PHÉNOMÈNES DE LA FÉCONDATION
Nous ne reviendrons pas sur les considérations générales précédemment émises sur la Fécondation ovipare (V. p. 88.), mode auquel le sujet actuel appartient. Mais il est essentiel de rappeler qu'il s'agit maintenant d'étudier cette grande fonction dans l'espèce humaine, où elle présente une série d'actes des plus importants.
Il faut diviser ce chapitre en trois paragraphes principaux : 1° Rôle de THomnie. — 2° Rôle de la Femme. — 3° Phénomènes intimes de la Fécondation. Après quoi il sera dit un mot, 4", de la Fécondation artificielle de la Femme.
§ l^^ — Rôle de l'Homme dans la Fécondation.
Pour que<îe rôle s'accomplisse dans de bonnes' conditions, il faut que l'Homme ait atteint l'âge pubère ; qu'il soit en érection ; qu'il y ait intromission du pénis, et enfin éjaculation.
Puberté. — La tâche que nous avons entreprise nous aurait exposé à de nombreuses répétitions, si nous n'eussions mis tout Tordre qu'il nous a été possible dans la distribution des piatières et dans la méthode d'exposition. En effet, l'article Puberté, quoique trouvant ici sa place légitime, a dû, avec non moins d'opportunité, être traité au^chapitre de la Fécondité. Nous y renvoyons donc le lecteur. (V. p. 62.)
Nous devons en faire autant pour l'étude du Sperme, qui a été introduite dans l'exposé du rôle des organes génitaux de l'Homme.
Rappelons seulement que, parmi les divers chan-
gememenlsqui s'opèrent chez les garçons au double point de vue du physique et du moral, au moment où ils deviennent pubères, le plus important, le seul absolument caractéristique, consiste dans la préserfce des Spermatozoïdes dans la liqueur séminale.
Érection. — Sous Tinfluence d'une excitation particulière, soit spontanée et liée au besoin instinctif d'opérer l'union sexuelle, soit provoquée par des désirs nés d'une imagination qui rappelle ou crée des images de séduction et des actes voluptueux, ou par des attouchements lubriques, sans parler de l'action de certaines substances aphrodisiaques , sous ces influences diverses, disons-nous, le membre viril, de mou et pendant qu'il était, se gonfle, s'allonge et devient plus dur.
Tj'explication physiologique de ce phénomène sinuulier est assez difficile à donner. Sans doute, le san^ qui afllue en abondance dans les corps caverneux et qui, par son afllux même, comprime les veines, ses vaisseaux de retour, nous met sur la voie d'une explication acceptable. Mais cela rend-il compte de l'impétuosité de l'afllux sanguin, de ces érections presque instantanées sous l'influence de ce qu'on nomme ïorgasme vénérien, lorsqu'il est porto à son maximum d'intensité ? C'est précisé-
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ment cette sorte da feu intérieur, de ferment, qu'il s'agirait d'expliquer. Tout ce que Ton peut dire à ce sujet, c'est qu'il est sous la dépendance de l'innervation ou action nerveuse du grand sympathique, laquelle relève du cerveau, principalement^ du cervelet; et l'orgasme vénérien est d'autant plus vif que l'Homme dans l'âge nubile est plus vigoureux et mieux portant.
Les érections provoquées par des actes contre-nature, tels que l'onanisme, la flagellation, ou par l'ingestion d'aphrodisiaques, ne sont pas aussi intenses que celles qui ^e manifestent au moment de posséder une femme ardemment désirée, quand toutefois l'excès d'amour ne paralyse pas les moyens, comme il sera dit au chapitre de l'Impuissance. Il est aussi des érections mécaniques, presque inconscientes, comme celles produites par le décubitus dorsal, la chaleur du lit, la replétion delà vessie et du rectum quand elle gène la circulation veineuse.
Deux muscles jouent un rôle important dans l'érection et l'éjaculation. En voici la description succincte :
Le muscle ischio-caverneux est un petit muscle allongé, placé de chaque côté le long de la branche de l'ischion et de la racine du corps caverneux du pénis. Il est fixé en bas à la partie interne de la branche de la t^bérosité de l'ischion, et s'attache en
haut au côté externe du corps caverneux, qu'il contourne. On croit que les deux ischio-caverneux contribuent h Térection en comprimant dans leur contraction la veine honteuse, les veines de la verge.
Le muscle bulbo-caverneiix est situé au périnée en avant de Tanus, sur le bulbe de Turètre, qu'il entoure ; il s'étend jusqu'au-devant de la symphise du pubis. On doit considérer comme un seul musclepenniforme les deux muscles bulbo-caverneux des auteurs. La partie médiane ou penniforme se con • tinue avec le ligament suspenseur de la verge; les parties latérales, à leur terminaison, se confondent avec le tissu propre du corps caverneux. Ce muscle joue un rôle dans l'érection et l'émission du sperme.
On peut résumer ce point de physiologie : Les phénomènes qui se produisent dans l'érection sont dans Tordre suivant: excitation du gland; afflux plus considérable du sang vers cette partie et dans les cellules du corps caverneux ; contraction des muscles bulbo et ischio-caverneux ; refoulement du sang du bulbe dans le corps spongieux de l'urètre ; compression de la veine dorsale du pénis par la portion antérieure du muscle bulbo-caverneux.
Intromission^ Coït. — Le but de ce travail étant de donner des notions aussi exactes que le comporte l'état do la science, sur la physiologie do la Rcpro-
(luction, nous laissons de côté tout ce qui lient au roman, toutes ces descriptions faites pour plaire ou enflammer l'imagination plutôt que pour instruire, telles que celles touchant la voluptueuse ivresse que procurent les rappDrts intimes de l'Homme et de la Femme, et cette question vaine et insoluble de décider lequel des deux sexes éprouve la plus grande somme de jouissances dans l'acte vénérien, etc. En conséquence, nous allons nous borner à reproduire la description de la copulation donnée par le professeur Béclard.
« Les frottements du gland de la verge contre les surfaces nerveuses, lubrifiées et gonflées, de la vulve et du vagin, entraînent, par action réflexe, la contraction des muscles bulbo-caverneux et ischiocaverneux de l'Homme. L'érection des corps caverneux de la verge et celle du gland se trouvent ainsi portées à leurs dernières limites. Le frottement du dos de la verge contre le clitoris et contre l'ouverture de la vulve, douée en ce moment d'une vive sensibilité, amène également, par action réflexe, la contraction du constricteur du vagin et de rischio-caverneux, contraction qui augmente la turgescence de l'appareil érectile de la Femme, ou qui la termine si elle 'n'avait pas lieu au commencement du coït. L'appareil érectile de la Femme, distendu par le sang, réagit à son tour sur le membre viril.
et -ainsi de suite. Enfin, lorsque la sensibilité développée sur le gland par les frottements réitérés de Torgane mâle contre l'organe femelle est arrivée à un certain degré d'exaltation, il survient dans tout Torganisme tine sensation indéfinissable, accompagnée d'un sentiment de chaleur le long de l'axe cérébro-spinal, de l'accélération du pouls et d'efforts convulsifs d'expiration. La contraction des voies d'excrétion du sperme, et celle de tous les musclas du périnée, survient par action réflexe de la moelle épinière, et réjaculatio,n a lieu. »
Ejâculation, — Nous venons de voir comment s'effectue l'émission du sperme au degré ultime de l'orgasme vénérien, par quelles puissances musculaires ce liquide est dardé sur le col de la matrice ; il doit donc paraître inutile d'insister davantage. Mais de la sécrétion spermatique proprement dite et du parcours du fluide prolifique dans ses canaux, il n'en a rien été dit encore.
Le sperme s'élabore dans les testicules ; mais, au moment de l'éjaculation, il a reçu d'autres fluides provenant de la prostate et des glandes, de Cowper, qui se sont mêlés à lui. « Le testicule est composé d'éléments tubulés qui se terminent tantôt en cul-desac, tantôt par des anastomoses des conduits entre eux. La disposition anatomique des conduits sémini-
fères permet de penser que là sécrétion se fait dans toute leur étendue, et que la quantité de cette sécrétion est^ très-minime, si l'on a égard au petit volume de ces glandes, au nombre et à la ténuité des conduits séminifères, au peu de sang qu'y apportent les artères spermatiques où la circulation est ralentie ainsi qu'à la longeur et à l'étroitesse des canaux déférents. Cette quantité paraîtra encore plus faible, si l'on se rappelle que, chemin faisant, une foule de glandes viennent mélanger leurs produits à la liqueur séminale. Cependant, la sécrétion spermatique est accrue dans certaines circonstances, comme par exemple sous l'influence des excitations vénériennes de ceHains aliments ou de certaines substanaes. » (Roubaud.)
Comme cela a lieu dans les autres appareils sécréteurs complets, c'est-à-dire qui ont un réservoir, le produit de la sécrétion testiculaire se dirige vers les vésicules séminales au fur et à mesure qu'il se forme; mais sa progression est lente, difficile même, dans les canaux si nombreux, si fins et si flexueux de la glande et de l'épi Jidyme. Le sperme sort de celui-ci pour passer dans le canal déférent, luimême très-petit et long, mais4'un trajet plus direct; enfin, il gagne la vésicule séminale correspondante h ce même canal déférent. C'est de ce réservoir qu'il part pour cire conduit par les canaux éjaculateurs
dans Turètre, et être éjaculé. La force de projection dont est animé le sperme est due 'à des contractions brusques, convulsives, d'une couche musculeuse qui fait partie des parois de la vésicule séminale, et de celles encore plus puissantes des muscles bulbo et ischio-caverneux.
Nous le répétons, la plus grande partie du liquide
' éjaçulé n*est pas de la semence proprement dite ;
c'est le produit de différentes glandules sécrétoires
et de la vésicule séminale elle-même, qui est tout h
la fois organe sécréteur et lieu de dépôt.
Ainsi s'opère l'éjaculation. Un abattement subit, une faiblesse générale, une tendance au sommeil s'emparent de l'homme après l'émission du sperme Cet état de fatigue phyfeique et morale trouve son explication peut-être autant dans le trouble nerveux et cette sorte d'épilepsie passagère que cause l'ivresse convulsive de l'orgasme vénérien que dans la dépense du plus précieux produit de sécrétion.
§ 2. — Râle de la Femme dans la Fécondation.
Ce rôle est plus simple que celui dévolu à l'Homme. Comme celui-ci, la Femme doit être pubère ; or, cet âge est compris entre la première apparition des règles et leur disparition.
Etudions donc : 1° la Menstruation; 2<* la Ménopause ; 3"" la part d'action des organes féminins dans le coït.
Menstruation. — L'âge de puberté, chez la Femme, est annoncé par une évacuation périodique d'une certaine quantité de sang par l'utérus. On donne vulgairement le nom de Règles à cette évacuation, parce qu'elle se reproduit tous les mois, un JDcu plus tôt que plus tard. Cette fonction constitue la Menstruation et devient l'indice certain de l'aptitude à la procréation.
Toutefois, il est certaines Femmes, irrégulièrement ou même pas du tout menstruées, qui deviennent enceintes; par contre, il en est d'axitres qui, bien que parfaitement réglées, ne conçoivent pas. Les raisons de ces exceptions seront étudiées dans la suite, quoi(]ue déjà nous ayons parlé des conditions de climat, de constitution, etc., qui peuvent influer sur l'apparition, la quantité, la durée des règles, etc.
Quant à la théorie physiologique de la Menstruation, on doit la faire découler d'une fonction spéciale qui a pour sicge les ovaires. Cette fonction consiste en une sorte depon^e mensuelle d'un ou plusieurs ovules ou œufs, laquelle devient la cause d'une certaine congestion sanguine vers l'utérus et par suite d'une cxhalaliou de sang. Baudclocquc a eu
raison dédire que la Menstruation n'est qu'un avortement périodique. L'expression est peut-être excessive, mais elle ne manque pas de justesse, car chaque apparition des règles annonce qu'il se produit une rupture d'une vésicule ovarienne et l'expulsion d'un ovule.
Donc, tous les 26 à 30 jours, régulièrement, une vésicule de Graaf subit une excitation particulière, se gonfle, vient faire saillie à la surface de l'ovaire et se rompt. L'ovule s'échappe, est saisi par le pavillon de la trompe, qui se porte à sa rencontre, et il pénètre dans celle-ci, qu'il parcourt avec lenteur, pour arriver dans la matrice, d'où il est définitivement expulsé au bout.de 2 à 6 jours, avec le sang menstruel que ce travail a fait exsuder de la surface interne de cet organe.
L'évacuation des règles s^ccompagne ordinairement de douleurs plus ou moins vives, passagères ou durables, dues aux contractions des fibres de la matrice, laquelle cherche à se débairasser du sang qui s'accumule dans sa cavité. Ces douleurs sont connues sous le nom de coliques utérines. En même temps, la Femme éprouve de la lassitude, ses yeux se cernent, son haleine devient forte, etc.
Le sang des règles, bien q\iG ne dilYérant pas chimiquement de celui de toute autre hémorrhagie^ est doué d'une odeur particulière q\ii rappelle les
émanations des parties génitales des femelles à Tcpoque du rut.
Nous avons parlé déjà (V. p. 65.) des modifications qui surviennent dans le physique et le moral de la jeune fille au moment où elle devient pubère, c'est-à-dire menstruée, nous n'y reviendrons pas.
Ménopsiuse. — La cessation des règles apparaît généralement de 40 à 50 ans ; elle coïnTiidc avec un état d'inertie des ovaires, qui s'atrophient et même disparaissent quelquefois. La matrice et les glandes mammaires suivent cette atrophie dans certaines limites. Habituellement, il ne survient aucun accident, car la disparition de la fonction menstruelle est dans le vœu de la nature. Quelquefois, cependant, il survient des pertes sanguines irrcgulières qui, lorsqu'elles persistent, annoncent un état congestif, inflammatoire, ou même cancéreux de la matrice. Les Femmes, à l'époque de la cessation des règles, doivent donc user des rapports sexuels avec une grande sobriété et éviter les causes d'excitation du côté des organes génitaux.
§3. — La pari d! action des organes de la Femme
dans la copidation.
(Juand le membre viril pénètre dans le vestibule,
FirONDATION DAXS LEvSPECE HUMAINE. 157
le i^land vient heurter le clitoris, qui subit alors une sorte d'érection et dont Textremité, au lieu de regarder en haut, se dirige en bas et frotte contre la face dorsale de la verge. Le vagin, animé d'une certaine force de rétraction, se moule sur le volume de celle-ci, dont la turgescence augmente encore. « Le clitoris, abaissé fortement,'subit de la part du pénis et lui inflige à son tour des frottements voluptueux, de sorte que chaque mouvement de copulation influe à la fois sur les deux sexes et concourt, au point culminant de cette excitation mutuelle et réciproque, à amener d'un coté l'éjaculation, et de l'autre la réception de .la liqueur séminale dans la matrice. »
La Femme n'éprouve pas, après l'aclecopulateur, l'abattement qui s'empare de Tllomme. C'est qu'en effet elle y joue un rôle moins actif, généralement même moins passionné, et que sa contribution en ^ fait de pertes consiste dans des fluides muqueux exhalés par le vagin, et qui n'ont pas sur la constitution une action aussi déprimante, aussi épuisante que . celle que produit chez l'Homme l'évacuation du sperme. Aussi la Femme peut-elle répéter le coït bien plus souvent et à des intervalles bien plus rapprochés que ne peut le faire l'Homme.
Quant à la question de savoir auquel des deux acteurs revient la plus forte somme de volupté.
encore une fois elle nous paraît oiseuse, n'en déplaise aux hommes sérieux qui s'en sont occupés et çn particulier à Kobelt, qui, dans sa monographie, attribue la plus belle part à la Femme, vu sa sensibilité plus grande, le grand nombre de bulbes vaginaux, leur compression par la verge, le grand nombre de corps concentrés dans un petit espace, etc. Mais alons comment se fait-il que tant de Femmes n'éprouvent aucun plaisir dans l'acte vénérien, que quelques-unes même y répugnent ?
Si l'on veut, nous accorderons volontiers que le plaisir qu'éprouve l'Homme est plus court, mais aussi plus vif ; que le plaisir de la Femme est moins vif, mais de plus longue durée.
^ 4. — Phénomènes intimes de la Fécondation.
En expliquant le mécanisme physiologique de la copulation, nous avons assisté pour ainsi dire à l'arrivée de la liqueur fécondante dans les organes de la Femme. Il s'agit maintenant de savoir comment agit cette semence, comment s'opère l'imprégnation, la Fécondation en un mot.
Hippocrate et ses successeurs ont cru jusqu'à la fm du xv« siècle que les ovaires (on les appelait alors testicules de la Femnie) sécrétaient un liquide
analogue au liquide spermatique de rHomme et que la formation de l'individu nouveau résultait du concours ou mélange des deux semences.
Lorsque les ovules furent découverts, la question changea complètement de face. Naquit alors l'axiome célèbre: Omnevivum ex ovo ; mais les ténèbres n'en persistèrent pas moins, puisque les théories relatives à la génération sont encore nombreuses.
« Malgré les connaissances plus positives que nous possédons aujourd'hui sur le sperme et les œufs, le problème de la fécondation est loin d'être résolu ; il est réduit, il est vrai, en deux points seulement, mais ce sont les points* les plus ardus et les plus difficiles à pénétrer. A peu près toute la question est aujourd'hui de savoir : l"" dans quel organe, ovaires, trompe ou utérus, se fait la rencontre du sperme et de l'œuf ; 2° quelle est la nature de leur contact, l'essence de leur union.
« La fécondation, dit Debay, a lieu dans les trompes, et pas ailleurs. Elle ne saurait avoir lieu sur les œufs tombés dans la matrice à l'époque de la ponte, parce que ces œufs ne réunissent pas les conditions nécessaires, dont la principale*est la fécondation préalable, pour qu'ils acquièrent l'aptitude à se greffer aux parois de l'utérus.
a La liqueur spermatique introduite dans la matrice y éprouve une dissolution : sa partie aqueuse
revient dans le vagin et découle de la vulve; mais les Zoospermes qu'elle contient, du moins le plus grand nombre, gagnent instinctivement les trompes utérines et vont s'accrocher aux parois de ces trompes, à leur partie supérieure, près du pavillon^ C'est au moment du passage de l'ovule dans la partie supérieure de la trompe que le Zoosperme s'accroche à lui et le féconde immédiatement» »
Le moment le plus favorable pour que la conception ail lieu est du quatrième au douzième jour après la période menstruelle ; après le douzième jour qui suit la cessation des règles, l'imprégnation est peu probable ; elle no l'est pas davantage pendant la durée de l'écoulement sanguin, parce que l'ovule ne parvient habituellement dans l'utérus que plusieurs jours après la cessation du (lux cataménial.
Nous ne pouvons quitter ce sujet sans dire un mot de V (En f humain.
L'On//e (V. Ovaire,] est formé : l*" d'une me'ml>rane extérieure transparente (membrane Vitelline) ; 2** d'un liquide granuleux qui en occupe la cavité [Vitellus ou jaune) ; et 3" d'une petite vésicule incolore qui nage au milieu du liquide vitellin (Vésicule (jerminative).
L'Ovule échappé de l'ovaire de la Femme et uni h rélcnicnt générateur du sperme de l'Homme es L fécondé. Dans son trajet h travers la (rompe, il
s'entoure d*une couche albumineuse, qui disparaît bientôt, mais qui parait favoriser la fécondation en retenant le spermatozoïde et servir à son accroissement. (C*est cette couche qui, bien plus considérable dans les Oiseaux, constitue le blanc de leur œuf.) En même temps que s'est effacée la vésicule germinative, commence dans la masse du vitellus un travail de segmentation.
tf Les sphères de segmentation deviennent de véritables cellules. Les premières formées se rassemblent à la périphérie contre la face interne de la membrane vitelline , et y forment une nouvelle membrane, appelée blastoderme. A peine le blastoderme a-t-il pris la forme de membrane, qu'il s'obscurcit sur un des points de son étendue ; il y acquiert plus d'épaisseur, et ce point est le premier vestige de l'Embryon : c'est la tache embryonnaire. Pendant que s'accompîissent ces phénomènes, l'œuf poursuit sa marche à travers la trompe vers l'utérus, dans lequel il arrive vers le sixième ou huitième jour qui suit l'imprégnation, avec son blastoderme plus visible et d'un volume quatre ou cinq fois plus gros qu'il n'était dans l'ovaire. » Il n'est pas de notre sujet d'étudier le développement du fœtus dans la matrice.
Mais il est une question à laquelle nous voulons aussi consacrer quelques lignes : c'est celle-ci ;
Peut-on procréer les sexes à volonté ? — Une foule d'explications ont été proposées dans le sens de l'affirmative ; mais il n'y a eu jusqu'ici que des hypothèses émises, absolument dénuées de preuves.
Les anciens croyaient que le testicule droit et la cavité droite de la matrice produisaient des individus mâles, et que les femelles provenaient des mêmes organes du côté gauche. Mais ces pures sup- . positions tombent d'elles-mêmes devant ce fait que les Hommes auxquels un testicule a été emporté, soit par accident ou chirurgicalement, procréent des enfants des deux sexes. De même quant à la Femme à laquelle il ne reste qu'un ovaire.
Tout ce qu'il est permis de supposer, c'est que les Hommes robustes et d'une forte constitution engendrent plus de garçons que de filles.
Dans cette question, comme dans tout ce qui touche au principe Vie, il y a un mystère impénétrable ; il doit en être ainsi d'ailleurs, car autrement la créature aurait le pouvoir de pervertir l'ordre des successions des Espèces, que la nature a pourtant entourées de tant de garanties sous le rapport de la fécondité et de la fécondation.
Cependant, il nous faut bien faire connaître les théories qui ont été proposées. — Voici celle que Débay expose dans sa Physiologie du mariage :
a La détermination du sexe a lieu au moment
môme de la fécondation ; elle dépend exclusivement des qualités de Pœuf et du sperme. Ces qualités se traduisent par les diverses proportions (Tazote contenues dans les matières dont les œufs et le sperme 3ont formés. — L*œuf est-il à un degré supérieur d'azotaiion^ le produit sera mâle; l'oeuf est-il à un degré inférieur d'azotation, le produit sera femelle. — L*élément mâle est représenté par la substance azotée ; — l'élément femelle par la substance hydrocarbonée. — Dans les tempéraments sanguins, nerveux et bilieux, ainsi que dans leurs dérivés, c'est la substance azotée qui prédomine ; — dans les tempéraments lymphatiques et les constitutions débilitées, c'est la substance hydro-carbonée qui a le dessus; — ce qui avait fait dire aux anciens que THomme était d'un tempérament sec, et la Femme d'un tempérament humide ; ils parlaient en général et avec raison. »
Suivant d'autres observateurs , la détermination du sexe dépendrait du plus ou moins de vigueur comparative des individus accouplés, et le régime auquel on les soumettrait à l'avance suffirait pour amener le résultat désiré : ainsi, par exemple, on obtiendrait des enfants mâles si l'Homme et la Femme observaient un régime azoté.
Le D' Gourier estime que la bonne santé de la Femme est la condition nécessaire pour obtenir des
m FONCTIONS DE REPRODUCTION.
produits mâles, surtout si THoinme est faible de constitution, a C'est par suite de la santé de la jeune mère, dit-il, ou de la jeune fille, et de Tétat neuf de leurs organes générateurs que la première naissance est souvent mâle, tandis que la deuxième, au contraire, est souvent femelle, à cause de la fatigue de la gestation ou de la lactation précédentes. — Si, dans ces circonstances, la santé de la mère ne se relève pas, ou si le mâle ne s'affaiblit pas, les pontes femelles continuent. — Mais au bout d'un certain temps de mariage, il est bien rare qu'un mari ne se
soit pas retrempé, car il a trouvé dans la couche nuptiale le calme et le repos pour les jours passés. »
I 0. — Fécoadaiion artificlGlle chez la Femme,
Nous n'avons pas à revenir sur la Fécondation artificielle considérée dans les Plantes et chez les Animaux ; mais il convient de renvoyer le lecteur à ce chapitre, qui est comme une introduction à celui-ci.
Le mode de Fécondation en question a été employé chez douze Femmes par le D"" Girault, qui avait été précédé dans cette pratique par Hunter, Gigon, Lesueur et Delaporte.
« Le procédé que j'ai employé, avec succès, dit-il, est un des plus simples : il faut une sonde pourvue
OU non d'un entonnoir, et une seringue à injection. On fait mettre la femme sur un lit ou sur un canapé comme si Ton allait appliquer un spéculum. L'opérateur remplit la seringue de sperme, introduit la sonde dans Tutérus en suivant Tindicateur de la main opposée, et pousse l'injection. Cependant, je préfère, dans la généralité des cas, introduire le sperme dans la sonde, placer celle-ci dans le col de l'utérus, et souffler ayec la bouche, attendu que s'il y a peu de sperme, il peut rester dans la seringue ; tandis que par l'insufTlation, il faut que tout pénètre dans la matrice.
« En 1838, je fus consulté par le comte de L..., pour sa fille âgée de 23 ans, mariée depuis trois ans,et ayant un tel désir d'avoir un enfant, qu'elle menaçait de se livrer au premier venu afin d'avoir le bonheur d'être mère. Je l'examinai, je reconnus que le col de la matrice était mince, plus long que dans l'clat normal, et que l'ouverture était étroite. Je pensai que ce motif pouvait empêcher la Fécondation, et je conseillai le cathétérisme tous les deux jours, avec une sonde de plus en plus grosse pour dilater le canal. Ce moyen déplut promptement, et je conseillai la Fécondation artificielle, ce qui fut aussitôt accepté. Le mari âgé de 35 ans s'y refusait ; mais la volonté de la femme fit céder tout le monde, et le 27 avril je fis la première injection avec une
If.n FONCTIONS DE REPRODUCTION
sondo d'homme redressée et percée d'un trou à son extrémité. Après l'avoir lavée, je fis passer à Tintérieur une dissolution de gomme et je la remplis du sperme du mari ; la dame étant couchée sur le bord du lit comm« pour l'introdu^'tion du spéculum, je portai l'indicateur gauche su:' le col de l'utérus, de la main droite j'introduisis la sonde dans l'ouverture du col, et je soufflai avec ma bouche. Le soir même je fis partir les deux époux pour un voyage; mais ils revinrent au bout de 20 jours, la dame ayant ses règles. Le 5 juin, les réglés étant passées, je pratiquai de nouveau l'opération, et les époux allèrent passer cinq mois à Nice: La dame devint enceinte et accoucha le 1^"^ mars 1839 d'un garçon bien constitué qui fut nourri par une Normande. Il suivait son père, dont les fonctions nécessitaient des changements de résidence. J'ai vu ce jeune homme en 1859; il commençait alors ses études de droit, et c'est aujourd'hui un avocat distingué.
« En 1839, je donnais mes soins à M""® L..., fille d'un receveur particulier, âgée de 25 ans; le mari en avait 27. Elle était atteinte de blénorrhée : à une de mes visites elle me fît part de son chagrin de n'avoir pas d'enfants; ce chagrin était partagé par toute sa famille, et surtout par son père. Mariée depuis cinq ans, elle était lymphatique, et afïectéc à'un écoulement muqueux de la matrice. J'aurais
FKCONDATION DANS L'ESPECE HUMAINE. IfiT
voulu obleViir la guérison de cet -écoulement avant de procéder à une injection spermatique ; mais en présence de l'impatience de la famille, je m*y décidai avant d'avoir obtenu ce résultat. Le 23 octobre, quatre jours après la cessation des règles, je fis une injection spermatique dans l'utérus. Je conseillai un voyage que ma cliente ne voulut pas entreprendre. Les règles revinrent le 20 novembre, et je recommençai l'opération. Le résultat ne fut pas plus favorable que la première fois ; et nous fîmes un mois après une troisième opération. M"'* L... devint grosse et accoucha le 15 septembre 1840 d'un beau garçon qui s'éleva très-bien jusqu'à l'âge de 4 ans et demi. Il fut alors atteint du croup, et en mourut : la mère ne voulut plus tenter de nouvelle opération, disant que Dieu l'avait punie d'avoir fait un enfant avec une seringue. »
IMPUISSANCE. ino