‹ Londres, Hampton Court et WindsorChapitre 8 sur 44 · A (.ITI-:. — SAINT- PAUL · texte numérisé non relu

A (.ITI-:. — SAINT- PAUL

un musée d'antiquités londoniennes, une magnifique Ijiljliothèque publique et un musée de peinture encore assez négligeable.

Les cérémonies d'installation et de prestation du serment par le lord maire sont curieuses. Le collier qu'il porte dans ces occasions est de 1540 environ, il est d'or et porte la rose des Tudors émaillée. Le sceptre de la Cité, d'or et de cristal, paraît dater du xv'^ siècle, les quatre épées qu'on porte devant le lord maire sont du xyi»^. L'office de crieur de la Cité de Londres existe encore et la masse est toujours portée devant le lord maire, mais elle ne date que du xviii® siècle.

Le sceau, qui vient seulement d'être déposé dans un musée, date du xiv® et celui de la Cité est du commencement du xiii*^ et porte la figure de saint Paul, son patron.

La j ournée du lord maire.

Lord Mayor's Day, avec sa procession et son banquet, coûte environ 100.000 francs, dont la moitié payée par ce magistrat lui-même, et l'autre moitié par ses assesseurs ou sherijfs. On est time qu'il en coûte de 75 à 100.000 fr par an pour être sheriff de la ville de Londres.

hes aldcrmen ou conseillers municipaux, s'il est permis de traduire aussi approximati\ement ce terme, sont en même temps juges de paix du Comté de la Cité, visiteurs des prisons et des hôpitaux. Ils ne peuvent refuser ce poste sans payer une amende considérable. On voit assez combien toute cette organisation est, comme nous le disions, archaïque, quoiqu'elle soit à la tête de la plus grande des capitales modernes.

Parmi les attributions municipales des magistrats de la Cité est l'entretien et la conser\'ation des quatre ponts qui ont leur départ au Nord sur son territoire : London Bridge, ou le Pont de Londres, le plus ancien de tous, Black-

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La porte de Saint-Jean à Clerkenwell.

friars, Southwark et Tower Bridge. Ces ponts sont parmi les plus beaux édifices de la ville, si l'adaptation au but est la première condition de la beauté. Pour le dernier, dont la silhouette est bien connue et qui laisse passage aux grands vaisseaux quand le pont inférieur est levé, on a cru devoir malheureusement adopter, pour un chef-d'œuvre de construction mécanique, des formes gothiques absurdes en l'occurrence, puisqu'elles rappellent un temps où l'on n'aurait pas pu exécuter une semblable construction.

London Bridge, rebâti en 1831, a des formes très simples et très belles.

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Guildhall.

C'est un des lieux de passage les plus importants de Londres, le plus ancien et très longtemps l'unique pont de la ville. Il y passe chaque jour plus de cent mille personnes, et le spectacle, le matin, ou vers six heuresdu soir est caractéristique du mouvement rythmique qui remplit et vide alternativement la Cité, ce cœur de Londres, qui n'est qu'un lieu de travail, et non d'habitation. On a souvent décrit l'aspect des rues et des foules de Londres. Gustave Doré, vers 1875, en a tracé de belles images dans le Londres de Louis Enault. Les choses changent si vite que le Londres de Dickens et même celui de Gustave Doré ne sont plus vrais. Aujourd'hui que les lourds autobus et les automobiles ont presque remplacé les petits omnibus à deux chevaux et les hansom-cabs à deux roues qui constituaient une des particularités de la circula-

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tion à lyondres, les rues y ressemblent beaucoup plus à celles de Paris que nous ne les voyions il y a quinze ans seulement. Du reste, la tendance à se rapprocher des habitudes du Continent, comme les Anglais appellent encore le reste de l'Europe, est visible, par exemple dans les restaurants et dans tous les lieux de plaisir. Mais il y a encore à Londres toute une population originale et c'est précisément celle qu'on voit dans la Cité et aux alentours, marins, charretiers, porteurs des docks, la \Taie population du Londres historique, de la Cité, qui est un port. L'ouvrier des usines, quand il en est sorti, est vêtu

London Bridge.

comme un bourgeois, c'est l'homme de ces Trades Unions qui possèdent des millions de revenu. "L'unskilled labourer, le manœuvre ne diffère probablement pas beaucoup de ce qu'il était du temps où la plume de Chaucer écrivait des connaissements, dans un bureau de la Cité de Londres.

Si l'on veut un contraste curieux avec l'affairement de la Cité, il faut, en traversant le pont de Londres, aller voir à Southwark l'église Sani/Srtt'io«<r's, autrement appelée Saint Mary Ovcrics. C'était, avant les restaurations, une belle église du xiii'^' siècle. La nef actuelle est entièrement moderne, parce qu'on a laissé tomber l'ancienne, faute de réparations, au commencement du xix^ siècle. Le chœur est du temps de la fondation et contient bien des restes intéressants. On voit encore dans l'église le tombeau du xv*^ siècle du poète

LONDRES

John Gower, avec une effigie dont la tète repose sur ses trois ouvrages principaux, la tombe contemporaine d'un croisé anonyme, et plusieurs tombeaux de la Renaissance. Dans un des transepts nous avons noté un des plus extraordinaires exemples de vandalisme qu'on puisse mettre sur le compte d'un restaurateur. On y voit entassées toutes les clefs de voûte originales du xv*^ siècle, en bois sculpté et peint qui faisaient partie du toit de l'église, remplacé récemment par des voûtes de pierre, où ces clefs en parfait état n'ont pu retrouver leur place, paraît-il.

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Fleet Street.

Un nom de rue, voilà tout ce qui reste de l'auberge du Tabard, à Southwark, d'où partirent un jour les pèlerins de Cliaucer. Southwark était la porte de la Cité, comme entrée du pont de Londres. C'est exactement ce que le lieu est encore aujourd'hui, nous l'avons vu, pour le flot humain qui s'y précipite tous les matins pour en revenir tous les soirs et cette remarque sur ce qu'il y a de permanent dans les choses est peut-être celle qui convient le mieux pour prendre congé de la Cité de Londres, qui, malgré l'immense développement (jnelle a pris, est exactement aujourd'hui ce qu'elle était autrefois, une cité maritime de commerce international, de banque et d'échange plus encore que d'industrie et de production.

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