CHAPITRE LVIII
Chambre des Pairs.
J j A chambre des pairs est composée dfes jsei« gneurs spirituels, archevêques ou évéques,. et des seigneurs temporels y ducs, comtes et barons*. C'est un corps intermédiaire qui maintient Téquilibre, parce qu'il est également intéressé à em-^ pécher d'un côté la prépondérance du peuple, qui pourrait un jour amener l'anarchie , et d'une autre part, à restreindre l'influence de la couronne, qui pourrait dégénérer en despotisme.
« Il pouvait résulter, dit l'abbé Raynal, du partage de pouvoir entre Je roi et le peuple une lutte continuelle , qui , avec le temps , aurait amené ou une république , ou la seirvitude. Pour préve« nir cet inconvénient on a établi un corps înter^ médiaire qui doit également redouter les deux révolutions. C^est l'ordre de la noblesse, destiné à se jeter du côté qui pourrait devenir faible ^ €t à maintenir toujours Téquilibre. La constitu-* lion , il est yrai , ne lui a pas donné le même degré d'autorité qu^aux communes; înais Téclat d'une dignité héréditaire, l'avantage de siéger pour son propre compte et'sans élections, et quel-
iS» /LoH€ke$^ la cour et l^proyinces
ques autres droits honorifiques , remplacent, au-* tant qu'il se pouvait , ce qui lui manque du côté des forces ireelles m.
Tous les pairs ont droit d'entrer dans la chambre haute. Ce^droit est inhérent à la pairie anglaise ; il le devient a la personne de celui qui la possède y et ne peut se perdre qu'avec la vie çjx la pairie : Tune et l'autre ne peuvent être ôtées, quèn vertu d'un jugement de tous les pairs.
Les pairies sont héréditaires dans la Grande- Bretagne , mais elles ne sont possédées que par lés niâles. A leur défaut, le roi peut y nommer. Les évêques sont aussi pairs du royaume; en cette qualité ils ont séance dans la chambre haute , ainsi que les princes du sang et le grand chancelier. H y ,a deux archevêques et vingt-quatre évêques.
La chambre des pairs n'a point d'orateur ; elle est présidée par le roi , qvl en son absence , par le grand chancelier. Cependant un de ses membres y appelé ràomme du parlement , est chargé de lire les bills , et représente , en quelque sorte , l'orateur, des communes!, mais sans exercer aucune espèce d'autorité.
Les pairs tenaient autrefois leurs séances dans une salle nullement convenable à 3a destination ; elle av^it si peu d'étepdue,, que lorçquç le roi s'y rendait pour ouvrii: qu fermer les sessions ^
JPJngleiene^ éP Ecosse et ^Irlanêe. r83
elle suffisait à peine pour contenir les membres^ des deux chambres. Depuis la reanion >ie Ut Grande-^Bretagne et de l'irlatfde, les pairs s'as-^ semblent dans une salle plus vaste et beaucoup' plus belle : oniy a transporté te dais et le tràne y ainsi <pie les vieilles tapisseries de Fancienne chambre des lords. II est d'usage que les pai^'^' comme tous ceux qui entrent dans la saUe y saluent le trône. Par une autre étiquette, qui a quelque chose de bizarre y attend:n qu'elle n'est point générale , persomie ne peut y entrer en bottes^> à l'exception des membres xle la cbantibre des* communes. *
Les pairs ne peuvent, en aucun temps, être, arrêtés pour dettes , au lieu que lesimembres des communes ne sont à couvert des poursuites de leurs créanciers que pendant les sessions du pa^lement. La raison de cette différence de privi-lége , est que les premiers sont conseillers héré-< ditaires du roi , et ont le droit de demander ea^. tout temps une audience de sa majesté ; au lieui que les membres des communes ne sont légis*:
lateurs que lorsque hl^ parlement est coilvo^: que. i >
S'il arrive à utt pair d'être arrêté pour crime de haute trahison ( k seul cas où l'on puisse saisir sa persomie), il n'est point )ngé, comme les autres Anglais ,{iârdk>iiM jurés <| mais par l'assemr^
i84 . Zohc^i^fkt cour et les provinces
bM^ g^ti^i*^^ (jt^a pairs. Tout lord est juge natun rel de cbiK^liii^deft autres lords t là cour ne peut en exclure ^ucuii. ^11. amriive rarement qu'un accusé 4e. f cet <^dire propose des moyens de récusation contre qvielqu.'isa de ses pair^, JD^'ail^eurs^la loi ne siippifse pas qu'ui^p^ir soit capable de manquera rbo^neur,ren,abM,san^ du privilège de prononcer surine sort dfî, ses égaux mis en jugement.
'D^ns Je cas' on un simple particulier intenterdii' un procès a un pair du royaume^ pour raison 4e,i3)eùrtre 9 ou féloilie , ille force à comparaître ^taut les tribunaux ordinaires, par des commu-nalistes ou des défenseurs pris dans la classe dès^ jurisconsultes»
1 Les lords convoqués pour un jugement ne prêtent pcÂnt: de serment, comme les jurés ap-pdéf en matière crinliinélle ; ils prononcent , sur leur façnnenr y en mettant la main sur la poitrine , que l'accusé est '^coupable ffipon mj honour gidlty^^^ pu iju'ïl test innocent (^nqt guUïfJ , non cxiupable. Les fords ecclésiastiques prêtent sei^^ méptlen posant la main sur leur cdbnrv Le juge-^ mené 'des lords ^ ccimm^^^eKii des jurés', doit être unanime. Lorsqu'ils sont appelés en témoig^^ > I4 loi exige d'eux le 6€^rn^<çnt«
C'est par. le baron dont le tbtrei cst^^réé le dernier y que* l'on ceifnttieoi^eiàofiecueillir'leS' voix , etii'im finit par<âi».tpiùs.Ancîw'.di^
d'Angleterre^ d^Ecosse et d'Irlande. -iSS
Lorsque le roi assiste en persK>niie ^u parlement y aucun des pairs n a le chapeau sur la tète (i) ;ea l'^sence du nionar^uç^ après avoir salué le trône , ^il£| prennent séance et se cou-*
IJs sont ;jliom,V)e|:u£ d'une rolite d'écarlate^ et tiçonent un Jli>àtO¥i. blanc à la m^s^ip* Leurs siégea sont des saics, de ^fune coiuvex;^ de drap rouge.
Les bîlls y commt on Ta dît plus baul , acceptés par la chambre des communes, doivent recevoir ,ua nâuvial exameii dw^.^elleldes pairs y et recevoir enauiie la» sanction du roi* Ce ii'est pas le mouarque qjui dit qu'il approuve unç loi y mais le chancelier, |)at jces mot$ : Le roi le veut. S'il la rejette y le chaucçlier dit : Le. roi s'avisera.
£n Angleterre^, tout lord, soit ecclésiastique^ soit laïque , qui passe dans vine forêt du roi pour se rendre i^u pafrlement , ou en revient, a le droit de tuer un ou, deux cerfs, sans être obligé d'en demander aifparavant, la per^nission , et à la vue. même des gardes de la forêt; mais si ces gardes sont alKsenâ i le chasseur doit donner du cor , afin qu'on> sache qu'il lî'a pas voulu vol^ la venaison du roi.
(i) Il est néanmoins fait mention d'un lord Kinsale». dbnt la famille a' It privilège der se cûaVrir devant te roi d*Ai»glctcrre. * .
à86 Zondrês^ la cour et lespro¥mù9S /
Quand un pair d'Angleterre va à la chambre des communes , on lui présente une chaise à dos^^
La chambre dés pairs y composée de l'élite dé la noblesse^ est souvent déserte y ef Ton n'y pro^ nonce pas moins sur les objets les plus impoptans de la législation. Le peu de membres qui* se trouve dans l'assemblée , disposa des suffrigetf des absens^ qui ainsi donnent leurs voix pm^procureur y et ces actes n'en ont pas moins force de loi.
Le privilège qu'ont' les pairs de donner ainsi leurs voix par procureur , est manifestement contraire au bien de la nation. Celui qui est présent peut n*etre pas touché des raisons i\(Â auraient convaincu les absens qu'il représente Leurs voix y dont il dispose^ donnent force de loi à un acte auquel peut-être eux-mêmes ils; se seraient opposés. U, est d'autant plus aisé au: principal ministre <le faire passer un bill à k chambre des pairs y qu'il n'a pas takimie besoin de la présence de ceux qui lui sont affidés. Dans les questions. les {dus importantes^ le tiers des suffrages qui les décident est, pour Tordinaire, de membres absens.
L^ chambre des pairs y presque toujours à demi vide , a souvent été l'objet de la satire des membres des communes , quoiqu'ils se trouvenjt dans le même cas. Un d'eux y dans uq disQOuirs ^
assuré que plu$ieiirs fois il a^ait été: embarrassé pour savoir si la cfaam)>re des pairs était assera^ I>lée* tt Un JQm* j^ demandai^ ditril, à ilae douzaine de gens que je (rouarai dans Fantichambre y si les seigneurs jetaient assemblés. Attendu, le petit nom** bre de pairs que nous avons vus se rendre ici ^ nous ne pcmvons répondre à votre question , me dirent -ils. — Savez -vous $'ils s'assemblèrent bier? «-« La même difficulté nous ferme la bou<Y cbe^).'
On prétend, dans la Grande-Bretagne, que ja^ mai^ un évéque anglais n'a opiné contre la cqur, m refusé de donner sa voix, lorsqu'cdle a été né* xr^saire pour faire passer. une loi coAtraire à la liberté • Un de ceq prélats , dit i^n jour en plein parlement ; a Le ministère a de grandes obliga* tions à y tre banc ; nous lui épsffgnons beau** coup de %iensions » • Dans deux années du recueil des discours prononcés dans cette chambre, on 1 n'en a trouvé qu'un qui fut d'un évêque ; ce * qm a fait appeller ce banc, le banc du silence. Leur condtdte politique expose les éyéques à mille plaisanteries de la part des seigneurs laïques et du public,, qui les traitent comme si réellement ils étaient sourds et muets. Le fameux Locke , caractérise ce banc d'une manière encore plus offensante ; il l'appelle le caput mortuum de la chambre des pairs.
i 88 t ondres , ht cour et lés provinces
Jacques t , ëUnt iin jciur à Iftble ayec plusieurs seigneurs anglais 3 au nombre desquels se trouvaient deux évéques, leur d^lmanda s'il ne pourrait pas prendre de Targent de $es sujets quand il en aurait besoin ^ sans toutes les formalité du parlement? L'un des érèques répondit qu'il en était le maître : l'autre eberdiait à ne pas répondre ; mais forcé de s'expliquer : te Je crois » dit-il j que Totre majesté peut légitimement pveadre l'argent de mon confrère > puisqu'il- vous l'offre ».
Un membre de la chambre haute peuV eon- ^tracter des dettes et ne pas les payer. Les baillis et leurs sergens n'ont pas d'action sur sa jpersonne ; il brave ; impunément la poursuite de ses créanciers. Quelque authentiques que soient leurs titres^ il faut qu'ils prennent paiiepce^ et attendent tranquillement , pour être pryés y que leur illustre débiteur soit fatigué de leurs {Maintes
.et de leurs importunités. '
L'architecte de George Villiers , duc de Buckingham j ne pouvant obtenir de lui le payement d'une grosse somme qu'il lui devait, pour de fortes avances, et voyant que la qualité de pair mettait son débiteur à l'abri des poursuites de la justice , imagina un singulier moyen pour s'en faire payer. Un jour que le duc venait de recevoir
'd' Jngletftrre , d^ Ecosse, et d'Irlande, i §9
un rcmbourgjemep}; çogisidérabk,, cet architec(e^ qiii en était instriuit. vint lui demauder de l'argçxLten l|ii représentant qu'il élpt, aux abois y et allaitrse trouver en butte a des créanciers impi-N l;oy;ables. Le duc^J'/cputa avec boifté, parut trèstouche de sa pojsidouj marqi^a le regret le plus y^.dè ne pouvoir ; venir k son secours^ dans cç jcçQpnient. critique^ et^pour adoucir Famertume dç de ses refus^ loua beaucoup les talens de l'artiste, vanta tout ce qu'il avait fait dans l'hôtel y et entr'autres les statues qu'il ayai^placées au haut d'une Serrasse. « Eh bien^ mîlord, lui dit l'architecte , ces statues que vous admirez tant, et que je croyais moi-même d'une perfection achevée , sont directement celles que les connaisseurs critiquent le plus ». Milord perSiâtà âàûs son opinion, et proposa à l'architecte d'aller sur la terrasse examiner les statues. C'était où l'architecte l'attendait. Dès que le lord s'y fut rendu , l'architecte qui était beaucoup plus robuste que lui, le saisit par le milieu dû corps , et l'entraînant sur le bord de la muraille, le menaça, s'il ne le payait dans l'instant , et s'il poussait le moindre cri , de le précis piter daùs la rue , et de s'y jeter a^c lui. Le duc , plus mort que vif, se récria en vain sur l'impossibilité où il était de le satisfaire. « Tu me trompes, lui dit, son créancier, je sais que tu as reçu beaucoup d'argent, et qu'il est déposé chez ton banquier. Choisis^ ou de mourir, ou de me donner à
190 Londres, la cour et ies provinces ^
l'instant même une dëlëgâtiôn payable k Vtië à\A lui. Tiens ^ voici de Tencreet dû j^apiéi' ^ ëcri^ ; ou meurs dans le moment n. Milord-dùc sentit qu^il était pris comme dans un piège ^ et fit tout ce que voulut l'architecte^ qui^ après Taroir lais^d sur la terrasse dont il emporta la clef^ gagna fà porte de l'hôtel y où un chév^ l'attendait^ et Cdù^ rat recevoir che2 le banquier le montant 'dé sa délégation./. * .
d'Jngletéfi»9 tl^Ecosie et d^lHàhâe. 19 1
CHi^PITRE LIX
Noblesse. .
■h est des observations et .des traits curieux QWcerdant la noblesse anglaise',, qui n'ont. pii ^uver plaee dans le ch^pî|;re précédent. ^^ et qixe nQus ^ypiM. vé^v^é^ pour celui-9»
.' Le roi étant 'h éouroe ou le distributeur ar« bitraire deobofaneùlis^ ôncodçcMt^aiééméiit (paé pour y paryetiir , une naissaâiceTdtSftinguée n'est pas de nécessité^ absolue, fifotts pourrions ^ dît un autetur^jaîoûteriafreo beavoûtipde vérité > qu'il n'est point de pays oùv'.patmi ce qu'on niMiiine lnsgnmd^ ^ bu comj^e^ sî peu* de gentils^ hommes^ * II; hé- râs|e? presque p<>ipt ;cle famille» awttieatyeS'parmi les lords d'asi)0urd'hui , dodit Wphi|iart'Ont{été ciféés parles toîsj depuis un siècle. En Acigletèrce y ufa individurquelconquei de l'origine la plus obscure , s'il se distingue au barrëaii, s'ij^y gagne assçv dèlg^iifëe^poujr payer leS' suffrages des- htdûtaois d'un. bourg cbéttf ^ qdi a le dràît, d'>én»YQyer un .repfféaentant Itu parlement ^/n« tnan^e ' pots d'étkQ élu. Déjà esiereé date l'art aratoire , à peine à-l41 pris sa place dans la chambre , qu'il déclame vivement
contre le ministre. Alors , pour lui imposer silence , un Beàiï matm on enlait uii procureurgénéral. N'est-il pas content , des lettres paten^ tes rélèvent an rang des Idrdsf rï siège dans la chambre des pairs , et ne parle plus contre la cour , à moins qu'il ne puisse prétendre à la simarre de^chancelier.
' Si les vrais gedtilshommes' sont ^tes dana^lâ ()aSriè, on jpèut dire qu'ils lé sowt également dans là chani1>re'dës comtniïftéj, dont fbu^^Iétf membres ^oht cejJendiarit tëgaï^é«c5rarafc tefei> ou- comme > tioblesi dffi • secofxd tkàpe-: 'Aipcès^ les fils et les 6f ères ides pairs ^'Angletènré) et ^d'iltr: lande , on bompte les baronnets , iles «heyatters^ ëli 'les écuyei^j q^i forment les diverses classe^ doùt on tire; les: ar6pffésentainsdssj;€pmtéi>:des. .▼iUe$} et 'des bourgs. • ^ . *• . • ... .. i. .; ? • lies bai^mtif ts r^^^^ui oncd^ pas^sur Ses deu&i atitres ordre^ijofUfssent^duf'^m'iWgè^de trans?. ixvelitre kui^sitiCi^esâ^ leurs <li»bendans , ei a'isttt. d'aiitrie> diotiinolioni qu4^ eeUc) de >poiitter'daiisr lai pâfr(i6'la plifBisâiiUabte de l^aTiéeiiis^ii unejEÛaia:
's'^QuiaiU; ^xrièitf«^9ti[i3érs:^>oii en^^sqpqrpte de deuarl sortes : i.^. li^s lohêvaKers àés ^ obdres . dtl coi ,S tels qu^ cèâ9f:> défila Jarretôèra ,tJdfUi)Bain> di^ €hàrd&ri ou- »de Saint-è Âi^H^é y nnéseinr^ aux Edot^^ sais , «t icelui diè l^aiot^^Patrieik y affecté \ auxilr-f
é^ Angleterre , d'Ecosse et d* Irlande. 193
La seconde classe est formée de ceux iju^ea diverses occasions , dont toutes ne sont pas de la même importance, il plaît au roi décr«^', en lès touchant seulement de l'épëe ; le nombre en est illimité et prodigieux : on les appelle Knights BachellorSy (garçons de la chevalerie)* Au reste, les baronnets et les chevaliers, taift des ordres du roi, que ceux qu'on nomthé 2ôchélloràj ont pour -litre distinctif le «lot 5&^^ (juî précédé toujours leurs iiôms de baptéiheV et tion celiii'de famille; Les épousés des barôWnetk et des chevàlîers sotit Ladies (pluricfl'^ Ladj)r \' ' ' . . •- a^ ;-t
il est iin titré infiniment plds afacieri , infi»niniéni plud respectable que tous ceiix'doiit nous venons de parler*, titrte que lé mbhslr^^iiè ne peut conférer , ni à ses complaisans, ni à ses valets : c'est celui de GéhWéntan; si ittipropre' > itteÀt traduit eti' français par le Tîibt GérltilHo^ me. Cette quàlifièàtioh de Ge>i^/((?/72i2n a toujoiiM été appliquée à tioùt parftciili^i' <^i vit nobles . ment et dans TindépendantJe.' tJn Gentl'èrhàn. éit celui dont lés ailcêtrés oii t vécu en hoMmés Vi^ bres , né détant et ne professant cibéîèisâiitîé qu'à leurs princes légitimes! ■ ^ ^ * ' . ii-i.f^
Rien ne peut donner une idée plus juste eé plus relevée dé ce titre si simple'' en apparènéé^ que- les diverses acceptions quon lui dônn'e."Si
^94 LoAdr'és , la cour et les province
un homme est libéral, intègre, bienfaisant; s'il fait profession de sentimens nobles ; si ses ae* tioac^ répondent à ises sentimens , on dit de lui : Jle is quite ihe Gmtkman ( il est Gentleman dans^ Ji^me)» Yeut-on au contraire faire à quelqu'un ja plus viplente insulte^ on lui Ail i Fous ri êtes fio^ un Gentleman : cette phrase revient à celle- 4ji.: Yous n'êtes jpas un honnête homme. Le^ jurîsQQnsuUes anglais, et entre autres Guillion, ^OQt'paru si singulièrement pénétrés de la no- Messe de ce titre, qu'ils ont:donné des déci'» §i0p$ qui relèvent au-dessus des dénomiqations les plus respectables : le fils d'un Gentleman y affirment-ils, mi$ en appreiitissa^^ çhe? un néjgop^ant ou un marchand, ne déroge en rien À,b,d^g9ité de ses^cétres.
.onOn .cite le ti:ait siaivant, en prei^ve de la faj^litéayec laquel|e.lea rois d'Ajni|[lpterrç créent ^es lords. Un sinriple particulieir, nommé Philipf,jQuissait d'un [»*iyilége tr^-anci^n et très- ^ngulier , celui de . traverser fu voiture, même c^ ^charrette , lé parc du palais de Saiqt-James. ^QI^ç.III youlut^r^icheter, ce .privilège. Il fit offrir à Philips une indemnité pécuniaire. Ce- )ui-ci la refusa. On tenta de s'opposer à l'exercice de son privilège; il menaça deie réclamer dans les tribunaux contre le roi. On le pria de proposer ses conditioas i il deînkndà qu'on le
^Jngleîetre ^ d'Eeossè et d'Irlande, i ^6
:fil [>air de la Graniie-firetsi^e , et la pairie^ lui fut accordée.
La tioblefise JQUti^ daiM les universiiés d'An^- -gleteffre, de phi^eurspririléges dont sont privés •ceux d'ufz can^ îitférîeur ; on distingue les.uns et les antres par tine laouppe de soie ou d'or. •G'^st un. alms d'autant plus surpdrenant que , vdans un pays dJs liberté et de cominerce/ce <n'est pas la inaissance que l'on considère lè plu% «t que le riche .et «le ^toyen y âOiat ftiitant i^oa* sidérés t^'t jle f lus grand :Seig;aeuf^'fl'ail{furs ces distinpUpnS: ^put^, tou^uf^ très^propries à ^spirt3r^4e.r<ît|^eilà cçuk qui ies reçqivent,, ;QtjdH dé<}ot|r4i^f#^at 4 pçux q^AV^Q %QXit,jjftir .'^(jf. Tqu4^ )6d|ip2^<>9 est vieieiise^ si elle v^ .€on^nieff|ee]|^^'p2irriospûr6r.à ia jeUlcbesse 1 aino^r 4^ Ic^ v^t4^: si ^elW Inf^ '^i .pérsuatit? pas que^ )^ jxiférite seul4ist^(1g¥e Ifif ^otn^^^B*
(( On a tni[|ows regàridé «omme insepahiUb nie la pairie^ observe Blaeksioné (i)., lè droit qu'a dbiaciin ^de ses membres^ pris ihdividud* leoieBt y. de dbmànder ui>e aiidiepoe partiel»* itère au souv^i^n ^ pour mettre sous ses yeuK., ^yec décettèe..et itespect^toi^t ce qu'il pi^ut^'it-
. (i) Sayant jurisconsulte 9 mort en 1780, auteur d*un ouTrage très-estimé sur les lois anslaises ^ et août nou# «Yôns une traduction , cri $ Vol. in'^S*.
"xgG ' Londres \ la cour et les provinces
ger être intéressant pour le bien général dû royaume.
Les lords, comtes ou duc^V^^^ qualifiés de ^otre grâce ; ce qvii écjoivaut à- votre seigneurie. On donne aux évéques anglais le titre de' Vôtre clémence', comme on le donne aux autres pairs. On qualifie aussi les archevêques de révérendissimes ^ et les évéques de r&^érends pères en Dieu* Il est des qualifications en plusieurs pays y qui donnent envie de rire.
Mais lés peuples de Tantiqûité étaient-ils plus' -sages à cet égard que les nations modernes?
Chez les anciens habitans de Tlrlande, les états étaient distingués par le nombre des couleurs •de leurs habits. Les artisans et ceux qui n'étaient pas nbbles j les portaient d'une seule courleur , les soldats de deux ^ les offitiers dé trois ; ceux qui exerçaient l'hospitalité de quatre, les , nobles de cinq , les historiographes et tes sawVans de six , les rois et les {u*inces de leur sang de sept. Les montagnards d'Ëcwse portent encore des espèces de robes de différentes coudeurs, On vient de voir que dans des siècles , regardés comme barbares ,>les 'Irlandais mettaient au-dessus des nobles les poètes et les sa* vans.
Malgré les distinctions honorifiques accordées à la noblesse, il est néanmoins beaucoup
à^ Angleterre y d'Ecosse et d'Irlande. 197
de. gens en. Angleterre qui révent encore à Té** galité des condilions.UVi jour que Samuel John* .son était à table chez inistriss Macauley , la conversation tomba sur l'égalité parmi les hommes. La dame soutenait que cette égalité était un droit commun à tous. Johnson , questionné, faisait les réponses les plus laconiques, dans Tespérance de faire changer une conversation qui Tennuyait. Comme il vit qu'il n'y gagnait rien, et qiié mistriss Macauley approfondissait' de plus en plus la question , il se hâta de manger, se leva de table avec précipitation y et pria^ un laquais de se mettre à sa j)lace. «Que faitesvous doni) ,. docteur, lui demanda la maîtresse, de la maison ?-r- Madame,, je pratique l'égalitéi que vous prêchez ».
Les vicissitudes de la fortune sont quelque-* fois aussi communes et aussi étonnantes en An-* gleterre qu'elles l'ont été en France, à la fin du dix -huitième siècle. On y a vu sir Âshton i$mith, écuyer, et qui avait été possesseur d'une fortune de i,5oo liv. sterl. de rente, réduit^ poulp subsister , à être cocher de la diligence de ' Manchester.
Sous les roia saxons y les ecclésiastiqqes.
avaient ^^eùls le droit d'armer les chevaliers: et cette cérémonie, toute militaire en elle-même^ était accompagnée de plusifiurs pratiques de
1^8 Londres^ îa tour éNespras^ncit ^
dëvolion plufi coirvenable à nti religieux ({u*$ . utt guerrier. La veîile de sod clèclion^ le cke->. vftlier passait te jour et la nuit en jeûnes et en onaidons. Le lendemaio matin il cooiinupiait^ ayant Tépée pendue au cou. Il la posait ensuite sur Ji-aiitel ; et en la reprenait dn maina du |nréthe , il faisait serment de défendre l'EgUae , la pdtrie, les* veuves et les orphelins » et de purgisr le pays des brigands et meurtrieni'. Guil« laume le^Conquérant^ en loSa, abolit oes pieui» $ea. cérémonies, et s'attribua le premier le droit de iconférer l'ordre de chevalerie. .
L'ordre; de Ja Jarretière est le plua illustre de ceux qui d<^oarent la noMesse anglaise; il iut institué par Çdouard III ^ en- l347* U u/eat composé que de vingt-six chevaliers, le roi^ compris. Dans ce petit nombre , on compt0^> depuis sa création j huit empereurs, vingt-six x;oîs , et plusieurs princes souverains, Oq prétj?pd que l'origine de cet ordre est due à la jarretière qu'Edouard déploya à la bataille de Crécy, ou bien tout simplemexrt au ipot du ^uet j gratter^ ç^e les Anglais avaient pris dans cette fameuse journée , et qui , dans leur lan^ gue, signifie jarretière. D'autres l'attribuent à la jarretière dé la comfesse de Saîisfcury , que ce prinfce ramassa au milieu d'un ba:l, à Windsor •. Toyant (^[uefqùès seigneurs sourire de cette action , il leur 4it t Uonm sdii qui ma[/[pekfei
d'jfi^îeten^ 9 'd'Ecosse et ^Jrlande. tg^
<çe& paroles devinrent la devise de Tordre! La jarretière que les chevaliers portent à la jaftii3e gauche est de velours bleu, sur laquelle est brodé en perles , Honni soit qui. mal y pense r l»a bouclé et soniîermeil sont garnis de diamatis. Le ruban qu'ils portent en ëchàrpe , de Fèpaule gauche au côté droit , est lar^e et. moiré, et d'un bleu plus foncé que celui que portaient aa^ trefois les chevaliers de l'ordre -du Saiut-Esprit ^ au bas de ce cordon est uûe médaille d'or, sur laquelle, est gravée Fimage de Saint-George , entourée de dtamanç.
On assuré qqe la cérémonie soleni^ellé 4^ Hnstaltation dès noijveauf ch^vali^efs , qui se fait à Windsor , coûte au roi 4^,000 livres:
sterling:.
Le fçstii^ qui te^minç cette ^rillan|:e çéj:,^ monie, se dpnne poiirtapt aux /rftis des récipiendaires ; il coûte à chacun d'eux , y cov^jûif).^ les axitrps dépenses , au mJDins ^jqoo livres: sterlirig. pela .est 4'îi}|ta?pkt p]!^^ pjeojj^jpile^ ^}^
Xi'ordre du Bain, qu'on appelle aussi. jt'os^^
«oo Londres , la cour et les provinces
celui de la Jarretière ; il est composé aujourd'hui de trente - neuf chevaliers , dont le roi e^t le premier : on le croit institué par Henri IV , en 1 399. Ce monarque étant dans le bain , fut: averti , que deux veuves lui demandaient justice; il sortit précipitamment dubain» et s'écria que^la justice envers ses sujets était préférable au plaisir de se baigner. Pour conserver la mémoire de cet événement , et sans 4oute pour encourager les grands de sa cour à lui offrir souvent des occasions d'être juste /il établit un ordre militaire et religieux, composé de quarante' deux chevaliers » auxquels il donna le nom de chevaliers du Bain, et leur imposa l'obligation de se baigner avant de recevoir les éperons d'or qu'on leur chausse au moment de leur réception , afin que par cet usage ils n'oubliassent point , que tout bon et. loyal chevalier , doit avoir le cœur et l'ame pure^ '
Lorsquef les chevaliers du Bain prêtent serment dans la chapelle de Henri VII ^ ils sont ■tèt'ûà ' d'un habit d'hermite , et -portent des *lsàhdales ; ensuite on les habillé d'une robe * tnàgnifiqùe , et quand on leuï* chausse les éperons, *ie roi y porte la main; Leur cordon ^ qu'ils portent en écharpe , est un ruban grôSt rongé.
- ;Getei d«s chèvs^eis dt 5«iac-Aûdré>
d^jângletétre^) d^EtM^ et ^Irtande. %ot
aussi du Chardon « est yxn large ruban verd ^ au bas duquel est une médaille d'or, émaillée d'un c6té dé Timàge.de Saint-André, et portant de l'autre la devise de l'ordre : Nemo me impune las esseû^ entourée de feuiHes de rue et de chardon* . . .
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S103 LoadiisSy ia e/uff" et (sf pmvineçf