‹ Lombricose à forme typhöideChapitre 13 sur 16 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Bien des auteurs ont tenté d'expliquer les symptômes nerveux de la lombricose par une action ré-

flexe dont le point de départ serait une irritation

de la muqueuse intestinale par les mouvements des

ascarides contenues dans le tube digestif. Le symptômes typhiques ne peuvent être compris de cette façon. M. Chauffard pens2 qu'il faut attribuer à l'ascaride un rôle plus important que le rôle, purement mécanique, préconisé par Davainne, dans la genèse des phénomènes décrits ci-avant. Les statistiques plaident d’ailleurs en faveur de la doctrine de Chauffard. En effet, nous avoas pu relever daos la littérature médicale de nombreux cas où les ascarides se trouvaient en grande quantité dans l’intestin et n’occasionnaient aucun trouble organique, et d’autres au contraire où malgré leur petit nombre, ils causaient des accidents graves, même mortels.

Généralement les autopsies en laissent voir de 2

à 6 mais quelquefois, nous dit M. Raïllet ou en trouve une plus grande quantité. Morland en a fe-

cueilli 315 dans l'intestin grêle d’un enfant qui en

avait déjà rendu un grand nombre par la bouche.

Cruveilhier a vu l'intestin d’une fille idiote entièrement rempli par ces vers et il en évalue le nombre

a plus de mille.

Dans les pays chauds cette abondance est commune. Levacher dit avoir souvent vu aux Antilles des enfants rendre jusqu’à 400 et 600 vers. Playfair cite un cas de 69 vers éliminés par une seule administration de semen-contra (Calcutta médical); Païrduc celui de 269 chez un aliéné (Americ. Journal, XCV, 1864), Bouchut celui de 303 expulsés en quelques jours (Bulletin de thérapeutique) ; Pôle de 441 (Baltimore médical chronique, 1882); Petit de Lyon

a vu enfin 2500 vers éliminés en 5 mois.

D'autre part les cas sont nombreux aussi de lom-

bricoses graves, mortelles où laquantité de parasitesa été peu considérable. Sans tenir compte des observations où les troublesont été causés par des lombrics erratiques nous citerons le cas de Rolland (Jour. de Toulouse) 3 lombrics; de Tardieu(/ourn. de méd. et chirurgie pratiques, Paris 1841) 8 lombrics; de Bourgeois (Rovue médicale, 1845) 12 lombrics ; de Ramisch de Prague 11 lombrics.

Considérant comme insuffisante la théorie de l'action mécanique pure, nous nous sommes trou-

vés en présence de deux idées nouvelles. L'une de

M. Chauffard, l’autre de Avicenne reprise par M. Chanson. |

Théorie de M. Chauffard.

M. Chauffard admet que la lombricose est une vétitable infection dans laquelle le lombric non-seulement émprunte au milieu intestinal où il se développe les germes pyogènes dont il devient l’agent recteur, mais dans laquelle il intervient d’une façon plus active soit par ses excreta, soit paf sa présence seule; un intestin bourré de lombics se trouverait par ce fait même en imminence de fermentations

toxiques et virulentes.

Théorie de M. Chanson.

Pour M. Chanson, les ascarides agiraient sur l’organisme en provoquant un véritable empoisonnement:

Avicenne, Coulet, Rosen et P. Franck, prétendaient déjà que du corps des ascarides sort une vapeur malfaisante et que cette vapeur, absorbée ‘avecle chyle, passe dans le sang et déprave les humeurs.

Huber, cité par Eichorts, pensait que les ascatides peuvent produire leurs effets morbides par l'intermédiaire d’une substance chimique ; de même que

AO

Cobboid et Bastian, cet auteur, dans une dissection d’ascarides avait ressenti du prurit à la tête et au cou, avait eu une éruption vésiculeuse, du gonflement des oreilles, de la conjonctivite, de violentes douleurs de tête.

Des phénomènes semblables ont été observés depuis par M. Blanchard, par M. Vignardon, M. Charrin et M. Raillet.

M. Chanson eut l’occasion d’assister aux mêmes accidents; un garçon de laboratoire qui coupait des ascarides en morceaux est pris d'éternuements continus pendant une demi-heure. Le lendemain ; coryza, le surlendemain gonflement et injection des conjonctives ; une autre personne, qui assistait aux préparations, fut prise de picotements dans les fosses nasales et le pharynx, suivis bientôt d’oppression et d’aphonie. Le lendemain les douleurs pharyngées apparurent, les yeux devinrent injectés et les paupiè:es gonflées.

M. Laboulbène eut l’occasion d’observer les mêmes phénomènes.

Se basant sur ces faits d'observation M. Chanson entreprit quelques expériences que nous allons rappeler.

Dans le tissu cellulaire sous-cutané de cobayes, il injecta le liquide citrin que laissent échapper les vers vivants et coupés du cheval. La quantité du li-

quide injecté fut de 2 à 4 centimètres cubes.

A. — Ün cobaye est mort en quelques minutes

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