‹ Lois physiologiquesChapitre 21 sur 44 · DE LA. NUTRITION · texte numérisé non relu

DE LA. NUTRITION

Nécessité de la natririou. — Conditions qu'elle exige 5 son but principal. — Du sang considéré comme agent principal de cette fonction.— De l'assimilation; de l'accroissement. du corps dans les différens animaux et dans les différens âffes de la vie. — De l'ossification, delà structore des os, de leur développement et de leurs usages, — De l'efifet de l'âge sur le physique animal. — De la vieillesse et de la mort naturelle.

I. Tous les êtres vivans s'organisent sans cesse, par l'effet de la nutrition, qui n'est que la transformation continuelle

des substances alimentaires en matière vivante. ^

2. La génération n'est précisément qu'une manière particulière et spéciale de nutrition.

3. Le tissu originaire de tout corps vivant est toujours vésiculaire.

4- Absorption ou imbibition, transmission ou exhalation, voilà la source de tout acte vital nutritif (i).

5. Pour qu'une partie quelconque puisse se nourrir, il faut qu'elle jouisse de la sensibilité et du mouvement.

6. Le pouvoir de se nourrir et de croître par une force de succion, intussusceptio ^ est dévolu exclusivement aux corps organisés vivans.

(i) Pour bien apprécier la valeur de ces trois dernières lois^ il faudrait lire les derniers et excellens écrits de Cuvier , de Datrochet et de Mirbel. Le Trad.

y. Les êtres vivans croissent en attirant continuellement, par une force qui leur est propre, de nouvelles molécules qui viennent s'interposer dans les intervalles de celles déjà existantes.

8. La cessation de nutrition pendant un certain temps conduit nécessairement au marasme et au tombeau.

9. La nutrition est d'autant plus active, que nous sommes plus éloignés de notre état complet d'accroissement.

10. La quantité des élémens liquides des corps vivans est en raison directe de l'activité de la nutrition ; elle diminue conséquemment avec l'âge.

1 1 . Le but principal de la nutrition est de réparer les pertes que les corps organisés éprouvent à chaque instant, et d'en augmenter le volume jusqu'à leur entier accroissement. Par conséquent, la nutri-

Î(X> . LOIS JPHYSIO LOGIQUES.

tion est toujours proportionnée à la réparation et à Taccroissement de l'animal, ainsi qu'à la rapidité dont ces deux fonctions s'effectuent.

12. Les animaux les plus actifs sont ceux qui exigent le plus de nourriture, car ils éprouvent de plus grandes pertes ; tandis que les animaux les plus paresseux et les plus indolens en exigent moins.

i3. Les corps vivans ne peuvent croître indéfiniment , la nature leur ayant assigné des limites qu'ils ne peuvent outrepasser.

14. Chaque organe doit avpir atteint son degré de développement nécessaire pour entrer définitivement en action. Tant que les reins, le foie, l'estomac, les organes génitaux, ne sont pas cpnvenablement formés , ils ne peuvent pas remplir leurs fonctions.

i5. Le sang est le modificateur de la

LOÎS PHYSIOLOGIQUES. tOl

nutrition; car c'est lui qui.^ en parcourant toutes les parties du corps animal, leur fournit les ëlémens les plus appropries à leurs besoins.

i6. Du moment que l'animal reçoit l'impulsion vitale, il ne continue à exister que par l'addition successive des substances étrangères à son corps. Ces substances, reçues dans des mailles ou cavités particulières, s'assimilent à son organisme, deviennent partie intégrante de lui-même, et en augmentent le poids et le volume.

17. Les êtres vivans ne se nourrissent que des corps qui ont déjà vécu : il résulte de là que les substances organiques seulement, peuvent alimenter les corps animés.

18. Tous les solides et tous les fluides animaux sont dus à des substances tirées des alimens sous forme fluide.

19. Le chyle changé en sang, moyennant la circulation et la respiration, est porté par le système artériel dans tous les points de la machine animale, et il s y dépouille de plusieurs de ses principes : une partie est destinée à en réparer les pertes, et l'autre à être expulsée du corps.

2.0. Dans l'accroissement des animaux, la quantité du sang artériel prévaut sur celle du sang veineux , tant qu'existe la supériorité des forces circulatoires sur les résistances ; mais quand l'action de la vie commence à être balancée avec la rigidité des parties solides, il y a alors une plus grande dose de sang dans les veines que dans les artères.

âi. Le développement extraordinaire d'un organe se fait souvent aux dépens des

parties voisines, dont il s'approprie les sucs.

^2. Les parties qui se développent plus tard, sont aussi celles qui disparaissent plus tôt, et qui se détruisent plus facilement, ou du moins dont l'activité cesse avant les autres.

a3. Dans les premières époques de la vie, l'appétit est plus grand, les forces digestives sont plus énergiques , et- la nutrition est beaucoup plus active que dans la vieillesse.

i24. A mesure que les animaux croissent, la nature leur apprend à se servir des nouveaux organes que l'exercice concourt à développer.

2.5. L'assimilation se fait mieux et avec plus d'activité pendant le sommeil que/ pendant la veille.

jay. Le froid ralentit l'accroissement des

corps organises ; ce qui fait que dans les pays septentrionaux les êtres vivans ne croissent que lentement.

^8. De la naissance jusqu'à l'accroissement total , le volume de la tête n'augmente pas en proportion du reste du corps.

9.g. Quand le corps a acquis toute sa croissance en longueur et en hauteur, il augmente en grosseur; et quand cette dernière cesse, les solides du corps continuent à durcir.

3o. Dans l'enfance, le mouvement ou la force de composition l'emporte sur le mouvement ou la force de décomposition; car il y a dans cette période de la vie non - seulement réparation des pertes , mais encore accroissement de tout l'organisme.

3î. Dans l'âge viril, Faction synthétique

OU de composition est égale à la force analytique ou de décomposition. Dans la vieillesse au contraire, c'est le mouvement de décomposition qui l'emporte sur le mouvement de ccmposition; c'est-à-dire que les forces physiques acquièrent une triste prépondérance sur les forces vitales.

32. La taille des animaux est constamment en rapport avec la quantité d'alimens que leur organisation exige.

33. La taille des mammifères herbivores est eh général plus forte que celle des carnassiers terrestres. Les animaux frugivores et les insectivores sont constamment plus petits.

34. Les animaux à sang-froid croissent plus lentement que ceux à sang chaud; leurs organes sont aussi plus mous , et ils grossissent pendant toute leur vie.

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