OE LA SENSIBILITE BIT GENERAL
Des sensations en général.— Des systèmes nerveux, encéphalique et ganglionaire en activité. — De la sensibilité en particulier. — Haisir et douleur.
I . Les sensations seules nous avertissent de notre existence , et de celle des corps qui nous environnent.
!â. Il n'y a point de sensation qui ne produise plaisir ou douleur, désir ou aversion.
3. Il n'est aucune partie du corps vivant qui puisse être regardée comme absolument insensible. Mais chaque partie a besoin d'un modificateur particulier pour éveiller sa sensibilité de relation ou latente (i).
(i) Les physiologistes ne sont pas encore entièrement d'accord sur le siège de la sensation : les uns veulent que , où il n'y a point de nerfs , il n'y ait pas non plus de sensation ; d'autres au contraire s'accordeiit à placer cette propriété de l'organisme vivant dans tous les points de l'économie animale sans exception. Ils admettent à cet égard l'adage si connu qucj'yiVre n'est que sentir. Moi aussi, je crois que la sensatîou est une propriété commune à tous les tissus organiques vivans , quelle que soit leur nature ou leur composition, sans nier cependant que la faculté de sentir ne soit plus prononcée dans les nerfs , mais elle ne leur est pas exclusivement dévolue. L'expé rienceet l'observation journalières nous démontrent différens points et tissus de notre corps qui sont très-sensibles, bien que l'anatomiste le plus rigoureux n'y ait jamais pu découvrir la moindre trace d'un filament nerveux. Les naturalistes savent bien qu'il y a une classe entière d'animaux très-mous , où on n'a pas pu distingue^" les nerfs; ils sont pourtant ani*més et ils sentent. On sait que plusieurs parties dures, telles que les os et les ligamens décèlent dans certaines altérations morbides une grande sensibilité dent elles ne
4. Toute sensation peut se réduire en dernière analyse à une sensation tactile.
5. Pour distinguer une sensation quel conque , il faut la comparer avec une sensation différente
6. La sensibilité est, de toutes les propriétés de la fibre animale, celle qui est la plus caractérisée dans les nerfs.
y. Une portion du système nerveux est
jouissaient pas avant, comme il arrive dans la mollides ossium dans le rachitisme , dans l'exostose , etc. On a souvent eu occasion de voir des cartilages et des ligamens blessés devenir le siège d'une douleur très-aiguë. La dure-mère, le périoste, les différens tissus cornés, que plusieurs anatomistes regardent comme tout-à-fait insensibles, et que Ton croit par-là même privés de nerfs, révéler dans plusieurs circonstances une vive sensibilité. On prétend même que dans la pîica polonaise les cheveux deviennent sensibles. Il ne manque pas d'exemples où Tépiderme dans certaines maladies éruptives se montre très-sensible au moindre attouchement. D'après la loi physiologique qui dit que les sensations faibles se taisent quand de plus fortes les précèdent ou les acco/re/Jrt^«e7z;, je suis persuadé que si l'on pouvait parvenir à faire taire pendant un seul instant tonte sensibilité dans les différentes parties de notre corps, à l'exception de celles que l'on croit être insensibles , telles que les os , les cartilages, les ongles, etc., on se convaincrait qu'elles ont aussi leur *degré de sensibilité. Le Trad.
affectée aux fonctions de la vie de relation ou extérieure ; l'autre est dévolue à celles de la vie organique ou intérieure.
8. Les nerfs encéphaliques sont d'autant plus développés dans les différens organes, que ces derniers sont appelés à une plus grande activité , soit locomotive , soit sensitive.
g. Les appareils dont la plus grande partie des nerfs est ganglionnaire, ne produisent directement ni perception, ni mouvement volontaire (i).
I o. Le système nerveux est, en proportion des autres systèmes, plus développé chez les individus jeunes que chez les vieux, et plus chez les femelles que chez les mâles.
1 1 . La sensibilité est en raison directe
(i) Voyez classe I, ordre ii, genre ii : faculté intellectuelle, loi i3.
des ramifications nerveuses , et en raison inverse de la quantité et de la densité des couches cellulaires qui les enveloppent ; car la sensibilité d'une partie quelconque est d'autant plus exquise que les nerfs y sont plus à nu (i).
12. En général, la sensibilité des parties molles augmente à mesure qu'elles acquièrent de la tension ; tandis que la sensibilité des parties dures croît à mesure que la force de cohésion, qui lie leurs molécules, diminue.
i3. Dans les organes des sens , la proportion des nerfs surpasse toujours celle des vaisseaux sanguins.
(i) Mon honorable ami le docteur Reveîllé-Parise , dit fort judicieusement : « que la sphère d'action du système nerveux, comme tous ceux de l'économie , augmente en raison directe de l'étendue et de la perfection de ce même système : les rapports de l'organe à la fonction , sont ici d'une exactitude incontestable. »
Phjrs: et Hygién. des hotnmes , etc. Tome i , page i5. Le Trad.
14. Chaque organe a un sentiment qui lui est propre ; et tous les mouvemens de réconomie animale sont le produit de la sensibilité mise en action.
,ï5. Les sensations faibles se taisent quand de plus fortes les précèdent ou les accompagnent.
16. Toute sensation s'affaiblit si elle est prolongée, quoique les causes qui la produisent continuent d'exister et d'agir.
17. La sensation naît dans l'instant même de l'impression faite sur une partie, quel que soit son éloignement du centre commun des sensations.
18. Lorsqu'un excitant a déterminé une sensation telle qu'elle donne lieu à une réaction organique, la sensation continue quelque temps, bien que l'excitant ait cessé d'agir.