ACTE II, SCÈNE III
LOISA, la regardant et souriant.
C'est de la coquettciie... même au village on connaît cela !
AGLAÉ, riant.
Oui., .l'enviede régner, de faire des conquêtes, c'est ce qui produit les héros !
LOISA, moqueuse, riant.
Et les coquettes!., mais les conquêtes sont plus faciles à faire qu'à garder.
AGLAÉ, riant.
A qui le dites-vous !.. il faut tant d'adresse et de sacrifices ! Imaginez ce qui m'est arrivé ces jours derniers. (Elle se lève.) Oudonnaitau Théâtre-Français une première représention , j'avais une loge, M. le comte de Sois} veut ra'accompagner , j'y consens, deux autres femmes comptaient sur lui.
LOISA, moqueuse.
Je comprends !
AGLAÉ
Le surlendemain, votre frère qui est l'ami de l'auteur, se réjouissait tant de voir la pièce nouvelle avec moi, que je n'osai pas lui avouer que j'y avais été avec un autre ; et, deux jours après, M. Hermann, arrivant de province, veut aussi voir avec moi la nouveauté. 11 était déjà assez mécontent de se trouver deux rivaux déplus... LOISA , riant.
Il y a toujours des mécontens qui veulent arrêter les conquérans.
AGLAÉ
Et je vais ainsi trois fois de suite au Théâtre- Français... Oh! la coqueitcrie est comme toute royauté, el|e a de tei ribles charges, à côté de ses douceurs, et tout n'est pas plaisir dans la puissance ! aussi cela m'a décidée à renoncer à la mienne. Aux grands maux les grands remèdes... je me marie.
Et vous allez... épouser?..
AGLAÉ
J'hésite encore... il y a tant à dire.,.
Mais vous avez déjà été mariée ?
AGLAÉ
Six mois...
Etvotre premier mari?
AGLAÉ
Je l'aimais uniquement... et il me trompait!..
Est-ce que VOUS voulez que ce soit le conti-aire avec le second?..
AGLAÉ, riant.
Ah! ah! desmalices!.. Parlons donc de vous? de celui qui vous aime...
LOISA, soiipirant.
il fut inconstant...
AGLAÉ
Et vous n'aimez que lui?., c'est bien cela !..
Mais je veux l'oublier., si c'est possible.
AGLAÉ, riant.
Oh! c'est très possible! (On entend du bruit.) Demandez plutôt à ces Messieurs, que j'euteutls,
5t folle
Ah! faisons silence, Pins de confidence ; L'ennemi s'avance, Gardons nos secrets !
AGLAE.
Chut ! car les voici !
Ils viennent ici ; Contre eux formons alliance.
Oui, contraignons-nous , Il faut que chez vous Le cœur ne dise rien.
AGLAÉ
Bien !
ENSEMBLE
Ah ! faisons silence , Plus de confidence !
L'ennemi s'avance.
Cachons nos secrets !
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