TANE
UlÔChOU
LEM ÈGRT '•.
uaecause, un sujet, uoe occasion , une pensée triste, de tristesse, de chagrin.
Ainsi, ils firent, ils opérèrent , ils produisirent pour eux , en eux un développement de confusion, un saisissement de honte mêlé de crainte , des remords.
*^ De OLL , subst. féminin singulier.
'7 De ANE , sûbst. féminin singulier, et signification adjective.
■* Remarquez combien ce sens s'accorde avec celui du verset 95, chapitre 3. — a Ils ne s'excitaient à faire , ils ne se €X>Dseiliaienl riea dont ils pussent avoir honte ou qui dût leur causer de la confusion.»
Le sens littéral et reçu est d'une absurdité révoltante \ le sens intime est d'une profondeur philosophique admirable.
Une sobte d'iictuition ouybit leuks teux et ils ac- QuiEEicT uiiE DOUBLE PÉNÉTBATION ; c'cst-à-dire que rhomme créé avec l'instinct , avec la clairvoyance commune à tous les animaux , parce qu'elle est nécessaire à leur conservation , reçoit par la connaissance, par l'appréhension du mal et le désir raisonné du bien , une nouvelle vue ; la vue de l'esprit , la clairvoyance , l'intelligence des choses et presque la divination, OYN.
Il raisonne la puissance de JÉOVÉ y elle l'effraye , et il se réfugie dans le doute.
La clairvoyance du raisonnement et de l'intelligence élève l'homme au-dessus de tous les êtres créés ; mais
oc LES DIEtTX DE MOÏSE. 285
coniffê elle lui fait connaître le mal , elle produit en lui le doute du bien , la crainte et la tristesse. Cest la pensée de Moïse ; Fart avec lequel il la révèle à ceux qu'il croit dignes de sa c(mGance est quelque chose de merveilleux. Immédiatement après la création d<e rhomnie et de la femme , avant qu'ils eussent la conscience du bien et du mal , c'est-à-dire avant qu'ils comprissent qu'on peut douter, et par conséquent craindre , il s'est hâté de vous dire qu'ils étaient ORYM-IM , taus les deunp , et qu'ils n'é^ prouvaient point de confusion , parce qu'ils ne s'étnienc point fôccités à Êdre des choses qui piiss€»it faire naître en eux du repentir et de là honte. Mais à peine ont-ils acquis ceUe connaissance du bien et du mal^ à peine uMrils devenus capables de prévoir ce mal , de le raissoaner, de le craindre, qu'il change te mot ORYM en OIRM et alors ce n'est plus une simple olairvoyanee , une aptitude à dénuder la vérité san& crainte , sans appréhension; c'est la prévoyance des malheurs y des adversités, des inifnitiés; c'est la perle de la sécurité ; c'est la CRAINTE. Le mot se reproduira encore et ce sera toujours OIRM. Plus d'ORYM ; la clairvoyance hem^ease , sans crainte et sans remords , est perdue avec l'ignoranco.
Ils fïr£nt croître en eux une cause de chagrin et DE TRISTESSE. — Lc mot OLE est au singulier dans le texte, et selon le sens littéral il ne peut être question que â!une seule feuille de figuier; mais comme on ne coud pas ensemble (je passe le mot coudre^ une seule chose, pour se tirer d'embarras on a traduit par le pluriel, les feuilles. ÇaQ mot OLE, avec le verbe coudre ^ prouvait assez que la phrase traduite selmi le sens de la Vulgate , eonsuerunt folia ficus, n'était pas l'expressioa de la pensée de Moïse ; que le verbe n'était pas TPhR, mais PhRÉ ( conjug. Hithphaët ), et qu'il fallait chercher un autre sens à OLE ; or , il veut dire aussi, une cause, un
286 JEhdm y
sujet, une pensée; et TANÉ, qui vient d'ANÉ et non de TAN , peint lechagrinei la tristesse. L'homme esten effet un être soucieux et mélancolique ; ses pensées se portent toujours sur ïavenir. La conscience du mal qu'il redoute lui rend la pensée dece mal toujours présente ; à défaut de chagrins positifs, il a la perspective de la mort.
Cette idée élève dans son cœur un sentiment triste qu'il
cherche à vaincre et dont il ne triomphe qu'autant qu'il
oublie, c'est-à-dire qu'autant qu'il se fait momentanément ignorant.
Aiirsi ILS PKODirisiBEifT EN EUX DES BEMOEDs. — L'analyse étymologique du mot ÈGR (ÈG-GR), produit , force même cette signification. ÊG peint un enveloppement de confusion y un saisissement de honte ; et GR ou GYR est un mélange de crainte, ^appréhension du châtiment ou de la réprimande. ÈG-GR, prononcés en un seul mot) désignent donc des eehoeos.
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AT
QOUL's
JÉOVÉ*
IWeu ALÉIM
•e promenant MTELC dans le Jardin BON
la Tolx
de l'Etemel
UIÇhMÔOU Alors, ils ouïrent» ils entendirent, ils comprirent la substantialisée y produite en être voix tonnante , maudissante ,
du-LUI , de TAdoni y du maître
de CEUX-CI y des Dieux étant faite aller çà et là dans le jardin sacré
*9 La substance fulminante , le tonnerre.
'! Le mot JEOVE ne prend pas TE déterminalif.
ou LES DIEUX DE MOÏSE.
nuiioiiflle
du Jour.
LROUE
EIOUM.
selon le vent » selon le
souffle violent , avec le
souffle violent
du jour, d'alors, de ce
moment.
Bt
Et, alors
Adam
EADM
cet être adamique
et la femme de
lui
UAÇhTOU
et Fardeuir générante, la femme de lui
seeaelia
— ITÈBA
fit ses efforts pour entrer dans un lieu caché, dans une retraite protectrice
de la face
MPhM
hors de la présence, contre la présence, contre la colère
de l'Etenael
JÉOVÉ
deLUI,rAdoni,lemaitre
meu
ALÉIM
de CEUX-CI , des Dieux ,
au milieu
BTOUC
dans la centrale
de l'arbre
ÔTz
substance ligneuse , table scientifique, science
du Jardin.
ÉGN.
du jardin , du bois sacré.
Le nom de JÉOVÉ , qu'un saint respect avait fait éloigner du texte quand il s'agissait d'une accusation portée contre ÂLÉIM^ contre les Dieux, reparaît ici comme avant la scène de l'épreuve.
La première partie de ce verset parait indiquer une de ces illusions physiques , un de ces prestiges , ou effets scèniques, que les prêtres égyptiens employaient avec tant de perfection et d'adresse dans les mystères.
Le seul moyeu possible de peindre la colère des Dieux était de frapper l'imagination du coupable et de lui faire
288 lÈhoiM y
redouter la peine due à son crime. Ici les éclats de là foudre et le l^ruit du tonnerre , la grande voix de Dieu, en style oriental , sont représentés lancés çà et là , selon la direction des Vents déchattiés. Ce tableau devait être d'autant pins effrayant en Egypte que le spectacle naturel des orages et de la tempête y était plus rare.
Dans le sens littéral, Thomme devenu mortel doit en effet se cacher , se couvrir ^ dans la crainte de voir Dieu ; car, on le sait, dans le style symbolique comme dans le sens vulgaire, voibdiev c'est mourir, nul être vivant ne pourrait supporter cette vue. Adam, dans le sens littéral, a donc un motif raisonnable pour craindre de voir Dieu et pour éviter de paraître découvert devant lui.
Mais si l'on veut chercher ce motif dans le sentiment d'une honte pudique, l'embarras dans lequel on se jette est insurmontable ; car, l'homme étant fait à l'image et à la ressemblance de Dieu , et Dieu agissant , allant , venant , parlant en effet comme un homme (MM. G. et F. font même entendre le bruit de ses pas ) , on demandera si Djeu, qui jusqu'à ce moment avait dû se présenter nu devant Adam et Eve , continuera de même , ou s'il prendra lui aussi une ceinture de feuilles de figuier pour se montrer à eux. Voilà donc l'Eternel dépassé en puissance par l'être qu'il vient de créer, et forcée ou de parler caché, ou de se faire, ou de se faire faire des vêtements, CTNOUT, verset 21. La lettre est donc ici tellement absurde , elle prête tellement à l'impiété , au blasphème , qu'il faut absolument recourir, pour l'excuser, à un sens intime. On ne demandera plus ce que ce sens peut être ; il est évident que Vhomme en cessant Hêtre seul , expérimente le bien et le mal; qu ayant expérimenté le mal , il doit en redouter les conséquences ; qu'il faut 7nême les lui rendre redoutables par tous les tnoyens physiques et moraux possibles. Ainsi, selon l'exprès-
ou LES DIEUX DE MOlSE.
sion da texte, le remords s'élève dans sou ame et la voix foudroyante de Dieu Teffraye ; la vue même de Dieu est pour lui LA MORT y parco quelle est alors un jugement ou Tannonce d'un jugement, d'une condamnation , d'une réprobation. Il le sent, il le comprend ; mais l'homme en acquérant la science du doute, la science du bien et du mal est devenu ergoteur et sophiste; pour se défendre, pour cacher la culpabilité de son action , il se renferme dans un cercle de raisonnements dont il cherche les éléments dans la science même dont il a abusé , il se renferme dans le doute ^ il se fait sceptique. C'est ce que la parabole exprimé, en disant : qu'ÂDAM se cacha dai^s l'arbre même