‹ Loiseau de proieChapitre 15 sur 31 · L'APPARITION · texte numérisé non relu

L'APPARITION

On installa lou Tanao à Fontarbon.

Le comte d'Arbot ne s'y était pas opposé; seul, André avait soulevé des objections.

— Morineau, avait répliqué Lucien, sera furieux, c'est entendu. Mais si nous le ménageons, il s'imaginera que nous avons peur de lui. Il a pris la place de Tanao; nous mettons Tanao à Fontarbon. Voilà!

— Avec toi. on ira vite à la guerre! marmonna André.

— Avec moi!... Dis donc ça au patron, tiens! Et à Geofroy! Il était pourtant assez sage. Geofroy. Eh bien, vois-le maintenant. Il est aussi enragé que Michéou. Et tu ne sais pas ce quils font, tous les deux? Eh bien! ils ont chacun leur tour de garde. A huit heures, quand la grille du château se ferme, un des deux s'en va du côté de Bazalct pour survolUer

HO l'oiseau de proie

la maison de Morineau. Le gâs ne peut plus faire un pas sans que nous le sachions. D'ailleurs en ce moment il n'y a rien à craindre : il pleut trop souvent pour qu'une canaille de son genre ait l'idée de faire une flambée. D'ici les chaleurs, nous avons le temps de nous retourner. En attendant, Tanao est très bien à Fontarbon et Morineau ne bougera pas. Gomme son frère doutait encore, il ajouta sèchement :

— Je sais! Toi, tu es d'avis qu'il faut plier l'échiné sous les coups!... Moi, je n'ai pas les reins souples. Je ne plierai pas l'échiné!

— On jurerait que tu es le maître ici !...

Ils ne s'accordaient pas. Ce qui plaisait à Lucien, dans la vie, c'était l'imprévu et l'aventure. S'il n'avait habité Quatreloup, ou s'il était né dans un autre monde, il aurait été comme Michéou. Mais se livrer à la fantaisie de l'aventure quand on a un millier d'hectares de landes autour de soi et que, perdu dans ce monde, on sent une brute qui vous guette, cpii est libre de ses mouvements...

Sans l'angoisse des nuits d'insomnie, pendant lesquelles les bruits de la lande montaient vers le château comme autant de menaces, sans le spectacle de l'abattement de son père, de son frère et du tourmont de sa mère qu'il devinait derrière son sourire, oui, il aurait eu l'insoucicance de ce drôle de Michéou. Mais, à Quatreloup, il n'y avait plus que sa sœur qui gardât son entrain.

Entre eux, il ne subsistait qu'un sujet de con-

trainte. Gabrielle aurait désiré qu'on priât Jeanne de revenir au château; Lucien, lui, n'osait pas encore le demander à ses parents, non point qu'il redoutât un refus, mais la présence constante de Geofroy et d'André le gênait et puis il sentait confusément qu'il ne pourrait plus la revoir en camarade. 11 y avait, pour les empêcher de se retrouver tels qu'ils étaient avant, non pas seulement un serment ou des baisers : il y avait les rêves qui avaient peuplé' leur commun silence depuis la surprise de l'orangerie.

Lorsque, pour la deuxième fois, Gabrielle lui avait dit : « Je voudrais faire prévenir Jeanne que j'ai l>esoin d'elle », il s'était emporté et, à nouveau, il avait découvert l'étendue de son amour! Gabrielle n'avait plus insisté, mais tous les deux s'étaient mis à penser à la petite Geofroy qui vivait maintenant entre son père et sa grand'mère et qu'on n'apercevait même pas hors de la maison.

Lui. il la revoyait à l'instant où, dans l'orangerie, il l'avait regardée en homme, où il lui a^ait baisé les lèvres, où il avait senti la chaleur de son corps... Et tout leur passé d'enfants remontait. Il entendait sa petite voix d'autrefois, quand elle l'appelait « Moussié Lucien! » Il la retrouvait présente à toutes les minutes de son existence à Quatreloup, comme on retrouve l'image d'une sœur. Et voilà que, sans transition, la petite sœur était devenue la femme... Maintenant qu'allait-il faire? 11 essayait de se l'imaginer.

Il emmènerait Jeanne à Paris...

Jeanne à Paris? Il ne l'avait jamais vue que dans ce paysage de landes, sous les pins, ou dans le jardin, ou dans les salles du château, souple, gamine, mais si simple !

... Jeanne à Paris! Vêtue en Parisienne, coiffée à la mode de Paris, elle qu'il ne pouvait s'imaginer avec chapeau sur la tête.

Alors il s'attachait à ne plus réfléchir et il s'agitait pour secouer l'apathie qui le gagnait, s'occupant du château, de Geofroy, de Michéou...

Quand on installa le vieux Tanao à Fontarbon, ce fut lui qui lui montra les pinèdes à exploiter et ce fut lui, aussi, qui décida de donner au vieux un compagnon : Tanao ne pouvait pas vivre ainsi, tout seul.

On songea à Michéou.

La chasse était finie; il n'avait plus qu'à promener ses chiens et à bricoler dans les écuries. L'époque de racler les pins était venue et le vieux ne pouvait pas suffire à l'ouvrage.

Michéou se mit donc à la besogne avec lou Tanao. C'était lui qiii préparait les carre, tandis que le vieux posait les gouttières et les pots.

Il était gai, ce Michéou, et tout lui était bon pour rire.

— Si j'avais vécu avec toi, drôle, faisait Tanao, je serais plus jeune de vingt ans.

— Tu es plus à l'aise qu'à Balazet, hé, avec lou Morineau?

— Ah! lou crapule!... Sans toi, maquaréo, je crois que j me serais fichu dans le vivier de Daoupit ! . . .

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J'y étais décidé, oui! Et ce Geofroy qui me disait que j'étais un espion de Morineau ! Ln espion de cette canaille?

Tu ne lui en veux pas à Geofroy?

Le vieux posa son espourguet à terre, réfléchit un instant et dit :

Non! parce que je crois bien que Geofroy pensait au château.

Hé bé ! mon vieux, il ne faut pas lui en vouloir !

C'est un bon gars, té, celui-là!

— Dis donc, fit Tanao en clignant de l'œil, et sa maïnade?... C'est une belle fdle, oui!... Tu n'y songes pas?

Michéou grattait un pin. 11 rougit et lança, en riant :

— Je ne veux pas faire le ménage du sans-le-sou et du pas d'argent.

Sans le sou pour toi! Mais la drôle, elle en a

de l'argent, il paraît!

Elle est assez riche de ses yeux. Tanao!

Il s'arrêta tout à coup, et les sourcils froncés, serrant le manche de son hapchcot, il s'exclama :

— Elle n'est pas pour moi. mon ami. Et ne parlons plus de ça !

Elle n'est pas pour Morineau non plus, je

pense ?

— Ça serait du propre! Pour Morineau?... Ceux de Claré disent...

Allez! Allez!... La paix, Tanao! Laisse la drôle

tranquille, et ceux de Claré et tout le monde! Nous

sommes ce que nous sommes. Moi, je me fiche des femelles! J'aime mieux mes chiens!

Il envoya un coup de pied dans un pot de résine qui se brisa et il s'en alla jurant — jurant de la voix d'un homme que les sanglots étranglent.

Il se « fichait des femelles », mais si Jeanne lui avait demandé de se couper un doigt pour elle, sa serpe était là, il aurait fait la mesure bonne. Il se « fichait des femelles » comme on s'en moque à vingt-cinq ans, comme on s'en moque à tous les âges quand, pour avoir été ébloui par l'une d'elles, on a emprisonné en soi-même son image qui ne vous quitte plus, qui rayonne et vous brûle, et qu'on s'efforce pourtant de garder, malgré le mal qu'elle vous cause — et pour le mal lui-même.

Le vieux Tanao le rejoignit et lui dit doucement :

— Je ne t'en parlerai plus, Michéou.

Et Michéou repartit là-dessus, furieux :

— Tu pourras m'en parler, je m'en fous, tu entends?... Et puis tu sais, ça n'est pas la peine de prendre cette mine ! ... La Jeanne à Geofroy ! ... Ah !.. . Quand je ferai époux, mon ami, c'est que le cœur y sera... Maintenant plus de badinade, hé?

Et il se remit au travail, les dents serrées, l'esprit tendu, tout à sa besogne.

— Té, fit-il à un moment, regarde le beau pas de porc !

Lou Tanao s'approcha.

— Tu le vois? Ah! bourdelatz! il file sur Cadot! Seulement il n'est pas frais.

Il avait repris sa voix normale.

Après le déjeuner, il revint, accompagné d'un chien, et il informa Tanao qu'il allait voir si le sanglier était dans les « forts » de Gatagne :

Tu feras bien ton ouvra^^e sans moi? J«

serai tout à l'heure.

Lou Tanao grattait ses pins depuis longtemps, la nuit commençait à monter, quand il entendit sitller du côté d'un fourré. Il répondit « hoî » parhîdjitude. parce que dans la lande, lorsqu'on n est pas à l'allût et qu'on vous siffle, on répond toujours.

Te v'ià ici, toé? fit Morineau en surgissant d'une

touffe d'ajoncs.

Le vieux ne bougeait pas, ahuri.

— C'est y qutaurais pris ma place chez les voyous de Quatreloup? Ah! ben. ça!... Ah! ben, on peut pas dire que c'est pas rigolo !

— Tu ne le savais pas? fit Tanao.

— Je l'savais... C'est-à-dire... Enfm. j'pouvais pas m'figurer qu'c'était vrai.

Il s'exprimait en un mauvais gascon que Tanao avait beaucoup de peine à comprendre.

— Et c'est y qut'es tout seul pour l'exploitation?

— Oui. fit Tanao; en attendant un petit gars qui viendra m "aider.

— Tout d'même, t as pas gratté les pins du

chemin d'Ardaimc? Ils sont raclés plus haut que tes abatis peuvent atteindre, remarqua Morineau en ricanant.

Tanao allait avouer que Michéou l'avait aidé, mais il se tut.

Ben, bon Dieu! fit Morineau, qui examinait

l'instrument que le vieux avait à la main. V'ià qu'est plus fort!... G'est-y à toé, cïespoufguet?

— Non, répondit Tanao, c'est au château.

— Au château?

Ses traits se durcirent.

— Ah! c'est au château? Ben, tu vas m'donner ça tout de suite! c'est mon espourguet, mon gars!... Allez! donne-moi mon espourguetl

Il voulut le lui arracher, mais le vieux se cramponna au manche.

— Je ne pense pas... je ne pense pas, haletait-il en se défendant.

— Yeux-tu lâcher ça !

Lou Tanao, qui sentait qu'il allait abandonner l'instrument, cria de toutes ses forces :

— Ho ! Michéou \... A Jude !... A Jiide !... Morineau fit un saut en arrière, brusquement

calmé, et reprenant sa voix traînaillante, mettant les mains dans les poches en se dandinant :

— L' drôle est là?... Ben, vieille saleté, c'est pas lui qui m' fait peur !

Tanao avait élevé son espourguet par le manche et, tremblant de fureur, il en menaçait Morineau :

— Moi non plus, je n'ai pas peur de toi ! Et si

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j'avais ton âge, canaille, tu verrais si j'ai besoin de fer pour te fermer la margoulettc...

Il jetait sa menace en patois, mais Morineau n'avait pas besoin d'interprète pour en saisir le sens.

— Ne t'avise pas de toucher à ma ferraille, reprit Tanao. Si cet espourguet est à toi. on te le donnera; en attendant, tu me laisseras tranquille, hé! Qu'est-ce que je t'ai fait?

A cent pas derrière Morineau, le vieux découvrit Michéou. Alors il laissa retomber son arme et continua de dire :

— Qu'est-ce que je t'ai fait, moi? Tu es venu me trouver quand je ne te demandais pas. Nous avons fait marché et tu m'as quand même flanqué à la porte. Eh bé, à quoi ça ressemble, ça? Et tu m'as gardé ce qui m'appartient, encore!...

— Quoi donc, vieille carne? Quoi donc que j' tai gardé ?

— Mon lit, mon hapchcot et...

— J' t'ai gardé ton lit?... Eh ben! t'as qu'à venir le quj'irl

Et, profitant de ce que Tanao n'était pas en garde, il se jeta sur son espourguet et l'empoigna à deux mains en mâchonnant, rageur :

— Veux-tu m' 1' rendre?

Le vieux appela :

— Michéou !

Morineau s'était retourné, abandonnant la hache. Il voyait les deux trous noirs du canon de fusil de Michéou.

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— Eh bc, Morineau? Tu ne t'attendais pas à moi? Ah! povre!... Si je voulais que tu perdes le goût du pain, je n'aurais qu'à faire un tout petit mouvement et paf! plus de Morineau! dit Michéou sans abaisser son arme. Malheureux! comme je vise bien! Je vois mon guidon qui fait un point noir juste entre tes deux yeux! Le joli coup! Povre canaille!... En ce moment, tu n'as pas plus de vie qu'un pinson. iNc bouge pas, milléditz, ou je tire ! . . . Le joli coup ! Bonn Diou ! le joli coup!... Un sanglier de deux cents passerait à cette seconde entre nous deux que je lui laisserais la vie. La béte que j'ai là est trop belle ! . . . Ouvre les deux oreilles, Morineau! C'est pour un bon avis... Ne bouge pas ! . . . Tu vas me promettre de laisser la paix à ce vieux ; tu vas me promettre de rapporter ses espourguets , son lit et tout ce qui lui appartient. Tu déposeras le tout dans la clairière d'Ardannc, demain. Que ça y soit avant midi. Tu trouveras au pied du bouleau tes cspourguets et toute ta ferraille. C'est promis?... Entends-tu?... C'est promis?...

» Ah ! reprit-il, on ne pourra pas nous faire croire que tu n'es pas un brave homme, toi! Et courageux! Tu ne crains personne, Morineau, ni les jeunes, ni les vieux ! Tu n'as même pas peur de moi ! Tu n'as peur que de mon fusil... Et de mon piège à loup, peut-être? Parce que tu sais que c'est moi qui l'avais placé, hé? Je voulais venger mon chien, figure de chenapan ! Ça n'est pas loin d'ici où tu lui as flanqué ton mauvais coup. Tiens, fit Michéou en

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bondissant sur Yespourguet que tenait ie vieux Tanao, avec ça justement. . .

Il brandit la hache, hors de lui.

Morineau était passé derrière un arbre, sautait déjà derrière un autre et s'enfuyait quand le droulât lui cria en le remettant enjoué :

— Arrête... ou je tire!

Morineau s'arrêta.

— Voilà un gas obéissant! remarqua Michéou, moqueur. Eh bé, tu as la vie sauve!... Mais demain, avant midi, que tout ce qui appartient à ïanao soit au pied du bouleau, dans la clairière d'Ardanne! Et plus de menaces, hé? Sans ça, mon ami. nous sommes deux qui t'empêcherons de vieillir. Adichas! Tu peux disparaître !

Lou Tanao était encore blême de colère.

— Toi, décida Michéou quand ils furent tous les deux, tu ne peux plus coucher à Fontarbon tou^^seul; un jour on te trouverait étranglé.

Ils revinrent ensemble, parlant de Morineau.

— Tu comprends, expliquait Michéou, si je voulais lui faire passer le goût du pain, je ne serais pas en peine de trouver une occasion. Mais je ne m'en sens pas le cœur ! Un homme me ferait la plus grande crasse que je n'aurais pas la force de lui régler son compte.

Il prenait ses précautions.

— Moi, avouait Tanao, tout à l'heure, je ne sais pas comment je me suis contenu !

— Pas de bêtises, Tanao î... Ahî ça serait du joli, oui! Tu irais en prison...

— Pour ce qui me reste !

— Allons, allons î... Laisse la canaille en paix... Il le sermonnait doucement, sans conviction, pour

donner le change. Sait-on jamais ce qui peut arriver?

Le soir de ce jour- là, il venait passer la nuit à Fontarbon.

— Té! faisait-il en arrangeant un lit de paille dans la cuisine, nous allons dormir comme des princes!

Il était gai, confiant. Devant lui, Tanao soupira.

— G'est-il ton matelas que tu regrettes, ou ton bois de lit? s'écria le droulât.

— Ça n'est ni mon matelas, ni mon lit, bougonna le vieux. Mais, de mon temps, on ne trouvait pas d'étrangers dans le pays,

— C'est pour Geofroy que tu dis ça?

— Pour Geofroy?... Non! Lui, ça n'est pas un sauvage. Tandis que la canaille de là-bas...

— Laisse, laisse cette crapule!... Té, viens fumer une cigarette dehors !

Ils s'assirent sur le banc, près de la porte. Le vieux ne fumait pas. Tous les deux restaient silencieux, si petits, dans le grand silence de la lande, qu'ils se figuraient ne plus exister. Michéou pensait : « Quand je te trouverai tout seul, mon Morineau, nous verrons si tu as une peau de crocodile! » Il articula pourtant, en se tournant vers le vieux :

— Il n'est pas méchant, tu sais, Morineau? La colère le fait bouillir, c'est tout.

— C est une crapule, mâchonna Tanao. Je sais ce que je sais !

— Chut! fit Michéou.

Il se leva, se glissa jusqu'à une toutTe d'ajoncs et il perçut :

— ... Ba... babouick... put... put...

— Té! lou Péricléro ! s'exclama Michéou.

Et. avant que lou Péricléro ait pu se jeter dans le fourré, il l'empoigna par le col de sa chemise et l'amena jusqu'à la maison.

Lou Péricléro bavait en riant et continuait de faire : « Ba... babouick... put... put... put... »

— Veux-tu la goutte. Péricléro?

Le fou se mit à branler la tête et à imiter le chien qui demande une friandise, piétinant le sol, se baissant et faisant de petits sauts.

— Eh bé, alors fais le tonnerre, boun Diou !

Le misérable Péricléro se recula, s'accroupit, se releva en lançant les bras en l'air, en jetant les jambes de droite et de gauche, hurlant pour imiter le fracas de l'orage, et puis il se laissa tomber, la tête la première, sans précaution. C'était son jeu habituel. Tous ceux qui le rencontraient le lui demandaient, pour s'amuser de ses grimaces et quelques-uns, même, le forçaient à se cogner le front contre un arbre.

— Povre! dit Tanao, j'ai connu sa mère et son père aussi, probablement. Ils n'étaient pas fous. Et lui. il n'a pas toujours été fou, oui! Quand il était

tout petit c'était un drôle un peu bête, mais il n'était pas fou.

Ils le firent entrer, lui donnèrent de l'armagnac au fond d'un verre et Michéou Tagaça pour l'empêcher de boire.

« Meum ! . . . meum ! . . . » faisait lou Péricléro en tendant les mains. Ses yeux étaient devenus brillants, sa figure avait une effroyable expression de convoitise, et ses membres tremblaient.

Quand il tint le verre, il s'assit sur la paille, comme un singe, et se mit à déguster la liqueur.

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