GENRE CINQUIEME
DES SECRETIOirS.
Des organes sécrétoires; de leur action particulière. — Des sécrétions des différentes humeurs animales, telles^ que la synovie, les larmes , la salive , le suc gastrique , la bile , le suc pancréatique, le lait, l'urine, le sperme et la graisse; de leur composition chimique, et de leur utilité.
I. Toute sécrétion se fait, dans la machine animale , ou par la porosité particulière ou maille fibreuse des membranes, ou par les extrémités des vaisseaux capil-
laires , ou enfin par les glandes proprement dites.
2. Chez tous les vertébrés, et chez plusieurs autres animaux , le plus grand nombre de sécrétions est dû spécialement à l'appareil glandulaire.
3. Chaque glande jouit d'une sensibilité ou manière d'être qui lui est propre, pour percevoir , choisir et combiner les élémens composant le liquide dont elle fait la sécrétion ( I )*
(i) Le choix particulier que chaque glande fait d'une humeur de préférence à une autre , en tirant du sang les matériaux propres à leur composition , est appelé par Darwin appétit animal. Selon ce physiologiste, les petites ouvertures qu'il suppose exister aux extrémités des vaisseaux lymphatiques ainsi que celles des autres vaisseaux propres aux différentes glandes , Jnstement en raison de cette appétence vitale, atsorhent les élémens des fluides qui lui sont nécessaires, soit pour réparer les pertes qu'entraîne continnellement le mouvement vital, soit pour augmenter les parties qui ont besoin d'un plus grand développement. Darwin non - seulement attribue à chaque glande cette appétence particulière pour extraire du sangles matériaux propres à son goût; mais encore chaque pore, quelque petit qu'il soit, s'approprie moyennant ce choix physico- vital la matière dont il a besoin. C'est ainsi que la nutrition s* exécute,
4. Lorsqu'une glande entre en fonction , elle devient un centre d'action vers lequel le sang se dirige de préférence : Alors elle s'enfle, durcit, et passe à un état d'orgasme vital et presque d'érection.
5. Quoique les sécrétions dépendent de l'action de l'organisme propre à chaque glande, autant que de la quantité et qualité du sang qui s'y porte , elles sont souvent aidées par les secousses que la glande reçoit des parties environnantes mises en mouvement (i).
de la même manière que les sécrétions ; ces deux fonctions ne diffèrent l'une de l'autre qu'en ce qne l'une s'approprie et retient les particules qu'elle a clioisies dans le sang, tandis que l'autre les laisse échapper. D'après l'état actuel de la science de l'organisation , on peut regarder la nutrition et les sécrétions comme des opérations identiques , ou pour mieux dire, comme de simples modifications d'une même fonction ; de sorte qu'on peut dire avec Ruysck que la machine animale n'est qu'une seule glande ; ou avec les modernes , que toutes les fonctions relatives à l'accroissement du corps, à la réparation de ses pertes, et aux sécrétions se réduisent en dernière analyse à Vendosmose et à V exosmose ou acquisition et émission.
Le Trad.
(1) Nous trouvons des exemples de cette loi dans les monvemens
6. Chaque glande se trouve en rapport avec les principes ou élëmens de l'humeur qu elle sépare. Ainsi nous voyons les glandes salivaires donner toujours de la salive, le foie de la bile, les reins de Turine , les testicules du sperme , etc.
7. Chaque glande a ses relations de sympathie, non-seulement avec d'autres glandes, mais encore avec d'autres organes particuliers. Les testicules sympathisent avec les organes de la voix, le foie avec l'encéphale, les reins avec l'estomac, les mamelles avec la matrice, etc.
8. Les passions très-vives altèrent notablement plusieurs sécrétions : les unes
des muscles buccinateurs, et de la langue pour faciliter la sécrétion et Texcrétion de la salive au moment de la mastication ; dans ceux de l'estomac, pour aider l'action du pancréas et de la rate pendant la digestion ; peut-être même dans ceux des crémastères pour activer le travail des testicules dans le coït , etc. Le Trad.
augmentent , d'autres se rallentissent , et d'autres enfin s arrêtent tout-à-fait.
g. Les diverses sécrétions ont une influence réciproque entre elles, de sorte que l'augmentation de l'une fait diminuer les autres; et "vice versa.
10. La réparation des humeurs animales a lieu toutes les fois qu'un organe sécrétoire quelconque enlevé au sang une partie donnée des élémens qui le composent, en s' emparant des matériaux nécessaires à la formation d'un nouveau liquide qui n'existait pas dans le sang avant cette élaboration.
1 1 . Les différences des fluides sécrétés sont constamment en rapport avec celles des organes employés à leur confection.
12. L'humeur synoviale favorise les mouvemens articulaires , le gissement
des tendons, et réiasticité des ligamens. i3. La glande lacrymale secrète un fluide aqueux transparent qui humecte constamment la surface de l'œil. Cette humeur est plus abondante dans l'enfance et chez la femme que chez l'homme.
14. Les larmes sont limpides, inodores et d'une saveur salée. On trouve dans cette liqueur mucoso-séreuse du chlorate et du carbonate de soude, et du phosphate de soude et de chaux.
i5. Les glandes sous-maxiilaires, les sublinguales , et les parotides composent l'appareil destine à la sécrétion de la salive chez tous les mammifères. Les oiseaux n'ont que les glandes sublinguales , et les animaux qui vivent dans l'eau en sont tout-à-fait privés.