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Observations sur les vitesses données comme moyennes

Les nombres présentés par Hutton comme moyennes donnenl lieu à plusieurs observations qui font voir combien il est difficile d'éviter des imperfections de détail dans ce genre de recherches.

Dans les expériences de 1787, avec le boulet de 1 liv. aux charges de 8®" et de 2®° dans le canon n® 2, de 20 calibres de longueur, les moyennes ne sont obtenues que sur trois coups au plus; quelquefois les vitesses^ lorsqu'elles s'écartent beaucoup des autres, sont notées douteuses (d) par Hutton et négligées ; de façon que^ parfois, des trois coups il n'en reste qu'un seul regardé comme bon.

Dans les expériences de 1788, il a été en général tiré quatre coups à chaque charge ; mais souvent, les résultat sont été portés douteux et négligés, sans d'autre raison apparente que celle de s'écarter plus ou moins des autres vitesses, ou de fournir une moyenne qui ne s'accorde pas avec les résultats obtenus aux autres distances. Ainsi, à la charge de 3®", à la distance de 60% les quatre vitesses calculées sont 1088, 1092, 1102 et 1118; Hutton n'a considéré que les deux derniers résultats et pris 1110 pour moyenne; cependant la seconde s'éloigne moins de la troisième que celle-ci de la quatrième, et la première s'écarte moins de la deuxième.

A la charge de 0**"4**% et à la distance de 60% Hutton a obtenu 290% 259% 285' et 269' ; il n'a conservé que les deux plus grandes et a pris 287 pour moyenne. A la distance de 120% des quatre vitesses, 289, 286, 306 et 287, Hutton néglige la plus forte; mais, comme la moyennedes résultats conserves était 288 et que ce nombre était plus grand que la moyenne à 60% il a écrit simplement 277 pour moyenne, et cependant plus loin, il est conduit à prendre 283 pour vitesse régulière. A la charge de 16**" seulement et à la fin des expériences, les moyennes ont été prises sur 4 ou 5 vitesses.

Dans les expériences sur le boulet de 3 liv., les vitesses n'ont pas été calculées pour chaque coup, mais seulement sur la moyenne de trois reculs du pendule observés à chaque coup. Les reculs présentaient des différences notables d'un coupa l'autre. Les poids des boulets ayant varié dans la série des épreuves,

18 RÉSISTANCE DE l'aIR»

Hutton a réduit les vitesses à ce qu'elles eussent été si le poids du boulet eût été constant et égal à 3 liv. Il ne donne pas la formule de la réduction^ mais il eût mieux valu adopter le poids 2''*15®% qui était celui de la plus grande partie des boulets et qui s'écartait peu des autres. Il a aussi réduit les vitesses à la même pression barométriquCt mais il ne dit pas qu^l ait tenu compte des différences de température. Enfin» il a réduit les vitesses à ce qu'elles eussent été, si la poudre eût indiqué^ chaque jour^ la même force à l'éprouvelte. II y a liea de craindre qu'il y ait ici une cause d'erreur^ parce que les effets de la poudre sur un boulet ne varient pas proportionnellement aux différences dans les reculs du canon lorsqu'il est tiré sans boulet.

Dans les expériences sur le boulet de 6 liv.^ les moyennes vitesses sont prises sur trois coups en général, quelquefois moins ; les vitesses soBt réduites^ comme pour le boulet de 3 liv., à celles d'un boulet de poids constant, et pour une même hauteur du baromètre, et une poudre de même force.

Par cette manière d'opérer, Hutton a donné aux résultats moyens dans cliaque expérienee une apparence de régularité qu'ils n'ont pas au fond ; mais comme il opérait avec la prudence d'un habile expérimentateur, il n'a pas, dans cette partie de son travail, altéré l'ensemble des résultats; ils sont simplement parés, et leur interprétation bien faite doit conduire à des conclusions assez exactes.

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