PREFACE. XV
et Suions, ne connurent guère, pendant les dix premiers siècles de l'occupation, d'autre industrie que l'exploitation des richesses naturelles, à savoir l'agriculture, la chasse et la pêche. Aussi aurons-nous maintes fois à constater le souci de la loi de Vestrogothie pour tout ce qui touche à l'agriculture, pour le respect de la propriété foncière, des clôtures, des récoltes, des instruments aratoires, et qui fait en grande partie de cette loi, comme des autres lois provinciales, une sorte de code rural et économique. Les besoins et les rapports de ces populations de cultivateurs restant toujours à peu près les mêmes, il n'y avait pas de raison pour que leurs institutions subissent de sensibles modifications. — L'échange des idées, comme celui des produits, trouvait de grands obstacles dans la faible densité de la population relativement à la surface considérable du pays, dans l'extrême difficulté de communications entre des régions séparées par des forêts immenses, par une foule de rivières, de lacs et de marais (1). En raison même de ce petit nombre des habitants de la Suède par rapport à son étendue , on peut dire que l'œuvre primitive d'occupation se continuait encore au xiif siècle (comme elle s'est continuée beaucoup plus tard), et on en trouve la preuve dans les dispositions nombreuses des lois provinciales sur la colonisation et sur la possibilité pour le premier venu de se procurer un domaine en défrichant la forêt, Valmœnninger. — On ne ren-
(1) Ainsi la « Silva carhonaria y> (composée de la forêt de Kolmirkr ou Kolmarth et de celle de Tiweden) qui séparait la Néricie et la Sudermanie des provinces gotlies, avait encore à sa partie la plus étroite , près de Nykôping, 21 kilomètres de large et atteignait à certains endroits plus de 70 kilomètres de largeur. Des forêts considérables séparaient de même les diverses provinces gothes (Cf. Strimliolm, I, p. 498, Lundblad et Hultman, p. 3, note 5). Il fallait un mois, à la fin du xi^ siècle, pour traverser la péninsule Scandinave de l'embouchure du Gôtaelv à celle du lac Malar (Amira, p. 12). — La difficulté des communications amena le législateur à se préoccuper de l'hospitalité à donner aux voyageurs (comme dans la Norvège actuelle). V. notamment, loi de Vestr., II, add. c. 6.