‹ Londres, la cour et les provinces d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande: ou Esprit, moeursChapitre 12 sur 36 · CHAPITRE LVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVII

Chambre des Communes^

vJette cliambre, appelée aussi chambre basse y» par opposition à la cbambrd haute des pairs , re^ présente le peuple ; elle est formée des députéS' de cinquante -deux comtés^ qui composent le royaume d'Angleterre , et de ceux d'enviroa deux cents villes et bourgs, et des universités, ce qui fait en tout cinq* cent cînquanle-quatfe députés, qui choisissent un d'eux pour les présider^ sous le titre d'orateur : le roi -doit agréer ce choix ^ ce qull ne manque presque jamsds de faire, et il décore le récipiendaire du t&tr^ de chevalier.

Aucun membre de la chambre des communes ne peut perdre le droit d'y prendre séance , que par le jugement de tous ceux qui la composent: un pareil jugement ne peut être ni suspendu, ni réformé par le roi même.

C'est dans cette assemblée qu'on discute d'à-, bord toutes les nouvelles lois , relatives aux ioirpôt&; les autres lois peuvent être proposées indifféremment dans l'une des deux . chambres ; mais chacune a ht négative sur les résolutions de

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l'autre y et quand elles sont d'accord sur les me-' mes polxits de législation^ il n'y manque plus que la sanction royale.

Nous ne pouvons nous dispenser de rapporter les beaux rers de Voltaire sur cette admirable politique.

AuSL murs de Westminster on voit paraître ensemble. Trois ponToirs ëtoiinës dh noeud qui les rassemble ; Les envoyés du' peuple, et les grands et le- roi. Divisés d*iiitérét, réunis par la loi. ,

Autrefois le peuple n'avait aucune part' au gouvernement de l'Etat , et les anciens parle-mens n'étaient composés que des oarons et des seigneurs ecclésiastiques. La chambre des communes n'eut voix en parlement que sous Hen»

ri VII , monté sur le trône avec le secours des nobles. En i49^> ^^ prince devint si jaloux de leur puissance y qu'il crut à propos de la dimi« nuer ^ en les engageant y sous différons prétextes y à la partager avec le peuple ; mais y au lie^ d'afiermir.sa couronne, il la mit sous la dépen-dance d'un nouveau pouvoir, qui, par la suite, s'est rendu redoutable.

La chambre des communes ,1a première puis-* sance législative , n'a rien d'imposant ni par le lieu où elle s'assemble , ni par la manière dont elle tient ses séantres. Elle se réunit dans une vieille chapelle balie çn carré long, dans un goût

t74 Xondres\ ia cour et le^ provinces ^

gothique y beaucoup trop petite pour Fosage M-^ quel elle est coasacrée ^ et n'ayant d'ailteur $ ricffii de noble ni d'élégant. > '

La cliaire de l'orateur et son dossier sont en simple bois de sapin. L^orateur y siège tant que la chambre est en activité ; ce qui s'annonce par la position d'une grande masse de vermeil ^ surmontée d'une couronne y placée sur le Inir^u des secrétaires, vis-à-vis de l'orateur, quand la chambre forme quelque délibération. Se réunitelle en comité pour des objets à discuter et à débattre avec liberté , la masse , ôtée j)air fhuîfesier de dessus la table et accrochée au - devant du bureau, y demeure jusqu'à ce que la chambre rentre en activité sur quelque autre objet précédemment proposé et débattu. De demiheure en demi-beure, ou tous les quarts d'heure, la masse change ainsi de place. L^orateur en use de même, il ne siège dans ik chaire que pendant l'activité de la chambréf : se forme -t- elle en comité, il quitte cette chaire, et ie place ' sur le premier banc«

Les cinq cent cinquante-quatre députés dont la réunion forme la chambre des cornmunes, ne sqnt point assujettis à un habillenient uniforme ; cfa;àCttn est vêtu et coiffé à- son goût : en gênérai k parure çstja livrée .de. 1^ cour et de son parti. ,

d' Angleterre , à' Ecosse et et Irlande. 1 7 5

Lés débats sont souvent bruyans et tumultueux , et les membres font la conversation entre eux sans paraître faire attention à ce qui se dit au bureau. Cependant les réglemens de discipline intérieure sont sévères, et maintenus aVec rigueur. Un membre qui, par ses discotœs ou ses actions, oseraiit les enfreindre, pourrait être envoyé^à la tour, pi| même être condamné à demander pardon , à genoux , à la barre de la chan4)re. Un député condamné à cette dernière humiliation pour ses discours inconsidérés , vit qu'il n'avait rien de mieux à faire que de s'y èoumettre ; mais en se levant il s'essuya les genoux avec son coude, et dit, assez haut pour être entendu : / never saw sa dirtjr house in mj life ( de mes jours fe. ne vis une diambre si «aie)» Pour setitir ce que cette saillie a de pi* qu£^nt, il faut savoir que dirtjr signifie malpro- .pre ; mats prononcé d'un certain ton , il présente à l'idée tout ce^ qu'il y a de plys vil et de plus méprisable.

Le silence ue S^obtient, et les conversations ,particuliër6s ne 'sont suspendues , que lorsque les. partisans de la proposition agitée* demandent -silence «t attention, en oriant j^a^ ja (oyez, oyez). Au milieu de ce bruit continuel l'orateur annonce , à haute voix , les objets de déli-* bératiôn oa dp disbuséion.

ï 76 Londres , la cour et les proviruces

L'orateur ne peut donner son opinion pour ou contre un bill; il doit seulement recueillir les voix^ et ne donner la sienne que dans le cas où les autres sont également partagées.

Quand l'orateur est dans sa chaire ^ il reçoit le salut de toutes les personnes qui entrent par la principale porte y vis-à-vis de laquelle il siège. Il rend exactement ce sajut à chaque arrivant , en ôtant et en remettant un chapeau large et plat y ce qui le tient en exercice continuel^ sans déranger son travail , soit qu'il lise, soit qu ii parle.

Quand l'orateur a rempli cette place pendant un grand nombre d'années , il' est ordinaire-» ment gratifié d'une pension qu'on peut évaluer à 60,000 livres tournois.

Très -peu de membres se piquent de faire brmërlejir éloquence j on n'entend guère parie? que les chel^^^ parti. Au reste , les plus silèn- ' çieux ont leur voi^ comme lie^s personnages qiu sont le plus doués dudai^de la parole. On rémarqua long-temps un de ce^ êtres silencieux , qui, membre de la chambre , pendant vingt ans^ n'y proféra pas une seule phrase. Enfin un jour, on fut bien surpris de le voir s'avancer au bureau, et faire signe qu'il voulait parier : vu la smgularité de l'événement, toute la chanobre garda un profond sileaee« U exposa qu'un des

'dJngUtene ^ d Ecosse et d* Irlande. 1 77

LUï delà fenêtre auprès de laquelle se trôu^

▼afK sa placé, etàft Oâssë ,de^ùîs trois jours y et

j «Ju'il y avait poiirMui' danger îwiriineiit d'ètfe

affligé * d une fluxion , si- là fc&âmbrè ne preriiiit

pas incéssamnrentlâ cîrosëéii côtï^itfératîon. '«^

'*Là màjèstë ilu Peuple anglais , représentée par la chambre des communes, s^annonce» surtout, par la manière dont *s6ntït Wçus lès messages du roi; tonjWàrs portés' pàK deûx'Sei^ gràrîds-* jtrges. Dès qà'iîi^ se' sont fatit inndtièéi''; riiuissîéi',^ en- jacquette poire ^t{ùi né |fâsèié pas lfe*'gértôui' va prendre la mksfse', dévïini; ^du ' Sut^ lé Irt^êkù^/*: et il s'avance à la porte dôtit s'biiVMt ïé*s tfetfîT' baltans. Lày ; léS tJô^rtiinîS^aWès'^^ ^Wift'fôht' dteix profoodeâi réf^ênees^^ qu'ils réitètèrit^ au' tniïifett^ delà salle. Amtés'iiU'^uiièa«,:i^hfé6l€'^]^*t)^èi^* sièipe révérence ^ii<>ô¥^ p)uS^ j^Ofbkdè ^B'^legl premières i exposent robjet 'dtf ^wksagè ,^é« ^érfo tenl sur le fenreàtt léfi? pâpiéi^^ikî en contîetfûîcttt^ lesrdétails- Ils se retiFéi>t- etfô^tfe èi ^èculonfe^ éW> répètent ks trois pr6fottdes^i^viénèiiô^i3*t|ti'îU èél* faites en etitrdn t,' toujours phéù^dés {iar Thùii^ëiev^ portant la masse. ' '■'■'' * ' •'* '

Cette cérémôrîté attife k p^îtife'Tàtten^îbti'^aë'^ là fchambréi i{tû iiè^*honore jJ^é^tt/éfae d^ù^^ tant de silence, chaque mèmbi'è bôntîAiiîiift 'à * causer ayec sf^d voisin , i^t «^eittlôUï^àd tOu}oQ*8

a. * la

i^^ Londréà , ia u>ur et les provinces .

La chambre des communes a le piivilëge de faire comparaître à. sa barre tout écrivain ^îs'est permb quelques expressions qu'elle regarde comme injurieuses pu portant atteinte à sa di^ . gnité ; de lui faire demander pardon, à genoux , et de l'envoyer niême en prison jusqu'à la fia de la session actuelle.

; La chambre a aussi le droit y quand il lui fdait 4'en faire usage ^ d'expulser du Heu de ses séances^ les pairs qui s'y trouvent, quoiqu'en d'autres occasions elle leur témoigne beaucoup d'égards ; elle peut même faire emprisonner ceux qui refuseraient de sortir.

^ Chaque membce de la chambre 'peut dire li^ tyrement sonayis : celui qui veut parler > se lève ets^ dé|t;o«vff)p, '^ veste découvert pendant tout If t^ps ^'il portai la parole. S'il arrive que pkisieurs membres, se lèvent : en mén^e temps, rpr^kteur décide la préférence en faveur de celui cpii s'est levé le prenaier. C'est toujours à Fora* teiir que celui qui pairie adresse la parole : il ne: lui ' est pas permis d'interpeller ^ ni même dé nommer celui dont il réfute le sentiment; il doit sgt^ement se seryir d^e ces tournures de phrases : Vl^ord^le miembre « • , « celui qui a été pour on contre la proposition, etc« . i

On. a calcule qui$ jk [personne à;qui.appartienKi nent les pétitions présentées à la chambre de*-

^Angleterre , d? Ecosse et d-ïrlande. 1 7^

conimunes , après qu'elles ont été discutées^ feki iretire souvent jusqu'à îoo Kvrés stérfihg, de là seule vente du parcheniîn sur tequâ elles i6nt écrites .' ce sont ordinairement les tailleurs ijtiii achètent cei^' pétitions^ poUr faire des metaresl

• • i Les femmes ne peuvent pas assister aux débats de la chambre des communes. Voici quelle est la cause de cet étrange règlement. Un membre de la chambre ^ placé sûus la galerie , trou-vaut un jour que sa perruque devenait fort humide pendant une discussion très-animée y l'attribua d'abord à la chaleuf du lieu^ et ensuite à celle qu'il éprouvait lui- même ^ en débitant son discours ; mais l'humidité augmentant quand il fut assis y et sentant enfin qu'elle lui arrivait goutte à goutte de la galerie y il leva les yeux , et faillit être aveuglé par l'abondance de la rosée qui s'était frayé une issue à travers le plancher supérieur. Gomme il y avait des d!ames au-dessus du lieu où arriva cette aspersion y le membre arrosé l'attribua à leur influence. C'est depuis cette époque qu'on a pris la précaution rigoureuse de ne plus admettre de femmes dans la galerie.

On demandait à un honorable membre des communes^ habitant de la cité y et grand partisan de la cour^ ce qu'il craignait le plus^ ou de Top

;i8o Londres f la cour et les provincei

fosiûon parlementaire ^ ou de ropposîtion conjugale ? (( La première^ dit-il^ fait bien k peu près autjixit de tapage que la seconde; mais Phébé ma femme y peut me faire des tours qu'il n'est pas au pouvoir de tous les pitriotes de pie jouer M.

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JC'An^etent y (P Ecosse et à'îrlahàe. 18 e

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