‹ Loi sur les aliénésChapitre 24 sur 27 · D. — Tous les aliénés ne sont pas séquestrés · texte numérisé non relu

D. — Tous les aliénés ne sont pas séquestrés

R. — Non, assurément. C'est, ainsi que je l'ai dit, une question de milieu ; et l'on peut par exemple laisser en liberté en province certains aliénés qui devraient être séquestrés à Paris.

M. LuNiER. — Un grand nombre des aliénés qu'on laisse en liberté en province seraient dans des asiles si les asiles étaient assez grands pour les recevoir. On peut consulter à cet égard les délibérations des conseils généraux. J'ajoute que si ces aliénés étaient placés dans des établissements, il y aurait moins de crimes et de délits.

M. MoTTET. — J'ai vécu pendant quatre ans avec des aliénés que des ramilles traitaient à domicile. Mon premier soin a été de faire, dans le château qu'ils habitaient, une sorte de maison de santé. Je rapporterai un fait qui vient confirmer ce que disait M. le docteur Falret de l'influence des conditions de famille et de milieu. Une paysanne aliénée vivait dans son village. Elle est restée inoflensive tant que sa mère a vécu et a pu lui donner ses soins. Après la mort de celle-ci, elle est devenue incendiaire.

133. D. — Quelles mesures devrait-on prescrire relativement à la sortie des asiles ?

R. — La commission permanente pourrait intervenir utilement pour provoquer ou ordonner la mise en liberté des aliénés, dans les cas douteux.

134. D. — Que pensez-vous des dispositions de la loi relatives aux biens des aliénés ?

R. — Cette partie de la loi doit être réformée. Les biens ne sont pas suffisamment protégés. Le docteur Falret, mon père, avait demandé que l'on assimilât les aliénés aux absents. La fortune des malades peut être aujourd'hui dilapidée. On voit tous les jours des aliénés ayant de 20 à 30,000 francs de rente placés dans des asiles avec une pension de 1,200 francs. Certaines familles finissent même,

après avoir diminué progressivement la pension de leur parent, par le placer dans un asile public.

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