‹ ÆloïmChapitre 38 sur 70 · MN · texte numérisé non relu

MN

Et

le LUI, TAdoni, le maître

de CBux-Gi y des Dieux fit bâtir, fit former à la doctrine, à renseignement

pour être une femme, feu féminin, substantialise et générant Fêtre, Findividualité, Fipséité du côté , du penchant , de rinclination

il avait fait amener, gagner par séduction, portée à rechercher Finstruction

extraction, provenance, libration, équilibration

4? Suivant MM» G. et F., AT répond à peu près à notre ce, celuici, celui que voilà ; cette signification nouvelle irait fort bien ici , mais que ferions-nous de F£ préfixe et dont le lecteur a dû remarquer l'emploi constant pour signifier du, delà, des, et quelquefois ce ou cet ?

^* MN prend ici une partie de son sens intime de MN — Ë , poids, calcul, supputation, établissant la balance, P équilibre, le contre-^ poids.

OTJ LES DIEVX DE MOÏSE. 241

£àDM de l'être adamique , de

rh<mime.

•tUnmenfielle UIBAE^o

Et il fit amener elle, et il fit faire un co-hahiter eUe

il AL rhoiniiie. FADM

vis-à-vis , auprès

de Tétré adamique , de

Iliomme.

49 Les significations du mot BOUA tion du mariage.

se rapportent à la consomma-

L'existence de la société est fondée sur la sainteté du mariage. C'est ici une instruction autant qu'un acte réel du drame cosmogonique. L'initiation n'avait en vue que le bonheur de la société humaine. Le célibat est proscrit : la solitude n^est pas bonne à l'homme ; selon le sens intime du texte , elle est conseillère du mal. Il lui faut un penchant, une inclination; ses côtés doivent être occupés , remplis, libres ^ il doit équilibrer son existence. Cela a lieu par une épouse et par les êtres qui proviennent d'elle. L'inclination d'un sexe vers l'autre est naturelle chez les êtres animés, mais pour que chez l'homme elle serve de base à la société , il faut que le législateur s'en empare, il faut qu'il gagne , qu'il séduise , qu'il endoctrine le cœur de la femme et le forme selon cette inclination. Il faut qu'il rende difficile et par conséquent cher et durable le choix d'une épouse, afin qu'on ne se sépare pas comme les brutes, après s'être rapprochés pour concevoir.

Dans l'esprit de cette législation primitive , et calculée selon .les mœurs orientales^ l'inclination de la femme, principe d'excitation et de trouble , EPhOM , ne doit pas être comptée, La femme est un être passif, créé pour créer, et dont le rédacteur de la Genèse ne paraît pas

242 JELOÏM,

avoir une haule idée. Le fait e&t que partout-, dans cet ouvrage , la femme est présentée sous un jour défavora^ ble, et comme auteur ou cause de malheurs. Les êtres générés de sexe féminin ne sont désignés nominativement que lorsqull y a obligation indispensable ; et lorsque les femmes jouent un rôle, ce rôle est, ou insigniGant, ou cause de malheur, ou principe d*une mauvaise action.

EVE est cause de Tintroduction du péché et de la mort dans le monde.

Après Eve , Sara est partout représentée défavorablement ; sa belle-sœur, femme de Loth , désobéit aux ordres de Dieu, c'est pourquoi elle est changée en une borne ou statue de sel.

Les filles de Lolh , que leur père offre d'abandonner à la dépravation des habitants de Sodome, commettent de sang-froid , sur un frivole prétexte , le plus abominable inceste.

Thaœar joue le rôle d'une prostituée.

Hagar elle-même devient insolente et se fait chasser par Abraham.

Sara est représentée incrédule quand Dieu lui fait annoncer la maternité ; et elle devient vindicative , sans pitié pour un pauvre enfant, premier fils de son mari , quand elle est devenue mère.

L'orgueil et Tinsolence sont les sentiments que l'auteur attribue généralement aux femmes dans la fécondité.

Jacob trompe son père aux dépens de son frère atné et de toute la postérité de ce frère , et c'est par les conseils , c'est à la sollicitation même de sa mère , Rébecca , laquelle ne recule pas devant la malédiction de son mari sur elle.

Dina est cause de l'extermination de tout un peuple.

Rachelvole les Thëraphins de son père, et ment impudemment quand il vient les réclamer.

otr Lï:s Di^rx de moïse. 243

ISîAÙn apparaît ^ oomme pour couronner le tableau ^ la £eaune de Pntipliar.

La première instructiau donnée à rinitié a été relative au culte , à la pratique de la religion et à la défense de toute recherche intempestive.

La seconde a été relative aux êtres animés ou à la zoolo£;ie.

La troisième à la connaissance de la langue sainte et du langage astronomique.

La quatrième fonde la base de la société en instituant le mariage , en lui donnant un caractère saint et inviolable.

Du mariage provient la famille ; mais dans les siècles reculés et primitifs, la famille constituait un peuple , dont le père était le souverain.

La division , la disjonction y la séparation dans les familles a pour principe la femme; c'est elle qui, lorsqu'elle se présente, apporte V insubordination ; c'est elle qui détache le fils du père et de la mère ; c'est elle qui entraîne ordinairement hors des lieux primitivement habités 'j elle est cause d^agitation, d' opposition, de heurt et de trouble. Cet effet inévitable, nécessaire par conséquent ; ce résultat du mariage est prévu par l'initiateur, et il sera excusé dans les versets suivants.

Encore une observation : l'union des deux sexes a lieu immédiatement après la création de la femme. Le texte le fait bien clairement comprendre ; mais le dogme ne permettait pas qu'on le comprit , afin de pouvoir établir que cette union, et que la passion, que l'extase qui la prépare, qui la rend nécessaire, sont en effet une conséquence du péché d'Adam. Propter peccatum originale inflicta est homini concupiscentia. Si celte recherche ,

244 JELOÏM y

cette unioi)^ ce rapprochement charnel , ne devaient avoir lieu qu'après la chute de Thomme, comme cette chute pouvait ne pas arriver, la création des sexes différents était inutile. Si Dieu a pu prévoir cette chute et créer la femme àFavance, alors à raison de celte prescience et de cette précaution , la chute était inévitable ; elle tenait de la fatalité , et provenait d'une imperfection dans Tœuvre de Dieu , sensus enim et cogitatio humant cordis in mor- Iwn prona sunt ab adolescentia sua. Dieu y ALÉIM ^ devait donc recommencer son ouvrage , ou ne pas exposer l'homme à lui désobéir ; il fallait cacher l'arbre de la science du bien et du mal. Adam , devant tous les tribunaux du monde , serait renvoyé et déclaré non-coupable. Je n'argumenterai pas sur ce que le bien et le mal étaient impossibles dans l'état primitif de l'homme, lors de son séjour dans le jardin d'Eden ; il n'est personne qui ne comprenne cela. J'observerai seulement, car c'est toujours là que je veux en venir, que le texte traduit selon le sens intime îait disparaître toutes les difScultés. Alors , la création de la femme n'est plus un accident, un caprice inexplicable sous le rapport du sexe ; elle a un but marqué dans l'avenir, ce but est l'existence du genre humain , celle de la société humaine ; elle comble le néant dont Thomme sentait le vide à ses côtés; car l'homme ne comble point le vidé que l'homme sent dans son cœur , le concours de leur existence ne fait qu'établir l'identité des êtres de même nature. La femme place l'avenir devant les yeux de Thomme , elle 'le lui prédit en quelque sorte, le lui dévoile, et elle satisfait le désir de savoir, la curiosité humaine. Enfin , elle aide la perfectibilité de l'homme en lui indiquant des choses nouvelles, en jetant par la recherche du bien et du mal, par la science du doute , les bases de toutes les sciences.

Otr LES DIEUX DE MOÏSE.

Et dit

llioiume cette

fois

UIAMR

£ÀDM ZAT

EPhÔM

eBiUKkO»

ÔTzM

desosmieiui MOTzMI

et la eltair UBÇhR '' de la eliair

mienne. MBChRI.

Alors fut le dire , fut la parole

de Tétre adamique :

cette substance, cette individualité , cet être d'excitation , d'instigation y d'impulsion , d'agitation 9 de heurt , de trouble

est une substance, une entité

de la substance, de l'entité mienne ; et le sexe

de moasexe.

^ OTzMI UBÇhRI, ces expressions désignent un degré de parenté très-rapproché , comme celui dn frère et de la sœur. C'est ainsi que Laban , chap. 9Q, vers. 14, dit à Jacob , le fils de sa sœur, (BN AÈT-OU), tu es mon os et ma chair» Le texte ne doit donc pas être pris ici dans le sens littéral de la Yulgate. Moïse a , pour nous avertir, employé au verset 31 , le même mot AËT, qui signifie une sœur, une très-proche parente. On sait que les prêtres égyptiens sanctifiaient dans le temple le mariage entre frères et sœurs, et que cette coutume , selon Montesquieu, avait eu pour principe le culte d'Isis, dans le temple de laquelle a lieu le drame que nous traduisons.

Selon saint Jérême , celui qui ne croit pas à cette transformation d'une cête en une femme ne peut pas croire en Dieu : non potest quispiam credere in conditorem Deum, nîsi prius crediderit de sanctisejus vera esse quœ scripta sunt : Adam à Deo plasmatum : Euam ex costa illius et iatere fabricatam ; Enoch translatum, . etc. C'est en argumentant de la sorte qu'on a condamné et qu'on a fait périr tant de malheureux qui cherchaient dans l'écriture un sens que leur raison pût admettre, et qui désiraient pouvoir croire.

à elle

LZAT

Il donna non* IQRA femme ( irlra*

90} AÇhÉ

pafee que CI

4eriiomme MAIÇh

avait été prise LQÈE'*

eUe

ZAT

Pour cette substance ^ cette individualité, pour cet être sera nommé , sera lu ^

feu féminin , feu «ubs-

tantialisé générant Fé-

tre , femme mariée

parce que

du feu masculin, feu

substantialisé et généré,

de rbomme

fut amenée , gagnée par

séduction, prise, faite

épouse , rendue féconde

cette substance , cet être.

Pour cette fois cest un os de mes os, et de la

chair de ma chair. Voilà ce que veut la traduction vulgaire.

On voit que ce sens est absurde , impossible , et qu'il n'est apparent dans la lettre du texte que pour satisfaire Fesprit du vulgaire. Comment peut-on définir la femme un os d^un os!!! en vérité cela est incompréhensible. Adam savait-il, ou plutôt, comment Adam pouvait-il savoir ce que cest qu'un os? Il n'en avait pas vu ; il n'avait jamais pu en voir , car il n'en existait pas un seul visible dans tout le monde créé ; et s'il en eût existé un

'^s Le verbe LQE, que nous avons vu plusieurs fois et dont la signification graduée se prête si merveilleusement au sens intime de ce récit, prend ici sa dernière signification, celle à^ épouser une femme y comme nous le verrons chap. 4 , vers. 19 , et comme on peut le voir chap. 13, 19—37, 46, etc. D'où lui est venue enfin la signification conservée en Xvdhe fructifier, produire , pwduire en abondan ce, pulluler , être fécond»

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 247

seul qu'Adam eût pu voir, quelle serait la conséquence? c'est que l'entrée de la mort dans le monde aurait précédé la création de la femme , et que la mort ne serait pas la punition du péché de l'homme.

Et la ehnir de ma chair. Ici le sens apparent adopté par le dogme est plus qu'absurde , il est faux ; c'est un mensonge qui né peut se muintenir devant le verset précédent , car la femme n'a pas été faite de la chair de l'homme , selon la lettre elle-même. Elle n'est qu'un de ses os> une côte , laquelle Dieu a revêtue d'une chair qu'il a créée exprès, de même qu'il a créé exprès de la chair pour remplir le vide laissé par l'enlèvement de cette côte ; il faut donc , quelque chose qu'on dise ou qu'on fasse , abandonner la lettre et recourir à l'esprit du texte.

Les mots AÇhÉ et AlÇh ( prenons la prononciation ordinaire et disons les noms ASÉ et AIS ), noms de l'homme et de la femme, apparaissent pour la première fois et mériteraient une attention toute particulière ; mais pour ne point étendre trop cette note , je me bornerai à de courtes observations, je ne dois que justifier ma traduction.

Que le mot AÇh ou AS, qu'on prononce ES, le feu, soit radical dans ces mots, cela n'est pas douteux; Buxtorf et tous les savants hébreux en conviennent. Voici Texplication étymologique qu'en donne dans ce même esprit la Kabbala denudata, tom. 1 pag. 163. — Nec dubimn efty quin etyinon hujus nominis AShÉ , sit ab ASh l^nis. Ipsi autem apponitur E ad deslsnandiim Gnus femininimi t cuniin\iTiappellatione,id est in AISh reperiatur I, quasi dicatur ASh ignis JFoddatiM) id est maiicullnus.

Pour rendre ici la pensée intime du texte , il convient donc de faire sentir cette signification cachée du mot et de traduire comme nous avons fait. La distinction d'un feu

248 iELOÏwr ,

masculin et d'un feu féminim n'est pas un accident né de la rencontre des lettres £ et I et du mot AS. Les éléments étaient divisés en maies et femelles ; cela a lieu encore chez les Chinois où vous trouverez le feu masculin et le feu FÉMININ répondant aux couleurs bouge et bougeatre , couleurs de Fétre adamique.

ASÉ est donc le feu féminin et générant ou la femme. Il faut ici examiner ce mot pour ainsi dire des yeux du corps et de ceux de Tesprit. ASE, prononcé ESÉ, en copte , HSÉ, qu'on lit ISÉ , marsoretiquement ISÉ , et ISI, produit ISI — S ou IS — IS, enfin ISIS.

ASÉ est là substance ignée , Vignition en substance (en holaucoste, alors ASÉ est un substantif masculin); c'est la substance faite base, fondement, force et ferme appui y substance sur laquelle doi t s'élever le genre humain . La femme emprunte le nom du feu , parce que de même que LE FEU est considéré comme ouvrier, artiste , de'^ mitirgue y c'est-à-<lire créateur du monde , de même la femme est le principe créateur , excitateur , animateur du genre humain , c'est ce que le texte dira dès que la création par la femme commencera.

Le feu féminin , le feu substantialisé ou agissant SUR LA substance, GÉNÉRANT l'cspèce adamiquc , produisant l'être OUFAISANT PRODUIRE ; l'eSSBNCE IGNÉE, l'eNTITÉ

ignée féminine : tel est donc le sens profond que l'esprit découvre dans ce mot ASE . Les étymologistes , quoi qu'ils fassent pour s'éloigner de Texplication cabalistique , sont toujours amenés à retrouver dans ce mot le nom du feu , AS, et la terminaison féminine E. Or, cette terminaison désigne Y être , Y être générant par conséquent , et la puissance de cette lettre dans les conjugaisons Hiphil et Hophal prouve qu'elle appartient à l'idée de produire à l'être

et de faire faire.

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 249

âSÉ est donc bien certainement le feu féminin générant ; ce mot s'écrit aussi AST , on le verra souvent ; sa prononciation EST , donne le nom de ESTA ou TESTA ,

déesse dufeu. Dans les bas-reliefs égyptiens, dit M. Champollion, p. 153 , on voit souvent à la suite ^Ammon^

une déesse dont les chairs sont peintes tantôt en rouge , tantôt en jaune. Les caractères qui accompagnent cette figure, lus selon le système de l'auteur, donnent le mot STÉ ou STI , et il y reconnaît Festa.

Dans le nom de Thomme, AIS, le nom du feu , AS , est encore évident et reconnu par les étymologistes ; la lettre I , qui le pénètre et le modifie , pour lui ôler sa significa* tion générale , est le signe de l'indication particulière des choses, c'est celui de la manifestation. A-I-S est donc le feu masculin^ le feu substantialisé et généré j manifesté dans le ENS adamiqne, dans l'homme.

Le mot ADM lui-même s'accorde avec l'esprit du mot AIS , en ce qu'il peint , non l'essence du feu , mais la couleur du feu , la rougeur en général.

De tout ce qui précède , on doit voir nattre naturellement, et sans que l'esprit s'en soit préoccupé le moins du monde , l'idée de Prométhée créant la femme et l'animant au moyen du feu eéleete ou créateur. Suivons cett& indication puisqu'elle se présente. En effet :

Selon les anciens, ISIS , ASÉ ou ÉSÉ, était fiUe de Prométhée, lequel, disaient- ils, l'anima en dérobant le feu céleste ; mais ISIS , fille de Prométhée , c'est Pandore , c'est la première femme créée ; c'est la femme créée , modelée par un Dieu artiste, après que les Dieux eurent fini la création , parce qu'elle manquait à la création ; c'est la femme à qui les Dieux avaient défendu la connaissance du bien et du mal , connaissance symbolisée par une botte fermée , et qu'il ne fallait pas ouvrir. C'est la femme qui , désireuse de connaître , et qui cédant à sa curiosité, per-

2&0 XLOÏM,

dU le genre humain . Donc ISIS , ISÉ ou ÉSÉ , c'est TASÉ , ISÉ ou ÉSÉ de Moïse : donc ISIS est le symbole de la femme et de la femme ASÉ , le type dlSIS : donc ISIS est EVE ; donc EVE est ISIS.

Donc encore, et c'est ce qu'il y a de plus intéresisant pour nous , la fable cosmogonique de Pandore est îa pensée cosmogonique des initiateurs égyptiens , reprodùile «ous une autre forme dramatique que celle qui nous a été transmise par Moïse.

ÔL Sur

(ignaà CN 5» une base, une fondation ,

une chose établie, affermie saintement, sacerdotalement, honoraUement

riioliime AlÇh le feu masieulin, Thomme

marié

ctultterA loZB « aidera , relèvera , refera,

réédifiera par génération

'* J'âî déjà fait oonnattre l'énergie du mot GN, vers. 4 du cfa. 6 , t. ter p. 258. Ce mot , pour être employé adverbialement , ne perd, pas la richesse de ses significations, el Ton ne doit pas croire que Moïse y ait renoncé quand elles le servaient si bien» Remarquez que le nom du (eu AS , ou AÇli , d'où AGfaE , nom de la femme, signiie ifttse , fondement.

*' €e mot est formé de OZ^, qui signifie affermir, fortifier, confirmer j élever une cho9e forte, une fortification, et de ZB, fluxus semini* uirilis, etsanguinis menstruimuliebris, OZB a doue signifié primitivement aider, fortifier, affirmer, confirmer, édifier et soutenir par voie de génération. — Par antiphrase et négativement, il a signifié laisser, abandonner. Les lexicographes ayant eu le sens littéral convenu de ce verset présent à la pensée, parce que c'est sous ce sens qu'OZB se présente la première fois dans les livres hébraïques, ont mis la perturbation dans l'ordre des significations de ce mot»

ou LES DIEUX DE MOÏSE

AT

le père de lui ABIOU et UAT

la mère de lui. AMOU.

la substance, Findividua-

lité

du père de lui

et la substance

de la mère de lui

{il procréera des êtres md-

les et femelles),.

St 11 s'unira UDBQ ^^ à répause «len»

Et il se joindra avec passion , amoureusement

ne*

BAÇhTOU.

UEIOU LBÇhR

AÈD»».

au feu féminin et générant de lui , à la femme mariée de lui.

et ils seront enekuilr

ime.

Et il sera

selon le sexe, sous le rapport sexuel

un ( il n'aura qu'un sexe )»

•* DBQ, arcte cohœrere, ut, quœ cohœrent, non facile divelli et separari çueantj ita adkœrere diclturiiksvx.mTiM,amore etfide*

'* Celle partie du versel a- été Ironquée dans Pinlérét du sens vulgaire et convenu ; la transcription samaritaine rétablit le sens primitif et rationnel. La voici :

UËIE, et sera, l'homme, MChNIEM , provenant de ces deux, LBÇhR , selon le sexe , sous le rapport sexuel, AÈD , un , Punité.

C'est-à-dire, // nattra at^ec un seul sexe , malgré i^ concours des deux sexes de la pari de ses parents.

Selon la version vulgaire , il est dit que Vhomme quit-tera son père et sa mère pour ne s^aitacKer quà su femme ; cela n'est ni consolant , ni pioral ; cela n*est ni exact , ni absolument vrai. Le sentiment de la piété filiale

252 Mhomy

servit de base pour fonder les premières sociétés. Le respect des Egyptiens, même pour la dépouille mortelle de leurs parents, est connu . Lapolitiquedes Chinois a toujours été , et dès les premiers temps de leur empire , fondée sur la piété filiale. Cest même ce sentiment qui empêche les progrès des missions chez ce peuple ; car ils ne peuvent avoir une idée favorable d'un homme qui s'éloigne de son père et de sa mère , et qui les abandonne dans leur vieillesse.

L'homme en s'unissant à sa femme ne quitte pas toujours son père et sa mère ; la continuité de la cohabitation , de l'union dans la famille est même ce qui distingue l'homme des autres animaux ; c'est par l'accroissement que la famille reçoit de cette cohabitation des enfants avec le père, que se sont formées les familles patriarchales et par elles les nations de la terre. Le sens intime est nonseulement plus vrai, mais il présente encore l'idée sainte, l'idée morale et consolante sur laquelle s'appuie l'amour continué des pères pour leurs enfants et petits-enfants ; c'est la pensée de revivre dans ces enfants mêmes et dans les êtres qui naîtront d'eux.

La réflexion qui termine le verset est naturelle dans un homme que l'auteur suppose avoir été jusqu'à ce moment sans sexe ou androgyne , c'est-à-dire sans connaissance des sexes; n'avoir eu par conséquent aucune idée de l'amour, aucune prévision de la procréation des êtres. La femme est créée précisément pour la lui donner^ pour Véclairer, pour lui dévoiler son avenir. Par elle les sexes se distinguent , se séparent; Fêtre androgyne disparaît et fait place à l'homme proprement dit : et observez, qu'en effet. Moïse ne commence à faire usage du mot AlÇh, Vhomme, feu masculin et généré, manifesté, Yhom^me marié, qu'après la distinction des sexes et l'apparition d'AÇhE , la femme , feu féminin et générant, manifes-

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 253

tant; la femme mariée. Jusque-là il ne s'est servi que de rexpression ADaM , être adamique ^ sans distinction de sexe , l'espèce humaine en général.

Observez encore que Moïse a prévenu vos objections ^ rhomme ^ dans son inclination vers le sexe qui lui est opposé , n'est pas guidé par un instinct brutal^ comme les autres animaux. Moïse et ses instituteurs ne le supposent pas. Ainsi, ce que l'homme dit ici n'est pas de la prescience, telle qu'elle existe par le sens vulgaire ; nous venons de voir, verset 22, que JÉOVÉ après avoir fait choisir et former une femme selon l'inclination de l'homme , comme une portion de l'homme même, comme une parente, une sœur, AÈT, institue le mariage , la fait lui-même s'unir à l'être adamique, et c'est alors qu'Adam faithomme, changé, fait autre, dit : «Cet étre^ cause d'émotion, de confusion et de trouble , est l'entité , la substance de ma substance , le sexe de mon sexe. Par elle, base sainte, l'homme conservera ou conserve (car il ne faut pas oublier que le futur peut se traduire par le présent) , par elle l'homme conserve la substance de son père et de sa mère ; il se joint avec amour à sa femme , il n'a plus qu'un sexe, — ou, selon la transcription samaritaine, — les êtres qui proviennent du concours de tous deux sont un sous le rapport de leurs sexes. »

Et ils étalent UIËIOU Or, ils furent , ils étaient ieiis deux ÇhNIEM tous deux

( nuas — sages

'^ OROUM, clairvoyant^ sans déguisement ou découvrant la vérité, mettant à nu, à découvert les choses cachées dans l'ombre*

Voyez ce qui a été dit de la signification symbolique attachée à ridée de la nudité dans la langue hébraïque, pag. 1G4.

254 JELOMj

•f la Ëtwmm

EADH

sagefl-Hidft^ pleins de finesse , de sagacité , de prudence

cet être adamiqae

lui.

UAÇhTOn

et le fea générant, lu femme de lui y

etaapMi

ULA

et ne pas

te. ITBÇhÇhOU>« ils s excitaient à faire ce

qui leur aurait causé de la confusion; ils ne faisaient rien qui pût leur causer de la honte.

*7 De WWh faire confus, rougir, amoir honte , troisième personne masculine de la conjugaison Hithpaël, dont le sens réfléchi et énergique est se faire faire , s'exciter à faire une chose* Ainsi , dans le sens littéral et vulgaire même , on ne devrait pas traduire , ils rougissaient , ils avaient honte , mais iis ne t'excitaient à rien faire qui p^t leur causer de la honte.

Ce verset devrait commence la seconde partie du récit, 4ïomme cela a lieu dans la version des Septante , et se joindre au chapitre suivant. La liaison est indiquée, par le mot OROXJM ou ORYM y mot célèbre , qui par ses sigiiiiications, esprit, intelligence, finesse, sagacité j sa* gesse, prudence et nudité, répond au mot aTHiro-so- PHisTE y par lequel les anciens ont désigné les sages du •collège du temple de Moroé , lesquels finirent de la manière la plus funeste, dit De Paw, Rech . phil . sur les Egypt. et les Chinois, t . 2 ., pour s'être constamment opposés aux progrès du despotisme.

Homère a qualifié ces sages du beau titre d*iRRÉPB0- CHABLES ) le symbole qui les caractérisait se composait

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 255

iSun ombilic désignant le TEirTESy les vices ou Timpiété dont il est la cause (Horap. ) , et d'uir serpent.

Selon la traduction voulue, ce mot ici veut dire icu, et six mots après , pas davantage, il veut dire fin , rusiè , DOUÉ DE SAGACITÉ. Commont, si près Tun de l'autre , OROUM et OROUM-IM ont-ils des significations si différentes? Ces mots ne sont-ils pas au contraire rapprochés de la sorte pour empêcher qu'on se méprenne sur leur signification ?

La traduction revient nécessairement à ceci :

AlÇh et AChE étaient OROUM-IM , et NEÇh était OROUM.

Les deux phrases se lient , sont parallèles, le sens est le même, et la traduction doit être l'homme et la vemmb

ÉTAIENT DOUÉS DE SAGACITÉ , d'iNTELLIGENGE ; — ET LE SEEPENT ÉTAIT DOUÉ DE SAGACITÉ , d'iNTELLIGENGE.

Les deux symboles qui caractérisent le gymno-sophiste, LE VENTEE ct LE SEEPENT , Védacité , la ditcrétioti éprou'^ vie, vont être la base sur laquelle Moïse édifiera la se* conde partie de cette belle allégorie.

LA GENÈSE

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