CHAPITRE III
CONDUCTIBILITE DES ELECTROLYTES
La solution d'un électrolyte oppose au courant électrique une résistance analogue à celle d'un conducteur métallique (ou conducteur de première classe), résistance proportionnelle à la longueur et en raison inverse de la section. On désigne sous le nom de résistivité (ou résistance spécifique) la résistance d'un volume de liquide ayant i centimètre carré de base et i centimètre de hauteur volume cubique ou cylindrique . La résistivité s'exprime en ohms, comme la résistance.
L'inverse de la résistance est appelée conductance (ou conductibilité) ; l'inverse de la résistivité est la conductivité (ou conductance spécifique). La conductivité est donc égale à la conductance d'un volume liquide égal à i centimètre cube. Elle est désignée parla lettre grecque Y, (kappa). Soient un volume liquide ayant une longueur l (cm) et une section s (cm-), sa con-
y s ductance est égale à y-
CONDUCTIBILITE DES ELECTROLYTES
Mesure pratique de la conductance et de la conductivité des liquides. — Pour obtenir la conductance d'un éleclrolyte, on mesure la résistance de la portion de ce liquide comprise entre deux électrodes de position bien déterterminée. On se sert de vases de formes diverses, parmi lesquelles deux sont représentées par les fig. 3 et 4.
Les électrodes sont des lames de platine qui communiquent avec l'extérieur par des fils de même métal protégés sur presque toute leur longueur par un petit tube de verre. Dans cer-
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tains appareils, les électrodes sont fixées au couvercle isolant : électrodes d'Arrhénius (/î^. 3); dans d'autres, elles sont soutenues par les parois du vase que traversent les fils de platine (/i^. 4). L'expérience montre que l'électrolyte possède,
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dans ces vases, une résistance constante et bien déterminée, à la condition que le niveau du liquide dépasse les électrodes d'une hauteur au moins égale à leur intervalle. Dans ces conditions, les électrodes délimitent un certain volume de liquide, de section s et de longueur /. Soit /', la résistance trouvée. La conductance est
Supposons que nous ayons mesuré avec le même vase la résistance /' d'une solution-type, dont la conduclivité // est connue ; on a aussi
de ces deux égalités, on tire ', = — ; ou, en posant
Le nombre G est appelé la constante de Vappareil. Il est facile de la vérifier de temps à autre pour s'assurer que la position relative des électrodes est demeurée invariable.
II nous reste à dire comment on obtient la résistance r. La méthode la plus employée est actuellement celle de Kohlrausch, dite aux courants alternatifs et au téléphone (1880), avec la disposition du pont de Wheatstone, représentée schémali(juement par la fig. 5. Supposons que
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les deux sommets opposés A et G du pont soient reliés aux deux pôles d'une petite bobine de Ruhmkoriï B, actionnée par un seul accumulateur et qu'entre les deux autres sommets MetN, on intercale le circuit d'un téléphone T ; lançons dans le système le courant induit de la bobine; le téléphone va bourdonner ; mais si entre les résistances des quatre branches du pont, on a la