PREFACE. XIX
fanls, rétablissement de la dîme. Mais ces modifications du droit primitif ne se sont guère produites que dans les derniers temps de la période qui a précédé celle de la rédaction des lois. Souvent même les lois provinciales font allusion aux anciennes règles abrogées ou même les rapportent; de sorte que, en définitive, on peut retrouver dans ces lois toutes les institutions fondamentales des Barbares dont parle Tacite. « S'il fallait juger de l'âge d'une institution par la date du texte officiel qui la consacre, ce n'est point aux lois Scandinaves qu'appartiendrait le droit d'aînesse... Mais est-il besoin de rappeler combien cette chronologie tout extérieure est trompeuse pour celui qui recherche, non pas la suite des faits, mais les progrès des idées? Si au lieu de classer les divers Codes germaniques d'après la date inscrite sur chacun d'eux , vous les ouvrez et vous en comparez le contenu, vous reconnaîtrez bientôt que les lois les plus récentes par la promulgation sont parfois les plus anciennes par l'origine. Telles sont, en particulier, les lois des Scandinaves... (1) » et, ajouterons-nous, principalement celles de la Suède.
Cet intérêt considérable que présentent pour l'histoire du droit les anciennes lois suédoises, nous a déterminé à traduire et à faire connaître l'une des plus importantes de ces lois, celle de Vestrogothie , ou plutôt l'ensemble des dispositions législatives réunies par Schlyter sous le titre de Codex juris vestrogotici [Westgôtalagen] , ce qui comprend non seulement les deux rédactions de la loi connues sous le nom de Codex antiquior et de Codex recentior, mais encore les trois autres parties qui ont été ajoutées à la loi proprement dite, à savoir les Excerpta Lydekini, les Incerti auctoris varige adnotationes et VAppendix. Peutêtre au point de vue de la méthode et de la clarté de leur rédaction, ainsi que du caractère juridique de leurs dispositions, d'autres lois provinciales, la loi d'Upland no-
(1) Gide, loc. cit.