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LA VRAIE BLESSURE

On les retrouva tous les deux, couchés l'un sur l'autre, ensanglantés, Michéou par la décharge qui] avait reçue, lou Péricléro par les horribles blessures qu'il s'était faites avec ses ongles.

Sur le moment, Geofroy ne devina pas ce qui avait pu se produire. Ce ne fut que devant M. Lucien, lorsqu'on eut déshabillé Michéou et qu'on eut découvert la grenaille sur la nuque, dans le cuir chevelu, sur les épaules, sur le dos et sur les bras, qu'on imagina le drame.

Mais Tentaille qu'il portait au front?

Et les ecchymoses et les balafres du Péricléro?...

Le fou, calmé, reposait, étendu sur le sol, les paupières mi-closes, insensible à ce qui se passait autour de lui. De ses lèvres s'échappait une bave sanglante: il avait deux dents cassées.

Michéou respirait encore et, de temps en temps, il poussait une plainte qui raclait sa gorge et faisait croire qu'il allait trépasser.

On les porta sur une civière jusqu'à Fontarbon et, tandis que Geofroy courait au château et faisait atteler pour aller chercher le médecin, Jeanne arrivait, apportant des linges et de l'eau-dc-vie aux lis.

Ce fut devant ces deux moribonds que Lucien et elle se revirent pour la première fois, et lorsque Michéou sortit de sa prostration, ce fut sur eux deux que ses regards se posèrent.

Il ouvrit les yeux tout grands, fit un mouvement pour parler, mais sa bouche se tordit et sa tête vacilla sur le traversin...

Plus forte que ses souffrances, une douleur monta en lui. Ses lèvres s'aplatirent, sa figure se contracta et Jeanne et Lucien, qui ne pouvaient s'imaginer la cause de son amertume, crurent qu'il allait retomber dans son évanouissement.

Le pauvre Michéou i II ne la sentait plus la brûlure lancinante de ses grains de plomb, pas plus qu'il ne sentait le poids qui lui pesait sur le cerveau ! Il aurait voulu crier : c< Allez-vous-en tous les deux ! Laissezmoi mourir en paix! » Ou bien, il aurait voulu dire : « Jeanne! je ne veux pas de toi pour me soigner. Si tu veux me soigner, promets-moi... » Mais allons! que pouvait-elle lui promettre, à lui, le Michéou?

Il entendit Lucien qui prononçait :

— Sois sage, Michéou! Ce ne sera rien.

C'était cette voix qui lui faisait le plus de mal.

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Il perçut encore « Michéou! » Cette fois, c'était doux comme un roucoulement...

— Michéou... ïu m'entends, Michéou?

Oh! oui! oui! Il l'entendait la petite Jeanne! Des larmes apparurent à ses cils.

— Hé, bé, Michéou, tu ne vas pas pleurer? Espèce de droulât, va!

Elle avait la figure presque sur la sienne. 11 eut un spasme, des sanglots montèrent...

— Hé, qu'est-ce que tu as, Michéou? faisait Jeanne bouleversée. Michéou!... notre Michéou!...

Notre Michéou!... Ses yeux curent une telle expression d'amour, ses regards se mêlèrent si intimement à ceux de Jeanne, que la petite se rejeta en arrière, venant de comprendre. . .

Lucien, qui était de l'autre côté du lit, appela :

— Michéou !

Cette fois, les yeux de Michéou se tournèrent vers lui, mais ils devinrent secs et durs, et Jeanne, qui devina que la jalousie saisissait encore le malheureux droulât, se pencha vivement, reprit ses regards et, lui pas^^ant la main sous la tête, l'appela doucement :

— Michéou. Raconte, notre Michéou! Raconte... Elle sentait sous ses doigts, à travers les caillots

de sang et les cheveux collés, les grains de plomb qui boursouflaient la peau.

— Va! va! marmonna Michéou, c'est la marque de la canaille... ^

— Tu l'as vu?

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Non, il ne l'avait pas vu.

Alors, à phrases entrecoupées de halètements, il rapporta ce qu'il savait : on lui avait tiré un coup de fusil dans le dos. il avait voulu s'enfuir pour se mettre à l'abri, mais il avait buté dans une branche et il était tombé la tête en avant, sur un tronc de pin qui lui avait entaillé le front. Après... Des cloches avaient sonné ; un grand bourdonnement avait empli son crâne...

— C'est... c'est la canaille, va!

Au moment où Jeanne tenta de retirer sa main, il fit un mouvement et, dans un tout petit souffle, s envola un « Reste! » quelle fut seule à percevoir.

Elle resta, le buste penché, immobile.

Sur le matelas où on lavait étendu, lou Péricléro commençait à s'agiter.

Et il voulait boire.

Lucien lui versa de 1 eau dans un verre, mais dès la première gorgée, Péricléro ferma la bouche. Ce quil voulait, c'était de l'eau-de-vie. Il fallut lui en mettre quelques gouttes.

A ce moment, Jeanne oui un tressaillement.

Au bord du lit, une main s'était posée sur la sienne et l'emprisonnait.

D'un insensible effort, elle essaya de se dégager, mais Michéou serra les doigts, lentement, longuement, comme pour une possession éternelle.

Elle demeura inerte, les regards lointains, tremblante, pénétrée par la fièvre que lui communiquait cette main qui la tenait rivée au lit.

Soudain, Lucien, qui clait occupé à faire boire Péricléro, s'écria :

— Voilà Geofroy !

C'était Geofroy, en effet, avec le docteur et, tandis qu'il était sorti pour les accueillir, Michéou appela doucement : « Jeanne... ».

Sa voix tremblait, suppliante.

Mais Jeanne parut ne pas l'avoir entendue.

Alors la main brûlante de Michéou s'amollit aussi lentement qu'elle s'était fermée tout à l'heure et il repoussa la main de Jeanne d'un coup sec. Puis, dans une saute de désespoir, il s'empoigna la figure et se mit à pleurer à longs sanglots, haletant, d'une voix brisée :

— Va-t'en!... Va-t'en!...

Elle articula « Michéou! » d'un ton de reproche, en grande sœur.

Il reprit : « Va-t'en ! » si durement qu'elle voulut obéir, mais en cherchant à retirer sa main de dessous la tête du blessé, elle constata que les caillots de sang avaient collé sa paume aux cheveux.

Il fallut que le docteur prît de l'eau tiède pour les séparer.

— Hé bé, voyons, Michéou, faisait-il. Ne pleure pas ! Ça n'est rien !

Ça c'était rien?... Ah! si : c'était une catastrophe! La plus immense, la plus afïVeuse... une catastrophe qui vous laisse désemparé, sai^s goût pour la vie...

— Boun Dieu! Des grains de plomb, assurait le

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docteur, mon ami , ça rend raisonnable ! Allons donc! Et, tu sais, ça ne se terminera pas comme ça, mon garçon î J'ai fait prévenir les gendarmes» et lou Morineau, hé! bé, son affaire est claire,. va!

Ah! qu'il s en moquait, le petit Michéou, du Morineau ! Et qu'il aurait voulu ne plus rien entendre, ne plus rien sentir, avoir été tué là-bas, dans la lande, tué par Morineau!... Du moins, on l'aurait pleuré; elle, Jeanne, l'aurait pleuré. On aurait conté pendant longtemps cpie lou Michéou était un bon petit « droulàt », courageux, dévoué. Elle, elle aurait pensé qu'il l'aimait... Oui, elle l'aurait pleuré!

On l'avait couché sur le ventre pour l'examiner.

Il était criblé, de l'écliine à la tète.

— Té! faisait le docteur en riant, il n'y aura plus moyen de te perdre, mon ami! Tu es marqué pour la vie. Mais, tu sais, les filles ne regardent pas de ce côté... Hé! bé, ne pleure pas, voyons, bougre!... Tu n'as pas peur de ce que je vais te faire?... Non?... Alors!...

Cependant, la figure dans le traversin, Michéou continuait de pleurer.

Survint le vieux Tanao qui. ayant été instruit du drame, était accouru et se lamentait comme une vieille femme.

— Et qu'est-ce que tu as, Michéou? demandait-il. étonné, lui aussi, d'entendre les sanglots du droulàt. Tu n'es plus un homme, boudi !

Si, il était un homme! Un pauvre homme qui souffrait d'un mal pour lequel il n'y a pas de médecin, pas de remède, pas de bon sort, pour quoi il n'y a rien que les années qui, s'accumulant, enfouissent le cadavre, mais qui, aussi, en marquent la place par un tertre qui grossit, sans cesse augmenté, telle une dune de sable.

Et de tous ceux qui assistaient à cette douleur, il n'y avait que l'enfant à qui elle était offerte, qui en connaissait la source.

Les pansements de Michéou et de lou Péricléro étaient à peine terminés que les gendarmes se présentèrent pour interroger Michéou.

Mais le droulât n'avait rien vu et l'on n'était pas plus renseigné sur ce qui avait pu advenir à lou Péricléro.

— Ça ne fait rien, mon ami! promit le brigadier. TonMorineau, nous allons lui offrir un lit dans notre domaine.

— Demandez-lui où il a mis son fusil, fit Michéou. Parce que moi, j'ai dans l'idée que c'est avec le mien qu'il a tiré.

— Il n'a pas de fusil, lui?

— Si, donc! Si, il en a un, mais n'est-ce pas? j'avais mis le mien contre un pin et je ne l'ai plus retrouvé quand j'ai voulu le prendre.

Quand ils furent partis, le «docteur et Lucien se rendirent au château, laissant Geofroy et le vieux Tanao près des deux blessés.

Lucien disait au docteur :

— Nous n'avions pas besoin de ça! Ma famille devait partir pour Biarritz après-demain. Mon père répète qu'il ne peut plus se sentir ici. Il ne dort plus, il ne veut plus sortir... Obligez -le donc à s'éloigner, docteur, malgré cette affaire. Moi, je resterai là.

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L'INXOGENT

Lorsque les gendarmes se présentèrent chez Morineau, ce fut en vain qu'ils frappèrent à sa porte. Balazet était fermé.

— D'ailleurs, remarqua le brigadier, nous ne pouvons pas l'arrêter comme ça ! iN ous reviendrons demain. Allons à Gagoni, nous réveillerons Cadiche qui nous ramènera en voiture.

— J'ai idée, chuchota le gendarme, que Morincau est au lit et ne veut pas ouvrir.

Ils s'éloignèrent, du pas de gens qui n'ont rien pour les tracasser,

La lune donnait^ et par cette nuit paisible on entendait les bruits de la route de Réaup oii une voiture roulait sur le sol ferré. Du côté d'Ardanne un pâtre chantait à tue-tête « pour éloigner le loup », comme on dit là-bas.

Le brigadier se décidait à marcher sur Gagoni, quand une silhouette se détacha dans une clairière, à cent pas, et les deux gendarmes, qui avaient reconnu Morineau, passèrent la main sur la crosse de leur revolver parce que, dans ces moments-là, on aime sentir le froid de l'acier dans sa paume.

Morineau se dirigea vers sa porte et. sans bruit, introduisait la clef dans la serrure lorsque le brigadier sortit de l'ombre.

— Bon Dieul s'exclama Morineau en voltant, vous m'avez fait peur!

— Ho! Tu n'as pas peur pour si peu, tout de même!... Tu ne sais pas? dit le brigadier, nous avons fait une tournée par ici, alors nous Aoulions profiter de l'occasion pour te demander un renseignement.

La nuit était pourtant bien claire, mais, maquaréo! la nuit est la nuit ! Et cela « déplace le cœur » quand on sait qu'on a devant soi un ijas qui a commis un mauvais coup.

Le brigadier se rapprocha pourtant :

— Xous voulions te demander... si tu n'avais pas reçu ta convocation pour une période militaire. Il y en a eu d'égarées, et je crois bien que la tienne est du nombre. ïu as ton livret?

Morineau poussa un soupir.

— Oui, fit-il. G'est-y qu' vous 1' voulez?

— Ma foi, té! montre-le.

— Ben, dit Morineau soulagé, entrez donc! On va boire un p' tit coup.

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— Pour c( choquer » alors, concéda le brigadier ; nous sommes pressés. ?sous devrions être à Gagoni à cette heure.

— Ah ! bon Dieu ! ... Ah ! ben, bon Dieu ! v' s'en faites un métier!... Entrez donc.

Mais ils ne voulaient point entrer comme cela sans lumière. Chez un autre, ils n'auraient pas fait de façons; mais chez Morineau, fi d'ajasse! on ne se risquait pas à la légère.

Si Morineau n'avait pas frotté une allumette, ils auraient trouvé une raison pour remettre leur visite à plus tard.

Dans la cuisine, ils commencèrent par plaisanter le résinier :

— Tu te couches tard, Morineau! Tu aimes trop les filles.

— y savez!... les filles... avoua-t-il. Enfin quoé, faut ben s' distraire !

Il les scrutait à petits coups d'oeil soupçonneux.

— Moi, avoua le gendarme, quand je t'ai aperçu, j'ai dit au brigadier : « Té, voilà Morineau qui vient d'affûter. »

— Ah! bon Dieu!... y a longtemps qu'j'yseuallé, à l'affût! Y a ren à faire ici ! Un sanglier, comme ça, d' temps en temps! Mais faut s' trouver au dret. n'est-ce pas? Et les sangliers y s'aiment pas de c'côlé. Y sont trop dérangés.

— Oh ! fit le brigadier en souriant, nous ne venions pas pour pincer le braconnier que tu dois être !

— V s'auriez ben perdu vot' promenade.

— Tu penses, oui, que si on devait courir le pays pour ça!... Ah! bien, il en faudrait des gendarmes!...

— J' le cré, oui!

Il continuait de les examiner,

— Ça n' fait rien! A vot' portement!...

» >on, insista -t-il quand il eut avalé son petit verre, y a ben, ben longtemps qu' j'ai tiré un coup d' fusil.

Les gendarmes eurent un petit frisson.

^Néanmoins le brigadier sourit malicieusement et plaça entre deux lampées :

— Les palombes passent encore?

— Les palombes?... Ah! Tdiable m'emporte si j'en ai seulement descendu une depuis 1' premier l'an! T'nez... dit-il en se levant pour décrocher son fusil. C'est-y vrai, oui ou non? Est-y assez rouillé? T'nez!

Il montrait l'intérieur des canons sans perdre de vue ses visiteurs.

. Le brigadier avait une brave face honnête.

— Tu ne crois pas que nous venions pour voir ça, allons ?

— ^on ! J' sais ben ! Mais j' veux pas qu'on raconte des affiures, moé!

— On ne raconte rien du tout.

— Oh! bougonna Morineau d'un air entendu. On peut pas empêcher les bavards d' jaspiner. Ils crèveraient d'une parole rentrée... Moé..., comprenez..., faut que j' fasse attention. Du côté du château, y en a qui s' raient ben aises qui m' tombe quéque chose d'embêtant.

— Ho!

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— Ho?... Et non, t'nez !

— A propos, fit le gendarme en élevant son verre, il en est arrivé une histoire, aujourd'hui!...

Morineau ne broncha pas. Il demanda seulement :

— Une histoire ? . . .

— Ma foi, lâcha le brigadier en le dévisageant, c'est une vilaine histoire ! On a tiré sur Michéou... Il travaillait à ses pins et on lui a fichu ça dans le dos. Le povre! S'il en revient, c'est qu'il aura une bonne carcasse!... Tu ne le savais pas?

— Non!... Et qui qu'y a fichu ça?

Les deux gendarmes eurent le même geste. On ne savait pas.

— Au juste?... Non!... Mais on a des soupçons.

— Ben ! Bon Dieu ! . . . J'ai d' la chance, dit Morineau en se frottant les mains. Ah! fi de loup! Si j'avais été traîner par là-bas, j'y coupais pas, moé! Ah! ben!... Heureusement que j'ai pas sorti de chez moé, oui!... que c' soir à la nuit!... A quelle heure qu'on a fait c' coup?

— A la mi-jour, par là. . . Nous revenons de Quatreloup.

— Ah! vous en arrivez?...

Il balança la tête et, tout à coup se levant :

— G'est-y qu'ça s' rait pour me d'mander que qu'chose là-dessus?

Il en avait assez de ces manœuvres autour de la place ! Le brigadier éclata de rire.

— Si tu veux nous apprendre qui a fait le coup, lu nous rendrais service!

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Morineau se tut un instant, le front soucieux.

— Et ^lichéou, il est ben touché?

— Povrc, s'il est touché!... Mais il s'en rcmetlra.

— Le faut qu'y se r'mette! Parc'que si c'est un frétillcur, c'est pas un mauvais gars.

» Moé, dit-il après avoir réfléchi, moé, si j'avais l'droit d'avoir une idée, j'en aurais une! M'est avis que j'ie connais, çui qu'y a fichu ça!... Ça vous vient pas?... Ben, voyez donc... le fou!...

— Lou Péricléro?

— Ben sûr. lou Péricléro !

— Il ne serait pas capable de tenir un fusil !

— Ah ben ! . . . Ah ! c'est rigolo ! . . . vous l'connaissez, oui ! . . .

Morineau s assit devant eux, le buste penché sur la table, ne les lâchant pas des regards.

— Da temps que j l'avais avec moé, si j'avais pas veillé à lui. j's'rais pis en vie, à et' heure!... Ça vous épate?... T'nez! vous voyez où qu'était ma rouillarde, s'pas?... C'est haut! Faut monter sur une chaise pour l'avoér... Deux foés, v's'entendez, deux loés que j' l'ai empêché d' la prendre!... Faut l'connaître, Péricléro!...

Les gendarmes faisaient les étonnés.

Tous les trois parlèrent de Péricléro pendant un bon moment, et puis le brigadier raccrocha son ceinturon et remarqua qu'il était temps de se quitter.

Ils étaient sur le seuil, prêts à partir, quand Morineau leur demanda :

— Et mon livret, l' voulez-vous?

— Té i fit le brigadier, nous l'oubliions.

Mais, quand Morineau fut seul, il s'enferma et, tendant le poing, il jura et haussa les épaules, méprisant :

— Mon livret?... J' sais ben c' que vous vouliez... Mais v's'êtes pas assez fins ! . . . vieilles sardines !

Et il replaça son fusil au-dessus de la cheminée.

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