après INewton, et en ce siècle même, plusieurs savants ont nié l'attraction, ont soutenu qu'on ne peut dire s'il y a ou s'il n'y a pas attraction ; si la force qui meut et dirige les planètes est attractive ou répulsive; si elle les pousse ou les attire vers le soleil, ou bien s'il n'y a pas là quelque effet purement mécanique, analogue à celui que Descartes attribuait aux tourbillons. Tout s(' passe, disent les opposants, comme s'il y avait attraction, attraction selon les lois que donne Newton ; mais il ne s'ensuit pas qu'il y ait attraction. L'attraction, disent-ils, est une hypothèse qu'une autre hypothèse, expliquant aussi bien et les phénomènes et les lois, peut renverser. Car, enfin, cette attraction est un mystère et ressemble bien aux qualités occultes des anciens, si justement bannies de la science. Il se peut donc que le soleil et les planètes, au lieu d'être des corps presque animés d une espèce de vie attractive et sympathique pour toute matière, ne soient que de simples masses étendues, telles que l'on conçoit naturelle-

L'INDltTiON AmJQUt>: PAU hKHXR.

L'INDUCTION APPLIQUÉE PAR KEPLER

ec^oc flans leur orl)ite par èe „ent la mat.ere, poussées ^^ ^^j^^,^,

simples actions m.-c.an.ques ^^^ ^ ^^^^,^^ actions qu'un jour la science analysera et cal De sorte que plusieurs phys.ciens, notamment tou ^e cartéslns et m.me le cardinal Gerd.l, appuyé

, ■ . ..oc tnitcnt l'attraction comme deMaclaunnetautres t.a.tent . .

Kant ridée de D.eu dans sa Cnt.gue ''« '« ..«^«... Fort bonne idée, dit Kant, Idée .nev

table, car, en effet, les choses se passent comme s.

• r«w... i^Put n'être qu une idée, Dieu existait ; ma.s D.eu peut n être q

une loi, loi à laquelle peut ne pas repondre 1 os de nous, lexistence de l'Être réel, actuel, objectif que nous croyons. U faut de plus, dit Kant, un acte de foi qui vient de la raison pratique, non pi . de la raison pure, acte de foi qui seul affirme 1 existence actuelle, objective de l'Etre qui re-pond a rulée que notre esprit se forme à la vue des faits et des lois.- Ainsi parlent les opposants. U j avoue nue, pour latlraction, je ne sais que repondre, quoique je croie parfaitement à l'attraction. Mais, pour ce qui est de l'existence de Dieu, nous avons déjà répondu : c'est que la raison pure, isolée de toute foi naturelle , principe nécessaire de toute raison, peut, eu se déracinant et en se renversant elle-même, nier Dieu, démontrer le néant de Dieu. Mais comme précisément Dieu même est

ieprincipe nécessaire qu'implique la raison ; comme il n'est pas seulement un principe abstrait, mais un principe réel, actuel, qui porte et qui vivifie la raison ; comme l'àme en a quelque sens expérimental, ce qu'affirme saint Augustin' ; il s'ensuit que la raison non renversée, non déracinée, atteint Dieu simultanément comme réel et comme idéal, et le démontre par un procédé logique fondé sur une base expérimentale. Il n'en est pas de même de l'attraction, car l'attraction n'est pas une force nécessaire, et, d'ailleurs, n'agit pas sur l'àme ou la raison humaine par sa réaUté physique et substantielle. Et, néanmoins, il y a une analogie entre ces deux choses, entre les raisonnements qui démontrent Dieu et ceux qui semblent démontrer l'attraction. C'est que, de part et d'autre, il y a lacune évidente, et que l'esprit, naturellement, cherche un degré de plus. Oui, nous démontrons, appuyés sur les faits, puis sur les lois, et par déduction rigoureuse, que tout se passe, dans la vie des astres, comme si l'attraction existait avec ses caractères connus. Mais nous ne voyons pas directement, immédiatement, que l'attraction existe, ni ce qu'elle

> L'âme de l'homme n'est 'vivifiée, illuminée, béatifiée que par la substance même de Dieu : animam humanam non vegetart, non iltuminari, non beatiftcari, nisi ab ipsa substantia Dei.

U L'INDUCTION APPLIQUEE PAR KEPLER

est en elle-même dans sa propre nature : à la rigueur, une toute autre cause pourrait produire les mêmes effets et les mêmes lois. De même, nous dêmoiîtrons, et cela d'une manière rigoureuse, que Dieu existe, car, outre le raisonnement abstrait, notre esprit en a quelque sens expérimental. Néanmoins, nous ne voyons pas Dieu : nous n'avons pas l'intuition directe, immédiate de son essence, de sa nature^. Nous connaissons clairement qu'il existe et avec quels caractères essentiels de vérité, de justice, de bonté, d'infinité; mais nous ne voyons pas l'essence et la substance de l'être immuable et de ses perfections.

Il y a donc, soit dans la métapliysique, soit dans la science de la nature, il y a toujours une lacune et quelque autre chose à chercher, lors même que la raison a poussé le procédé dialectique aussi loin que les forces dv l esprit humain peuvent le pousser. Nous avons déjà indiqué le sens et la portée de ce fait significatif; mais nous en parlerons ailleurs plus amplement.

* Quem Dullus honiiiuuii vi(iii,hed nec videre potesl. Paul. L Jd Timotheitm, vi, H'k

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