PILES OU CHAÎNES DE CONCENTRATION
Le raisonnement n'est correct que si le phénomène est réversible, ce qui est bien le cas; en renversant le sens du courant on peut reprécipiter le zinc de la solution, et aussi lenlement qu'on veut. Ces sortes d'électrodes constituées par un métal qui plonge dans la solution d'un de ses sels, sont appelées, pour cette raison, des électrodes réversibles par rapport au cation. Nous donnerons, à la d.d.p. t, le nom de potentiel de décharge de l'ion Zn*- (voir p. i44)la raison de celte dénomination).
Piles ou chaînes de concentration. — Les notions qui précèdent vont nous permetire de calculer facilement la f.é.m. des piles de concentration et de soumettre ainsi la théorie à une première vérification expérimentale. Une pile (ou chaîne, ou couple) de concentration est un système constitué par deux électrodes du même métal qui plongent chacune dans la solution d'un de leurs sels, la concentration moléculaire des sels étant dilTérentes.
Ainsi le cation est commun, l'anion peut être le même ou non. Les deux liquides sont ou bien en contact immédiat, ou bien réunis par un électrolyle neutre.
Nous choisirons pour commencer deux élec. trodcs d'argent qui plongent dans des solutions diversement concentrées de nitrate d'argenl. Par exemple, pour fixer les idées, deux bâtonnets
P.-Th. Mulleh — Lois fondamentales de l'Électrorhimie "
FORCES ELECTROMOTRICES
d'argont sont disposés suivant l'axe de doux tubes à essai renfermant les deux solutions ; au moment des mesures, on fait communiquer le contenu des deux tubes par l'intermédiaire d'un petit siphon capillaire rempli de l'une des solutions. Dans la fig. 7 schématique^ A et A' représentent les électrodes ; les deux électrolytes sont censés séparés par la paroi fictive M. Nous ^ indiquerons un peu plus loin comment on mesure la d.d.p.
entre A et A'. Elle se compose, comme on voit, de la somme algébrique de trois d.d.p,, les différences aux électrodes qui sont de signes contraires et la d.d.p. au conlact des deux solutions. En consultant les tables de la p. 61, nous trouvons que les mobilités des ions Ag* et NO./ sont respectivement 54,02 et 61,78 à 18"*; l'anion étant le plus rapide, c'est la solution diluée qui est négative par rapport à la concentrée (p. 88). L'argent fait partie de ces métaux dont la pression d'ionisation P est extrêmement petite ; la valeur absolue de la d.d.p. à l'une des électrodes est donc
conc diliice.
Fi-. 1
Tloî
(p = pression osmotique des ions Ag*) ; c'est donc l'électrode plongeant dans la solution con-