DEVOIRS DES EPOUX
Les époux ont des devoirs mutuels à remplir.
Plutarque a écrit sur ce sujet un livre dont il nous suffît de donner l'analyse pour en faire comprendre le but moral, et Texcellence des conseils qui y sont contenus. Ce ne sont, à vrai dire, que des lieux communs que chacun deviQe en quelque sorte, mais ce qui est honnête et de nature à assurer la paix domestique ne saurait jamais être trop répété :
c( Le Mariage, suivant Plutarque, étant Pacte de la vie le plus important, il faut y réfléchir mûrement avant de l'accomplir. Si dans les liaisons passagères on recherche autant que possible la conformité des goûts, à plus forte raison doit-on s'en préoccuper pour une union indissoluble. Tout dans le Mariage doit être commun, et surtout les idées et
les principes ; aussi convient-il avant de s'unir de s'étudier mutuellement. Ulysse était plein de prudence, Pénélope de sagesse : leur union fut heureuse. ^ On ne saurait, avant d'arrêter définitivement son choix, prendre trop de précautions et se tenir trop en garde contre les apparences. Un Romain que ses amis blâmaient d'avoir répudié une femme riche, belle et sage, leur montra son soulier en disant : Il est beau et bien fait, mais nul de vous ne voit où il me blesse.
a Une fois unis, les époux doivent se donner mutuellement l'exemple de toutes les vertus. C'est surtout le devoir du mari, qui, étant le chef de la famille, doit en être le modèle. Une sorte de pudeur, de bon goût, présidera aux relations des époux, et leurs épanchements restet'ont toujours secrets. Caton dégrada un sénateur pour avoir embrassé trop passionnément sa femme en présence de sa fille. Il est honteux pour des époux de se caresser devant témoins, mais il l'est encore davantage de se quereller publiquement. Pour éviter les discussions, le mari doit savoir céder au besoin ; de son côté, c'est le devoir de la femme de prendre bien garde de faire de la peine à son mari, ou même simplement de le froisser, en riant, par exemple, lorsqu'elle le voit de méchante humeur, ou en prenant un air chagrin
s'il rentre gai ou joyeux. y>
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La confiance doit régner entre les époux ; elle est le lien moral le plus sûr de leur union : c'en est rassise la plus solide. Si par malheur elle vient à s'affaiblir, il faut de suite recourir aux moyens de la rétablir ; et ici, de même que certains mensonges sont non -seulement permis, mais obligatoires en quelque sorte dans la bouche du médecin qui veut rassurer le malade désespéré, les époux vis-à-vis l'un de l'autre doivent user de leur éloquence la plus persuasive, fût-elle a côté de la vérité, pour faire revivre la confiance mutuelle, sans laquelle tranquillité, bonheur, s'évanouissent pour faire place au sombre soupçon, lequel finit par convertir les liens les plus doux en une Chaîne odieuse.
Que de situations diverses, que de nuances à observer et qui demandent tact, esprit de conduite et de sens de la part de celui des époux à qui incombe le devoir de donner des explications !
Par exemple, pour sortir des considérations platoniques, une discussion dans le jeune ménage se termine presque toujours par un embrassement intime qui cimente la réconciliation; hé bien, il peut arriver que le mari, encore sous l'influence de nuages accumulés dans son imagination, soit moins dispos qu a l'ordinaire, et que le cadran de sa force virile retarde. Alors, si la femme commet l'imprudence de faire la moindre allusion à ses lenteurs,
tout est perdu : quoique factice, Timpuissance masculine pourra se renouveler à de nouvelles tenta* tives, et raviver les causes de mésintelligence el d'antipathiCt
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