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La salive est un liquide visqueux

diaphane, inodore, légèrement sal^ et écumeux* Elle est très-avide d'oxigène; elle est formée d'eau, d'albumine, de mucus, de chlorure de potassium et de sodium , de carbonate et de phosphate de chaux.

17. La sécrétion et l'excrétion de la salive augmentent par la présence des alimens dans la bouche , par leurs qualités acres et irritantes; par les mouvemens de la mastication, et même par le simple souvenir d'un mets agréable.

18. Le suc gastrique s'oppose à la putréfaction des alimens avalés , tant qu'ils séjournent dans l'estomac; il les ramollit et les dissout. Ce suc est composé d'unje grande quantité d'eau , d'un peu de substance gélatino-muqueuse ; il contient en outre quelques sels à base de chaux ; de l'hydrochlorate de potasse, de soude et

d'ammoniaque : sa couleur est ordinairement d'un gris clair diaphane.

ig. Le foie est l'organe sécrétoire delà bile ; la vésicule du fiel est destinée à la contenir, à la perfectionner en la rendant plus épaisse , plus colorée et plus amère ; enfin à la verser dans le duodénum quand le besoin l'exige.

2,0. Dans toujs les animaux qui ont une vésicule biliaire, on rencontre deux qualités ou variétés de bile : Y hépatique et la cystique. La première est d'un jaune verdâtre, moins amère, moins épaisse, et plus limpide que la seconde.

21. La bile cystique des animaux herbivores est visqueuse, d'un jaune obscur, très-amère , d'une odeur désagréable :

elle est soluble dans l'eau; celle des carnivores, des amphibies et des poissons a une couleur verte foncée; elle est très-

soluble dans l'alcool, mais fort peu dans l'eau. La bile du crotalus orridus est bleue ; celle des gallinacëes est ordinairement jaune, d'une consistance huileuse et soluble dans l'eau ; celle de l'homme enfin est plus dense que celle des herbivores: elle est d'une odeur fade , nauséabonde , d'une saveur amère, parfois légèrement sucrée; elle contient de la chlorestine, de la résine, dupycromel, du mucus, de l'albumine et plusieurs sels (i).

22. Le pancréas est l'organe sécrétoire du suc qui porte son nom. Cette glande existe dans le plus grand nombre des animaux sous des formes , des couleurs et des grosseurs différentes; elle est trës-volumineuse chez les herbivores, et moins chez les carnivores.

(i) Voyez classe première , ordre I , genre I , de la digestion, lois 23 et 42.

^3. Le suc pancréatique est un liquide très-analogue à la salive, transparent, inodore, d'un goût fade, un peu salé, et gluant: il est utile à la digestion duodé-^ nale.

^4- Les glandes mammaires, chez les femelles des vivipares, sont les organes sécréteurs du lait; leur nombre, leur position et leur forme varient considérablement dans les différentes espèces de mammifères ; la capacité de ces glandes à sécréter le lait, dure tant que la femelle est apte à la fécondité (i).

2.5. La succion du mamelon éveille la sécrétion et Fexcrétion du lait; elle en augmente la production, et en entretient la formation. Ce fluide sert de première

(i) Voyez classe II, ordre III , genre II , de la gestatitm , lois 1 7 et 18.

nourriture aux nouveau -nés des mammifères.

26. Le lait est un liquide blanc, opaque, légèrement visqueux , d'une saveur douce, d'une odeur agréable ; il est composé de beurre , de caséum , de sucre de lait , de lactate de fer, d'acétate et de chlorate de potassium, de plusieurs phosphates, etc.

Tous ces principes varient dans leurs proportions chez les divers mammifères. Les différentes époques de l'allaitement, et le genre de nourriture particulière le font également varier.

27, Le lait, colostrum^ qui est sécrété dans les premiers jours de l'accouchement est très-liquide, d'une couleur opale claire, insipide, non coagulable par la présure; fort peu butireux, et parfois sanguinolent. Les qualités particulières du colosîrum le rendent très-propre à faciliter

Févacuation dix jnéconium qui embarrasse le tube gastrique du nouveau-né.

128. Tous les animaux vertébrés ont deux reins destinés à la sécrétion de l'urine. L'appareil urinaire présente des variations notables dans les différens animaux , soit dans chaque organe particulier qui le constitue, soit dans son ensemble.

2.Q. L'urine formée par l'action des reins, descend dans la vessie par les uretères. Lorsque ce fluide est réuni dans ce réservoir en quantité proportionnée à sa capacité, le besoin de l'émettre se fait sentir : alors la vessie se contracte sur elle même en appelant à son aide l'action du diaphragme et des muscles abdominaux ; puis l'urine sort par jet.

3o. L'excrétion de l'urine amène ordinairement un soulagement d'autant plus

sensible que le besoin d'uriner était plus pressant.

3i. Le séjour de Turine dans la vessie est en raison directe de son ampleur , et en raison inverse de son irritabilité, et de sa sensibilité, autant que des qualités irritantes de l'urine.

3â. La quantité de l'urine qu'on émet dans un temps donné est en raison inverse de la perspiration tégumentaire , et en raison directe de la boisson et de l'absorption cutanée.

33. L'impétuosité avec laquelle l'urine est poussée avec jet du corps de l'animal, est en raison de l'ampleur de la vessie , de sa propre énergie, des forces qu'elle appelle à son aide , et du rétrécissement de l'urètre.

34. La qualité de l'urine varie chez les divers animaux, et dans les différens âges

du même animal; elle varie aussi selon les alimens et les boissons dont on fait usage; et enfin, chez le même individu, dans les différentes heures de la journée; de sorte qu'on peut dire que, parmi tous les fluides animaux , l'urine est celui qui offre le plus grand nombre d'élémens et des qualités plus variées.

35. L urine de l'homme adulte est transparente, d'une couleur citrine plus ou moins claire, d'une odeur particulière, d'une saveur un peu acre, piquante, salée et dégoûtante; elle contient, en diverses proportions , de l'urée des acides urique , benzoïque, lactique et plusieurs sels, le tout dissous dans une grande quantité d'eau, et combiné aune substance mucosogélatineuse.

36. L'urine du fœtus humain est incolore, sans odeur, et un tant soit peu mu-

queuse. Celle des petits enfans n'a presque pas d'urée et de phosphates calcaires; mais elle est très-riche en acide benzoïque. Chez les adultes , et spécialement chez les vieillards, l'urine contient une grande quantité d'acide urique et d'urée.

37. L'urine est la plus putrescible de toutes les humeurs animales: dans cet état, elle développe de l'ammoniaque en abondance.

38. La sécrétion du sperme s'opère par les testicules; les vésicules séminales sont destinées à le contenir, et peut-être même à le perfectionner. Ces réservoirs n'existent pas chez les ruminans, les carnivores, et chez plusieurs cétacés.

39. Les oiseaux , les reptiles et les poissons ont les testicules renfermés dans l'abdomen. On n'en trouve pas chez le gemmipares. En général , l'appareil gêné-

9i 1^01 s PHYSIOLOGIQUES.

rateur présente des modifications notables dans les différentes classes d'animaux.

4o. La sécrétion du sperme n'a lieu qu'à l'âge de puberté, et dure jusqu'à un âge plus ou moins avancé. Son but le plus essentiel est la fécondation du germe. Le sperme peut devenir utile au développement des forces physiques et des facultés intellectuelles , lorsqu'il est réabsorbé et porté dans le torrent de la circulation.

4i. Le sperme humain aussitôt éjaculé est d'un blanc mat , plus ou moins gélatineux , et d'une odeur particulière analogue à celle du pollen du châtaignier, du dattier, etc. Il est tantôt insipide et tantôt salé; il offre au microscope des points mobiles en tout sens, très-nombreux.

Dans son état naturel, il est insoluble dans l'eau. Il se coagule d'abord au con-

taict de l'atmosphère, et ensuite il se liquéfie. Il tient en dissolution un mucilage animal particulier , de la soude , du phosphate et un peu d'hydrochlorate de chaux : au reste , le sperme varie dans les diverses espèces d'animaux , et aux différentes époques de leur vie.

42. La quantité du sperme éjacuîé dans un temps donné ,' est en raison de la force physique de l'individu , du temps qu'il n'en aura pas émis, ainsi que du p^laisir moral que lui causera l'objet de ses désirs (i).

43. Il y a opposition constante entre la sécrétion abondante du sperme et celle delà graisse; et il semblerait même que la quantité de ces deux fluides soit en raison inverse l'un de l'autre. Il arrive de

(i) Voyez Tcïasse II, genre If; lois 4, 7, 9 lo, et 11.

là que l'homme maigrit ,^ s'il fait abus du coït. Un grand nombre d'animaux maigrissent aussi, lorsqu'ils sont en rut, et ils engraissent après avoir élë châtrés^

44- La sécrétion de la graisse paraît s'opérer à travers les tuniques des vaisseaux qui se trouvent particulièrement répandus dans le tissu cellulaire où elle est déposée.

45. La graisse est une substance oléagineuse, onctueuse au tact, d'un goût fade, douceâtre, d'une odeur particulière qui varie dans les différentes espèces d'animaux. Elle est plus ou moins blanche, jaunâtre , opaque et consistante. Elle donne à l'analyse de la stéarine et de l'oléine en proportion variable.

46. La graisse est ordinairement plus solide chez les animaux herbivores que chez les carnivores ; dans les volati-

les, elle est molle, onctueuse et trës-fusible; dans les poissons, elle est encore plus fluide et plus ole'agineuse; dans un grand nombre de ces derniers , ainsi que dans les cëtacës, elle est très-oxigénée, sperinaceti.

47. En général, la quantité et la réparation de la graisse sont en rapport inverse avec le degré d^action des organes , et en rapport direct avec l'énergie des fonctions assimilatrices.

48. On n'aperçoit pas de graisse dans le fœtus, mais beaucoup chez les enfans. C'est ordinairement vers la quarantième année qu'elle parvient à son maximum.

Dans la vieillesse , la graisse diminue peu à peu , et jaunit. En général , les femelles sont plus grasses que les mâles.

49. La graisse rend les membres souples et flexibles; elle en détermine et

borne les formes et la rondeur ; elle favorise les mouvemens musculaires, et entretient l'équilibre de la chaleur animale; elle prés rve les pr; pilles nerveuses, et les viscères qu'elle enveloppe , des irritations et des violences extérieures. La graisse étant réabsorbée, peut fournir des matériaux d'assimilation, en cas de besoin, spécialement aux animaux hibernans (i).

(i) Voyez classe I, genre IV, de l'absorption et de la transpiration.

GENRE SIXIEME

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