D. — Que pensez vous de la sortie du malade
R. — il y a un grave danger à autoriser les sorties prématurées. Il ne faut pas que le malade sorte trop tôt après sa guérison. Les rechutes sont toujours plus rebelles que la maladie primitive. Malheureusement le médecin est en butte à de pressantes sollicitations. C'estun mari, c'estune mère, une sœur, quiinsistepour faire revenir la malade à peine guérie. Je tiens pour très-dangereuses les mises en liberté opérées immédiatement après la cessation des phénomènes maladifs. Chez l'aliéné, et mon expérience s'applique spécialement aux femmes, la guérison se caractérise par une confiance entière, un abandon complet dans le médecin. Elle le laisse seul juge du moment opportun de la sortie. Les malades qui sortent guéries complètement conservent de la reconnaissance pour les soins dont elles ont été l'objet, elles reviennent voir le médecin; jamais une malade retirée après guérison imparfaite, ou dont la sortie prématurée est due à des sollicitations de famille, ne revient à l'asile. J'ai en ce moment dans mon service des malades que j'ai eu le bonheur de guérir, je les conserve encore, j'attends pour les laisser sortir.