‹ Loi de 1881 sur la presseChapitre 5 sur 84 · HISTORIQUE DE U LOI. V · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DE U LOI. V

la Charte de 4814, pour affirmer une fois encore le droit sacré de ceux qui pensent, M. Dupin s*écriait : kNous avons cru devoir supprimer les expressions : qui doivent réprimer les abuê de cette libei^té^ parce que pendant de longues années une administration malveillante y a trouvé le prétexte de toutes les lois d'exception qui ont entravé la presse ou qui Tont opprimée. »

Le principe recevait sa véritable formule : <c Les Français ont le droit de publier et de faire imprimer leur opinion en se conformant aux lois. »

Et cependant, quelques jours plus tard, le même orateur faisait repousser le libre exercice de la profession d'imprimeur et de libraire, logiquement revendiqué par Benjamin Constant.

« II faut, disait^il, attendre un moment plus prospère pour donner à l'imprimerie toute la liberté que nous souhaitons pour elle. Nous savons d'ailleurs que le gouvernement se propose de vous présenter une loi sur cet objet important, et nous formons des vœux pour qu'il le fasse dans le moment le plus propice à cette importante mesure..»

Est-il besoin de rappeler quecemoment se fit longtemps attendre.

La monarchie de Juillet expira sans avoir exaucé les vœux de ^i. Dupin. La république de 1848 ne devait pas ôlre plus heureuse.

Seule la presse vit s'ouvrir Tère de l'émancipation, bientôt réprimée, sous prétexte d'abus, par les mesures les plus rigoureuses et et les plus injustes.

Cautionnement, droit de timbre, autorisation préalable, droit de suspension et de suppression, l'Assemblée législative prévoit tout; rien ne manqua au formidable arsenal des lois répressives déjà existantes.

La législation du second empire crut devoir ajouter encore à ce faisceau, pourtant si compact, l'abolition du jury et le renvoi de tous les délits commis par la voie de la presse devant la juridiction correctionnelle, en même temps que le gouvernement organisait le système préventif des avertissements.

Jusqu'en 1868 les écrivains durent se soumettre sans protestation à cette rigoureuse tutelle. Malgré les revendications énergiquement formulées au corps législatif dès 1860 par les membres de Topposition, malgré l'opinion publique qui, elle aussi, sollicitait le gouvernement de renoncer au pouvoir arbitraire que lui conférait la législation de 1853, ce fut seulement le 11 mai 1868 que la presse se vit affranchie de quelques entraves.

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