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INFLUENCE DU MARIAGE SUR LE PHYSIQUE ET LE MORAL DES ÉPOUX

^ Etant donné que l'union des sexes est une des grandes lois, — la plus impérieuse même, — de la nature, et que, de par la civilisation, le Mariage seul légitime cette union, il importe de savoir quelle influence elle exerce sur la santé générale et sur les facultés intellectuelles et morales des deux sexes.

Or, cette question a déjà reçu sa solution dans ce qui a été dit sur le Célibat.

Nous avons vu, en effet, que des personnes non mariées sont plus sujettes aux maladies et vivent moins longtemps que celles qui sont engagées dans les liens du Mariage. Les anciens savaient cela tout aussi bien que nous puisqu'ils avaient gravé sur le piédestal de la statue représentant le Mariage : a UHymen retarde la vieillesse. »

Le Mariage fait plus encore ; il répare les avaries causées à la jeunesse par des excès illicites, ou au contraire par la compression de l'indomptable instinct de progéniture. Tel jeune homme épuisé, amaigri, les yeux atones, faible et anémique à force d'avoir gaspillé ses brillantes facultés viriles, s'il viei^t à contracter Mariage et s'il en comprend les devoirs, récupère bientôt ses forces, sa bonne mine, sa gaieté, en un mot toute sa santé si compromise.

Telle jeune fille dont les pâles couleurs, les yeux cernés, le cœur sans cesae agité par des palpitations sans rhythme et sans régularité, vous disent qu'elle est sur le point (le descendre dans la tombe, vient-elle à prendre mari, aussitôt elle se ranime, reprend ses couleurs et sa gaieté. La comparaison si souvent employée, que cette enfant est comme une fleur étiolée qui se redresse et se ranime dès qu'on l'arrose, est juste au sens physique qu'on lui attribue ; mais il faut tenir compte aussi de l'influence favorable que tout son organisme reçoit du sentiment de ravissement qu'elle éprouve en épousant celui qu'elle aime. Il faut bien, certes, que cette influence soit réelle, puisque la même personne, si elle est mariée contre son gré, ne voit pas ou voit très-tardivement se produire la transformation dont nous parlons.

Pausanias nous a transmis l'heureuse meta-

morphose que le Mariage opéra sur la femme d'Ariston: jeune fille, elle était très-laide, boutonneuse et hystérique ; dès qu'elle fut devenue femme, sa, beauté aurait pu entrer en concurrence avec celle d'Hélène.

Cette anecdote, rapportée par Debay, quoique historique, nous semble gonflée d'exagération. Nous en dirons autant de cette opinion du même auteur, qui dit que, « quant aux Hommes en général, la virginité, c'est-à-dire la continence perpétuelle^ absolue, leur est impossible; et que, quant aux prêtres en particulier, le Célibat n'est pour eux qu'un moyen de mieux jouir des plaisirs de l'amour sans avoir la charge et les embarras d'une famille. »

C'est là une assertion calomnieuse dont nous avons montré toute la fausseté et l'exagération.

Il n'est pas possible d'avancer rien de plus perfide et de plus dénué de preuves. C'est un procès de tendance en règle : avec une telle littérature, il faut nier la vertu et tout mettre en doute. Le même auteur se complaît dans ses citations de victimes de la chasteté ; il va les chercher jusque dans l'antiquité la plus reculée, comme si les temps et les mœurs d'alors étaient comparables aux nôtres.

Debay croit donner le dernier coup au Célibat religieux lorsqu'il reproduit une de ces histoires banales comme celle-ci :

« Une jeune demoiselle, que sa famille, égarée par une fausse religion, voulait faire religieuse contre son gré, douée d'un tempérament utérin, tomba d'abord dans une profonde langueur, puis passa par tous les degrés de l'hystérie, de Térotomanie et de la nymphomanie ; elle allait succomber aux ardeurs qui la dévoraient, lorsque Alibert, consulté, ordonna pour unique traitement un prompt Mariage. Ce moyen réussit complètement, d

Les cas de ce genre sont probablement plus communs que ne le pense notre auteur lui-même; néanmoins, ils ne prouvent rien contre ces phalanges de célibataires dont la conduite, toujours attaquée, soupçonnée, reste généralement exemplaire.

Cela ne nous empêche point de donner notre entière approbation à ce passage : « Les plaisirs du Mariage, pris avec modération, sont nécessaires au maintien de la santé générale ; ils apaisent les violents désirs, les impatiences, les inquiétudes, leg chagrins d'amour ; ils préviennent les songes erotiques qui embrasent et troublent le sommeil ; ils facilitent le jeu des fonctions ; ils réjouissent l'âme, et donnent au corps cette liberté, cette souplesse, qui rendent alerte et dispos. Ils portent l'Homme à l'amitié, à la bienveillance, à la générosité. Enfin, il faut le reconnaître et le dire, les douceurs du

Mariage sont une heureuse compensation aux chagrins et aux misères de la vie. »

SECTION III

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