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HYGIÈNE DE LA GROSSESSE

La Grossesse, quoique étant un état physiologique, devient cause de souffrances nombreuses et même de maladies pour la Femme. Celle-ci doit respirer un air pur et abondant, éviter les émotions morales, les secousses corporelles. Les époques qui correspondent au retour de ses règles doivent lui faire redoubler de précautions. Les périodes correspondant à la troisième et à la septième menstruation supprimée sont des moments plus spécialement dan-

gereux, parce que Texpérience a montré que Favortement a le plus fréquemment lieu à trois mois, et Tavortement prématuré entre le septième et le huitième mois. Une ceinture appropriée doit soutenir le ventre.

Les envies du début ne doivent pas être contrariées, à moins qu'elles ne portent la Femme à faire usage de substances nuisibles ou à commettre des actes répréhensibles.

Aux accidents déterminés par la pléthore san^ guine^ on oppose la saignée, qui les fait ordinairement disparaître. Mais ils sont souvent confondus avec ceux que produit la pléthore séreuse, laquelle repousse toute évacuation sanguine et, au contraire,appelle Tusage des ferrugineux.

Nous n'avons pas à nous occuper des états pathologiques proprement dits que détermine quelquefois la Grossesse, tels que les hydropisies ou infiltrations séreuses des jambes, des cuisses, du tronc. même ; Téclampsie, affection grave ; Thydropisie de l'amnios, les hémorrhagies utérines , les hémorr oïdes, etc.; c'est au médecin à en connaître.

Mais une question délicate se présente et doit être abordée. C'est celle ciesrapprochements sexuels pondant la Grossesse.

' Pourquoi les Femmes acceptent-elles les hommages rje leurs maris lors(ju'cllcs sont enceintes, tandiiîr

que dans une position semblable les femelles des animaux fuient l'approche des mâles? On cherchait à résoudre la quegftion devant Fontenelle. Chacun donnait son argument. Santeuil gardait le silence, quelqu'un l'interpella : — Et vous, njonsieur Sa;iteuil, qu'en pensez-vous ? — Ma foi, dit en riant Santeuil, je ne connais d'autre raison que les uns sont raisonnables et les autres des bêtes.

Puisqu'enfîn l'espèce humaine n'est pas la plus raisonnable, il faut lui répéter qu'il est nécessaire que les rapport^ sexuels aient lieu rarement et avec les plus grands ménagements lorsqu'il y a grossesse ; que l'abstention doit devenir aussi complète que possible vers les époques que nous avons précédemment indiquées comme plus dangereuses.

Manquer de suivre ces conseils, c'est s'exposer à provoquer l'avortement ou l'accouchement prématuré.

UAvortement étant un état pathologique, et trop souvent le résultat de manœuvres criminelles, nous ne nous en occuperons pas. Nous renvoyons le lecteur à notre Anthropologie^ où la physiologie et la pathologie des fonctions de génération sont traitées avec des développements suffisants pour l'intelligence des sujets en question.

Parlerons-nous de la Super fétation? La possibilité qu'un Femme puisse concevoir au milieu d'une

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Grossesse est très-contestée. Les cas cités peuvent être rapportés à des Grossesses doubles, dans lesquelles un des fœtus, mort avant terme, s* est conservé dans les membranes jusqu'au moment de la naissance de celui qui avait continué de vivre, ou à des Grossesses de jumeaux inégalernent développés et nés à des termes différents.

Une double conception, à peu de moments d'intervalle, est possible, d'après le fait suivant cité par Buffon : Une femme ayant eu des rapports le même jour avec un blanc et un nègre accoucha de deux enfants de couleur différente.

Chez un grand nombre d'Animaux, l'utérus est séparé en deux moitiés distinctes, en deux cornes ; chez la Femme, cette particularité ne pourrait-elle se montrer exceptionnellement ? Dans ce cas, la Superfétation ne serait pas impossible. C'est ainsi sans doute qu'il faut expliquer cet autre fait :

« Benoîte Franquet accoucha, le 20 janvier 1780, d'une fille de 7 mois. Aucune des suites . ordinaires de la Grossesse n'eut lieu. Cinq mois après ce premier accouchement, elle mit au monde une seconde fille à terme. » (Sédillot, Manuel de médecine opératoire.)

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