I. 11 y eut un autre peintre du nom de William Turner
L'KCOI.K ANGLAISE \)E P K I XT U R l'. DAXS LKS ML'SKKS 119
Qu'il suffise de dire que Turner commença en aquarelliste avec Cozens et Thomas Girtin (1773-1802) et qu'il disait de ce dernier, mort si jeune : « Si Girtin avait vécu, je serais mort de faim ». Girtin était du moins un artiste de génie avec une largeur d'exécution et une entente de l'aquarelle et du lavis
Photo Hanfstaenïl.
Constable. Le Cénotaphe N'ational Gallerj').
extraordinaire et une couleur d'une finesse exquise. On peut voir de ses dessins au British ^Muséum et au musée de South Kensington. Une de ses Vues de Paris est à l'Hôtel Carnavalet. A cette école, Turner développa son sens inné de la couleur et prit le goût de la peinture claire. Ce qui n'appartient sans doute qu'à lui, ce qu'il n'eut à apprendre de personne, c'est le don d'exprimer la lumière, de la faire transparaître, pour ainsi dire, à travers toutes ses couleurs. Cette passion pour la lumière qui de\"ait finir par une folie de la lumière est la caractéristique de Turner.
Il existe dans les musées de Londres une centaine de tableaux achevés de Turner, une foule d'esquisses peintes, et environ 19.000 dessins ou aquarelles, légués par le peintre. Ces dessins, autrefois exposés dans les sous-sols de la National Galler>', sont maintenant à la National Gallery of British Art ou Tate Gallery, où l'on a rassemblé aussi la plupart des œuvres de la dernière manière.
On paut distinguer trois périodes dans la vie de Turner, correspondant à un
riiolu Haill^lafiiL'l .
Claude Loirain. Un port de mer [Xaiional Gallerv^.
élargissement progressif de sa conception du paysage. Ceux de la première manière sont des études d'après nature très appliquées, ceux de la seconde manière des paj'sages classiques inspirés plus ou moins des maîtres, enfin ceux de la troisième manière sont des paysages rêvés plutôt que vus ou composés, où éclate la plus extraordinaire faculté de faire voir la lumière et la couleur du plein air qui ait été donnée à aucun maître, mais presque en toute indépendance du dessin, c'est-à-dire de la nature.
La première manière s'étend jusque vers 1805. Turner est sous l'influencé des aquarellistes Cozens et Girtin, il est naturaliste comme eux, même bien plus appliqué et minutieux. Il n'a pas encore vu beaucoup de peinture, mais