CHAPITRE liXVI
Bienfaisance. Secours pu&l&s.
ïfovn ffeu que l'on connaisse lés -secours pu*blicset particnliers prodigfués continuellement en Angleterre, à tous ceux qui sont dépourvus des moyens dé subsister , on s'étonne d'y voir un si grand nombre delilotix et de malfaiteurs. Mais il est des gens queFoisiTeté et le^libertinage avilissent sans cesse; ennemis de tout travail , dégradés par les plus funestes passions , ils ne peuvent vivre que dans le crime, et parviennent à se faire illusion sûr la mort et l'infamie qui lés attendent.
Il est encore une autre cause qui livre la.
Grande-Bretagne à Fessatm prodigieux d'esçroes et de voleurs en tout genre, qu'elle recèle, malgré la guerre qu^ les lois ne cessent de leur livrer : les secours dé la nation , et les bienfaits des âmes sensibles^ ne tombent le plus souvent ' que sur les dernières classes du peuple ; ils n'at^ teignent que ÎHen rarement le commerçant mal'* beureux, que des revers imprévus^ précipitent' dans l'horreur du besoin; ils seraient en vain féclamés'par lefils tle famille , par la jeune perlEjûne ^i jT apfâs avoiy jreçu ^ne éducation soi
gaée, tombent dans la misère, ou par leur faute,, ou par la fatalité des circonstance^. Ces infortur nës ne sont pas en état d^ ^ livrer à des^ travaux grossiers.
Depuis quelques années , il s^)st fait en An*gleterre un établissement, en faveur des étran<gers , qui. paraitratit devoir remédier- aux Inconveniens dont nous venons de parler. Daqpis l'année i7^t uû grand noiwi^t de pieux nuér titistes « que Voltaire appelait ^ «toia^ûter de Vjingletéfrey formèrent une réunion^ sou3 •la dénomination de SociMé garnie des éirangfirs^ Son objet est de venir au (recours des étrangers, de rechercher oeux qui languissent en silencp^ ..^ans le besoin , ou qui souffrent de quelque auitre manièret ^sans acception de nation, de seçtè,. de parti. Encouragées par de tels exetnples, cbe semblables sociétés se formèrent bientôt en divers endroits, particalièrement. à Dublin , o|i ces estimables et zélés sociétaiçf^, en x8oOi, ^ trouvèi^rat en 4lat de soulager deux mille deux cent quatre-vingt-quatre £^mil|^) et çyiq miUe deux cent quàmn^e individus.
L'impôt ou la taxe qu'on lève poM? l^s^p^v^s est très-considérable» elle vaàfdusii^urs milIipÀps sterling. Chaque paroisse fait ûe^m un npoib?^ d'orphelins, et nourrit les p^fivr^i^f^itj^u^. Les aumônes qu'on y disiribue; ^e r^^ndei|t
iégalenteal; sur tpuâ ks. indigène qui j^iadl|îliïe^|}^
idails ' i 'enceinte: iâe la pdtroîâae^ -sÀqft distinctioiii de religion ûi de seete.
L'Anglais , de quelque, état ifuil soit, riich0 ou malaise, p^ye la taxe des pauvres , parce qu^ fkùn intention îest de 'secourir les < malheureux.
Il s'est formé à^ Londres 9 en 17S0, pour la propâgatiob: deë principes r^ligieu^ parmi les iudigens^ iwe eoin|>tgnie9 qui cbkilpté au nombre de sé0. membres deàiadiFÎdus de toutes les ^ctes chrétieohes , et de toutes les professions. Iféaomoins il n'y* règne aucune espèce d« parti. J>'après lec^vé qpi eh a été faii.^: cette société, depuis "son' itistîtution , a distribué plils de 179,000 fiîbks-duIfouYeitux Xostamens, et plus de 5oo,ooo ouvrages de piété.
,lf^on*«euleiliént £es établissenièns. de bienfait* .àance, les hdsj^îces , les sousoript»|BS relativeisa de bonnes oeuvreé, nkais encore mille traits jourimliéFS> âttostfut combien les.' Anglais sont serisiblcs aux maux des malheureux. Dans un hîyer très-rude, àh |>ôii»t que la Tamise tout-à- fait ^cée tai'était plus luavigable , on a Vu un bdur-^ geois de Londres, simple ^marchand de cbarb6n, venir au secours des malbeûrcùx qm)périssaient de froid, et leur faire distribuer, ttnua jour , gratuitement et sans y metlre la mbtndfce l^rétèntion , six mille chariots de .ce ôombuslible. • : . . ,. , ; i
': Basa ime ailuDuée de disette; 'tH s iOfitlriit ui)o
5oo Londres y la cour et Jesprwince$
douscriptibn» à la tête de laijtieHe le roi se fît ins» crire, pour soulager les pauTres de Londres, que la cherté des vivres réduisait à la plus grande misère.
Le duc de Bedford , fit alors habiller à ses^frais^ tous les pauvres qui se trouvaient dans les sept paroisses du comté de Bedford , et* leur fît dis^tribuer du blé , à un prix bien aundessous de celui qu'on le vendait dans les marchés.
A la même époque , le conseiUcommun de la cité de Londres fiit distribuer aux pauvres- de la ville une somme de 2,000 livres sterling; les bourgeois se cotisèrent pour venir aussi à leurs secours , et le lord -maire donna . 100 guinées.
Le docteur Winthigham fit éclater un exemple bien rare d(| désintéressement et de générosité. Il était médecin général de Farmiée qui prit la Havane ; il lui revenait , pour sa part des^richesses prises sur les Espagnols , la même part qu'à un colonel; il voulut qu'elle fût distribuée aux soldats de l'armée, qui. mieux que lui, disait*!^ méritaient d'être Isëc^mpensés.
Qa'un ineendie étende à Londres ses funestes ravages^ aussitôt des hommes charitables vont dans les cafés , dans toutes les. tavernes (auberges), demander des secours, pour les malheureux dont les maisons ou tes meubles ont été d^vo^és par les fli^mmes. Quand elles consumé-
cT^/n^&lienv I d'Ecosse et à^ Irlande. 3o i
ftent, en 1763, une partie du quartier de Wappin^ , un seul café donna en un jour , pour Içs infortunés habitons de ce quartier, 677 livres sterling , en même temps qu'une souscription ouverte pour le n^ême« objet, fournissait i5i5 lîv. sterl.
Lors de Fincendie du 7 octobre 1 765 , le roi donna 10,000 Uy. st. , et les Quakers 5oo*
Il est ordinaire de voir le lord-maire de Lon^ dres , aller lui-mémé à pied , implorer pour le» malheureux la cji^rité des particuliers. Celui qui occupait, ce poste honorable en 1763, r^* cueillit en un seul jour, dans 1^ cafés et les ta- Ternes qui sont, auprès de la bourse , une somme ^nsidérable qui fut employée au soulagement des pauvres prisonniers.
On faisait une coUecte pour le bâtiment de l'hôpital de Bedlam. Les commissaires chargés ^e cette quête ^ arrivent à une petite maison , dont'la porte était ouverte , et ik entendent un. vieux garçon , maître de la maison , gronder fortement une servante, qui, ayant employé, une allumette, encore souffrée à Tune de ses extrémités , l'avait étourdiment jetée au feu , sans faire attention qu'elle pouvait encore servir. Après s*«tre amusés du sujet de la querelle , ils frappent et se présentent au vieux célibataire. Après 9.YQÎr entendu Tobjet de leur mis-
3ol Londres , '£3 cour et leè pm9(gces *
ston , il passe, sans riéa âireV dans^ nh V^àbiiiet' d'où il apporte 5qo gninées cjùll compte à léultsl yeux et met dans leur sac^ Les tommissaîi*esr;' étonnés de cette géûérosité', à laquelle ce qii^ils' avaient entendu les araitpeti préparés, ne pu-' rent s'empêcher d'en marquer leur surprisé:pour la justifier, ils lui dirent que leurs oreilles avaient été frappées de la dispute qui s'était ëîé-' véè entre lui et sa gouvernante* ie Messieurs , leur répondit-il, vous vons étonnez4à de bien' peu de chose. J'ai ma façon de ménager et de dépenser; l\ine fournit à Fautrè, et je satiisfàii mon goût. En matière de bienfaisance , attén-^ dez tout des gens qui savent compteir »* Eti' achevant ees paroles^ il le^ mit brûsquëmé^^ hors de sa maison et ferma m port^ ^ mbiiï^ 00*' cupé des 5oo guinées qu'il venait de donner , que de rallùmétte incoiisidérément brû^iée; ' "^
Il est d'usage à Londres que les infortunés t^ moignent lieurs bescûns par la voie des papiers' publics, et se recommandent ainsi à la générosité* des personnes charitables. Un dfe ces infortunés' qui ne se fit connaître que par les lettres ini*? tiales G. R , s'exprima de k isorte dan^ une de> ces missives publiques ». ^ •
Aux âmes humaines et bienfaisances*
a G. R. représente humblement que, pendatot^
d'Jngletefrfi , ï^Bèûxe et étlrkmâe. %o1k
«. plusieurs, aooées il a joQi ^l'un revenu très<< • considérable ; mais que faute d'économie et » par une ^suite de- malversations dans ses af- » faires domestiquea il se trouve réduit aux 9 dernières extrémités. Le suppliant est charge ji de onze enfatis , Isa femme est actuellement » enceinte du douzième, et» s'il n'est secouru à » temp^par les cotttf ibutions des âmes généreu- » ses et sensibles, il est à craindre que fui et sa » nombreuse famille ne se trouvent exposés au; » cofiiMe du malheur et de la détresse.
' » On recevra avec reconi;»aissaoce les dons dé * la bienfaisam^e, au bas de SarnNJftmes-Street^ »où l'on pourrà^l^i^endre.des iitformations sut v^ la £imiUe infortunée qui înrplot'e' votre sensi** » bilité ». •
ff '
On reprochait à un seigneur anglais ; occupe d'enrichir ses vassaux , de n'avoir point su les retenir dans la crainte et dans la soumission. « Si je voulais , répondtt^ît , plus de respects de mes vassaux, je les rendrais itiisérabtes. Je sais que k misère a la voix humble et timide ; mais je veux le bonheur de ceux qui dépendent de moi , et je rends grâce au ciel de leur insolence , puisqu'elle m'assure qu'ils sont plus riches et plus heureux présentement qit'ils ne l'étaient i^utrefois ».
3o4 Londres^ la courx^J^.pr^^ncfis .