‹ Loi de VestrogothieChapitre 13 sur 324 · LIVRE DE L'EGLISE · texte numérisé non relu

LIVRE DE L'EGLISE

I (1). — Ici commence le code des Vestrogoths. Christ (2) est le premier dans nos lois (3). Ensuite est notre religion chrétienne et tous les chrétiens , les rois , les bonder [A)

* Les anciennes lois provinciales commencent par un livre consacré au droit ecclésiastique. C'est seulement dans la Landslag de Magnus Eriksson que ce livre fait défaut: nous en avons dit précédemment la raison {swprà, p. 102;.

(1) Cf. II, Kb., 1.

(2) Le Kirhiubolkxr (livre de TÉglise) de notre loi commence exactement de la même manière que le Kyrkobalk de Magnus Erlingsson , ce qui laisserait supposer que le christianisme a pénétré en Suède par la Norwège. (Cf. Kreiiger, Studier rôr. de agrar. forh., p. 81.

(3) Selon Schlyter (Gl. Vg., p. 444 et Gl. p. 355) il faudrait traduire : « Christ est le premier dans nos lois depuis que la foi chrétienne a été reçue dans le pays et que tous les rois , les propriétaires et tous les bonder, les évêques et tous les clercs furent chrétiens. » Nous préférons le sens proposé par M. Richert dans la Nordisk Tidskrift for Filologi, 1878, p. 1, Om den ràtta betydelsen af Vàstgotalagens indlednings- och slulord. Voici quelle serait alors, d'après cet auteur, la portée du texte : Christ occupe la première place dans nos lois; nos lois doivent commencer par l'invoquer; d'autre part elles doivent d'abord s'occuper de lui pour assurer l'honneur et le respect qui lui sont dus. Puis, après le fondateur du christianisme, doit venir la religion chrétienne elle-même dont nos lois doivent assurer la protection et enfin tous ceux qui ont embrassé la vraie religion, qu il s'agisse du roi, des propriétaires ou des membres du clergé. Cette interprétation de la formule d'introduction de noire loi nous semble plus conforme au texte même que celle de Schlyter; elle est d'autre part plus rationnelle et enfin on peut l'appuyer sur la comparaison d'autres lois provinciales, notamment delà loi de Gotland. — Cf. en ce sens, Otman, p. 107.

(4) Le bondi (contraction de boandi, participe présent du verbe boa = habiter), c'est le citoyen libre et propriétaire foncier [bonde, en suédois moderne). Le bondi est en quelque sorte souverain dans son domaine (ôoi); il est le chef

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et tous les bokarlœr (3), les évoques et tous les clercs (6). Si un enfant est porté à l'église, et si (l'on) demande le baptênae, le père et la mère doivent procurer un parrain et une marraine et du sel et de l'eau. (On) doit porter cela à l'église. (On) doit alors appeler le prêtre. Il doit demeurer au presbytère. (Il) doit hrymslgna (7) l'enfant en dehors de la porte de l'église. Puis (on) doit consacrer les fonts baptismaux , le prêtre (doit) baptiser l'enfant, le parrain (le tenir), la marraine dire le nom. Le prêtre doit indiquer pendant combien de temps le père et la mère doivent (en) prendre soin. Si la maladie le saisit en. chemin et (s'il; ne peut pas venir à l'église, le parrain doit alors (le) baptiser et la marraine (le) tenir, dans l'eau, s'il y a de l'eau, au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit. (On) doit alors l'enterrer dans le cimetière et (prendre) la succession (8).

II (1). — Les hônder qui n'observent point le stsemnudagher (2) pour l'évêque , lui paieront une amende de trois

et le juge de toute la famille ; c'est lui qui, à l'époque païenne, offre les sacrifices en son nom et la conduit à l'ennemi. Seul il porte la parole au \n7\g général et aux assemblées où l'on délibère sur les affaires publiques. — Le landboe {arrendator, colonus) , simple fermier, ne jouit pas des mêmes droits politiques (Cf. Strinnholm , I, p. 513; Nordstrom, I, p. 123). — Si tous les bônder sont, en droit, égaux entre eux, cependant, en fait, certains propriétaires exercent une plus grande influence que d'autres, grâce à l'étendue de leurs domaines, au nombre de leurs fermiers, serviteurs ou esclaves. C'est ainsi que les sagas parlent du mikill bondi (Strinnholm, I, p. 554). Cf. II, Fb. 50, note 2.

(5) Bôndxr oc allir bocarlaer : Schlyter (Gl. Vg., v» Bokarl) voit dans bokarlxr une allitération. (Cf. en ce sens Otman, p. 3, note 3). Ihre (Gl. Sv. Goth.) estime, au contraire, que bokarl signifie spécialement « celui qui cultive la terre d'un propriétaire. » — Les allitérations se rencontrent d'ailleurs très fréquemment dans les anciennes lois Scandinaves et germaines.

(6) Sur l'introduction du christianisme en Suède, v. infrà, IV : 16 et notes.

(7) Brymsigna (de primum signum) faire le signe de la croix sur le front et la poitrine de l'enfant conformément aux prescriptions du droit canonique (E. 63, D. 4, De consecr.). — Cf. II, Kb. 4; IV : 21 : 8. — La prima signatio était une sorte de baptême qui conférait certains droits, quoique restreints. Cf. Otman , p. 109. — La cérémonie du baptême est décrite tout au long dans Hildebrand, Sveriges medellid, I, p. 110.

(8) Il faut suppléer ici par le C. R. c. 1, in f.

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