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X)Z X ABSORPTION ET DE LA TRA-NSPIRATION

De l'absorption et de l'exlialation en général. — Des vaisseaux lymphatiques , de leur structure , de leur action et de leur origine. — Du chyle ; de sa nature , et de son passage dans le sang. . — De la transpiration cutanée, et plus particulièrement de la sueur. — Des indications que remplissent l'absorption et la perspiration dermoïde et pulmonaire. — Des follicules sébacées ; de la sébacine ; de son utilité, — De l'exhalation des membranes séreuses et muqueuses.

I . L'iml)ibition et l'exhalation peuvent avoir lieu dans presque tous les tissus organiques. Ces deux fonctions s'exercent pendant toute la vie, et dans tous les êtres

vivans ; bien souvent leur marche est isochrone.

â. Plus le corps d'un animal s'approche du point de saturation^ relativement aux liquides qu il doit avoir, plus ces dei'niers pénétreront difficilement son tissu; le contraire a lieu à l'égard de l'exhalation.

3. La rapidité et la facilité de l'imbibition sont en raison inverse de la densité des liquides qui se trouvent en contact avec les tissus organiques, et en raison directe de la spongiosité et vascularité de ces mêmes tissus.

4. L'absorption des liquides, de quelque nature qu'elle soit, parait se faire de préférence, chez les mammifères, par Iç moyen des vaisseaux lymphatiques ( i ).

(i) Pour que lephéaomène de l'absorption aît complètement lieu, il faut que le liquide qui a pénétré dans la cavité d'un vaisseau par imbibition, soit transporté dans le torrent de la circulation. Il me paraît que les raisons émises par Swammerdam, Kaaw, et Herpaann

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5. Tout vaisseau absorbant tire son origine dun filament celluleux qui devient progressivement une villositë, un capillaire, et enfin un tronc lymphatique.

6. Lorsqu'un liquide quelconque a pénétré par endosmose dans la cavité des lymphatiques les plus déliés, il avance dans leur plus gros tronc par le moyen

Boërhaave , Haller, Lieberkuhn , Mekel, Caldani , Gmelin , Magendie , Ribes , Westrumb , Fodéra , Mayer , Lawrance , Seillêr, et antres anatomistes qui porteraient à croire plus à une absorption par les veines que par les lymphatiques, ne peuvent valoir les argumens de ceux qui bornent cette propriété aux seuls lymphatiques. On compte parmi ces derniers les deux Hunter, Houwson, Rezia , Sografi , Assalini, Desgenettes, La-Haave , Morgagni , Cruiskank , Monro, Gallini , Cuvier, Reiseisen, Soemmering, Prockaska , Jacopi, Dupuytren, Cruveilhier, Lautb, Tiedemann Fahmann , etc. Au reste, la doctrine de l'absorption, depuis le phénomène de l'ewc/osTwo^e, découvert par Dutrochet , ne peut plus être un point de discussion parmi les physiologistes, du moins relativement aux tissus organiques; car pour le transport des dîfiférens fluides qui sont versés dans le sang, il paraît plus particulièrement se faire parles vaisseaux lymphatiques, ainsi que le dit no/re auteur.

Xo Trad,

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d'un mouvement péristaltique , progressif et continu.

y. Les fluides, en pénétrant les vaisseaux lymphatiques, en excitent la portion qu'ils remplissent : cette portion se contracte sur elle-même , diminue sa cavité ; et le fluide qui y est contenu est obligé d'avancer, en traversant le sphincter ouvert; et ainsi successivement (i).

(i) Comme On comprendrait difficilement ces trois dernières lois, sans avoir tme idée de l'opinion de l'auteur relativement à la struc" ture des vaisseaux lymphatiques, et à leur manière d'agir, je vais l'exposer. Le professeur Mojon ayant placé des vaisseaux lymphatiques sur une plaque de verre, et les ayantouvert^ dans tonte leurlongueur, a reconnu, à l'aide du microscope, que ce que les anatomistes regardent comme des valvules ou replis de leur membrane interne ne sont autre chose que des vrais sphincters. Ces sphincters siont formés par des fibrilles circulaires qui, diminuant d'espace en espace le calibre du tube lymphatique, donnent lieu aux nodosités que Ton remarque à son extérieur. Ces rétrécissemens sont encore plus visibles lorsqu'on injecte les lymphatiques avec un liquide quelconque. On les observe aussi très-distinctement quand ils sont dans un état presque variqueux , comme chez les sujets morts d'anasarque. Oq preudraît volontiers un vaisseau lymphatique pour une suite à'utriciiles alongés , se tenant bout à bout : le canal étant pins étroit à Tendroit de chaque articulation.

Si l'on tire les deux bouts d'un lymphatique variqueux en sens

8. L'absorption se fait avec plus d' activité' dans les enfans et chez les femmes ,

contraire, ses nodosités extérieures disparaissent presque entièrement, ainsi que les prétendues valvules intérieures.

Le professeur Mojon a observé, en outre , que la membrane fibreuse des lymphatiques , dont parle assez exactement Mascagni , a ses fîlamens longitudinaux d'un étranglement à l'autre, bien plus nombreux que les obliques. Cette croisure fibrillaire forme un tissu , comme une espèce de store ou maille fibreuse très-?errée.

Les fibres longitudinales ont leurs deux bouts attachés aux transversales, qui constituent, selon la manière de voir de l'anatomiste génois , les sphincters ou rétrécissemens des lymphatiques. Ainsi , les fibres longitudinales, en se contractant, rapprochent un sphincter de l'autre, tandis que les fibres obliques en diminuent le diamètre. Toutes ces fibres , prenant leur point d'appui sur les fibres circulaires inférieures, dilatent les sphincters supérieurs en en tirant en bas la circonférence.

Au moyen de ce mécanisme physico-vital , le fluide qui pénètre un lymphatique irrite la portion du vaisseau qu'il remplit; cette portion se contracte sur elle-même, diminue sa cavité, et le fluide qui y est contenu est obligé d'avancer, eu traversant le sphincter ouvert, ainsi successivement. Ce mouvement péristaltique se fait à l'instar de celui des intestins.

On observe ce mouvement vermiculaire très-distinctement dans les vaisseaux lactés raésentériques des animaux qu'on ouvre deux ou trois heures après leur avoir donné une bonne nourriture.

En admettant cette organisation des lymphatiques, on peut expliquer le mouvement rétrograde admis par Darwin et autres , des fluides contenus dans le système absorbant; ce qui serait incompatible avec un appareil valvuleux.

Si ce système de vaisseaux était valvuleux , pourquoi , dit le docteur Mojon, en ouvrant dans toute sa longueur un lymphatique, ne présente-f-il jamais que deux croissans parallèles d'espace en

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que dans les adultes. Elle est plus énergique pendant le sommeil , et vers le matin que dans le reste de la journée ; elle est ordinairement moins active au deîiors du corps qu'en dedans; elle est enfin d'autant plus difficile , à se faire dans un tissu

espace , l'un à droite , l'antre à gaaclie , et jamais un et deux demi ? Cela pourtant devrait arriver assez souvent , si ces croissans étaient de vraies valvules, à l'instar de celles des veines.

La difficulté que l'on rencontre quelquefois à injecter les vaisseaux lymphatiques en direction contraire du fluide qui les parcourt , est due à ce que les sachets formés par les sphincters , et le relâchement de leurs parois , eu se remplissant de la matière de l'injection, s'enflent, et ferment par-là l'ouverture du vaisseau lymphatique.

L'observation maintes fois répétée, que les fluides différemment coloriés, dont on injecte les vaisseaux lymphatiques, ne se répandent jamais ni dans le tissu cellulaire , ni dans le parenchyme des viscères, à moins de quelque lacération, fait croire à M. Mojon que ces vaisseaux n'ont aucun orifice béant, et qu'ils tirent leur origine d'un filament cellnleux qui devient progressivement une villosité , une spongiole aréolaire , un capillaire, et enfin un tronc lymphatique. Il croit de même que l'action absorbante de ce système des vaisseaux se fait par une espèce d'iinbibition à travers la porosité de leurs rameaux les plus déliés, à l'instar d'une éponge. Une fois que le liquide a pénétré par ce moyen d'endosmose dans la cavité des branches les plus exiguës des lymphatiques, il avance dans les troncs plus gros par le moyen d'un mouvement péristaltiqne progressif et continu propre au système absorbant.

quelconque, que celui-ci est déjà plus abreuvé de liquide.

g. L'absorption et Fexhalation qui ont lieu sur la surface des membranes séreuses, s'exercent simultanément, et avec la même activité.

. 10. Les lymphatiques de la surface externe du corps, y compris ceux de la cavité de l'estomac, des intestins , des poumons, de la vessie urinaire, des narines , etc. , ne réabsorbent ordinairement point ce qui a été déposé par les exhalans, ou par exosmose sur ces mêmes surfaces; tandis que les lymphatiques qui tapissent toute autre cavité repompent les mêmes fluides qu'ils y trouvent déposés. Il arrive de là que dans les cavités internes les absorptions équivalent parfaitement à des exhalations analogues.

11. C'est par l'absorption et par la circulation, spécialement lymphatique, que tous les élëmens liquides de réparation et d'accroissement sont introduits dans l'économie animale, et versés dans le système veineux,

12. L'absorption du chyle se fait par les vaisseaux lactés intestinaux qui le transportent dans les glandes mésentériques et de celles-ci dans la citerne de Pecquet^ d'où il est versé dans le sang par le conduit thoracique.

1 3. IjC chyle provient de la pâte chymeuse. Chez les mammifères, il est ordinairement opaque, d'une couleur blanche, laiteuse , d'une odeur légèrement spermatique , d'un goût alcalin. Il contient de la fibrine, de l'albumine, du phosphate de chaux et du chlorate de sodium, en proportions variables.

i4. Chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, le chyle est limpide et transparent. Dans ces deux dernières classes d'animaux le chyle n'a aucune glande conglobëe à traverser pour se combiner au sang.

i5. La perspiration cutanée est plus ou moins abondante chez les différens individus, et dans les diverses parties de la surface du corps. Elle n'a pas non plus les mêmes caractères chez tous les animaux , et dans toutes les régions du même animal.

i6. La perspiration cutanée est plus abondante en été qu'en hiver; elle est plus grande chez les jeunes sujets que chez les vieillards, et plus encore dans l'état de veille que pendant le sommeil.

1 7. La transpiration est ordinairement abondante vers la quatrième et la cin-

quième heure après le repas. Les boissons Faugmentent plus que les alimens solides.

i8. }j'à transpiration cutanée est en raison composée de la force de la circulation du sang, de l'énergie vitale et de la perméabilité' de l'organe tégumentaire , ainsi que de la qualité dissolvante de l'air.

19. L'haleine ou Fexhalation pulmonaire est plus abondante , proportionnellement à la superficie des poumons, que la transpiration cutanée à l'égard de ré-!tendue de la peau.

ao. La sueur se manifeste lorsque l'humeur perspirable portée à la peau surpasse la capacité dissolvante de l'atmosphère.

521. La sueur est liquide, transparente, plus ou moins visqueuse, d'une saveur légèrement salée; on y trouve ordinaire-ment de l'acide acétique, du phosphate et du chlorure de calcium , de l'hydro-»

chlorate de sodium et de potassium , de Talbumine, etc. Souvent la sueur aux aisselles, autour des parties génitales, et entre les orteils est plus alcaline qu'acide, i^a. La qualité de la perspiration cutanée varie relativement au sexe, à l'âge, au tempérament, à la qualité des alimens, et par bien d'autres circonstances.

23. La surface du corps des animaux, indépendamment de l'humeur de la perspiration, exhale encore du gaz acide carbonique, et une vapeur particulière qui varie par une foule de circonstances fortuites. Ainsi la transpiration tégumentaire sert à décarboniser le sang comme le fait la respiration.

24. La perspiration tégumentaire rend la peau souple et favorise ainsi ses fonctions tactiles ; elle épure de même l'économie animale de plusieurs principes

excrémentitiels ; elle entretient enfin dans un équilibre normal la chaleur et l'ëlectricité animales.

25. Il s'opère par les follicules sébacés de la peau une sécrétion particulière d'une substance grasse, épaisse, onctueuse, qui lubrifie la surface tégumentaire (sébacine). Cette substance a une odeur particulière;, nauséabonde , qui varie sur les différentes parties de la peau.

2.6. La sébacine empêche la surface cutanée de se dessécher ; elle en adoucit le frottement; ielle donne à la peau un aspect luisant, la rend souple, et sert peutêtre aussi, à entretenir, de même que la sueur 5 un juste équilibre dans la température animale.

2-y. L'exhalation des membranes séreuses sert à humecter les parties qui sont en contact avec elles, à en favoriser le

glissement, et à en empêcher l'adhérence morbide.

2.8, La perspiration qui humecte continuellement les membranes muqueuses sert à les rendre souples et plus aptes au développement et à l'exercice de leurs actions respectives (i).

(i) Nous voyons effectivement qne la mucosité qui humecte la membrane pituitaire sert à dissoudre et à arrêter les mollécules odorantes qui pénétrent dans les narines. Dans la caisse du tympan, elle entretient dans un état favorable aux usages qui lui sont dévolus, les corps qui y sont enfermés. La perspiration de la muqueuse des voies gastriques est utile, dans la bouche , pour la gustation, l'insalivation et la prononciation ; dans le pharynx et dans l'œsophage, pour la déglutition ; dans l'estomac et dans tout le tube intestinal, pour la chymification , la chylification, et pour faciliter l'évacuation des matières fécales. La mucosité de la vessie urinaire défend cet organe de l'irritation trop vive que pourraient produire sur elle les difFérens sels contenus dans l'urine. L'exhalation de la muqueuse des voies aériennes enfin s'oppose à leur dessèchement, et facilite leur action propre. Le Trad.

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