CHAPITRE CINQUIÈME
L'Impuissance est, dans son acception rigoureuse, l'impossibilité d'exercer le coït.
Mais, communément, on entend par cette expression, non-seulement cette impossibilité absolue, mais les simples obstacles qui rendent les rapports sexuels plus ou moins difficiles.
Il ne faut pas confondre Tlmpuissance avec TAnaphrodisie, qui est Tabsence de désirs.
L'Impuissant peut être dévoré de désirs charnels et se trouver dans l'impossibilité de les assouvi^ .
L'Impuissance diffère aussi complètement de la stérilité, car celle-ci est l'incapacité à la fécondation. Un homme peut être impuissant sans qu'il soit le
moin» du monde frappé do stérilité.
I7i> FONCTIONS DE REPRODIVTIOX
Par opposition, un individu stérile peut être doue d'une grande ardeur dans le congrès.
Ce sont là, en quelque sorte, des aphorismes dont l'exactitude va être démontrée dans Tétude de l'Impuissance et de la Stérilité.
L'Impuissance absolue no peut être que le résultat de certains vices de conformation ou d'accidents traumatîques qui entrent dans le domaine de la chirurgie. Bien que nous ne voulions pas empiéter sur ce domaine, nous les ferons connaître au moins par leurs noms ou leurs traits principaux.
En parlant de l'Hermaphrodisme, nous avons déjà indiqué les principales conditions anatomiques ou tératologiques qui créent l'Impuissance.
Mais c'est l'Impuissance temporaire, accidentelle, qui doit spécialement nous intéresser, d'autant qu'elle reconnaît pour causes et pour remèdes, dans le plus grand nombre de cas, des conditions hygiéniques, des influences morales ou des pratiques physiques particulières.
Nous avons à étudier l'Impuissance : l" chez rilomme ; 2" chez la Femme.
SECTION P
DE l'impuissance CHEZ l'hOMME.
Quatre conditions principales sont nécessaires pour qu'il y ait impossibilité ou difficulté plus ou moins grande chez rilomine d'exercer le coït : 1** absence de la verge; — 2"* vices de conformation des organes; — 3** altérations pathologiques; — 4** défaut d'érection.
Un cinquième chapitre, relatif aux moyens do remédier à l'infirmité physique ou morale qui cause l'Impuissance, terminera cette revue.
§ i''". — Absence de la Verge comme cause
cV Impuissance.
Le membre viril peut faire défaut ou être réduit à une sorte de tubercule qui ne permet pas l'intromission. Il est très-rare, du reste, qu'il manque complètement.
Fodéré raconte, dans sa Médecine légale, avoir soigné un jeune soldat, plein de courage, qui, avec des testicules bien conformés, n'avait à la place de la verge qu'un bouton, une sorte de mamelon par
172 FONXTIOXS DE REI'RODUCTION.
lequel se terminait Turèlre. Ce bouton se gonilait en là présence des jeunes filles; et il en sortait par le frottement une humeur blanchâtre qui, sans doute, n'était autre chose que du sperme puisque les testicules existaient. Ce jeune homme était absolument impuissant. — Peut-on dire qu'il était stérile ? Non, assurément, car, si la Fécondation artificielle de la Femme n'est pas une chimère, il aurait pu devenir père en se prêtant à Topération qui oiîectue ce genre de fécondation.
Roubaud rapporte l'observation d'un Brésilien dont la verge, à l'état d'érection, n'excédait pas 1^ grosseur d'un piquant de porc-épic, et qui, néanmoins, parvint à exercer le coït, grâce à un artifice de son invention. Il engageait son pénis dans un appareil en caoutchouc qui en augmentait le volume ; et, après trois mois d'exercice, le membre avait acquis une grosseur suffisante pour que l'appareil fût devenu inutile.
§ 2. — Vices de conformation comme cause de
Stérilité,
Sous l'influence de causes presque toujours inconnues, et (|ui agissent dès les premiers temps dercmbryogénio, le produit de la conception peut s'cloi-
gner d'une organisation parfaite; on le voit alors naître avec toutes sortes d'anomalies, qui sont, dans le langage scientifique, autant de monstruosités.
Or, celles-ci peuvent se montrer dans l'appareil génital comme dans tous les autres organes.
Le pénis peut avoir une direction vicieuse^ en haut, en bas, ou latéralement, ce qui rend l'érection douloureuse, imparfaite, la copulation difficile ou même impossible. Ces déviations tiennent le plus ordinairement à une altération, congéniale ou accidentelle, des corps caverneux, à des brides, des adhérences qui rapprochent la verge des parties -voisines et l'empêchent de s'en éloigner suffisamment.
Il était question tout à l'heure de la gracilité du pénis comme cause d'Impuissance ; le défaut contraire existe quelquefois : la grosseur et la longueur excessives de la verge peuvent rendre le congrès douloureux, redoutable pour la femme, et produire jusqu'à un certain point le résultat de l'Impuissance, tant que les rapports ne sont pas rendus plus faciles par une répétition bien conduite des tentatives du coït et une dilatation suffisante de la vulve et du vagin.
Il est un vice de conformation beaucoup plus grave que les précédents, au point de vue de Tlmpuissancc. C'est celui qui consiste dans cette dispo-
sition anatomique que Touverture de Turètre, le méat urinaire (spermatique), au lieu d'être placé à Textrémité du gland, s'ouvre en un point plus rapproché du pubis, soit à la face dorsale du pénis, ce qui constitue VEjyisimdias^ soit à sa face inférieure, cas de beaucoup le plus fréquent et qui est désigné sous le nom d'IIypospadias, — Nous reviendrons sur ces anomalies.
Le prépuce oiïre des vices de conformation qui onl été considérés à tort comme des causes d'Impuisîiance. En eiïet, l'absence ou l'existence incomplète do ce voile mobile, son allongement considérable avec rétrécissement de son ouverture, qui peut aller jusqu'à l'occlusion (Phimosis)^ peuvent tout au plus rendre les sensations moins voluptueuses et les érections moins énergiques, privant en partie le gland de sa sensibilité exquise.
L'inflammation du gland (Balaniio)^ qui cause si facilement le Paraphimosis, lequel consiste dans l'impossibilité de ramener en avant sur le gland le prépuce arrêté par la couronne gonflée et douloureuse, est un obstacle à l'intromission à cause de la douleur qu'elle occasionnerait. Mais il s'agit là d'une Impuissance temporaire.
Une fois la cause enlevée ou cessant d'aorir, l'efi'et disparaît.* De même, quand il existe une brièveté excessive du frein, une opération très-simple rend libres et le prépuce et l'intromission.
>; ■]. — Altérations loathologiques et irainnatiques.
Dans ce paragraphe doivent être comprises les tumeurs, les plaies, les mutilations, etc., qui sont de nature à mettre obstacle au rapprochement sexuel. Passer en revue toutes ces infirmités ou maladies, ce serait nous engager dans le domaine chirurgical. Il suffit de dire que, selon leur nature, l'Impuissance qu'elles causent est permanente ou transitoire.
Les maladies des testicules, telles que Tindammation, l'atrophie , les dégénérescences tuberculeuse ou cancéreuse, etc., en diminuant ou suspendant la sécrétion du sperme, ou altérant la santé générale, peuvent produire une Impuissance que nous appellerons relative, car elle n'est jamais absolue dans ces cas qui sont plutôt des cas de Stérilité.
L'absence des organes sécréteurs du sperme , quand elle ne dépend pas de la castration, n'est, le plus souvent, qu'apparente : les testicules, dans ces cas, ou sont restés dans l'abdomen, ou n*ont pas franchi l'anneau inguinal. Cette disposition native est cojinue sous le nom de Cryptorchidie^ mot qui veut dire testicule caché.
Est-ce bien là une condition d'Impuissance? Non.
car les individus affectés de ce vice de conformation peuvent se livrer au coït, éjaculer même; seulement l'érection est moins intense, l'iwesse de la volupté moins vive, par cette seule raison que le Tsperme est moins bien élaboré puisqu'il ne contient pas d'animalcules.
La Castration, c'est-à-dire l'enlèvement des testicules, ne produit pas d'une manière absolue l'Impuissance, bien que la Stérilité radicale en résulte. Les Exinuques peuvent encore se livrer au coït et procurer aux Femmes une certaine jouissance II paraît même que ces êtres mutilés étaient très-recherchés des dames romaines, qui se débarrassaient ainsi de la crainte de devenir enceintes.
Les Eunuques auxquels l'on confie la surveillance des femmes des harems sont privés, non-seulement de testicules, mais encore de verge. C'est à de jeunes nègres de 8 à 10 ans que l'on fait subir cette double mutilation, à laquelle les trois quarts des opérés ne survivent pas.
Godard raconte comment, dans un but de lucre, on fait subir à de jeunes enfants de 8 à 10 ans la mutilation épouvantable qui doit produire ces êtres dégradés : on abaisse d'abord les testicules dans le scrotum, puis de la même main on saisit la verge et on lie le tout ; on tire encore sur ces parties liées, et d'un coup de rasoir on enlève tout ce qui se
trouve entre la ligature et la main qui exerce la traction. On verse ensuite de l'huile bouillante sur la plaie pour arrêter rhémorrhagie et on enterre jusqu'à la poitrine pendant quelques heures le malheureux enfant dans le sable fm. Cette horrible opération se pratique exclusivement dans la haute Egypte.
Les excentricités, les bai*baries, les crimes que Tinstinct des jouissances vénériennes à fait commettre sont incroyables. Les Mèdes furent les premiers qui donnèrent à leurs femmes un cortège d'Eunuques. Emasculer les enfants devint bientôt une branche d'industrie très-lucrative. L'historien Procope nous apprend que les jeunes castrats étaient très-recherchés des seigneurs de la cour de Justinien.
Comme exemples d'excentricité et de fanatisme, nous rappellerons que Combalus se mutila pour échapper aux dangers d'une passion qu'il pouvait inspirer à sa reine.
Une secte furieuse prit naissance dans les contrées brûlantes de l'Arabie, sous le nom de Valésiens, Ces forcenés faisaient vœu, non-seulement de se mutiler eux-mêmes radicalement, mais encore de mutiler tous les individus qu'ils rencontreraient.
Après Mahomet, les despotes d'Asie ne se contentèrent pas (Veimuchiser les mâles, ils ordonnèrent
qu*on fît des Eunuques femelles, en fendant le ventre des jeunes filles pour aller saisir les ovaires et les extirper, ou soumettre ces organes à Véviration.
L'art d'émasculer fut introduit vers le xi® siècle dans les Etats romains. Le pape Clément IV s*éleva contre cette barbare coutume, mais on éluda ses ordres. On a vu en ItalFe des pères faire des castrats de leurs enfants pour les engager chèrement au théâtre.
Revenons à notre sujet.
LHnfibulation (de fibula, boucle) est une pratique plus singulière que barbare, qui consistait à insérer aux grandes lèvres de la Femme et à Textromité du prépuce chez les Hommes un anneau métallique fermé à clé, dans le but, tantôt dé conserver la virginité, ou de rendre impossibles les rapports sexuels, tantôt de prévenir l'énervation des mâles par des jouissances prématurées, çu enfin de conserver aux chanteurs leurs voix, aux histrions leurs jarrets, aux gladiateurs leur énergie et leur courage, par la privation des plaisirs, etc.
Il paraît que Fanneau était rompu quelquefois, sans doute intentionnellement, car Juvénal dit quUl fallait ramener celui qui le portait chez le boudeur :
Et cujm refibulavU turgidam faher penem.
Certaines sectes religieuses, qui se condamnent à une virginité perpétuelle, dit Virey, chargent leur ^ prépuce d'un énorme anneau dHnfibidationj soit afin de ne pas enfreindre leur voeu par quelque tentation charnelle, soit pour offrir le témoignage de leur constance. Cet auteur parle de plusieurs moines mahométans , et d'autres dévots personnages .de rinde, des bonzes, des fakirs. « Dans ces climats chauds, dit-il, où la nudité ne scandalise pas, les femmes dévotes vont admirer les preuves de ce grand effort de sagesse. On dit plus, et sans doute les voyageurs n'ont pas menti, ces personnages divins sont tellement vénérés pour avoir gardé ce vœu, que les bigotes vont saintement, à deux genoux, baiser l'anneau préputial, apparemment pour gagner les indulgences. »
UHijpospadias et VEpispadias sont- plutôt des causes de Stérilité que d'Impuissance ; aussi renvoyons-nous à un autre chapitre ce que nous avons à en dire.
§ 4. — Défaut d'ÉrectioUy Frigidité.
Il est évident que le coït est impossible si le membre viril reste mou, pendant. L'Érection est
donc en quelque sorte le critérium de la puissance génésique.
Quelles sont les causes qui empêchent TErection d'avoir lieu? nous parlons, bien entendu^ des cas où les organes génitaux paraissent bien conformés.
Ces causes sont d'ordres très-différents et sont très-diverses par leur manière d'agir.
C'est ici sans doute que commence, pour celui qui nous fait l'honneur de lire ce Traité, l'intérêt le plus grand que présente la question qui nous occupe.
La Frigidité, l'âge avancé, la faiblesse générale, certains états physiologiques, l'imagination frappée, l'épuisement par l'abus des plaisirs, certains états nerveux, l'extrême vivacité du sentiment d'amour, les maladies du cerveau et de la moelle épinière, celles de l'appareil urinaire, l'usage ou la simple ingestion de certaines substances toxiques ou qui exercent une action spéciale déprimante sur l'appareil génital, les pertes de semence par pollution et spermatorrhée, etc. , telles sont les principales causes du défaut d'Erection ou tout au moins * d'énergie génésique.
Frigidité se dit de l'état d'un individu (Homme ou Femme), principalement d'un Homme, qui se montre incapable de génération et même de copulation , état symptomatique de diverses affections morbid^a, ou iijnplem^nt idiopathiquç.
La Frigidité (froideur) idiopathique est celle qui tient à la mollesse du tempérament, à Tabsence des conditions d'organisation que nous avons reconnues propres au sujet doué d'ardeur et de puissance dans les assauts amoureux. La Frigidité rapproche du castrat THomme qui en est frappé; chez lui, les testicules sont petits, et la verge, quoique très-développée parfois , reste flasque et peu susceptible d'érection.
Jacet exiguus cum ramice nervus,
Et quamvis totà palpitur nocte, jacebit.
JuvÉNÂL. Sat. X.
Toutefois, il doit arriver bien «rarement que les attouchements répétés, surtout « tota noctei>^ n'excitent pas les désirs et la turgescence voluptueuse de la verge. Mais qu'il est à plaindre celui qui, dans la couche nuptiale, lorsque |pour la pre* mière fois il s'approche de son épouse, ne se retrouve plus ; pour comble de malheur, son imagination effrayée se glace d'avance à de nouvelles tentatives, et loin de pouvoir effacer sa honte par un beau triomphe, il acquiert de plus en plus la triste certitude de sa faiblesse,
« Plus d'un fougueux amant, dit Debay, l'œil enflammé des feux du désir, attendant aveo impa«
1h2 fonctions de REPRODUCTION.
tience Theure d'un rendez-vous d'amour, s'est vu tout à coup frappé d'impuissance dans les bras de celle qui venait s'abandonner à lui. Il a beau invoquer la vigueur de son tempérament, l'exciter par mille baisers, mille caresses ; vains efforts ! l'organe reste immobile... le désir brûlant qui court dans ses veines et les dévore ne peut être satisfait... Honte et désespoir ! Ces désirs qui l'affligent, cette honte qui le fait rougir et pâlir tour à tour, peut-être serontils causes demain et les jours suivants de son impuissance. »
a On voit, dit Virey, des personnes très-susceptibles d'union sexuelle avec telle personne, tandis qu'elles sont tout à fait impuissantes avec telle autre. Des individus ont une salacité si pétulante et si prompte, que l'effusion séminale s'opère avant toute intromission, et ils ne sont impuissants que par une trop vive puissance. Il en est qui exercent l'acte, mais ne le terminent point selon l'ordre naturel, soit par défaut de sperme, soit par quelque vice de conformation qui en empêche l'émission. Quelques-uns entrent en érection mais retombent presque aussitôt; d'autres distillent un sperme limpide et froid, sans érection et sans coït préalables, par de simples approches ; d'autres enfin éprouvent, soit une soudaine défiance de leur forces qui paralyse sur-le-champ \V^% 1$4 moyen» [Qt ce sont particulièrement les in*
dividus timides et honteux), soit une aversion subite en apercevant des objets qui ne répondent nullement à Tidée qu'on en avait conçue; ou bien l'on se sent frappé d'une odeur repoussante, ou même Ton s'imagine être atteint d'un sort ou lié à un maléfice. (Dict des Se, méd.^ t. XVII.)
Une imagination frappée, avons-nous dit, cause une Impuissance, heureusement factice et temporaire. Il fut un temps où d'effrontés charlatans faisaient croire qu'ils pouvaient nouer V aiguillette pendant la cérémonie nuptiale. Quoique ces sorcelleries n'aient plus cours aujourd'hui, il n'est pas sûr que de simples villageois ne se croient encre ligaturés,
La faiblesse génitale est souvent native : comment veut-on que des vieillards cacochymes, des individus épuisés par toutes sortes d'excès procréent ^des enfants robustes et mieux favorises que ne l'étaient leurs parents. Entre les facteurs et les produits, il y a toujours des liens intimes et des condition«j de rapports inévitables. Ainsi, l'apathie génésique ne fait pas seulement la honte de qui la subit, elle atteint par voie d'hérédité les enfants que celui-ci a procréés.
Parmi les maladies qui diminuent ou éteignent même complètement les facultés viriles, il faut citer, en premier lieu, celles de l'encéphale, attendu que,
IK4 FONCTIONS DE IlErRODUCTION.
d'après Ch. Robin, l'érection aurait pour point de départ une incitation, instinctive ou volontaire, née du point du cerveau qui se trouve en connexion par les nerfs do la vie organique (le Grand Sympathique) avec les organes de la génération.
Les affections de la moelle épiniore plongent la verge dans un état de frigidité plus complet encore que ne le fait le cerveau ; c'est qu'en effet, Certaines maladies cérébrales, de nature nerveuse plutôt que matérielle, loin de frapper d'inertie l'appareil génital, le surexcitent au contraire, à tel point même que le but est dépassé. Certains fous ne sont-ils pas d'une lubricité révoltante ? D'autres sont en proie au Satyriasis ou au Priapisme, états morbides dont nous dirons un mot bientôt.
Viennent ensuite les maladies des organes urinaires, la néphrite, la 'cystite et le diabète, qui, soit qu'elles accusent une altération générale des humeurs ou une affection locale profonde, ont pour effet une véritable Impuissance, dont la durée, toutefois, est subordonnée à celle de la maladie qui la cause.
Certaines substances, les unes toxiques, les autres médicamenteuses, passent pour calmer les feux de la concupiscence. On leur a donné le nom d'^lnaphrodisiaques. Telles sont l'iode, le nitre, les sels de plomb, le camphre, le lupulin, le nénuphar, le
gattilier, le chèfrefeuille, entre autres, qui ont été regardés comme des gardiens de la chasteté. Le café noir lui-même, selon plusieurs praticiens, porterait à la longue une fâcheuse influence sur la vitalité génitale. L/intempérance, l'abus du tabac et des opiacés produisent les mêmes effets.
L*abus de Torgane intellectuel fait taire l'instinct génésique. De Lignac a observé que les mariages des gens de lettres ne sont pas ceux qui rapportent le plus à TEtaL Un génie marié, a dit un auteur, est un génie stérile. Les productions de l'homme sont bornées ; il faut opter : laisser à la postérité ou des ouvrages d'esprit ou des enfants. Il n'est pas jusqu'à la continence qui, par sa durée et le manque d'exercice qu'elle impose aux organes, ne soit uiïe cause de frigidité.
Les pollutions sont une cause d'affaiblissement trop connue pour qu'il soit nécessaire d'en faire -comprendre le danger. (V. Onanisme.)
Quand les pollutions sont involontaires et nocturnes, accompagnées d'érection et provoquées par des rêves lascifs, elles ne font que remédier à un trop plein des vésicules séminales : elles sont sans inconvénients, souvent au contraire elles soulagent, débarrassent l'individu d'un certain malaise mal défini, mais réel.
Quand au contraire les pertes séminales sont pro-
yoquées par des attouchements réitérés, cela tourne à rhabitude et celle-ci conduit à Tépuisement, à l'atonie de tous les organes, et, ce qui est pire, à rémission de sperme involontaire.
La Spermatorrhée est le nom sous lequel on désigne ce dernier état, qui consiste en effet en des portes involontaires, passives, non accompagnées d'érection et de sensation voluptueuse. Ses causes déterminantes se trouvent dans un état d'irritation des vésicules séminales, dans les excès vénériens, ou une simple atonie nerveuse de l'appareil génital. D'abord nocturnes^ les pertes deviennent diurnes et se reproduisent au moment des gardes-robes. La Frigidité en est la conséquence et est proportionnelle à leur abondance.
Le Priapisme et le Satyriasis sont deux états maladifs qui peuvent être rangés parmi les causes physiques qui troublent les conditions de la véritable, de la franche virilité. Il en est de même de la Nymphomanie et de VHystérie chez la Femme.
Ce sont là des affections qui, bien qu'étant du domaine de la médecine, feront le sujet de quelques remarques à propos du Célibat, dans lequel elles se manifestent le plus fréquemment
§ 5. — Moyens de remédiera V Impuissance de
VHomme.
Telle est la diversité des causes de Tlmpuissance ou des influences qui oppriment la faculté copulatrice, qu'il appartient au chirurgien, au médecin, à rhygiéniste ou au moraliste de rechercher ces causes et de les combattre.
Il faut d*abord se rappeler que l'Impuissance çst radicale ou temporaire, et que dans la première espèce il n'y a rien à faire, car lorsque les testicules ont été enlevés ou la verge retranchée, les cas sont irrémédiables évidemment.
Mais il peut exister certaines lésions ou certains états pathologiques, ainsi que nous Tavons expliqué déjà, qui peuvent réclamer l'intervention chirurgicale. Il n'est pas de notre sujet de dire comment et dans quels cas le chirurgien doit mettre en œuvre les ressources de son art.
Dans un grand nombre de cas d'Impuissance et de Frigidité incomplètes, la thérapeutique devient utile, soit qu'elle suffise à elle toute seule^ soit qu'elle s'aide des secours de l'hygiène et des conseils que dicte l'esprit de sagesse et de bon sens.
Tout d'abord on a à se demander si le défaut d'érection ou. son imperfection a pour cause efficiente
un état de surexcitatipn ou d'inflammation siégeant dans quelque partie de l'appareil uro-génital, ou s'il dépend d'une simple atonie locale ou générale.
Dans le premier cas il faut déterminer le siège de l'irritation morbide et la combattre par l'emploi des bains, des cataplasmes émollients, des boissons adoucissantes ; en un mot, il faut mettre en usage tout le cortège du traitement antiphlogistique et du régime: et pour ce faire, les conseils du médecin sont toujours utiles.
Dans le second cas, quand on n'a affaire qu'à de l'atonie, aune faiblesse, une sorte d'épuisement de la constitution générale ou des organes génitaux, sans altération matérielle proprement dite ; quand surtout l'Impuissance dépend d'une simple perturbation nerveuse, d'un trouble moral plus ou moins temporaire, les moyens de tiailement sont généralement efficaces, s'ils sont employés avec discernement et appropriés aux diverses circonstances qui se présentent.
Ainsi la Frigidité est-elle due à des pertes de sang abondantes, à des évacuations excessives ou à toute autre cause de débilitation : elle se dissipera facilement sous l'influence d'un régime réparateur composéde consonmiés, viandes rôties, vin généreux, etc. , à condition, toutefois, que le canal digestif sera sain et non disposé à s'irriter pour le moindre écart. On
adjoint avec grand avantage à ces moyens l'exercice modéré au grand air, le séjour à la campagne, Tusage des ferrugineux, les bains de mer, Thydrothérapie, etc.
Il est entendu que pendant la durée du traitement le repos doit être imposé aux fonctions génitales. Cependant, il arrive un moment où, si le conseil était moral, une sorte d'essai d'érection discrète et cachée pourrait être conseillé sous l'influence d'une conversation amoureuse avec. une femme qui plaise, en attendant paisiblement l'heure du réveil, complet de la nature.
Il est des moyens de traitement d'ordre purement moral, et qui consistent dang l'expression d'une confiance mutuelle et de confidence sincère. Certes ! le conseil est plus facile à donner qu'à mettre en pratique, nous en convenons, et un mari jeune, nop fatigué, qui, la première fois qu'il s'approche de sa fiancée, se voit trahi par ses forces, est bien à plaindre ; mais il se trompe s'il croit que sa jeune' épouse, à moins qu'elle ait déjà connu le mariage, compte sur l'offrande que lui, le mari, croit de son honneur de lui faire dès le premier jour.
(c La Femme s'attache à l'Homme par le C06ur,non par les sens. Si celle que vous épousez n'a pas cessé d'être sage, innocente, vous pouvez lui manifester voire amour, pendant longtemps, rien que par des
caresses et des paroles tendres, elle ne souffrira aucunement du manque de rapports sexuels; si, au lieu d'entonner le chant d'amour sur un ton élevé que vous ne pouvez soutenir plus de quelques mois, Vous avez soin de vous régler d'après une mesure relative à vos moyens réels, vous n'aurez pas la honte (car c'en est une pour certains hommes) de vous retirer prématurément du combat, et la crainte de ce malheur ne paralysera pas vos forces longtemps avant l'assaut, comme j'en ai vu des exemples. Il arrive assez fréquemment, en effet, que des Hommes déjà fatigués s'épuisent tout à coup et tombent dans l'impuissance par suite du préjugé que nous venons de signaler. Nous leur conseillons de laisser reposer leurs organes, et, au lieu de se livrer à des essais qui demeurent sans résultat par le sentiment de honte qui les obsède, plutôt que par le manque réel de puissance virile, de faire à leur Femme l'aveu de l'état dans lequel ils se trouvent momentanément, quitte à attribuer telle ou telle cause à cet état passager ; du moment qu'il sera bien convenu que, pendant tel temps, la continence devra être observée, le malheureux impuissant, débarrassé de sa préoccupation morale et fortifié par l'usage des bains froids, des bains sulfureux, d'un régime tonique, sentira bientôt renaître les désirs et revenir avec eux lés moyens de les satisfaire. » (Anthropologie^i. I.)
Les contes de sorcellerie, de sort jeté sur les conjoints, d'aiguillette nouée, etc., n*ont plus de croyants ; « mais il est encore des esprits faibles ou ignorants qui portent des sachets ou des amulettes ou qui boivent des philtres enchanteurs pour conjurer Tinfernale machination des mauvais génies. » Beaucoup d'Hommes à imagination maladive , disposés à Thypocondrie, parce qu'ils ont eu ou portent encore telle ou telle affection des organes génitaux', se persuadent qu'ils sont impuissants, — et par cela seul le sont en apparence ; — d'autres sont convaincus qu'ils sont atteints de spermatorrhée, de rétrécissement spasmodique de l'urètre, etc., etc., car les sujets d'effroi que peuvent évoquer les hypochondriaques sont aussi nombreux que les fantômes que se crée leur imagination, appelée par Brantôme la Folle du logis.
Dans tous les cas d'Impuissance factice, de celle qui ne s'explique par aucune cause matérielle ou anomalie organique, etc. , le médecin, s'il est consulté, doit user de toute son autorité et promettre, quand même, le triomphe au pauvre désespéré.
« En pareille occurrence, l'hésitation est funeste. La nature de la prescription importe peu; il faut avant tout paraître assuré de son efficacité. »
En thcse générale, il faut commencer par sembler croire à 'la réalité de l'Impuissance, prescrire môme
une médication en apparence active et, dans ce cas, insister sur les espérances que font concevoir le pronostic porté et le jugement ordonné. On ne guérit pas un fou en combattant ses fausses conceptions ; il faut d'abord entrer dans ses vues, capter sa confiance, opposer à sa superstition, à ses idées fixes, des superstitions plus grandes et des raisonnements encore plus exagérés ; c'est le seul moyen d'acquérir une autorité morale sur lui.
On ne peut parler de l'Impuissance sans dire un mot des agents qui passent pour jouir de la faculté de provoquer aux plaisirs de l'amour et qui ont reçu le nom d'Aphy^odisiaques. La liste en est extrêmement longue. Ils se tirent des trois règnes, végétal, animal et minéral, et il faut leur ajouter certaines manœuvres d'ordre physique.
Sont réputés Aphrodisiaques, la plupart des crucifères, les racines des ombellifères, les champignons, les aromates exotiques (amome, gingembre, curcuma, vanille, poivre, muscade), mais il le sont à des degrés d'efficacité bien dilîérents. Les plus renommés parmi les végétaux sont la truffe, la sarriette, le genseng, le haschisch, la roquette, dont Martial a dit :
Excit'tt ad venerem tardas eruca maritos.
Dans le règne animal, ce sont les poissons et par-
liculièrement leur laitance, les huîtres, les moules, le musc, Tambre gris, le castoreum et, le plus renommé, la cantharide.
Le règne minéral fournit le soufre et le phosphore.
De tous ces agents si divers, les plus connus dans notre pays sont la truffe, le phosphore et la cantharide. Mais une amèré déception — quelquefois une cruelle punition — attend ceux qui ont recours à leur action passagère.
Toutefois, ce triste résultat n'est dû généralement qu'à remploi du phosphore et de la cantharide ; car, à vrai dire, l'usage modéré de la truffe et des autres substances végétales n'a pas de sérieux inconvénients : la truffe, par exemple, peut procurer une stimulation quelque peu amoureuse, mais qui no peut jamais conduire celui qui en use à surmener ses organes et à nuire sérieusement à sa santé.
« Les aphrodisiaques, dit Ricord, manquent souvent leur effet ou créent un état maladif très-décidé, même douloureux, dont l'idée ne se concilie pas avec celle des plaisirs amoureux. Il n'y a donc pas, à proprement parler, de véritables aphrodisiaques : tous les moyens prônés pour réveiller les sens épuisés et relever l'homme de sa déchéance, ne sont que des agents factices : la jeunesse, la santé, un régime sobre de vie sont les vrais et seuls aphrodisia-
(|UCS. »
194 FONCTIONS DE REPRODUCnON.
Citons pour mémoire les pratiques externes employées pour produire l'érection, telles que Turtication, les frictions, les afTusions froides, l'électricité, la ventouse agissant sur le pénis, et beaucoup d'autres moyens que la lubricité a inventés, et terminons par l'indication de quelques tîompositions ou formules aphrodisiaques les plus célèbres chez les Orientaux.
Jjurtication est une sorte de flagellation pratiquée sur la peau avec des feuilles d'ortie fraîches {Urtic3L urens)^ dans le but de, déterminer une irritation plus ou moins vive II se développe par suite de cette pratique de la rougeur avec douleur brûlante, due à la liqueur acre qu'introduisent dans la peau les aiguillons de la plante, puis une éruption particulière, accompagnée de cuisson et de prurit, appelée urticaire. Ce moyen révulsif puissant a été
appliqué jadis dans les cas de coma, de paralysie, d'aménorrhée, etc. Il a été aussi employé sur les parties voisines des organes sexuels pour y provoquer un afflux sanguin et combattre la frigidité.
L'urtication diffère de la flagellation (laquelle s'exerce avec des verges de bouleau sur les reins, les lombes et les fesses) , en ce qu'elle agit plutôt intérieurement qu'à l'extérieur, vu qu'elle introduit dans le tissu cutané une liqueur âcro qui p'^ovoque de l'irritation avec développement d'une éruption spéciale
très-prurigineuse. De plus, elle s'applique directement sur les parties sexuelles, qu'elle congestionne et auxquelles, si on la répète, elle restitue pour un temps, hélas ! bien court, la fonction érectile perdue.
Nous croyons inutile do nous étendre sur le mode d'action des frictions^ des affusions froides^ de Vélectricité, etc., employées en vue de déterminer l'érection du pénis ou de rappeler vers le système génital une vitalité en déchéance; leur manière d'agir est analogue à celle de l'urtication, mais beaucoup moins active.
Quant aux préparations Aphrodisiaques, elles sont en nombre considérable. Les Cantharides entrent dans la composition des plus célèbres, qui sont en même temps les plus dangereuses ; car l'insecte, lîien qu'ingéré à très-petites doses , porte d'afïreux ravages dans l'estomac et les voies urinaires. Il faut donc repousser les diablotins d'Italie, les pastilles vénitiennes et la plupart des philtres qui contiennent cette substance toxique. — Le phosphore n'est pas moins dangereux.
Sur le même rang que le phosphore et la cantharide peut être placé le Bupreste sacré ou Scarabée des anciens Egyptiens. De tous les Aphrodisiaques, ce serait le plus puissant, au dire de Pariset. On voit cet insecte sculpté dans les tombeaux de Thèbes, laissant tomber de son bec une humeur dans la
bouche d*un homme dont le pénis en érection projette des petits enfants. On vend encore, de nos jours, chez les Orientaux, une teinture alcoolique de Scarabée pour remédier à l'épuisement causé par les excès vénériens.
Voici quelques autres préparations.
Vin (iphrodisiaque.
Gousset de Vanill<^ 30 gr.
Cannelle.- 30
Genseng. 30
Rhubarbe 30
Vin (le Malaga 1 litre.
Faites macérer pendant quinze jours ces substances dans le vin, en ayant soin d'agiter chaque jour. Filtrez et ajoutez quinze gouttes de teinture d'ambre.
Elixir aphrodùiaque.
Ambre gri''. . . 2 gr.
Aloës 6
Benjoin 12
Musc 2 cenligr.
Pilez le tout ensemble, et versez dessus quantité sutïisaiilo d'alcool, de manière à noyer la masse :
faites chauffer au bain de sable, filtrez et mettez en bouteille, que vous boucherez hermétiquement. — Prendre à la dose de 4 ou 5 gouttes dans du bouillon .
Potion aphrodisiaque^
Myrte musqno 8 gr.
Citronnelle 4
Roquette i
Muscade.. • 2
Écorce d'orange amère. • . 2
Faites, selon Part, une potion que vous aromatiserez avec quelques gouttes d'alcoolat de mélisse.
Emulsion cantharidée (Guibourt\
Huile de cantharides pî»r infiisi(m... 2 gr.
Gomme arabiqno. 8
Jaune d'œuf 1
Eau de genièvre 90
Ces diverses préparations, dont il serait facile d'augmenter considérablement le nombre, la dernière surtout, ne doivent être employées qu'avec Fautorisation du médecin. Nous conseillerions plutôt de les proscrire absolument et dans tous les cas possibles ; car, si nous en avons indiqué quelquesunes, c'est à titre de renseignement tout simplement.
Au même titre, nous allons rapporter quelques
faits qui démontrent le danger de certains breuvages. Nous en emprunterons la relation abrégée au livre de P. Devay.
oc Le voluptueux Lucculus et le poëte Lucrèce expirèrent au milieu de transports frénétiques pour avoir pris des breuvages hippomaninues.
« Ambroise Paré raconte qu'uAe courtisane ayant administré une potion cantliaridée à son amant, pour le rendre plus amoureux, l'infortuné fut atteint de priapisme et mourut d'hémorrhagie urétrale.
« L'acteur Mole dut la mort à une potion semblable*
01 Un de nos bons compositeurs, l'auteur de Joconde, fut également victime d'un aphrodisiaque incendiaire, n
Un pauvre homme d'Orgon, en Provence, dit le docteur Cabrol, ayant, par le conseil d'une vieille femme, pris une potion faite avec des semences d'ortie, des ciboules et deux drachmes de cantharides, devint d'une salacité si furieuse qu'il répéta l'acte vénérien trente fois en deux nuits, et qu'il en mourut. — Evidemment, cet homme éprouvait, dans ses transports maladifs et forcés, plus de douleur peut-être que de plaisir : autre motif de ne pas rechercher des jouissancei qui ne sont pas provoquées par la nature.
SECTION II
DE L*IMPUrSSANCE CHEZ LA FEMME.
Ce n'est que quand elle ^e peut recevoir PHomme que la Femme est réputée impuissante. Or, c'est un cas qui se présente rarement.
Le Femme a sur l'Homme cet avantage qu'elle peut se prêter aux rapports sexuels sans y jouer un Pôle actif, et même en restant dans une indifférence complète.
Cette sorte de Frigidité constituerait, suivant F. Roubaud, une Impuissance relative, en raison du défaut de sensation voluptueuse, laquelle serait nécessaire pour assurer la Fécondation.
De cette manière do voir résultent, suivant le même auteur, deux espèces d'Impuissance : 1° celle par obstacle à l'Intromission; 2^ celle par Frigidité.
% 1®'. — Impuissdince 'par obstacle à l'Intromission.
Les obstacles en question ne sont autre chose que deg anomalies congénitales ou acquises de la vulve et duvagin, une imperforation de ces organes, la résistance insurmontable de l'hymen, des brides,
dos adhérences, des rétrécissements anatomiques ou chirurgicaux, des tumeurs, des abcès situés au voisinage de rentrée vaginale, etc. ; toutes affections dont la chirurgie revendique spécialement Tétude. Mais il est un état pathologique de la vulve et du vagin qui consiste en une sensibilité extrême avec resserrement spasmodique de ces ouvertures, et qui met obstacle à rapproche du mari à cause des douleurs excessives qu'elle détermine. Cet état, essentiellement nerveux, est connu sous le nom de Faginisme, — Il en sera question plus loin.
Anomalies de la Vitlve et du Vagin. — ^ Il faut entendre par là les vices de conformation. Ainsi la Vulve peut être oblitérée ; mais il faut distinguer : cette oblitération, complète ou partielle, peut consister dans une adhérence des grandes lèvres, contractéeoriginellementavantla naissance, ou par suite d'accident traumatique; elle peut être due à la membrane hymen, qui oppose parfois une résistance insurmontable aux efforts du mari le plus vigoureux.
Le clitoris ne pourrait gêner la fonction copulatrice qu'autant qu'il serait d'un volume excessif, cas très-rare, du reste ; et d'ailleurs il est impossible d'admettre qu'il puisse empêcher le congres d'une façon absolue.
On a ivinarqué que les Femmes clie/ les^juelles lo
clitoris est très-développé et s'érige à la manière du pénis de l'IIojunie, qu'il aimulc alors, sont portées à préférer les personnes de leur sexe pour se procurer des jouissances voluptueuses. Ces Femmes sont atteintes du vice de la Tribadie, expression qui veut dire : habitude de se frotter, mais elles ne sont pas impuissantes pour cela, ni stériles.
Le Vagin peut être rétréci, obturé, bifide, absent même ; dans ce dernier cas, l'Impuissance est absolue et irrémédiable. Dans les autres cas, le coït est plus ou moins gêné, difficile; et lorsque le Vagin communique anormalement dans la vessie ou le rectum, bien que l'intromission soit facile, trop facile même, les choses ne sont pas moins équivalentes à une Impuissance réelle.
Lorsque la matrice ne communique pas avec Texl^rieur par suite de l'oblitération du vagin où de la vulve, il y a lieu de rechercher si cet organe luimôme ne manque pas. Quand, par le toucher rectal ou de toute autre manière, on constate la présence de l'utcrus. alors se dresse la question de savoir Bi la mensUiiation s'opère, et, dans l'affirmative, celle de donner issue au sang des règles. Or, ce sont là des cas de pathologie chirurgicale qui ne peuvent nous occuper davantage.
Les communications anormales du vagin avec les organes voisins constituent une dégoûtante inûr-
mité qui équivaut à l'Impuissance. J.-L. Petit a vu
une jeune filie de quatre ans, qui était venue au monde n'ayant ni urètre, ni petites lèvres, ni clitoris; ejle avait un vagin assez large, mais elle rendait involontairement ses urines parce que le sphincter urétral manquait.
Une autre, dit le môme auteur, qui avait tout Textérieur de la vulve, le clitoris, les nymphes, les grandes lèvres bien conformés, mais à qui il manquait tout l'urètre et le col de la vessie, rendait ses uirines à l'entrée du vagin par un trou assez large pour y mettre le petit doigt.
Mais il est une cause d'Impuissance d'un autre ordre et qui a été déjà signalée : nous voulons parler du Vaginisme. C'est un état nerveux de la vulve ou du vagin, qui s'accompagne, à l'approche du mari, de douleurs telles que l'épouse le repousse malgré le vif sentiment du devoir qui la domino. Il faut distinguer. Tantôt il s'agit d'une névralgie pure et simple de la vulve, et, dans ce cas, l'obstacle est plutôt moral, dynamique, que physique et matériel; tantôt on a affaire, au contraire, à un spasme du vagin (Vaginisme proprement dit) lequel met un obstacle matériel à l'intromission du pénis, attendu qu'indépendamment de la vive douleur, il y a rétrécissement, resserrement convulsif du canal, tel parfois qu'on n'y peut faire pénétrer un tuyau d^ plume.
§ 2. — Impuissance par Frigidité.
C*est pour nous conformer à la distinction établie par Tauteur du Traité de l'Impuissance et de la t^térilité que nous créons ce paragraphe, car, en réalité, chez la Femme la Frigidité ne peut être considérée comme cause d'Impuissance, puisqu'elle ne forme aucun obstacle à la copulation. Tout au plus la froideur, l'absence des désirs pourraient atténuer la faculté fécondante, sans que pour cela il y ait motif à admettre la Stérilité.
Roubaud constate bien cette vérité ; mais il ne peut s'empêcher de voir dans la Frigidité un état fâcheux qui, rendant la Femme indifférente pour l'acte le plus important de son existence, peut faire paitre la discorde entre les époux.
Nous le répétons : quoique la Femme ne puisse être réputée impuissante que quand elle ne peut recevoir l'Homme, de même que celui-ci ne l'est réellement que quand il ne peut exercer la conjonction charnelle, du moment qu'on admet chez celuici la froideur du tempérament comme cause d'Impuissance, il est à plus forte raison permis de reconnaître la même disposition chez la Femme.
La Frigidité se dit surtout du sexe masculin, parce que l'expression s'adresse plutôt à l'organe
qu*à la constitution ; mais elle est plus commune chez les ^Femmes que chez les Hommes, en ce sens que beaucoup parmi les premières ne sentent Taiguillon de la volupté ni avant ni même pendant Tacte sexuel le plus intime.
' Cette indifférence, cette froideur de tempérament est considérée comme conduisant à Tlnfécondité plutôt que comme condition d'Impuissance.
Du reste, les causes de la Frigidité sont les mêmes chez la Femme que chez THomme. Elles se rattachent au tempérament, à Tlmperfection des organes, aux maladies qui ont épuisé la constitution, à Tabus des plaisirs, aux écarts d'une imagination frappée ou d'une raison égarée, etc.
Suivant Kobelt, l'accouchement peut enfanter l'insensibilité génésique lorsqu'il donne lieu à une déchirure de la vulve et que la sensibilité du clitoris est affectée. Ce phénomène d'anaphrodisie temporaire s'explique par le jeu harmonique qui rattache l'appareil génital tout entier au clitoris, siège spécial, unique peut-être, du plaisir voluptueux.
Après l'accouchement, le clitoris ne peut guère s'ériger. Roubaud cite le cas d'une Femme qui, voulant se livrer à des plaisirs solitaires quelques jours après sa délivrance, ne put parvenir à se procurer les sensations voluptueuses qu'elle recherchait; die ne les retrouva qu'après un repos assez long.
JMPllS.SAN'CK. 20:1
La sensibilité organique des organes s'émousse par ral)us des lavages et des lotions astrinii:cntes dont certaines Femmes font usage sans discernenient dans le but de raffermir les tissus et de leur communiquer le ton qui n'appartient qu'à la jeunesse.
Les pratiques de la masturbation et de la tril)adie (V. Célibat.) produisent les mêmes effets
SECTION n.