CHAPITRE
PROPAGATfO.N DE LA CHALEUR.
47. Ainsi que nous Tavons dit en commençant, la chaleur se propage de deux manières distinctes, à distance et au contact. Dans le premier cas, elle est désignée sous le nom Ae chaleur rayonnante^ et dans le second elle constitue la conducibilité. " ^ }^ ' »
]• De la choeur rayonnante.
48. La chaleur peut être saisie hors des corps. A Tétat rayon-nant elle n'est plus dans le corps chaud , et n'est pas encore dans celui vers lequel elle se dirige. — Sa propagation a lieu en ligne droite. — On nomme rayon la ligne droite menée d'un point du foyer de chaleur, au corps qui en reçoit l'action.
49. La propagation a lieu à travers l'espace , que celui-ci soit vide ou occupé par des corps matériels.
50. La vitesse de propagation de la chaleur est égale à celle de la lumière.
Obseeyation. — Les expériences de M. de Wrede , qui tendent à attribuer à la lumière un léger excès de vitesse , ne sont rien moins que concluantes. Le raisonnement suivi par ce physicien est d^ailleurs fort juste : Si les vitesses des deux agents sont égales , dit-il , leurs images se superposeront dans le télescope; dans le cas contraire, l'un des deux étant en avance sur Tautre, les images ne se superposeront que dans leurs parties moyennes \ mais elles seront isolées l'une de l'autre dans une portion de leur étendue. En mesurant avec des aiguilles thermo-électriques la différence de température des deux bords de l'image solaire , l'auteur trouva que le bord oriental était plus rband d'une
fraction de degré. D*aprè8 le calcul de la position du centre des images calorifique et lumineuse, les vitesses respectives seraient dans le rapport de 4 à 5. — Outre que ces faits ne sont pas admis généralement , on comprend qu'une différence d'une fraction de degré est trop minime pour ne pas dépendre de causes étrangères à lobservation.
51. La propagation delà chaleur est sphérique y et, par conséquent, l'intensité diminue comme le carré de la distance augmente. — La chaleur est incoercible et indépendante de l'action de la pesanteur.
52. Quand la chaleur rencontre un corps doué de transparence pour la chaleur, c'est-à-dire dicuhermane , elle se partage en quatre parties : la première est renvoyée par réflexion spéculaire , la seconde est réfléchie dans tous les sens par diffus sîorij la troisième pénètre dans le corps, où elle se perd, par ab' sorption , la dernière enfin traverse le corps par voie de trcuis^ mission.
53. Si le corps n'est pas transparent pour la chaleur, ou ather^ mane y il n'y a plus de tmnsmission immédiate; il est même des cas dans lesquels on n'observe pas non plus de réflexion spéculaire; alors la chaleur se partage en deux portions seulement, l'une qui est réfléchie par diffusion , l'autre qui est détruite par absorption.
A. Transmission de la chaiem.
54. La chaleur rayonnante se compose de rayons donés de propriétés différentes.
55. La faculté de transmettre une portion aliquote de la chaleur rayonnante se nomme diathermanéiié. — Par l'expresêion de dia^ theramnsie ou ihermanisme , on indique |la propriété tde Uvtw
pttssft^ 9 dUmt ccrtâius css setiifiiirat ^ à C6f tvitis rujoM ae dkâleur.
' OBSUTàTioif .^— DCfix unies, 6zpo96cs « 11116 sounœdocuMey pctrmtt Avoir le nétne degrë de diatherman^ité , c*e8t4-dh-e te knser traTener par la même quantité de radiationf caiofn<{iieSy et posséder en inetiie temps des diatoer* mansies tellement différentes , que la dialenr é merge n t e de Tmie ne soit pas transmiBe par Tantre, et réctproqnemenf [nlun et verre noir ou vert ^ une épait* seur donnée).
56. La diatbernianéité ne dépend ni de ta transparence pour la lumière } ni de la coloration [quartz en/iwié, ferre noir ^ alun).
57. Le sel geoune est de tous les corps connus celui qui possède la pliAs grande diathermaoéité.
58. Les rayons émanés de différentes sources ne sont pas identiques et peuvent être assimilés, dans leurs relations mutuelles, aux rayons colorés , comparés les uns avec les antres. — Le flux rayonnant des flammes et des sources à hante température contient différentes espèces de cfaaletn* lumineuse, et aussi plusieurs sortes de chaleur obscure.
M. Melloniy auquel la science est redevable de la majeure partie des résultats consignés dans cette partie de notre travail, a employé, pour ses recherches, quatre sources de chaleur: t* la lampe Locatelli; a* le platine incandescent ; 3* le cuivre échauffï k 4oo*; 4* l'eau bouillante.
59. Les différentes substances solides ou liquides diathermanet ^ comportent, par rapport aux rayons de chaleur, comme les corps diversement colorés relativement atix rayons de lumière. — De même qu*en optique les milieux colorés , réduits k une épaisseur très peu considérable, se laissent traverser par la lumière, les corps diathermases, en couche suffisamment mince,
transmettent autant de chaleur que le sel gemme, qui possède la diathermansie la plus parfaite que Ton connaisse.
Application physiologique. — Utilité de certains écrans pour protéger contre la chaleur rayonnante. — L'eau est douée d'une très fkible diathermanéité : ce phénomène ayait été observé et mis à profit par Herschell, qui avait disposé son télescope de telle façon que les rayons solaires devaient traverser une couche de liquide avant d'arriver à l'œil. « Le 8 mars 1801 , je regardai , dit-il y le soleil à travers l'eau , qui repousse la chaleur si bien , que je pus le fixet aussi longtemps que je voulus y sans la plus légère incommodité. » (PAi/. Trans,y t. XGI , 1801. ) — On peut s'approcher de très près du feu le plus ardent , si l'on a soin de se placer au-devant du visage une lame de verre qui intercepte les rayons de chaleur et protège efficacement, jusqu'à ce qu'elle s*échaufle elle-même et devienne un foyer de radiation. (Robison, Month. Review , April 1803. ) — On assure que dans les verreries c'e^t là le moyen qu'emploient les ouvriers pour regarder dans les creusets , et cela de temps immémorial.