ACTE I
nous espionner mutuellement, (l'user de ruses et de linesses pour nous tromper, de nous gêner, de nous nuire et de nous irriter... que la lutte soit loyale et franche!.. Aiiv regrets de ceux qui ne réussiront pas ne se uir-lrna ainsi nulle colère; et, dans ce noble combat, s'il en est (jui perdent qiielque chose de leur bonheur, ils ue perdront rien du iuoins de ia (iC'iicatesse de leur caractère.
KF.riVK.V.
Approuvé!.. Monsieur le comte de Soisy consent-il aussi ?
ERNEST
D'abord. Louis, vous savez nos conventions : point de cérémonie entre nous! entre jeunes gens on s'appelle [>ar S£hi petit nom. Dites : Ernest, comme je dis : Louis... Puis, en quoi cela peut-il me regarder ?
Il est question de M°" do Moranville, la gracieuse et élégante veuve que nous courtisons tous les trois.
ERNEST, riant aux éclats.
Ah! ah! ah! la bonne folie! Moi, votre rival? moi, disputant avec vous le cœur d'une femme qui ne viendrait pas de lui-même, et le premier? Ah ! ah ! ah!., ceci est trop fort... Kerven, vous ne me connaissez donc pas? Quelle idée avezvous de moi? Je ne vous !o pardonne pas.
HERMANN, (JtOliné,
Ah!..
KERVEN, embarrassé.
Mais...
ERNEST , allant s'asseoir très dédaigneux. Allons, allons, Mcssieins, arrangez vos affaires comme vous rentendroz, mais ne me mêlez pas à vos arrangcmens.
KERVEN.
Tant mieux.
HERMANN, à part. * 11 est encore plus fat que je ne croyais. (Haut et gaîment.) Et, maintenant, Messieurs , quels que soient les senlimens, avoués ou non, que nous éprouvons tous les trois, ( Ernest fait un mouvement.) tous les trois... j'aurai la conscience d'avoir agi comme je le devais !.. Vous êtes prévenus; je ne tromperai personne; je ne cacherai ni mon désir de plaire à M"" de Moranville, ni mes démarches pour lui prouver c?. désir. Eu ce moraeiit, je vais essayer de la rejoindre au Bois. (Riant.) Et de cette fenêtre vous pourrez me voir escortant sa voiture... niais libre à vous d'en faire autant! Vous êtes de redoutables et honorables rivaux . et je serai plus affligé qu'étonné si vous l'emportez sur moi... Voilà, Messieurs, ce que j'avais àvousdire...Et, à présent, au revoir... j'ai l'honneur de vous saluer.
(Il va pour sortir.)
KERVEN, le reconduit en disant.
J'apprécie votre franchise et votre loyauté, Monsieur.
(Ils disparaissent tous les deux.)
* Ernest, Hermann, Kerven.