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SAINÏ-PAIL
Près de Charterhouse, en montant vers Clerkenvell (« le Puits-des-Clercs », au moyen âge) il faut voir 5^ /o/n? 's Gâte, porte restaurée du commencement du xvi*' siècle, seul reste d'un prieuré de chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui exista là du xii*^ au xvi^ siècle. Son histoire est la même que celle du Temple. Quand les chevaliers de Saint-Jean eurent hérité des Templiers comme nous l'avons dit plus haut, ils devinrent impopulaires à leur tour, le prieuré fut saccagé par les partisans de Wat Tyler en 1381 et brûla pendant
l'Iioto Valcntine
Holborn, avec les vieilles maisons de Stople Iiiii.
sept jours entiers. La porte actuelle date de la restauration par le prieur Dowcra en 1508 et portait autrefois son nom. Une cn>-pte de l'église voisine de Saint-John, Clerkenwell, est tout ce qui a survécu des bâtiments duKii*^ siècle. Ces édifices monastiques sont devenus si rares aujourd'hui dans les villes, alors qu'ils formaient autrefois une partie essentielle de leur physionomie, que cette porte mérite peut-être une visite. Au xviii^ siècle, elle fut bizarrement utilisée Comme bureau d'une des premières revues anglaises qui aient eu du succès après le Spectator,le Gentleman' s Magazine, pour qui travaillait l'illustre D"" Johnson.
Nous sommes obligés d'aller chercher ainsi en dehors de la Cité proprement dite quelques restes d'antiquité, car on sait que l'incendie de Londres
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en 1666 a tout détruit et que c'est lui qui est en grande partie responsable de la laideur de la Cité. La vie municipale si intense de Londres au moyen âge a laissé ainsi très peu de traces, il faut en dire cependant quelques mots car si les monuments ont disparu, les institutions et les coutumes sont restées et la Cité de Londres est certainement, dans sa constitution, la plus pittoresque et la plus archaïque des capitales commerciales du monde.
Une cour du Temple.
Le trait caractéristique de la fin du moyen âge à Londres c'est la constitution des guildes ou corporations de métiers, qui furent l'origine de la grandeur de la Cité proprement dite de Londres, contenue dans son enceinte et qui, avec ses privilèges et franchises, n'avait rien avoir, au moins administrativement, avec Westminster, Southwark et les autres borouglis voisins, qui en sont encore aujourd'hui distincts. Dès la fin du xii^ siècle est mentionnée dans cette Cité l'existence d'un Hall public, Aula puhlica qui s'appelle Guildhall dès le xiii^ siècle. Les associations mi-professionnelles, mi-religieuses, avec leurs saints patrons et leurs oftîces, qu'on appelait « guildes de
LA TOTR
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LA CITi;. — SAINT-PAl'L
paix » parce qu'elles étaient destinées à maintenir la paix entre les divers corps de métiers, devaient se réunir une fois par mois dans ceGuildhall pour y h)oire une « bière de réconciliation » dont elles avaient souvent besoin. Le premier magistrat dont il soit fait mention est le maître du port, port-reeve. Au xin*^ siècle, la Cité n'avait encore pu trouver une administration stable, les querelles étaient constantes et la Couronne était obligée d'intervenir. De 1264 à 1298, pendant trente-six ans, deux maires seulement eurent alternativement le pouvoir, et il y eut une période de dix ans sans maire de Londres. Il
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Lincoln's Inn.
est donc probable que ces maires étaient imposés par la Couronne et non librement élus par les associations suivant leur privilège municipal. Un d'eux, Henr\' Waleys, était marchand de vins, et fut maire de Bordeaux pareillement.
Le xiv^ siècle fut rempli, surtout de 1327 à 1377, par la constitution définitive des guildes. Il fallait en faire partie pour avoir droit aux franchises de cito3'en de Londres. Les luttes contre les marchands et ouvriers étrangers, surtout les Flamands, la peste noire, la révolte de Wat Tyler dont le dernier acte se passa à Londres avec l'incendie du Savoy, château de Jean de Gand, la persécution religieuse des précurseurs de la Réforme, les Wyclyfites et les Lollards, toutes les misères de l'âge de Chaucer n'empêchèrent pas, vers la fin
du xiv^ siècle et au commencement du xv*^, une prospérité dont le souvenir est resté associé au nom de Richard Whittington, trois fois maire de Londres, qui fonda une bibliothèque et un établissement pour les Frères Gris, rebâtit la prison de Newgate « parce que la plupart des prisonniers y mourait » et donna au roi Henry V, revenant victorieux de France, un grand banquet où il annula, en jetant les titres dans le feu, des créances de la Cité sur la Couronne valant 60.000 livres sterling du temps, peut-être une trentaine de millions d'aujourd'hui.
Le Magasin d'antiquités, immortalise par Dickens.
Les fêtes municipales étaient somptueuses. A un banquet donné précédemment par le maire Henry Picard se trouvaient le roi d'Angleterre, le roi de France prisonnier, le roi d'Ecosse, le roi de Danemark et le roi de Chypre ainsi que le Prince Noir. C'est le sujet d'une fresque au Royal Exchange, comme le premier mentionné de ces banquets magnifiques comme il est encore de tradition pour la Cité de Londres d'en donner, quoique l'importance politique du lord maire et des aldermen soit aujourd'hui bien restreinte.
Il ne reste comme théâtre de ces splendeurs qu'un édifice très restauré, le Guildhall, bâti de 141 1 à 1426. L'intérieur brûla dans le grand incendie de 1666, la cr\'pte de 141 1 et les murs du Hall ont subsisté. Le Guildhall a vu encore le procès de Jane Gre}^ et de son mari et l'assemblée des lords à l'avènement de William in. Il contient actuellement, outre les services mutiicipaux,
l.A TOl'R
LE TEMPLH.