CHAPITRE LXII!I
fFites-Boys^
11' À existé en Irlande une soeiéte de bandits^ Contrat 80U8' 1er nom de JFites* Bey^ , ou les eufaû^ blancs , ainsi Aomiïiéa parce qu'ils portaient un sarreaur bian^i par dessus leurs habits, lis se faisaient un peint d'benneur de tourmenter, de màesacrer tous ceux dont ils étaient jaloux , ^i coRtyaviaient leurs intérêts , ou dont la pros|)éi*itë excitait leuîr envie. Quelquesuns d'enlf'eux prirent le noïp de Cœur de chêne et Cœur d'acier. La plupart étaient des protea* tans ^ ennemis de tous les autres cultes ; joignant le fanatisme à la cruauté « ils faisaient prêter serment» à Tentrée des chapelles, de se soumettre implicitement à leurs lois » et ils te^ naient un registre exact de tous leurs, associés. S'étant attroupés en grand nombre près de Do-^ neraile , ils comtnirent les plus horribles cruau-* tés envers un homme qui ne voulait pas se conformer à leurs rêglemens. Ils creusèrent un trou large et profond,, qu'ils garnirent de ronces et d'épines, y précipitèrent tout nu l'objet de }eur vengeance , le couvrirent de mottes de terre , et le laissèrent quelques instans dans
1^68 • Londres, laeour et les prù¥ince9
cette douloureuse fiîtuatioD. II3 firent subir lie luçme tourment à une femme y pour avoir invité un prêtre ealho)i({ue à dîner efaez elle ^. ce qui est défendu rigoureusement par leurs, statuts.
Ib ne marchaient jamais qu^en troupes au moins de quatre vingts hommes , sous b eon^ duite d*un capitaine , qu'ils choisissaient parmi tes plus déterminés d'enlr'eux. Ce n'étaient que des gens fanatiques et grossiers , réunis par des brigands, sous prétexte de leur faire rendre jusr lice , mais qui servaient bien plutôt à la venr geance de certaines persotines. Ils attaquaient les magistrats qui montraient de i'activité à les faire punir , et volaient; et pillaient les maisons de leurs victimes.
Ce fut en 1785 qulls commirent le plus de déprédations et de crimes. Celui qui se faisait appeler leur capitaine , était un- homme bien mis , qui portait un chapeau- bordé en or> et une épée à monture d'argent. A Caste -Island ils affichèrent un écrit sur la porte de Féglise*, par lequel ils déclaraient qu'il fallait^ augmenter le salaire des ouvriers , et que désormais on ne payerait pkis de dixmes.
A trois heures du matin , dans le^ mois de mars j ^85 , quatre de ces brigands entrèrent avec effraction dans la ferme de Thomas Murphy , à Stermonj^town ^ près de Glass^evin ; ih-
. d'Angleterre , d'Ecosse et d'Irlande. a%
pénétrèrent jusqu'à la chambre o^ était ce fermier , et un d'eux lui tira dans la tête un coup de pistolet » dont il mourut àur - li| - champ. Us sortirent aussitôt de la maison et s^'échappèrent. Murphy jouissait de la meilleure réputation ; tout l^i prospérait ; il laissa une femme enceinte de huit mois ^ et déjà mère de quatre enfans.
Vers les deux heures du matin » dans le mois de juin de la même année , le respectable ecclésiastique M. Ryan, pasteiu* de Clonnel, fut éveillé par un bruit de chevaux, qui s'arrêtèrent à sa porte ; elle fut enfoncée dans un instant , et sa maison remplie de f)^ites^Bojrs qui montèrent dans la chambre où il était couché avec son épouse. Il eut à peine le temps de se saisir d'un pistolet qu'il tira au hasard sur les brigands , et n'en blessa aucun. Après l'avoir entouré et accablé de coups , ils le traînèrent , nu et en chemise , dai)S sa cour , malgré les larmes et les prières de M™' Ryan «qu'ils traitèrent également avec la dernière brutaUté. Us ne quittèrent le vertueux ecclésiastique qu'au bout de trois quarts d'heure ^ meurtri et tout sanglant , et croyant l\ii avoir arraché la vie. Us rentrèrent dans la maison pour y chercher des armes. Us témoignèrent ensuite, par des cris de joie et des danses extravagantes, le plaisir barbare qu'ils ressentaient de l'action atroce qu'ils venaient
17^ Londres ,- la eour et les prox^inees
de commettre; et ce fat devant rëpouse^et^lf» enfans du vénérîtblc? pasteur qu'ils se livrèrent à ces sentimens dignes de vrais^ Caraïbes : fnais la victime eut le bonheur d'ëehapper à leur -rage. Un de ces Wités^Boys^ ooridamné.à ^nort, et dont le cadavre devait être exposé sur un grand chemin > était tellement endurci dans Je crime | que lorsque le serrurier entra dans son cachot , la veille du jour où il devait e^re exécuté , pour prendre la. mesure du corset de fer dao» lequel il devait être exposé , il demanda. \in pot de bière , endisant que sa coutume était de régaler
' «on lailteur toutes- les fois qu^il venait lui prendre la mesure d'un habit.
Il s'en faut dé^ beaucoup que les voleurs d!Ir* lande et- des autres contrées brùanniqties, ap^ prochent de- la cruauté des Wife^Boys ^^ malgré
" les crimes qtt't^n peut leur reprocher.
Le lord-diéf delâ'juslioé tl'Holi , vit un jour conduire à son tribuiial un mal^em^uxi ^ocosé d'avoir volé ^ur- les graïkls eke^nifis : le «crime fut prouvé , et- il le condamna à la mort. En l'interrogeant /il le reeon» ut. pour un de ses compagnons* tf éttKÎes ^ etue put s^empéc^er de lui demander des nouvelle^ de quelques-uns de ses anciens condisciples ,* avCc lesquels il avait été lié* « Que sont i devenus , lui' dit-il ,' Thom , William ; John ; ietc. , qui* étaient de si bonê
d' Angleterre j ^Ecosse èfà^Mande. 271.
compagnons , et avec qui je me s\x\i tant amusé dans mon enfance ? — Ah ! milord , répondît le voleur, en poussant un profond soupir , ils sont tous^ pendus, excepté vous et moi ».
On conduisait trois scélérats, acèii^esde meurtres, de la prisdu à Idi^alle^de justice de Klingston ,* pour y être jugés. Un d'eux enleva le cha-'
♦peau d'un homme qui les regardait pas&er» et lui dit en juraùt : « Pourquoi ijie regardez-v<3^s
- avant- qu'il ea sôitlemps ? Venez lundi , et vovis me verrez pendu, droit comme iiae livre de chandelles ».
Le crime ne "teste jamais Impuni. Il serait- à souhaiter.) que 4ous cèu^iiqui se setitent portés à commettre'tme mauvaise a'élibn <- se napptelas*
* sent sans cesse 'Xîétte terrible vérité , et l'an/ec- \ dotç que nous aUona j>lacer ici. .
Un boucher, du comté d'Yorcksbîre, pénèlte dans la maison d'un de ses voisins , dont il sa-* vàit les maîtres absens ; il n'y trouve qu'une
* servante, qu'il a la barbarie d^assdmmèr : il ehfôiicé ensuite les' armoires , se saisit de ce qui lui convient ,' et^se dii^ôse à l'emporter, lors-
' qu'il s aperçoit que la servante respire encore, ircrbii^i'acliéveipèn îurfcoupànt là gorge; mais cette malheureuse dénfestî que vécut assez pour désigher rassàssin à* ses maîtres, au moment
' qu'ils fenfrèrent cheai eux. Celuî-(ji se hâte d«
se rendre à quatre-vingts milles de Tendroit où. il avait commis le meurtre , s'engage comme matelot à bord d'un corsaire qui met à la voile le même jour. Au bout de deux ans de croisière , non -seulement infructueuse, mais troublée par toutes sortes d'accidens, le vaisseau revient au même lieu d'où il était parti. Les matelots qui , depuis que la foudre avait frappé trois fois sur leur navire , n'avaient cessé de dire qu'ils avaient un meurtrier parmi eux , répétèrent ce propos quand ils furent descendus à terre^ Ce bruit parcourut en cinq jours l'espace de quatre-vingts milles qui se trouvaient entre le lieu du mouillage et celui du meurtre. Un particulier part de cette seconde ville , reconnaît l'assassin , et le fait arrêter. Le^ boucher ne doute pas qu'il ne soit poursuivi par un Dieu vengeur , il avoue son erime , et il est pendu.
On fit périr du même supplice , auprès d'Armagh, ville primatiale d'Irlande , un malfaiteur^ convaincu d'avoir volé des vaches , et qui professait le culte catholique. Quelques jours avant son exécution, il fit courir desvbillets, pour informer les gens de la campagne, du jour et de l'heure , et il ajoutait , qu'on ne se repentirait pas d'être venu l'assister dans ce dernier mo*
ment. Comme il faisait le métier de voler des
d* Angleterre ^ à* Ecosse et d^ Irlande, ayî
bestiaux depuis un certain temps , tous cei:ut qui en avaient perdu ^ crurent qu'il se propo-^ 6ait de révéler des secrets auxquels ils étaient intéressés ; en conséquence , un concours prodigieux de paysans se rendit à son invitation. Arrivé au lieu fatal où devait se terminer sa vie, il commença par dire aux spectateurs, qu'il était prêt à répondre aux questions qu'ils ju<géraient à propos de lui adresser , l'un après l'autre. Il eifNsatisfit plusieurs. Enfin , un riche fermier du voisinage, qui avait perdu depuis peu un cheval de grand prix , lui demanda s'il pourrait l'instruire de ce qu'il était devenu* « Ecoutez , maître un tel , lui dit le patient ^ dans l'état où je suis vous ne devez pas crain^^ \ 4re que je veuille vous en imposer ; miais si je fais quelque chose pour vous dans ce monde ^ contribuez du moins au salut de ma pauvre ame dans l'autre^ J'ai fait mon calcul, et je prévois qu'il ne me faudra pas moins de six messes : mettes autant de schellings entre les maiqs de mon confesseur ». Le fermier dépose l'argent. Le criminel le regarde et sourit. « A pré^ sent je vous déclare , ajouta-t'-il , sur la parole d'un mourant^ que je ne sais rien de ce qui peut avoir rapport au vol qu'on vous a fait »♦ Puis se tournant vera le bourreau : « Fais de mon corps cte que tu voudras > lui dit-il , j'ai ' pourvu \ mon tme »•
a74 Londres ^ la cour et les provinces
On condamna à mort , dans le Norfolkshire ».
un vieux criminel qui avait peut-être échappé plus de vingt fois à la punition due k ses crimes. Lorsqu'on. lui eut prononcé sa sentence ^ on lui demanda ce qui avait pu l'engager dans l'affreuse carrière qu'il avait parcourue » et pourquoi il y était resté un si grand nombre d'années ? c Par la même raison , répondit ^ il ^ que l'on court les chances du commerce. Il y avait beaucoup de chances pour qiife je fisse des gains considérables ; beaucoup de chances pour ^ue je ae fusse pas découvert; beaucoup de chancea pour que je ne fusse pas pris ; si j'étais ptis , beaucoup de chances pour que je ne fusse pas convaincu; et si je l'étais, je voyais encore quelques chances pour que je ne fusse {las pendu j».
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â^ Angleterre y d'Ecosse et d'Irlande, a 76