PREMIER
La rédaction offre ici tout le caractère d'une action théâtrale exécutée en présence de spectateurs j car à quoi servirait de donner un nom à la lumière et aux ténèbres, de crier : JOUR ! NUIT ! s'il n'y avait là personne pour recueillir ces noms et pour en comprendre l'intention. Si
ou LES DIEUX DE MOÏSE. 33
c'est Dieu qui dans ce looaient compose ces mots : Pour qui se donne-^-ii ce soin? Ce n'est pas pour les anges, on ne nous dit pas /qu'il y en eût ^ et Moïse n'en connaissait pas; et quand il y en aurait, ils ne sont pas teUeinent di^urvus d'intelligence, qu'ils ne puissent inveniter deux mois au besoin. Adam, qui ne les vaul pa$, saura l^ieu trouver des noms pour tous les animaux de la terre. Ce n*esc pas pour la terre, elle esl encore T£OU V-'WOVj informe et dans wne confusion Mah, l'espace, oekéflae autour d'eUe n'existe pas ^partout est Ï^Um immense.
£n ne s'attacbant donc , comme on le fait, qu^au sens vulgaire , tous les détails de ce verset sont impossibles. Il faut donc , pour les comprendre , pour en sentir Pipropos, recourir au sens intime. Alors, ces deux noms apparaissent , nous frappent comme deux cris de joie et d'admiration arrachés spontanément aux ALÉIM par la^ vue de l'œuvre de JÉOYÉ. On sait d'ailleurs que Fusage antique était de dénommer les êtres nouvellement créés , en les désignant par le cri ou par la première pensée que tes auteurs de leur existence proféraient ou exprimaient à rinstant de la naissance de ces' êtres. C'est ici l'usage même mis en action dans une circonstance solennelle, et pour la plus belle des créations.
Saint Grégoire de Nysse , appelle une eottise et une variièe ridtfiule des Juifs, d'attribuer à Dieu la formation delà langue bébraïque; comme si Dieu avait été un màttrè dé grammaire qui aurait appris à Adam une langue qu'il aurait inventée. Et il dit, à propos de ce verset de la Genèse :« Dieu a fait les choses et ndll pas les » noms ; Dieu n'est pas Fauteur du nom du ciel et de la » terre , mais du ciel et de Ja terre. »
Chaque journée du drame cosmogonique finissait na«* tuit^Uemej9t avec le JQur et reçooini^nçait avec l'aurore.
La représentation durait six jours. Il ne faut pas se figurer des mystères comme ceux des Grecs et des Egyptiens après Moïse , ou des autres peuples chez lesquels on n'initiait que la nuit. Le mot ^mif stère n^€st pas même un mot convenable pour l'initiation dont il s'agit^ parce que rinitiation n'était alors qu'un, enseignement , qu'une instruction offerte à tous pour le bonheur de la société humaine tout entière: C'était pour répondre à cette philanjthropique intention que Moïse et quelques prêtres ^yptiens ses collègues, entreprirent d'initier partiellement et progressivement tout le peuple de l'Egypte.
Quant à la version vulgaire de cette partie du verset, elle suppose un fait tellement hors de possibilité, qu'il n'y a pas de raison qu'on n'ait inventée pour expliquer comment, lorsque Vespaee nespUte pas encore, lorsque tout est pressé, comprimé, sans mouvement et sans ordre; lorsi^u'il n'y a point de ciel, point de soleil, point d'astres visibles, il peut y avoir un soie bt uic MATIN. C'est pour rendre le récit plus poétique, disent de nouveaux traducteurs; et voilà que selon eux, le Saint- Esprit fait de la poésie aux dépens du bon sens et de la vérité ! Je ne vois pas >|e l'avoue, ce qu'il y a de si poétique dans ces mots : // fut soir, il fut matin, jour un; ou comme traduisent les mêmes : Ainsi se passa, fut employé le soir et le matin de ce jour encore unique ; ce qui veut dire apparemment que Dieu travailla à la fraîcheur , le soir et le matin, ou qu'il lui fallut tout un jour pour venir à bout de son ouvrage , malgré la brièveté du fiât lum
Et U— Puis
nieii ALÉIM les FORCES , les Dieux ,
ou
LES DIEUX
DE moïse. do
dits
— lAMR
dirent :•
lËI
Il sera fait
me étÊmikWÊé
RQIO
un espace, une étendue
obtenue par Tamincissement de la masse
mu milieu
BTQUC
dans le centre
des e»usL«
EMlk
des eaux.
Kt soit
UIÉI
Et il fiit fait
divisant
MBDit
une chose faisant faire une séparation
entre
BIN
par le occuper un lieu ,
par le demeurer
IcAenux
MIM
les eaux
des eauxé
LMIM
selon les eaux.
Les Egyptiens considéraient la substance de Taif comme un produit de celle de Feau atténuée ou raréfiée ; et ils représentaient, à cause de cela, le soleil sur une barque. Le signe figuré, lë symbole hiéroglyphique a été abandonné; mais le signe écrit alphabétiquement, le nom , a été conservé. L'idée & arche ^ de barque, de vaùseau, de nef, se rattache, même' parmi nous, à celle de temple, de tabernacle, de tente, habitacles du soleil ; et par le soleil , on sait quil faut entendre. Dieu : — Quia soi est Bvminùê' Deus . Ps . 84 * .
' L'arche d'alliance de Moïse était imitée de Tarche égyptienne, portée sur des barres par des lévites , et placée sur une barque. On trouvera dans l'arche égyptienne les figures ailées , appelées chérubins dans le texte de l'Èxddc , et qui , dans Idoïse comme dans k monument, font allusion À la toute-puissance de Dieu. Indépen-' damment des deux chérubins tournés l'un vers l'autre et élendant lettrs afles/ll-y ea «iiait>un.troi^èmé ftppelé le chérubin du couvercTej parte ^'41 plaDatt sur l'iircllev Tout cela se voit dans le dessin- de Parëhe i8iaâq«kei',> imité du- bii»4relief qiii existe dans les ruines du tempte de I^hilœ yà l'extrémité méridionale de l'Egypte.
Dans le même chapitre de l'Exode, Moïse donne U description
36 JEïuOÏM y
L'emploi da mot RQIO indique , qu'avant la création , l'espace était rempli par une masse solide à l'égal des métaux. Ce mot explique celui d'ÈÇhC pour détiigiier mie force compressive qui couvre tout, cpxi produit les ténèbres, et empêche tout mouvement, tout développement des choses. Dans le sens vulgaire et littéral, cela embarrasse donc un peu le mouvement diurne , par lequel un soir et un matin véritables sont possibles avant la volatilisation de cette masse, solide. Dans le sens intime, cette atténuation supposée est une conséquence des symboles matériels prifintifs qui , la veille ont été placés sous les yeux de 'l'initié ,- savoir : La borne pyramidale et tiimit<<laire , symbole antique de la matière qui enveloppe t'exi»> tence éteinte ou sans vie ; puis l'œuf couvert par l'eau , principesementiel, fécond et générant; l'œuf symbole de la viQ.renaiss^ntjej, maïs encore enveloppée de ténèbres, < Là sif^ificailon de firmament donnée au mot RQIO est syriaque; les Septante et? la Vulgate, en l'acceptant, nous offrent .la pireuve que les anciens Hébreux ne. bornaient pas le sens des mots de leur langue à ce qu'il a plu aux lexicographes de nous, en donner \ mais qu'ils restituaient à ces mots, quand besoin était, les significations dont l'usaf^ avait été ahsuidoiiné, et qui s'étaient réfugiées dans les langues nées de l'hébreu : Le syriaque , le chaldaïque , l'arabe et l'éthiopien même.
Kt U— Ainsi
»leu ALÉIM tes iHetidL
d'utie table en lk>ift àt Selhtm , losgae.il* dtox coodéo», «t fFane ecmdée et dettie de hauteur$*iesléyite8 «loivaiyt la porter égalewient. l/nëlflble séikiblabie portée pardea lévites se troO¥e ei^porç sculptée dans le> mêmes monuments de Phil». ( Voyez les deux, figures ci^joinftes* ) ' - '
l)m^ D«^ la,
^^és'cÂ.tl^ f^ 25.2f.2^.
ou LES DIEUX DE MOÏSE
At
— lÔÇh
firent
AT
Ce qui constitue Tipséité la nature
l'étendue ,
ÉRQIÔ UIBDL
deFespace, de Tétendue;
et ilivie»
Et ils firent exister une
séparation
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BIN
parla demeure , par Foc-
cupation de lieu
les eauiL
ÉMTM
des eaux
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au-dessous
de réteiidue.
LRQIÔ.
pour retendue , quant à
uraN
l'espace ;
Et entre
Et par la demeure, par
l'occupation de lieu
les e»usL
ÉHIM
des eaux
qultfottf
AOiR MOL
qui sont
aii*dessuB
au-dessus ,
«iè Vétendlùe.
LRQld.
UIÉI
quant à l'espace.
KitUflltft
)Et il fut fait
«Insl.
' CN
ainsi.
L'iB^paçç RQIO n'étant pas Iç vide, mais une substance matérielle, étei^due, amiocia et çomine laminée, Moïse
a pu dire et môme a dû dire AT ÉRQIO, la substance de tegpfteef ce qui le constitue.
»»i»»-Mi*i*TT^~*.""*""~ I la^waMiMW*
ALÉIM
Alors les Dieux
^LOÏMj
»l»pel#
— IQRA
s'écrièrent , ou lurent à haute voix
l'étendue^
LRQIÔ
pour Fespace , pour l'étendue,
deux t
ghMIM UIÉI
GIEUX!
et fut
Et a fut fait
le soir
ÔKH
un crépuscule , un passage de la lumière aux ténèbres ,
et fut
UIÉI
puis il fut fait
le matin 9
BQR
une aurore, un renouvela lement de la lumière.
Jour
JOUM
JOUR
seeond.
ÇhNI.