C R A PI T R Ë L X
JuA fonction la plus importante desSeux chani^ bres du parlement y est de statuer sur les taxes à imposer chaque année , taxes qui ne sont prélevées dans les trois royaumes, qu'après que les bills en ont été solennellement discutés el approuvés.
Les impositions sont, en tout temps, très-con-^ sidérables^ et pèsent beaucoup sur la masse générale ; mais les auteurs 4|ui ont parlé de cet objet, ont presque toujours exagéré. Quoi qu'il en soit, c'est le pays où elles sont le plus multipliées, et où il soit le plus difficile de s'y soustraire , à moins d'employer le moyen qui a douQé lieu à l'anecdote qu'on va lire , et dont nous ne garantissons pas l'authenticité.
Un batelier , nommé Holmes , mécontent , de la multitude des impositions dont on est ac- Ai^ablé en Angleterre , imagina un singulier expédient pour n'en point payer. 11 vendit une maison qu'il possédait sur les bords de la Taraiseï et du produit de cette maison, il acheta Un bateau couvert , pu il fit sa résidence avec sa femme et sa nombreuse famille. Tout^ la rivière
d'Anglster^t, d Ecosse e^ et Irlande. ^3
était son çlppf^MP? J U s^ fyiM% o^ '%\ voulait ^ $e- Ion le temp^ ^ le$ ci rcans tancées * e^ -vivait dans reQ4roit (jui^iu p^raiisait le plus convenable et le plus cQipfpqde, La propreté de son habitation ^ottan(^^ Tintérét qi^'inspiraient ^a femipe ^t ses eiifanj^^, jointe ^\i ç^raçfèfe facétieux de ce batelier , attiraient un gran4 oopibre 4^ PUrieux, qui admiraient avec quelle intelligence ce^t banpin« ét^it parvenu ^ ^ ^oiij^t^aire au jofig des in^p^t« }es plu« fipj[^ablaps. ^
T^m^ ^^^^ p?y^»: l^s droits de dQViaqe ne p^uv^pt (êl^ffî ai:i^i ^rts ^i^n Angleterre. Nplja part OA ne fcsçxigfî av^c iiutant dç rigueur; u^Ue part "jiU UP ^nt aussi opéreux popr le cpinm^rçapt. LfÇ vqluflr^ippqx tfrif ^ç^^ douane;^ , qyi ço^1pr^^d plus d^ douze ççnts ;^rticle^ tax^iÇ , peut s^ul àwinçT \ine justp ^id^ç 4^; lleppmit^ de^ 4i*pit^. ffu'ftîî paye poijr riippoftftûqn oiui Ji ex^qrta^fpp des diverses n)ftf<)b^|idi^ç&- Pour hes^i^çq^p d'aii)tiqW$:9 ^^$ dfpîis sonf si e:«icessifs qu'ils «quivalp^t à 4e^ prohi|>it:tops } nombxe dV>J]jetsqpi fopt l'^gréaiepl: et la çojppo^ité 4p la vie , et quf pijii^qaent à l'Af^glet^r/e , fpi^t ^imposés à trente ,^i|a<^pt^ ^t cimjuajpite pour cent. Cette nation qui veut être sage et éclairée, a cru convenable de mettre des droits exorbitans sur les lumières étrangères importées en livres , et elle proportionne ces droits au poids
ao4 Londres , la cour et les provinces
des volumes- Un lourd in folio, bien ennuyeux, bien absurde, est d'une plus grande valeur dans le tarif des douanes ^ que le génie, l'esprit et les lumière^ renfermes dans le plus mince volume» Une anecdote relative au célèbre Newton , montre quel est Pesprit de la douane et la barbarie de ses agens.
Un savant étranger avait envoyé un prisme à ce grand homme. Celui-ci étant allé le réclamer à la douane , les commis lui demandèrent quel était le prix de ce verre , afin de pouvoir éh conséquence régler les droits. Newton qui connaissait mieux le système 4^ Punivérs que: les régleraens de la douane , et qui estimait le prisme conformément à l'idée qu'il avait de son utilité et de son excellence , répondit que la valeur en était si grande qu^il ne pouvait lai déterminer. Pressé de nouveau d'en fixer là valeur , il répëta qu'il ne pouvait pas dii'e ce que* valait le prisme , pàtoe que son prix était inestimable. Les honnêtes commis' le prirent au mot, et lui firent payer un droit exorbitant ^our le prisme, qu'il aurait pu avoir en- nepayant que le poids du verre.
d* Angleterre , d Ecosse et d* Irlande. :aoi