‹ LoïsaChapitre 31 sur 37 · LOIS · texte numérisé non relu

LOIS

S'allient mal avec un doux rêve.

KERVEN, embarrasse.

Ici, depuis quatre ans... habitué à la vie élégante... occupé de travaux littéraires... une femme...

Ignorante et pauvre comme Loïsa ne pouvait vous convenir.

KERVEN.

Ne devais-je pas croire encore ce matin qu'elle était étrangère à toutes les idées du monde ?

Quand elle pleurait au souvenir de votre amour.

Ah! mon cœur... n'était pas insensible à ses larmes... et pourtant... je ne connaissais pas encore tout ce qui a fait de Loïsa la plus aimable des femmes comme la plus jolie... Que s'estil donc passé ?

LOISA, souriant.

Oh ! rien ! je vous l'ai dit : appelée au château près de ma protectrice, il fallut, pour charmer sa solitude, lire et écrire auprès d'elle... mais le travail me coûta peu ; ft quand elle parlait de tout Cl! que le monde oU're de beau et de bon, je n apprenais pas... je me soavetîais...

KERVEN.

Comment?

Oui... je me souvenais de vous... de vos idées, de vos sentimens. de vos projets!., car je vous al toujours compiis !.. seulement, je ne savais pas les mots pour vovis le diif.

KKRVE^.

Qu'elle est charmante !

S'aimer, n'est-ce pas se comprendre et penser ensemble? Aussi, (|uand tout à rhcnrc.elle... cette personne que vous épousez, madii qu'elle hésitait à vous choisir, oh ' j'ai bien vu qu'elle ne vous aimait pas!.. Mslre quoii iiésite? estce que l'on compare':'.. est-ce qti on sait si d'au-

i très existent? Dès qu'on aime quelqu'un, il n'y

I a que lui...

KERVEN , Charmé.

I Oh! Loïsa!

I LOISA, soupirant.

j Et quand on l'a perdu... il n'y a plus person-

i ne...

I KERVEN, troublé.

I Mais... on se retrouve...

j Que dites-vous?

I Am de Doc' e.

j KFRVEN.

Quelquefois un cruel orage Vient attrister le plus beau jour :

! Le soleil perce le nuage,

I Tout s'embellit à son retour!

I En est-il ainsi de l'amour?

j KERVEN.

Souvent une erreur passagère L'égara , j Mais fuira;

Le passé renaîtra !

Vous le croyez ?

Vous le voyez !

On se souvient ?

KERVEN.

Et l'on revient!

Alors de celle qui fut chère, Le cœur n'est donc plus méconnu î On l'aime encore, elle sait plaire, Et les beaux jours ont reparu !

(Ensemble les deux derniers vers.)

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