‹ Lois et mystères des fonctions de reproductionChapitre 23 sur 51 · H. FOURNIER · texte numérisé non relu

H. FOURNIER

Les masturbateurs doivent être soumis à une sur* veillance incessante; il faut les fatiguer Je jour par des exercices corporels et les faire sortir du lit de bonne heure. Les voyages, la chasse, les bains froids, les distractions sont des moyens qu'il ne faut pas négliger. On est obligé quelquefois, chez certains enfants et aliénés, d'employer la camisole, des bandages, qui soustraient les organes génitaux à toute possibilité d'attouchement ; mais les coupables savent éluder ces obstacles, d'autant que leurs organes sont tellement excitables que le moindre frot-

tement des vêtements réveille les sensations voluptueuses qu'ils recherchent.

Chez le sexe féminin, TOnanisme n'est autre chose que ce que nous venons d'exposer. Le petit enfant, la jeune fiUe, la femme adulte contractent très-souvent l'habitude de se toucher, de se frotter les parties externes de la génération (le clitoris est le sîége spécial de ces attouchements) pour se procurer des plaisirs voluptueux.

Ils sont déjà illicites et contraires aux vœux de la nature, ces. plaisirs, mais ils revêtent un caractère ignoble, crapuleux, lorsque la Femme Recherche la Femme et l'excite à pratiquer l'Onanisme àdeux par le moyen de frictions mutuelles dont la seule pensée révolte l'imagination et le cœur de ceux^chez qui la morale n'a pas perdu tous ses droits.

On donne à ces femmes débauchées le nom de Tribades,

Le vice de la Tribadie était beaucoup plus fréquent autrefois qu'aujourd'hui. Il se rencontre principalement chez les Femmes dont le clitoris est très-développé et qui font de cet organe un usage comparable à celui du pénis chez l'Homme.

Ces sortes de Femmes-Hommes ont des passions d'un genre particulier ; elles ont des maîtresses dont elles se montrent très-jalouses.

Le point de départ du vice dont nous parlons est

souvent dans les premières habitudes de TOnanisme, qui' développent peu à peu le clitoris.

Cet organe est donc en même temps le siège et Tagent provocateur des jouissances voluptueuses illicites; cela est si vrai, que son amputation peut ramener la femmes à ses instincts naturels.

Lucien, Juvénal , Oélius Aurélianus, racontent plusieurs histoires de Tribades, de ces femmes licencieuses et sans moralité qu'ils appellent encore titilleuses, frotteuses, gratteuses. Une des plus originales est la suivante :

a Un proconsul marié à une femme à long clitoris, dont la stérilité et Pindifférence à ses caresses le désespéraient, la surprit un jour, dans un appartement retiré de la maison, toute nue et jouant à THomme avec ses esclaves femelles, également nues. Le Romain furieux enfonça la porte, saisit sa femme, et du tranchant de son poignard lui abattit le clitoris. — De ce moment la tribade perdit complètement ses goûts contre-nature, redevint Femme aima son mari et lui donna plusieurs enfants. r>

Nous ne garantissons pas l'authenticité du fait. Malgré le côté moral du résultat final, c'est avec regret que nous le rapportons, car ce sont de ces histoires, — peut-être de ces contes, — qui agitent et troublent les sens plus qu'ils ne procurent d'instruction et n'inspirent de sagesse.

Satyriasis. — On donuo ce nom au penchant dominateur, irrésistible, presque insatiable, chez l'Homme, à exercer l'acte vénérien, avec érection presque conLinuelle. Ce penchant est ce qui distingue cet état du Priapisme, lequel ne s'accompagne pas d'un désir prononcé du rapprochement sexuel. Toutefois, les deux dénominations aoiit. souvent employées comme synonymes.

Quoi qu'il en soit, le SatjTiasis eat pour l'Homme ce qu'est la Nymphomanie pour la Femme : c'est, au fond, la manifestation d'une disposition trèsprononcée à l'acte copulateur. Cet état — certainement maladif — résulte souvent d'une continence trop rigoureuse, ou bien de l'ingestion do substances aphrodisiaques; quelquefois, enfin, il se rattache comme symptôme à une affection cérélirale.

Le Satyriasis s'accompagne ordinairement d'accès de délire erotique, qui se calment et reviennent spontanément ou sous l'influence de la moindre circonstance excitante ; souvent il aboutit à la manie et mémo à la démence.

Cette affection est très-rare chez les Hommes qui vivent dans le mariage : cela se conçoit. Elle ne frappe guèie que les célibataires, surtout ceux qui, épuisés prématurément, ont recours aux aphrodisiaques violents dans le but de se procurer comme un regain de puissance virile. Hclas ! certains

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Hommes mariés ne sont pas exempts de ce fâcheux préjugé qui veut qu'ils se montrent jouteurs intrépides ; on en voit donc qui, usant imprudemment des cantharides, sont portés à l'accomplissement de Pacte vénérien avec une sorte de fureur et à le répéter jusqu'à production des plus graves désordres inflammatoires du côté des organes génito-urinaires.

Le Satyriasis doit être traité par les bains, les boissons émollientes ou tempérantes, la saignée, les lotions froides, les bains de mer, les distractions, et surtout par l'éloignement de la cause, si elle est connue.

Le mariage serait conseillé au célibataire satyriasique si celui-ci était reconnu par les hommes compétents exempt de toute atteinte du côté des facultés morales et intellectuelles. Les anaphrodisiaques, tels que les gattilier, le nénuphar, la verveine, etc., seraient sans effet.

Priapisme. — C'est un état particulier de l'économie dans lequel il y a érection continuelle de la ^ verge avec sentiment d'ardeur brûlante, sans désir de l'acte vénérien. Ce dernier trait marque la différence qui existe entre cette affection et le Satyriasis dont il vient d'être parlé. Le Priapisme diffère encore du Satyriasis en ce qu'il n'est jamais idiopathiquo,

c'est-à-dire indépendant de toute maladie préexistante ; toujours il se montre symptom^tique, soit d'une inflammation du pénis ou de quelque organe environnant, soit d'une action toxique due à l'ingestion des cantharides.

Le Priapisme est donc une affection locale; comme tel, il est plus facile à guérir que le Satyriasis, qui dépend presque toujours d'une altération cérébrale et constitue une sorte de monomanie, VErotomanie. (V. ce mot. y

Hystérie. — Maladie propre au sexe féminin, caractérisée par des troubles complexes du système nerveux de la vie de relation et de la vie organique, depuis les plus légers spasmes, les vapeurs, idées tristes, pleurs ou rires sans sujet, jusqu'aux convulsions cloniques revenant sous forme d'attaques périodiques, et jusqu'à la paralysie plus ou moins étendue du sentiment et du mouvement. C'est un état maladif tout à fait protéiformo Certaines impatiences, les agacements de nerfs, les bizarreries de caractère , les palpitations , les spasmes , l'extase, etc., en sont les formes adoucies.

L'Hystérie est souvent annoncée, dans ses attaques, par la sensation d'une boule qui part de la région utérine pour se porter à la gorge, en s'accom-

pagnant dé constriction à la poitrine et à Tépigastre.

Gomment décrire, en quelques lignes, les symptômes multiformes de l'Hystérie? Cela est impossible. Gontentons-nous de dire que la maladie se montre sous deux formes principales assez distinctes : la forme essentiellement nerveuse, celle à laquelle se rapporte ce qui vient d'être dit, et la forme convulsive proprement dite.

Dans cette dernière, les attaques sont annoncées plus spécialement par la céphalalgie, les éblouissements, les mouvements involontaires du globe de l'œil et des paupières, le trouble de la vue, les tintements d'oreilles, les propos incohérents, les cris, les pleurs sans motif, les éructations, des contractions musculaires douloureuses ; puis chute par terre précédée ou accompagnée d'un cri, tuméfaction de la face, suffocation et étranglement, déglutition impossible, renversement du corps en arrière, parfois immobilité cataleptique, etc. .

L'attaque se termine au bout d'un quart d'heure ou d'une demi-heure, plus ou moins, soit par des éructations, des pandiculations, soit par un état syncopal, laissant après elle une grande fatigue, de l'anesthésie (paralysie du sentiment) plus ou moins étendue.

L'Hystérie reconnaît pour causes : d'abord le tem-

pérament nerveux, et l'époque de la puberté, qui ne 3ont que des prédispositions, puis certains troubles ou excitations des sensations génésiques, la privation des jouissances vénériennes lorsqu'elles ont été goûtées. Au point de vue platonique, des sentiments d'amour déçus, des chagrins domestiques, etc. , peuvent aussi produire la maladie.

Quant au traitement, ce sont les voyages et les distractions, les antispasmodiques (valériane, assafœtida, etc.), les calmants et les opiacés (opium, sirop de morphine), les bains de mer, etc., qu'il faut conseiller. Le mariage, quand surtout le futur est «imé, devient le meilleur remède à l'hystérie de forme vaporeuse, hypochondriaque ou même convulsive. Mais s'il est contracté dans des conditions opposées, le mariage ne peut qu'aggraver la maladie : car combien de jeunes filles qui, sacrifiées à des vieillards, passent par tous les degrés des liroubles nerveux appartenant à l'Hystérie !

Dans aucun cas, d'ailleurs, il ne faudrait songer à marier la personne dont l'état moral et l'intelligence seraient lésés:

Nymphomanie. — Erotomanie. — Ces expressions s'appliquent au délire erotique, la première au délire de la Femme, la seconde au trouble du sens

génésique ' sans distinction de sexe. Expliquonsnous.

La Nymphomanie est une forme particulière de monomanie chez la Femme, ayant pour caractère un penchant violent, irrésistible, à Pacte vénérien, et se manifestant par des gestes et des propos obscènes.

ÏjÉrotomanie serait, suivant certains auteurs,, un délire amoureux sans appétits physiques. Mais ce genre de folie platonique existe-t-il ? Nous ne le pensons pas. Les érotomanes sont tout simplement des aliénés chez lesquels les appétits sexuels, quoique très-développés, ne le sont pas assez pour les entraîner à des actes obscènes. L'Erotomanie n*est pas une forme, mais un degré dans les troubles nervoso-érotiques qui se rencontrent dans la Nymphomanie, le Priapisme et le Satyriasis.

La Nymphomanie, encore appelée Fureur uté' rine, présente trois degrés : dans le premier, il n'existe qu'une disposition à cette maladie; le spasme de Tutérus, encore peu prononcé, ne réagit que faiblement sur les facultés intellectuelles.

Dans le second degré, lé désordre physique l'emporte sur la volonté qui est obsédée par les écarts d'une imagination qui retrace les images les plus voluptueuses. Cependant, sur tous les autres sujets, le jugement et la raison conservent leur empire.

Le troisième degré est caractérisé par un trouble des organes génitaux tel qu'il réagit sur le cerveau au point de déterminer une aliénation complète, une sorte de délire exclusif relatif aux rapports sexuels.

L'affection a une marche tantôt lente, tantôt soudaine, avec rémissions durant lesquelles la malade s'efforce de repousser les incitations organiques. Elle conserve encore un reste de pudeur; mais sa volonté et sa raison finissent par succomber, et alors, dégagée de tout frein, elle se livre sans réserve à toute l'ardeur de son imagination et de ses sens, recherchant et provoquant aux lectures et aux conversations obscènes. A la vue d'un Homme, tout son être s'agite, ses yeux sont étincelants, un feu dévorant semble la consumer, et elle provoque cet homme, — quel qu'il soit, — par ses regards, ses attitudes libidineuses, à satisfaire ses désirs. S'il résiste, elle a recours aux menaces et même aux actes de violence. Le délire est à son comble. Mauget parle d'une jeune fille noble et très-honnête, qui, en proie à la Nymphomanie, homines et canes ipsos ad congressum provocabat,

L'Hystérie s'allie souvent à la Fureur utérine. On peut en dire autant de la mélancolie avec penchant au suicide : a M"® L., née dans l'aisance, fut élevée dans les principes religieux les plus rigides ;

àTâgede 16 ans, elle devint nymphomane et se fit prostituer gratis. Deux ans après, de désespoir, elle mit un terme à son existence. » (Dict. des se. méd,)

Le siège de la maladie est primitivement dans Tappareil génital, et sa nature consiste en des désordres inflammatoires ; du moins c'est ce qui a été constaté le plus souvent. « Une jeune fille, déjà nubile et menant une vie désœuvrée, conçut, contre le gré de ses parents, une inclination. Bientôt elle passe les nuits dans des songes pénibles, vocifère le jour et tient des propos lascifs et décousus, au point de paraître aliénée. A la vue des hommes, elle se précipitait sur eux et les suppliait de se livrer avec elle aux assauts amoureux. Une fièvre continue se déclara et elle mourut. Tous les viscères étaient sains, excepté l'utérus, dont Tinflammation s'éten-^ dait jusqu'aux trompes et aux ovaires. »

L'Erofomanie, répétons-le, diffère delà Nympho* manie en ce qu'elle a son point de départ, non dans l'utérus et ses annexes, mais dans les fonctions cérébrales. L'imagination seule est lésée dans cette maladie. L'érotomane ne raisonne nullement son culte; il ne tient aucun compte de la différence de fortune, de ran^ : sa passion l'entraîne, lui enlève le libre arbitre jusqu'à lui faire commettre des actes justiciables des tribunaux. Ferraud, âgé do 18 ans,

éperdument épris d*une jeune fille, qu'il ne pouvait épouser à cause de la volonté contraire de ses parents, résolut de mourir avec son amante, qui y consentit. Ils se rendirent ensemble à la campagne, et, sur sonordre, il Pacheva avec un couteau-poignard, après lui avoir tiré deux coups de pistolet dans la tête. L'autopsie démontra qu'elle était encore vierge. Ferraud ne put parvenir à s'ôter la vie après ce crime. Traduit devant les assises à Versailles, il fut acquitté le 18 mars 1838.

§ 3. — Célibsit ecclésiastique.

Voici une question qui soulève bien des controverses. Le monde voit dans le Célibat religieux une atteinte grave portée aux lois de la nature et une source de maux pour ceux qui en font vœu.

Quand on considère que tous les êtres vivants, les Végétaux aussi bien que les Animaux, obéissent à l'attraction d'amour sexuel, on est enclin à répéter avec Montaigne : « Qu'a donc fait aux Hommes l'action génitale, si naturelle et si nécessaire, pour la proscrire et la fuir, pour n'oser en parler sans vergogne et pour l'exclure des conversations? On prononce hardiment les mots tuer, voler, trahir, commettre un adultère, etc., et l'acte qui donne la

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vie à un être, on n'ose le prononcer! O fausse chasteté ! ô honte, hypocrisie! »

L'auteur de ces* paroles se trompe. Ce n'est ni par fausse chasteté, ni par hypocrisie, que la si grande réserve qu'il blâme est gardée. L'instinct de reproduction et les ardeurs de la jeunesse , toujours prêts à déborder, ne doivent pas être surexcités par des conversations qui n'auraient aucune utilité, à moins qu'elles ne fussent basées sur un besoin respectueux d'éducation physiologique et d'admiration pour les œuyres du Créateur. « Le pouvoir générateuif, a dit avec éloquence le P. Monsabré, dans une de ses conférences à Notre-Dame, le pouvoir générateur, dont il ne faudrait parler qu'avec le plus profond respect, est le trait suprême de la beauté physique du corps humain. »

Nous n'avons pas à apprécier les motifs qui ont fait imposer le célibat aux Hommes et aux Femmes ([ui s'engagent dans les ordres religieux, et nous ne dirons pas non plus qu'il semble que l'instinct qui porte les sexes à s'unir profane à leurs yeux le caractère religieux. Mais ce que nous croyons pouvoir affirmer, c'est qu'en général on a beaucoup exagéré les dangers de la continence, et que celle-ci, en ce qui concerne les prêtres catholiques par exemple, est mieux observée, supportée avec plus de force et de vertu que ne le croit le monde. Et puis, ceux

mitm^^^mt^

qui vivent dans le mariage, ceux surtout qui n'y trouvent pas toutes les jouissances et en recherchent de toujours nouvelles, sont-ils compétents pour juger pareille question ?

Il fut un temps, sans doute, où, par suite d'une ferveur religieuse dégénérée en fanatisme ou par de vils motifs d'intérêts de familles, les cadets de cellesci étaient voués, dès leur berceau, à la vie monastique. Assurément, ce n'était pas là le moyen de faire des prêtres ayant une véritable vocation : aussi le pape Clément III s'éleva-t-il contre ces mœurs et coutumes.

D'un autre côté , il est certain qu'un grand nombre d'Hommes et de Femmes, doués d'un tempérament ardent, ont embrassé la vie monastique par suite de déception ou de fanatisme, et succombent dans une lutte de chaque jour. Bien des individus des deux sexes, dans nos couvents, paient encore de leur vie une abstinence dont ils ignoraient les dangers au moment de faire leurs vœux et qui est devenue impossible à leur tempérament.

La privation des rapports sexuels, soit que le physique en souffre plus que le moral ou réciproquement, peut troubler l'esprit, surexciter les sens, réagir sur les facultés morales et intellectuelles,

faire naître des hallucinations erotiques, toutes sortes de désordres de l'imagination et finalement conduire

à la folie, à l'état convulsionnaire et même à la mort.

Mais il n'est pas moins vrai d'autre part qu'à notre époque, la grande majorité des Hommes et des Femmes engagés dans les ordres ou les vœux religieux soutiennent avec courage et non sans succès les combats que leur livrent les sens. Qu'ils y réfléchissent un instant, messieurs les amateurs de plaisirs illicites et de liberté licencieuse, ils comprendront bien vite qu'il est tout simple, tout naturel qu'il en soit ainsi.

En effet, comment se recrute le Clergé ? Parmi ces pauvres enfants de la campagne qui, montrant le plus de dispositions pour apprendre et se bien conduire, sont remarqués du curé, lequel s'en occupe particulièrement, leur apprend à servir la messe, leur met dans les mains des livres de piété et plus tard les fait entrer au petit séminaire. Ces enfants grandissent ainsi dans un milieu tout spécial qui ne ressemble en rien à celui où s'agite le monde. Certes, l'aiguillon de l'instinct génital n'est f)as sans se faire sentir quelquefois ; mais quoi ! ïa prière, les exercices religieux, les études de latinité, plus tard l'interprétation des dogmes de la religion ne leur laissent pas le temps, pour ainsi dire, d'y être sensible».

D'ailleurs, physiologiquemcnt parlant, ne sait-on

pas que l'activité des organes s'étnousse lorsqu'elle

n'est pas mise en exercice ? Ces jeunes gens ne sont donc pas aussi tourmentés qu'on le pense par les idées d'amour et la révolte des sens ?

Quand Us sont prêtres et qu'ils ont charge d'âmes, u'est alors, pour eux, le iemps le plus difficile: le contact du monde, les révélations du confessionnal, assaillent leurs sens et leur cœur de provocations qui sont d'autant plus terribles qu'ils sont à l'âge où 1 instinct genésique est à sa plus haute puissance. Lt pourtant ils restent fermes ; d'ailleurs, des nécessités de situation et la crainte du scandale, indépendamment de. leurs occupations sérieuses et multiplicea, maintiennent dans le devoir ceux qui ont le malheur de n'être pas retenus par une foi sincère.

Sans doute quelques-uns, plusieurs si l'on veut, succombent (a-t-on prétendu jamais qu'il n'y avait pas de mauvais prêtres) , mais, encore une fois, l'imniense majorité résiste. Il est même dos sujets, à tempérament ardent, qui en meurent. Est-ce bien, est-ce mal, est-ce logique ou absurde, est-ce là ce f[ui est le plus agréable à Dieu ? Nous n'avons pas à nous prononcer sur ce point: nous constatons, voilà tout.

Ajoutons ceci; le temps des épreuves n'a d'ailleurs qu'une durée limitéo ; les fonctions de l'appareil génital ne sont pas ds nécessité pour l'intégrité

des autres ; et puis, ces fonctions ne se donnentelles pas satisfaction d'elles-mêmes et malgré la volonté de l'individu, par des émissions , plus ou moins fréquentes, de la liqueur séminale? Ajoutons encore que le défaut d'exercice, les années aidant, .^ait entrer prématurément les organes sensuels dans une espèce de sommeil dont ils ne sortent plus.

Rappelons enfin que Fâge requis pour entrer dans les ordres de la prêtrise est fixé à 24 ans ; qu'à cette période de la vie on peut déjà déterminer si l'accord entre le physique et le moral est assez solidement établi pour obéir à la vocation que Ton croit avoir. Très-souvent, hélas! cette prétendue connaissance de soi-même est trompeuse, car l'énergie des organes se réveille souvent terrible plus tard. Aussi les lois de Oharlemagne avaient-elles établi l'âge de 40 ans pour les Hommes et 32 pour les Femmes. Avant ce grand législateur, saint Léon ne voulut pas que les filles prissent le voile avant 40 ans. C'est à 20 ans que, de nos jours, elles sont admises à faire leurs vœux.

a • Il est constant , selon nous , dit le D' Al. Mayér, que le commerce des sexes ne constitue pas un besoin qui ne puisse être refréné sans péril, et que les sollicitations si vives qui partent du sens génital n'ont pour but que d'assurer la perpétuité de l'espèce par l'attrait du plaisir. »

a Celui qui caresse des idées lubriques, dit le même auteur, ou qui se plaît à la contemplation d'images capables de surexciter le sens génital, celui-là sécrétera de la liqueur séminale en grande quantité.

a Au contraire, celui dont Tesprit sera tendu vers des objets sérieux, qui concentrera, par exemple, ses facultés intellectuelles sur des études abstraites, celui-là fournira, dans un temps donné, une quantité de sperme bien moins considérable que le premier. Celui-ci sera libre de toutes suggestions de la part des organes génitaux, celui-là en sera obsédé, tyrannisé. ' »

La continence rigoureusement observée, nous Pavons dit, peut entraîner des maladies extrêmement graves et peut conduire à la mort. Dans ces cas, heureusement rares, le mariage est conseillé aux personnes libres de s'y engager, et les médecins considèrent qu'il est de leur devoir de déclarer à celles qui veulent rester dans le Célibat, que donner satisfaction aux fonctions de génération constitue le seuj moyen de les sauver.

Toutefois, le conseil est délicat vis-à-vis du prêtre. Burdach cite l'exemple « d'un jeune ecclésiastique, rigide observateur de ses vœux et dont les lectures ascétiques avaient achevé de troubler l'intelligence, qui tomba dans la mélancolie, prit en hor-

reur las Hommes et lui-même, et entra plus d'une fois dans des accès de fureur ; après avoir suspendu l'effet d'une pollution nocturne, il eut des visions de Femmes entourées d'une auréole électrique; bientôt il se crut possédé du diable, s'imagina être Achille, Alexandre, Henri IV, et ne recouvra la eanté qu'après l'accomplissement de l'aote vénérien. »

Certes ! voila un cas où, au point de vue médical, et abstraction faite de toute doctrine philosophique, on a eu raison de faire violence au précepte que nous recommandons, d'user avant tout des ressources médicatrices que fournit le culte de la morale, des sciences, de l'hygiène.

.Un médecin casuiste, le père Debreyne, a proposé les moyens suivants : « Si ces sortes de pensées (les pensées déshonnétes), devenues très-importunes, sont le produit d'une imaginatiQn légère et mobile, ou de certains souvenirs qui se retracent vivement dans la mémoire, on s'appliquera à y faire diversion en forçant l'esprit par quelque travail intellectuel sérieux, appliquant, ou un calcul difficile et compliqué qui absorbe toute l'attention, etc. . Si les mauvaises pensées proviennent d'un tempérament erotique ou d'une pléthore spermatique, les meilleurs moyens seront ceux tirés de l'hygiène physique et morale ; la pratique do la tempérance, d'une

exacte sobriété, le travail manuel, Texercice corporel, une occupation matérielle ou mécanique incessante, la fatigue, quelquefois même la chasse, qui, dans certains cas, a produit les meilleurs et les plus étonnants effets. Diane, comme on sait, est Tennemie née et naturelle de Vénus. Un exercice violent étouffe les sentiments erotiques, en faisant naître des sensations plus impérieuses encore, comme une faim excessive, avec une propension irrésistible au repos physique. »

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