‹ Lois physiologiquesChapitre 27 sur 44 · La convexité du cristallin est en rai · texte numérisé non relu

La convexité du cristallin est en rai

son inverse de celle de la coriiëe , et par conséquent sa densité est de même en raison inverse de celle de l'humeur aqueuse.

2l8. Le plus grand nombre d'animaux ne peut bien voir un objet qu'avec un seul œil à la fois ; et l'homme lui-même n'en emploie qu'un seul lorsqu'il veut voir et examiner un corps distinctement, et lorsqu'il veut s'assurer si deux ou plusieurs objets sont alignés entre eux, et combien ils sont éloignés l'un de l'autre.

2.g, Les animaux dont l'oeil ne jouit d'aucune mobilité ont cet organe multi-' plié et disposé en plusieurs directions ; chez ceux par exemple qui vivent dans le fond de l'eau, les appareils ophthalmiques sont placés verticalement sur leur tête.

3o. Les oiseaux qui s'élèvent à de grandes hauteurs ont l'œil pourvu d'un cristallin mobile, susceptible de s'éloigner et de se

rapprocher de la rétine afin de bien établir le point visuel. Les poissons, étant obligés de vivre dans l'eau , ont le cristallin sphérique.

3 1 . L'oreille est l'appareil destiné à percevoir les sons.

3a. Le son perçu est le résultat de l'impression produite sur l'organe auditif par le mouvement oscillatoire communiqué à l'air par un corps sonore mis en action.

33. Le siège de l'ouie est placé dans les filets qui terminent le nerf acoustique. Ces filets nagent dans le liquide que renferme le labyrinthe membraneux, et notamment le vestibule (i).

(i) L'auteur a probablemeut déduit cette loi de ce que ces parties existent chez tous les animaux , depuis l'homme jusqu'à la seiche; tandis que les autres parties qui ne se trouvent point dans tous les appareils auditifs ne peuvent être regardées que comme accessoires propres à renforcer ou à modifier l'audition. Le docteur Bréchet, dans ses dernières Considérations physiologiques sur l'ouie, vient de confirmer cette loi. Le Tràd.

^ 34- L'amincissement et l'élasticité des parois du crâne contribuent, avec avantage , à la perception des sons , et à faire apprécier plus ou moins clairement les différentes connexions, qualités et harmonies des sons (i).

(i) Cette loi est tirée des observations que le professeur Mojon a présenté dernîcrement à rAcadémie royale de médecine de Paris , &nv les rapports qu'ont les parois du crâne avec l'organe de l'ouïe» Grimaud , Prockaska Esser et autres avaient déjà laissé entrevoir que la caisse du lyropan n'est pas tout-à-fait nécessaire pour transmettre les sons, et que les ondes sonorifères peuvent Lien arriver au nerf acoustique par le moyen des os du crâne; mais personne n'avait encore attiré l'attention des physiologistes sur l'utilité de l'amincissement crânien pour une exacte appréciation des notes musicales. C'est ce que vient de faire le docteur Mojon dans l'écrit que nous allons analyser. — L'autopsie cadavérique du docteur Bennati, musicien excellent , ayant présenté l^s os du crâne beaucoup plus minces que d'ordinaire, translucides sur un grand nombre de points, et soudés dans leur sutures, donna lieu à cet écrit. Une semblable particularité organique s'était déjà offerte au physiologiste génois , dans le crâne d'un autre célèbre musicien d'Italie. Cette coïncidence d'amincissement crânien chez deux grands philarmonistes, lui ont fait présumer que le crâne n'est pas tout-à-fait passif dans la perception des sons , et que la différence d'épaisseur de ses parois pourrait bien contribuer à faire apprécier plus ou moins clairement et nettement les différentes connexions, qualités et harmonie des sons, de manière à faire regarder la boite osseuse comme une espèce de caisse harmonique qui communiquerait ses vibrations à l'organe auditif.

35. On ne voit aucun vestige d'appareil auditif chez les polypes; on en aperçoit à

Pour affermir cette opinion , l'auteur rapporte l'exemple des sourds , qui perçoivent très-clairement les sons d'un piano on d'un orgue , en plaçant l'extréraité d'une baguette de fer sur leur sincîpat , et l'autre sur l'instrument en action ; des sourds auxquels on peut parler par le moyen d'un porte-voix appliqué à nu sur une partie quelconque de leur tête , et qui entendent distinctement les battemens d'une montre posée sur les tempes^ Il parle d'un vieillard chauve qui , au spectacle , pour mieux entendre les acteurs , quittait sa perruque. On sait que les personnes qui , par une blessure ou par l'opération du trépan , ont une portion du crâne emportée, entendent très-distinctement les sons, et même la parole dirigée sur la cicatrice, lors même qu'on a la précaution de leur fermer les oreilles avec les mains ou avec un tampon quelconque.

L'anatomîe comparée vient aussi à l'appui de l'opinion du docteur Mojon; l'on n'ignore pas que chez un grand nombre d'animaux la transmission des sons est secondée par de nombreux sinus très-amples, creusés dans les os de leur crâne. Les oiseaux sont excellens musiciens ; ce qui est probablement du à l'amincissement de leur crâne , à des lamelles élastiques qui se trouvent entre ces cavités surnuméraires , et a des canaux qui s'étendent jusqu'au labyrinthe. Peut-être aussi que la petite vésicule osseuse qu'on trouve chez un grand nombre d'animaux, peut contribuer de même à leur audition.

En partant de cette idée, ne pourrait-on pas croire, dit M. Mojon, que l'épaisseur qu'offrent les os du crâne dans un âge avancé, entre pour quelque chose dans la surdité sénUe? Les vibrations des parois du crâne pourraient aussi servir au praticien, comme un moyen de plus pour s'assurer si la surdité de son malade est due à un vice de la membrane du tympan , ou de la chaîne des osselets, ou bien des filets terminaux du nerf acoustique.

Le Trad.

peine quelques traces chez plusieurs mollusques , insectes et crustacés.

36. Les mammifères , les oiseaux , et même quelques animaux à sang froid comprennent et distinguent les qualités qui ont rapport à la parole, c'est-à-dire la voix et l'articulation des sons (i). '

(i) Non-seulement la pins grande partie des animaux distinguent très'bien les qualités qui ont rapport à la parole, mais ils éprouvent aussi la sensation du plaisir produite par l'harmonie des différens instrumens. Voilà comment s'explique notre auteur dans son ouvrage sur la musique iatriqae :

« L'éléphant se plait au son des instrumens et semble aimer la mu- « sique , puisqu'il apprend facilement à marquer la mesure. Le che- » val frémit, s'anime et devient fougueux pour le combat lorsqu'il >> entend le son guerrier des trompettes. On dirait que les cha- » meaax, les bœufs, les ânes même et les autres animaux de somme, » portent leur charge avec moins de peine et de fatigue dans les » longs voyages, lorsqu'ils sont accompagnés du son des instru- » mens; c'est par cette raison que l'on suspend à leur cou des " sonnettes ou clochettes. On chaule , on siffle pour amuser les » bœufs dans leurs travaux les plus pénibles ; ils s'arrêtent , et sem- » blent découragés lorsque leurs conducteurs cessent de chanter " ou siffler. Plusieurs oiseaux tels que les serins, les linottes , les » pinsons , les chardonnerets , etc. , sont aussi susceptibles des im- » pressions musicales , puisqu'ils apprennent et retiennent des airs » assez longs; presque tous les autres oiseaux reçoivent des sons « des modifications différentes :les perroquets, les pies , les piverts, » les sansonnets , les merles , etc. , apprennent à siffler et niêtue

37. La perfection de l'ouïe chez les dif* férens animaux ne suit pas le même ordre pour toutes les qualités et intensités des sons.

38 Le pavillon de l'oreille est spécialement destiné à recueillir les vibrations sonores, à les réfléchir, les diriger vers le conduit auditif, et à renforcer le son. Chez plusieurs animaux Toreille externe est mobile pour se diriger vers les ondes sonores. Les oiseaux en sont privés.

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