‹ ÆloïmChapitre 21 sur 70 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

et furent aelic-

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ÙICLOU"

alors fut fait faire Taché* vement total

les deux

EÇhMIM

des deux

et 1» «erre

UEARTz

et de la terre

et t«ute

UCL

et la totale

l'armée d'eux.

TzBAM.

ordonnance stratégique de leurs constellations.

»« De CL touij CLE, acheter, finir, terminer — Conjugaison Puai qui marque tordre précis défaire. -^ Ici c'est celui de finir entièrement, c'est-à-dire, de ne pas apporter plus de perfection dans l'organisation nouvelle du monde et des êtres. C'est sous entendre une organisation antérieure, moins parfaite que la présente, et une organisatioîi future qui lui sera supérieure.

NOTES

Le mot TzBA peint Tordre de différents groupes d'hommes qui composent une armée : rapproché des noms de la Divinité ou du mot ÇhMIM son sens intime reporte

96 MLOiM ,

la pensée vers les groupes, les nœuds , les liens stellaires, MODNOUT ; vers les constellations et leur ordonnance stratégique ; vers la gravure, le dessin peint , gravé ou sculpté des signes et des constellations du ciel, ÈQOUT ÇbMIM. En un mot , vers Farmée des cieux , TzBA

EÇhMIM.

Les mots armées des cieux, cohorte des cieux ' désignent non -seulement l'ensemble des constellations du ciel, mais les ALÉIM de qui elles dépendent. Ainsi :

ALÉI TzBAOUT {Det$s Salaoth], les IMeux des armées, ce sont les forces des constellations , les puissances qui les maintiennent dans leur ordonnance.

TzBAOUT JÉOVÉ, les armées de JÉOVÉ , de eelilJI qui est; c'est le TzBA EÇhMIM*, ce sont les constellations , les Dieux , les esprits stellés qui siég^t autour de son trône, et qui lui sont subordonnés.

JÉOVÉ TzBAOUT, c'est le-IiUI-qui est le elieff suprême des eonstellations , CI ÇhMÇh JÉOVÉ ALÉIM, parce que le soleil, est le JÉOVÉ ^ le- LVIf le chef suprême de eelles-ei, des ALÉIM ^

JÉOVÉ ALÉI TzBAOUT , c'est le-EiUI, le elief suprême des DIeuiK des armées , c'est JÉOVÉ assis sur son trône et toute Farmée des cieux , TzBA EÇhMIM, les BNI ALÉIM et SaThaN même, roîigés autour de lui à droite et à gauche.

Une expression de JToli^, QÇhR , représente les groupes célestes formant des assemblages d'étoiles liées entr'elles. Il y a dans cette expression l'indication de signes,

> Deut. 4; 19, et 1 Rois. 33, 19 et suivant.

» l.Rois. 22, 19.

* Ps. 84,12.

. 4 Ch. 38,31.

ou LES DIEUX DE MOÏSE.

de Égares astronomiques , comme dans Texpression . ÈQOÙT ÇhMIM. L'armée céleste se compose de ces figures symboliques sur lesquelles reposent enchaînés les astres qu'eUes gardent et qu'elles dirigent. Or, il faut se rappeler que sur les monuments égyptiens, les Divinités sont toujours signalées par une ou plusieurs étoiles qui les accompagnent. . Il est fort singulier que la mission divine dlSO , de Jésu^, n'ait pu être annoncée comme telle aux hommes sans le faire accompagner ou signaler par une étoile. Il y a dans ce fait , littéralement impossible , une adhésion bien marquée au système théogonique des anciens égyptiens, etcomme on voit, des anciens hébreux. Ce fait de l'apparition d'une étoile étant même employé pour un être divinisé, que l'on déclare devoir être appelé d'Egypte, et qui purifiera par le feu, par l'élément des ALÉIM'.

• Voy. le chap. T' de la Genèse, verset 10 (la note)-

Dieu

ÂLÉIM

aclieT«

dans le Jour

BIOUM

•epUèine

EGhBIÔl'

r«uirr»se sien, MLACTOU

Et

les Dieux

achevèrent en totalité au jour, à Fépoque du nombre sept, de l'achèvement et du temps de retour sur soi-même Tobjet de leur mission , Tœuvre pour laquelle ils avaient été envoyés ( ils

*' ChB6 de ChB, l'action de recommencer rursus , adhuCj le retour vers le point, vers le lieu d'où Von était parti. — La vieillesse et le repos, etc — ÇhBU, la satiété, la suffisance.

JELOÎM

lequel AÇhR

U avait foit. ÔÇhÉ.

Et 11 m Imposa UIÇhBT

au Jainr BIOUM

fM»ptième EÇhBlÔl

de tout MCL

l'ouirrase sien MLAGTOU

lequel AÇhR

Il avait IMt. ÔÇhE.

AVAIB9T BTB FAITS MLACIM),

laquelle ou lequel ils avaient travaillés, appropriés avec perfection.

Et ils revinrent à leur

état "primitif cessant , se

reposant

au jour, par le jour

du nombre sept de tout, de toute l'objet de leur mission, leur œuvre, leur fonction, laquelle

ils avaient travaillée, achevée avec perfection.

L'auteur joue ici sur la valeur radicale des mots ÇhBÔ, TzBA et ÇhBT. C'est même ce qui lui a fait placer le mot ShBO ou ÇhBO sept y fort inexactement, car les Aléim ne finirent pas leur œuvre le septième jour , mais le sixième. La transcription samaritaine du texte hébreu change le mot en ShShI sixième, La version des Septante et la version Syriaque ont aussi le mot sixième.

Mais le nombre sept, je l'ai déjà dit , était symbolique de la fin, de l'achèvement, de la fin des temps et du m^mde. Ainsi, par exemple, dans la narration relative au cataclysme qui mettra fin au monde , qui vient d'être créé, on trouvera que le nombre sept revient sans cesse. — D'abord Làmecb , dont la vie expire à cette époque même, accomplit sept cent soixante-dix-sept années;

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 99

puis VOUS trouverez 7 paires d'animaux terrestres purs^ mis en réserve au moment de la disparntion de leur espèce par le déluge ; sept paires de chaque espèce d'oiseau en général, sans distinction de purs ni d'impurs ; sept jours donnés entre l'avertissement et le commencement des pluies ; sept jours d'attente entre le premier envoi de la colombe et le second; sept autres jours d'attente pour le troisième envoi; l'entrée dans l'arcbe le dix-septième jour du second mois; le repos de l'arche le dix-septième jour du septième mois ; la sortie de l'arche le vingt-septième jour du second mois ; enfin Noé entrant dans son septième siècle à l'époque où finit le déluge, et revenant, avec le monde renaissant, au point d'où il était parti. Les autres nombres du déluge sont deux fois quarante , dont on connaît la valeur sinistre et régénératrice , et deux fois cent cinquante.

Les mots ÇliBO , TzBA et ÇhBT , mériteraient une étude particulière, néanmoins je ne ferai que l'indiquer. Leur rencontre , leur rapprochement n'est pas fortuit ; il y a une intention, une signification cachée. Le premier employé, TzBA, qui désigne bien certainement l'armée des cieux , l'ordre stratégique des étoiles commandées par les ALÉIM, les créateurs du monde, se rattache par quelque chainon qu'il serait intéressant de découvrir au mot Sabœi ou Sahoï, cri de victoire de larmée du créateur des mondes selon les anciens , du conquérant de l'Inde , de Bacchus, de BRA — ma , divinité indienne à lacpielle Wichnou donna commission de créer le monde.

Le second ÇhBO marque le temps du retour, pour commencer de nouveau le nombre sénaire ou la progression sénaire sur laquelle étaient enchaînées toutes les mesures qui appartiennent à l'ancienne Egypte. De là vient que ce même mot a désigné l'accomplissement des temps ; l'a-

iELOlM

vènement de Fàge , de la vieillesse , là plénitude des jours et des années, et enfin le nombre sept placé entre deux révolutions sénaires , nombre qui , dans les hiéroglyphes égyptiens, mUirquait l'infini, le destin, et qui , placé ^ur les doigts d'une main ouverte , semblait avoir été enté sur le nombre' primitif cinq.

Le troisième mot ShBT ou ÇhBT n'est que la continuation du sens attaché à ÇhBO ; c'est Tétat de repos auquel on arrive à la fin de sa carrière , lorsqu'on entre dans l'infini, dans la puissance du destin, lorsqu'on revient à ses éléments primitifs, à sa manière d'être primitive , se résolvant en soi-même.

Ht

Alors

Dieu

ALÉIM

les Dieux

bénit

— IBRC

s'agenouillèrent ou firent agenouiller pour bénir

AT

ce qui constitue

le Jour

JOUM

le jour

eeptième*

EChBlÔl.

du nombre sept ( marquant une nouvelle pro-

UIQDÇh

qremon sénaire).

Et il mnetifl»

Et ils séparèrent [du nom

hre génaire)^ ils sancti-

fièrent

lui

ATOU

l'essence de lui; ce qui le constitue ,

pavée que

parce que

en lui

BOU

en lui, en ce jour

ils'étaitreiMHié ChBT

ils revinrent à leur état

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 101

primitif cessant et se reposaDt*

de tout MCL de toute, de toutes

r oun»ase sien MLACTOU leurs œuvres;

4u« AÇhR lesquelles

IMeii ALÉIM les Dieux

airaltméë BRA avaient taillées, sculp-

tées y faites

pour être fait. LÔÇhOUT. selon l'action de travailler et d'approprier parfaitement.

' Si les cérémonies religieuses de Pancien culte égyptien nous étaient connues, nous retrouverions sans peine des usages ayant rapport à ce repos et à cette division par sept. Pour en convaincre , il suffira de rappeler la fête célébrée à Tentyris, et que Juvénal, Satyre ttf^ a dénaturée en ne la représentant que comme un festin de six jours consécutifs, après lesquels la septième aurore avait coutume, dit-il, de trouver les célébrants en repos étendus sur leurs lits.

Juvénal abuse de la licence permise aux poètes. Pour se faire une idée de sa mauvaise intention , on peut remarquer que les Tentyrites et les habitants d'Ombos qu'il suppose voisins, afin d'établir entr'eux une guerre ridicule au sujet du crocodile , étaient distants de cinquante lieues.

La salle où se faisait la cérémonie dont Juvénal a si bien changé le caractère , était dans les temples celle que suivait la bibliothèque , ou dépôt des livres sacrés. A Thèbes cette salle renfermait ymp. UhXts entourées de /i7j , sur lesquels reposaient les images des Divinités qui , suivant les Grecs qui nous ont transmis ces détails, répondaient à Jupiter et à Junon. Pour des Egyptiens initiés, c'était le Dieu suprême représenté sous les deux sexes.

Le mot MLACÉ , employé deux fois dans le verset précédent , répété dans celui-ci avec une affectation marquée , désigne FœuTre d'un mliiUitrey d'un eniroyé^ d'un être en mUNilon, d'un anabogg i ideur % il vient de LAC, envoyer f MLAG est un envoyé, un ange y un être supérieur avec mission, chargé d'une œuvre quelconque.

1 02 JELOÏM ,

Cette signification et le choix de ce mot prouvent que dans la pensée intime du rédacteur ce n'est pas le Dieu suprême, JÉOVÉ, qui a créé le monde, et que le mot ALÉIM ne doit pas être traduit Dieu, mais les Dieux,

Ces Dieux , on le voit clairement ici , sont les ML ACIM , les envoyé», les anges, et les anges, on le sait, ont le gouvernement des astres; ce sont les intelligences des astres , les gouverneurs du monde , prœpositi super pçtestâtes aé'reas, et aux yeux brillants.

L'idée de la fatigue de Dieu après la création est d'une seconde époque. Dans la première, l'idée contraire prévalait , ce qui prouve qu'on ne connaissait pas alors la division septénaire des jours ou la semaine de sept jours. On trouve cette première idée en Asie , long-temps avant Moïse ; elle y faisait partie essentielle de la croyance religieuse, comme depuis Moïse la lassitude et le repos du créateur ont fait partie des principes sur lesquels repose la foi. Dans l'hymne antique adressée à Ruder , Dieu antérieur aux Dieux présents de l'Inde, on trouve ces mots qui seuls suffisent pour marquer des dogmes très-anciens : Tu tmnuMm Tunlirerti et ne fus pmm ffatlspë.

Le lecteur doit entrevoir maintenant, dans la division septénaire des jours de l'année , autre chose que ce que le texte hébreu littéralement traduit lui présente ; autre chose que le repos du créateur, après un travail^ de six jours. Il faut une foi tellement humble , un esprit tellement aveugle , une si grande renonciation au simple bon sens pour admettre la fatigue du créateur, que Philon , Origène , Saint-Âugustin , Procope et plusieurs autres savants ou saints personnages s'y sont refusés. Nous pouvons donc abandonner sans autre excuse un sens, une interprétation dont on a tant abusé , et revenir enfiâ à la recherche de la vérité.

ou LES DIEUX DE MOÏSE . 403

L'instilttliou du sabbat, ou la division de Tannée en cinquante-deux semaines de sept jours, donnant une année de trois cent soixante-quatre jours plus un ; des mois de vingt-huit jours plus deux et flui trois , accuserait dans son auteur, s'il fallait l'attribuer à Dieu, une impuissance de calcul , dont Fidée seule est un blasphème ; mais cette division est de pure invention humaine. Une seule considération le prouve. Elle eut évidemment pour objet la divulgation iaite à tous , du vrai système solaire , tel qu'il était enseigné dans les temples égyptiens du temps de Moïse et avant Moïse.

Cette divulgation eut lieu, par lui , chez les Israélites, en même temps que la divulgation de la langue hébraïque et du culte de JÉOVÉ.

Lorsque ce système fut découvert, les sciences, et principalement l'astronomie, avaient fait depuis long-temps de grands progrès , et la civilisation de l'Egypte devait être très-avancée ; on peut en juger par le génie , par l'esprit philosophique qui créèrent la langue hébraïque , et par quelques faits aujourd'hui prouvés.

L'idée d'assurer la conservation d'un système astronomique, et celle des vérités sur lesquelles il se fonde^ en les confiant au temps même , au temps, être abstrait, principe de la mutabilité et de la perte des choses, est une idée qui doit étonner. L'homme qui la conçut fut sans aucun doute un génie extraordinaire. Elle seule suffirait pour justifier tout ce que les anciens ont dit du savoir et de la sagesse des prêtres de l'ancienne Egypte * .

' Je ne puis résister au plaisir de transcrire ici les réflexions suivantes; elles sont du savant et si consciencieux M. Jomard.

«c Que Ton imagine par hypothèse uœ nation éclairée, mais privée des avantages de l'imprimerie j si , après de longues révolutions et un grand laps de temps, les lumières venaient à s'éteindre chez elle, et qu'il n'y eût, à la place de son antique civilisation, qn'igno-

1 04 iELOÏM ,

Au reste ces prêtres, ces scribes sacrés, que dans notre fatuité chrétienne , si contraire à l'esprit de Fauteur du Christianisme, nous considérons comme de misérables réprouvés; comme des insensés, adorateurs d'idoles ou de Dieux pris dans leurs jardins , ces Egyptiens , en un mot , avaient eu cependant assez de science , assez de rectitude dans leur esprit et dans leur raisonnement^ pour mesurer le degré terrestre avec plus de précision que ne le fit le grand Maupertuis, et pour orienter la grande pyramide avec plus d'exactitude que Tycho-Brahé n'en pût n^ttre en orientant l'observatoire d'Uranibourg.

On leur doit une évaluation du diamètre du soleil qui n'est point éloignée de la vérité. Ils avaient mesuré exactement l'obliquité de l'écliptique, conçu l'idée delà plura-

rance et barbarie absolue , on ue retrouverait plus qu'un bien petit nombre de ses ouvrages écrits. Les livres de science auraient sans doute péri les premiers ; ceux-là résistent moins aux siècles que les autres. Les lettres ont conservé les poèmes des Grecs et ceux des Latins ; mais les sciences regrettent et regretteront peut-être toujours les écrits des Phérécydes, des Thaïes, des Pythagore, des Ëmpédocles, des Eudoxe, des Chrysippe, des Démocrites, des Eratosthène, des Aristarque, des Posidonius, des Hipparque et de tant d'autres , sans parler des écrits antérieurs qui leur avaient

servi de modèle Sans l'imprimerie il aurait été possible que les

plus méchants vers des derniers siècles arrivassent à la postérité, et non les ouvrages des Newton , des Lagrange et des Laplace.

« La science était hérissée d'épines chez les anciens ; tontes choses égales, il fallait alors des têtes plus fortes pour embrasser et lier ensemble les faits découverts, pour découvrir une vérité nouvelle. Les anciens écrivaient peu , et les mathématiciens moins que les autres , parce que peu d'hommes se livraient à des études alors si ardues. Comment leurs écrits seraient-ils parvenus jusqu'à nous !....

» Si l'on supposait que tous nos livres de science vinssent , dans la suite des temps, à se perdre tout-à-fait par un de ces événements dont l'histoire prouve la possibilité , mais dont la découverte de l'imprimerie empêchera sans doute le retour, qu'ensuite, après un grand nombre de siècles , on recommençât tous les travaux de nos jours, ne se croirait-on pas fondé à avancer que rien d'exact, rien

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 105

llté des mondes, et connu Texistence des antipodes que Saint- Augustin niait et ne pouvait comprendre ' .

Ils avaient reconnu Timmobilité du soleil au centre du système planétaire ; ils avaient deviné le mouvement de la terre. C'est d'eux que Pythagore avait reçu cette connaissance y et Copernic emprunta de Pythagore le système qui devait lui mériter une si grande réputation. Il eut la loyauté d'en faire l'aveu lui-même en ces termes. — « Reperi apud Cieeronem, printum Nicetam Scrip-

Hsse terram moveri inde igttur oceasianem nac-

tus, eœpi et ego de terrœ mobilitate agitare. » Nicetas philosophe pythagoricien , vivait dans le cinquième siècle avant Jésus-Christ f.

de solide , n'avait été exécuté dans les temps antérieurs ! Les fragments de nos bibliothèques n'offrant peut-être qu'une suite de problèmes à résoudre, le plus grand nombre en jugerait la solution impossible et inutile. Le sort des sciences exactes est celui de toutes les choses humaines; elles subissent des révolutions, quoique leurs principes reposent sur des vérités éternelles. De temps en temps il s'élève des hommes nouveaux qui prétendent qne les sciences sont nouvelles ; mais pour quelques-uns dont le génie et la supériorité sur leur siècle justifient en quelque sorte ces opinions , combien d'autres qui , montés sur l'épaule du géant , suivant l'expression de Bailly, oublient qu'ils lui sont redevables de voir à une plus grande distance ! Cependant le colosse ruiné qui les porte se cache de plus en plus sous la poussière des temps ; plusieurs travaillent à l'immense tâche de le déblayer et de le restaurer; et, parfois, sa masse venant à se découvrir, jette une vive lumière, impose le respect et force l'admiration. »

(Mémoire sur le système métrique des anciens Egyptiens, par M. Jomahd. Conclusion,)

* Ge qui fait le plus d'honneur à leur astronomie, dit M. Jomard , est la remarque fine et importante des mouvements de Mercure et de Vénus autour du soleil. La réputation de leurs prêtres attira les premiers philosophes de la Grèce ; et selon toute apparence, l'école de Pythagore leur est redevable des idées saines qu'elle a professées sur la construction de l'univers.

• V. Jom. syst. m. p. 182.

La démonstration de ce système avait lieu dans les temples ; on ne peut la supposer ailleurs. On y procédait par ce qu'on appelait des danses sacrées. Ce sont probablement ces danses, où les planètes étaient figurées exécutant leurs révolutions autour du soleil , en accordant leurs pas sur des chants ou chœurs de louanges, qui donnèrent Fidée de la révolution senaire des jours autour d'un temps de repos , d'un jour fixe^ ramenant une révolution semblable ou de six jours.

Ce sont ces danses des sphères errantes ou des planètes personnifiées qui firent supposer l'existence d'une harmonie céleste qui provient du mouvement des astres ; et , enfin , l'harmonie des nombres exprimant les intervalles des corps célestes , car une découverte est toujours féconde en conséquences.

On peut supposer que les prélres mettaient beaucoup de pompe dans un spectacle dont tous les acteurs étaient des Dieux, et dont la scène était placée dans le ciel. Ainsi, on devait recourir alors à tous les arts , à toutes les ressources que pouvaient offrir la mécanique, la musique, la physique et tous les arts dits de magie , de prestiges , de pyrotechnie , dans lesquels les prêtres égyptiens excellaient. ,

La sanctification du nombre septénaire se conçoit par la sainteté et la majesté d'une pareille représentation ; aucune cérémonie, aucun exercice symbolique et religieux ne pouvait être plus auguste, plus grave et plus digne du respect des peuples ' .

L'imagipatîon conçoit facilement le programme d'une pareille fêle j elle se fait une idée de ces chœurs d'anges , de MLACIM, de substances célestes qui, placées si^r

■ N'oublions pas que par les Dieux les Egyptiens entendaient les a^^re^^, parce que, disaient-ils , la substance animique , l'ame des Dieux, réside dans les astres.

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 107

l'arc que JÉOVÉ pose dans les nuées pour rassurer la terre , entouraient , comme autant de constellations fixes^ * le^ astres ntissionnmres ( les astres musaïques ou mosa'îqijbs), les planètes personnifiées comtùe elles. Il arrivait alors ce que dit Job , que les fils des Dieux, que les disciples des Dieux, les initiés à la science des Dieux, venaient se tenir en rang à leur poste autour de JÉOVÉ y et que P astre en 9nission , et envoyé pour éprouver, ou pour décevoir les hommes , tartre à la course désordonnée et qui centriste la terre, y venait aussi.

Pendant que les BeNI ALÉIM , que les élèves du sacerdoce exécutaient leurs évolutions autour d'OSIRIS , pouToIr tmiMuable ( OTzR ) , soleil immobile et rayonnant de lumière, du haut des zones irisées descendaient ces hymnes sans paroles , ces chants sublimes, dont le cœli ennarant gloriam Deidtx Toth ou DoD des hébreux n'est qu'une inspiration.

« Les cieux racontent la gloire du FORT , et retendue épanche l'ouvrage de ses mains.

» Un jour fait sourdre et jaillir un souhait pour le jour (^qui va suivre), et la nuit indique un enseignement pour la nuit ( suivante ).

• Point de discours , point de paroles , leur voix n'est pas de celles qu'on entend.^ .

» La ligne , le dessin qu'ils ont tracé , se produit sur toute la terre , et leurs récits vont aux extrémités de la terre". «

Ces chœurs d'anges ainsi disposés sur trois zones ou

* Les prêtres chantaient alors par les seules voyelles en nombre égal aux planètes. (Dem, de Phalere de elocutione). Nous avons vu Torigine de cet usage.

' Le système figuré de leur astronomie a passé en effet chez tous les peuplefi de la terre.

1 08 iELOÏM ,

trois arcs en ciels nous expliquent Torigine de ee$ trois ciels devenus les cieux ' : c'est dans le dernier de ces ciels que Saint-Paul, dont l'initiation est assez clairement expliquée dans les actes des apôtres , chap. 9 , et dans son ëpitre aux Corinthiens, chap. 12 , nous dit avoir été ravi".

Il est inutile d'expliquer maintenant, je pense, comment pût naître dans l'esprit des peuples orientaux , qui nous en ont transmis la classification , l'idée de ces degrés d'anges formant une hiérarchie céleste , où chaque rang gagne en éclat et en puissance, à mesure qu'il se rapproche davantage du trône de Dieu.

Bien que l'époque à laquelle tout ceci se rapporte soit fort reculée , puisqu'elle nous, apparaît antérieure à Moïse , la découverte du vrai système planétaire suppose un autre système plus ancien , une autre division de la semaine. Des indices tirés de la langue hébraïque , joints à quelques observations , nous offrent une division quinaire ou des semaines de cinq jours '•

La division stratégique des jours, par le nombre cinq ,

' Très sunt cœli : primum cœlwn est terme cœlum; secundum cœlum cœli cœlum est; tertium cœlum, cœlorum cœlwn y et hoc cœlum supra se non habet cœlum»

^ Son séjour aa fond de la mer pendant une nuit et un jour sans se noyer, 2 Cor. 11. â5, n'est pas sans quelque mystère.

' L'invention de la division quinaire est fort antérieure à la construction des pyramides, puisqu'on a retrouvé la mesure portative de sept coudées dans les dimensions de la chambre sépulcrale de la grande pyramide. Une coudée de sept palmes était aussi employée en Egypte du temps de Sésostris. (Voyez le mémoire sur les mesures agraires des anciens Egyptiens, par M. P. S. Girard. )

ou LES DIEUX* DE MOÏSE. 409

est foadée sur la nature qui en a placé le type sous nos yeux, en nous mettant cinq doigts à chaque main.

J'appelle cette division stratégique , parce qu'elle était observée en grand , et primitivement dans la stratégie. On se souvient que Moïse , parlant de la division par sept , fait allusion à la même idée.

Le non» du nombre cinq , en hébreu , ÈMGh , que l'on a prononcé à peu près comme GhEMÇh ( remarquez cette prononciation), désigne tordre dans lequel des gens armés pour la guerre , exécutent leur mouvement de progression, s* avancent et défilent^ comme on dit. On appelait ÈMÇh-IM ou GheMÇh-IM , hommes armés prêts à aller à la guerre , les soldats équipés , parce que dans les marches ils étaient rangés cinq à cinq.

La prononciation de la lettre È , fortement aspirée , comme je viens de la rendre , avait tellement de rapport avec celle de la chuintante Çh , que dans presque toutes les granunaires anciennes, dans Bellarmin, Ladvocat, etc. \ dans beaucoup de dictionnaires , dans la Polyglotte de Castel, le dictionnaire du chevalier Leigh, dans le Glossarium universale hébraïeum du père Thomassin, etc., etc., elle est écrite Cheth , €h.

Par l'effet de cette prononciation antique, ÈM, nom du soleil, prononcé GheM a fait ÇheM-Çh autre nom de cet astre.

. Or, GheMÇh qui signifie cinq présentait à l'ouïe le nom même du soleil ÇheMÇh , en sorte que l'idée de cinq soleils devenait naturellement celle de la plus simple division ou du plus petit cycle solaire possible.

Ce rapprochement entre le nom de l'astre , ÇheMÇh , qui règle l'ordre stratégique des jours , s'avançant cinq à cinq jusqu'à complément d'une année , et le nom de nombre cinq , GheMÇh , indiquant l'ordre stratégique , dans

lequel s'avancent et se succèdent cinq à cinq les soldats qui composent un corps d'armée , n'est pas une observation futile , sans conséquence , sans cause raisonnée , en un mot un pur effet du hasard ; c'est encore toute une révélation. La langue hébraïque, on l'a vu, est toute [Ailosophique , et cache bien des secrets , mais, elle est comme certaine devineresse antique , dont on dédaignait les salutaires avertissements lorsqu'ils contrariaient les opinions reçues.

Ces rapports, ces rapprochements de formes et de significations affectés dans le discours , étaient précisément ce qui caractérisait le génie symbolique de cette langue en cela si peu comprise; Ses mots en petit nombre étaient susceptibles de présenter un grand nombre d'idées , ou pour mieux dire toutes les idées qui avaient contribué au système de leur formation ; on avait donc souvent besoin de préparer une expression par une autre, semblable de forme , afin d'avertir et de faire entrevoir la signification et le sens qu'on avait en vue. C'est la marche de Moïse lorsqu'il veut laisser deviner un sens caché. Ainsi, avant de prononcer le mot ADaM , il Ta préparé par l'apparition soudaine et la disparution immédiate du mot ADaMÉ ; car vous avez remarqué qu'il s'en sert alors pour la première fois et rien qu'alors , et qu'il s'explique aussitôt par DaMÉ , penser, la pensée; en sorte qu'il est évident que par ADaM il faut entendre , Vêtre à sang rouge, doué de la faculté de penser, le sens apparent ne dit pas cela et cependant c'est ce que Moïse veut dire ; mais alors il s'adresse aux EÇMIMy aux prudents et aux parfaits. On verra qu'avant d'employer le mot ORM , appliqué au serpent d'Eden, il s'en sert en parlant de cet ADaM, comme d'un avertissement pour éviter toute méprise.

Lorsque Moïse , dans les trois versets qu'on vient de voir, a voulu élever jusqu'au nombre *epf la division nou-

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 111

velle de la semaine , il a employé^ pour donner plus d'autorité à son système, le moyen que l'étymologie avait offert à l'ancienne division par cinq jours. Il a fait allusion à la signification des mots ; ainsi , il a représenté l'ordre réglé du cours des astres autour du soleil pour la succession des jours, comme Foi^dre stratégique d'une armée ou d'hommes armés et pleicés à leur rang. Le mot qu'il emploie pour cela est TzBA qui est presque semblable, pour la forme et pour le son , à celai du nombre sept ChBA dont il fait usage. Il y a donc ici intention évidente, et de plus il y a. réminiscence des significations attachées au nom du nombre cinq ÈMÇh ou CbeMÇh.

Sans parler des cinq sens qui constituent la vie humaine ; des cinq doigts qui sont le fondement naturel de tout compte ; de la division facile et régulière des mois et des jours de Tannée par le nombre cinq , ce qu'il y a dé certain et qui mérite quelque attention, c'est que chez les Chinois , le peuple de l'Asie chez qui les traditions historiques sont les plus anciennes , le nombre cinq joue un rôle continuel : le choix de ce nombre y est antérieur à FO-'HI , c'est-à-dire qu'il datetle plus de trois mille ans avant l'ère chrétienne. On le trouve dans le système des cordelettes, dont les cinq couleurs répondent auof cinq éléments (le feu, l'air ou le métal , la terre, l'eau et le bois ) ; à la division du monde ( les quatre angles et le milieu) ; à la division du jour en cinq parties , de l'année en cinq saisons ( le printemps , l'été , le milieu de l'suanée, l'automne , l'hiver ; aux cinq planètes (Jupiter, Mars , Saturne, Vénus et Mercure), etc. Les Chinois ont aussi cinq jf^m«« protecteurs du monde ; cinq degrés de sun hordination; cinq sortes de devoirs; cinq sortes de supplices; cinq sortes de terres, de goûts ,. de graines etc. Les griffes du dragon sont au nombre de cinq ; le prince a cinq chars , etc., etc.

142 Mhom y

Dans les caractères chinois , le symbole ou hiéroglyphe du nombre cinq est le signe 4u tempe par excellence , sa prononciation CHIN ou CIN , qui tient au mot hébreu ChëM êoleil et GheMÇh mnq, signifie aitrei, planètes et temps.

Chez les Égyptiens un astre, une étoile, une planète désignait le nombre cinq et h temps ^ et se rapportait au cours des cinq planètes \ M. Jomard a observé que rétoile gravée sur les monuments égyptiens a constamment cinq branches.

L'année primitive aura donc été divisée en dix-huit mois, trente-six deçans et soixante-douze semaines, plus une complémentaire ( ce nombre soixante-dooze est resté mystérieux). Chaque mois était de vingt jours, chaque semaine de cinq'. Cette division que Ton a retrouvée à Bénin et au Mexique est si exacte , si simple , si naturelle, que malgré la louable intention des prêtres égyptiens , inventeurs de la nouvelle semaine de sept jours , il fallut de la part du sacerdoce hébreu plus que de la sévérité pour faire oublier Tancienne. On conçoit rembarras du peuple lorsqu'il fallut faire usage d'un nombre qui ne partage complètement ni les mois ni l'année. Car, quel rapport y a-t-il entre les nombres 7, 14 , 21 et 28 , et les nombres 30, 360 et 365.

Selon quelques auteurs , les Égyptiens n'ont partagé l'année en douze mois , que lorsqu'ils furent contraints de payer un tribut à leurs souverains. Ce tribut , par une

' Horap. liv. 1 , Hiérogl. là. ( Voyez l'Essai sur l'Origine des Chiffres, par M. de Paravay, pag. 85, 86, 19.

> Conformément au nombre des vingt doigts, 1a figure des pieds et la clef des mains dans les plus anciens caractères chinois signifient compter, supputer, calculer, conjecturer, toutes idées qui s'expriment aussi par la phrase Kouey-ye on aller cCun à vingt, ( M. de Paravay, pag. 66. )

ou LES DIEU* DE MOÏSE. 113

réminiscence de râncienné division de la seinaine fut d'un ^ cinquième des revenus ; mais , par ufie all^ii^ioii aux motiis religieux, ou à raison des enseignements religièu^qui sanctifièrent la division septénaire , le tribut payé an sacerdoce fut d'un septième. /

Le tribut par cinquième ^n'a été imposé aux Égyptiens qu'à partir de l'administration de Joseph , vingt-un ou vingt-deux siècles avant Jésus-Christ. On pourrait donc porter à cette époque le changement qui s'opéra dans la^ division de l'année en douze mois au lieu de dix-huià, ' en semaines de sept jours au lieu de cinq. II est très-singulier que la réforme générale qui se fît alors en Egypte . et qui déplaça la propriété , qui en dépouilla le peuple^ ait été une conséquence, nous soit présentée positivement par la Genèse comme une conséquence du rôle que joue dans l'histoire du Pharaon et de Joseph l'interprétation de ce même nombre êept '.

> On doit se souvenir que dans la pensée secrète des prêtres égyptiens , la terre dev^'nue la propriété de quelques-uns au détriment de l'être adamîque , était le principe du mal social ; on va voir cette pensée suivie et déreloppée de conséquence en conséquence dans le chapitre suivant , le cinquième de la Genèse. Obseitvons, puisque l'occasion s^en présente , que le déplacement de la propriété mis sur le compte de Joseph, par l'auteur de la Genèse , est attribué à Sésostris par Hérodote, liv* 11, ch. 109, ce qui favoriserait le sentiment de ceux qui placent sons Phéron , fils et successeur de Sésostris , la sortie d'Egypte*

LA GENÈSE

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