CELUI-LA— SIXIÈME
La représentation cosmogonique est terminée. L'instruction continuera ; mais elle prendra la forme de récit, parce qu'il ne s'agira que de noms symboliques , c'est-àdire ayant un sens général , quoique considérés comme noms propres d'individus. Ce récit fera la matière du cinquième chapitre de la Genèse , il devrait être la continuation de celui-ci ; mais il en a été séparé pour donner place au poème allégorique de la création d'Adam et Eve, de la mort d'Abel et de l'état de la société avant le déluge.
Entre ces deux récits, se trouvent trois versets rédigés après coup pour justifier la sanctification du sabbat.
Quant au verset actuel , les commentateurs ont observé la présence de l'article prépositif É devant le nombre six. MM. G. et F. disent : Yartiele fient employé qu à eontmeneer du sixième jour^ par la raison, peutêtre ^ qu'étant de terminatif, et t homme n'existant pas
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encore , Vhiêtorien fia garde de remployer pour lei jours précédents,
Oq ne comprend pas facilement pourquoi la présence de rhomme fait qu'un sixième jour est le sixième jour, et comment Tabsence de I*liomme ferait que ce jour serait sixième jour purement et simplement. Il valait beaucoup mieux passer sans rien dire.
Les commentateurs qui, comme Schindler, expliquent la présence de l'article , en disant que ce jour fut celui in quo ahsoluta fuit ofnnium rerum creatio, donnent au moins une raison plausible ; mais ils oublient le complet vit Deus die septimo opus suum qui va suivre. Le sens intime explique mieux que tout cela la présence dé l'article , et la présence de l'article prouve le sens intime.
L'usage de la division sénaire chez les Egyptiens, long-temps avant Moïse , est mis ici dans le plus grand jour ; c'est parce que le nombre six établissait une mesure commune , exacte, répondant et satisfaisant aux exigences de la propriété , $iux proportions artistiques des monuments, que le mot hébreu ÇhÇh, sixj peignait la satisfaction intérieure , la persuasion, la convietion profonde et entraînante. La nomenclation , la numération n'étaient pas alors comme chez nous l'art de nombrer, de calculer, mais I'art de peesuadeb bt de satis-
FAIRB PAR des CALCULS POSITIFS.
Quant à la division septénaire du tcimps ou de l'étendi;e, elle n'était pas très-ancienne à l'époque de Moïse; cela paraît probable , p^rçe que les patriarches , ou ne l'ont pas connue , ou n'y ont pasi attaché une importance religieuse.
Les divisions quinaires et sénaires, beaucoup plus naturelles , ont dû précéder la division septénaire» Comment l'homme primitif en regardant ses mains , pour
ou LES DIEUX D£ MOÏSE. 85
y chercher un moyen de calcul , a-l-il pu penser au nombre sept?
La division sénaire est positivement indiquée par le récit qu'on vient de voir, et il a fallu mentir à cette division, lorsque dans le second chapitre de la Genèse, verset 2 , on a dit que Dieu acheva son œuvre le septième jour et se reposa ce jour-là. Aussi beaucoup de manuscrits ont-ils le sixième jour au lieu du septième; les scribes étaient choqués d'une pareille contradiction.
« La progression sénaire et duodécimale, dit M. Jomard , est la loi suivant laquelle sont enchaînées toutes les mesures qui appartiennent à Tancienne Egypte : tous les membres des rapports à partir de Torgye ', sont divisibles par six.— Dans les figures égyptiennes même , depuis les colosses les plus gigantesques jusqu'aux figures des plus petits bas-reliefs, la proportion est multiple ou sous-multiple de six ou de douze. »
« La division duodénairea été suivie partout en Orient: l'Europe l'a reçue des Romains , les Romains la reçurent des Grecs qui l'avaient-reçue des Egyptiens. — Son origine est dans la géométrie. — Le cercle zodiacal a été divisé dès les premiers temps en douze parties.* »
' Mesure de 1 m. 85.
» Voyez Jomard, syst. métriq. des Egypt., p. 90, 51, 53, 10.