‹ Londres, la cour et les provinces d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande: ou Esprit, moeursChapitre 23 sur 36 · CHAPITRE L XVI IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE L XVI IL

Beïigion , Pasteurs y Chapelains y^ Recteurs y

Prédicateurs.

l" AL GRÉ la Rbertë qu^ont tous les Anglais de suivre la religion que bon leur semble , il existeen Angleterre, eoinme partout ailleurs ^ une re^ Ëgion dominant^ qui est celle du prince et derStat. Ceux qui la suivent sont appelés conformistes , anglicans ou épiscopaux , parce qu'iU: admettenl; la hiérarchie des évêques , en quoirib ressemblent aux catholiques ^ et diffèrent des presbytériens. La religion anglicane tient une espèce de milieu entre la catholique et Ik^ protestante;^mats elle diffère de la première sur ]f invocation des Saints,, sur la transubstantia-* lion , et le célibat des prêtres. Tous ceux qui n admettent point les cérémonies de la liturgieanglicane, sont connus par la dénomination de non conformistes..

L'établissement dfe cette religion particulière à la Grande-Bretagne, date de Tannée i533, époque à laquelle Henri VIII , voulant se séparer d*avec sa femme légitime, pour épouser une maîtresse qu'il aimait,^ eut recours au pape po«r faire prononceij solennellement son divorce-.

d^ Angleterre , d'Ecosse et d'Irlande. 3 1 7

Léon X siégeait alors sur le trône pontifical ^ loin d-obtempërer à la demande du monarque , il lança contre lui une bulle d'excommunica-r tion. Henri, absolu dans son royaume,, se fit aussitôt déclarer le chef suprême de TEglise et à^s ecclésiastiques d'Angleterre. Le parlement, qui lui était tout dévoué, lui confirma ce titre , abolit toute l'autorité du pontife roinain,J|e^ prémices, les décimes, les annates, le deuiei: de Saint-Pierre , et les provisions desbéoé^qes : les peuples prêtèrent au roi un nouveau serment, ({ne Ton appela le serment de suprématie^

Henri, tout en se déclarant contre le pape, ne voulut être ni luthérien, ni calviniste. Lps moines et les religieuses , quoique renvoyés de leurs couvens,ne restèrent pas moins assujettis à leurs vœux de célibat, eç le mariage fut àb- soliiment défendu aux prêtres , soit catholiques , soit protestans , par une loi qui a été révoquée depuis. Le duc de Norfolk, rencontrant, quelque temps après la promulgation de cette loi,'Un de ses chapelains soupçonné de favoriser la réformatioq , lui dit : « Que pensez-vous à présent , monsieur, de la loi qui défend aux prêtres d'avoir des femmes ? — Milord , répopdit le chapelain , vous pouvez bien interdire lés femmes aux prêtres, mais vous n'interdirez jamais les prêtres aux femmes »^

On a remarqué qu!en moins de quarante ans ,

3îS Londres j Ta cour et les pro\^ince^

de catholiques qa'ëtaieni tes Anglais , Hefirv YHI en avait fait des btërériqnes ; que aoirs le régné de la reine Marie , ils étaient reiHrës dans le sein de l'Ëglise rotnaifie, et qu'à l'annétfenicnt d'Elisabeth an trône , la relii^oti anglicane aurait repris une nouvelte vigueur. Mais cette inètabi** litë dans les opinions religieuses , ne se fait seii* tir que dan6 les personnes- qui apprœhent delà cour j ou qui ont des prétentions am places dti gouTemement.

Un gentilhomme français, en Angleterre, désirant s'avancer à la cour, quitta la religion catholique pour embrasser la religion anglicane. Il obtint aussitôt une pension de 5oo livres sterling. Quelques Anglais lui disaient : « Votre changement prou Ve bien que vous êtes persuadé que la religion anglicane est meilleure que. là romaine. — Mon changement prouve le coniraire, répondit-îl, car, 'lorsque j'ai changé la religion roraafne contre la vôtre, je me suis fait donner une pension de 56o Kvres sterling en retour ».

Si Ton suivait à la lettre les lois rendues contre les catholiques romains , soiis le règne d'Edouard Vï et d'Elisabeth , un catholique reconnu , qui refuserait de souscrire la déclarjtion de Charles II, contre lé papisme, ne pourrait , ni se trouver dans le lieu où est le roi ou l'héritier présomptif .de la'coùfonne, ni s'ap-

à^JngîeterFe , €^ Ecosse et ^Irlande. 3 j 9

procher à dix milles de Longes , ni s'ëcarter déplus de cinq milles du lieu de son domicile. Il' ne pourrait , ai acheter des terres, nï en hériter, ni garder des armes à feu ou de la pôuilre à tirer , ni même avoir à sa disposition ua cheval, yalant plus de 5 livres sterling. Il ne pourrait être ni avocat, ni procureur, ni médecin, ni apothicaire, ni maître d'école, lï ne pourrait ni ifire , ni entendre la messe , ni avoir chez lui un missel, un bréviaire, un livre d'heures ,^ ou même envoyer ses edfans sur le contment pofir les ferre élever dans sa religion ;„ et tout cela sous peine d'amende, de confiscation, de prison, etc. Le» lois sont encore pluis sévère^ con-tre tout jésuite , évêcjue ou prêtre catholi^e , Desquels ne peuvent entrer ni rester dans les trois royaumes, sans encourir la peine de haute trahison ; et ttJUt Anglais qui eu retirerait un chéi Idr, se ren(fraît coupable de félonie sans bénéfice de cfergie.

La plupart de ces lois rigoureuses ont été ablofiei vers le milieu du dîx-huîtième siècle: dépendant, on a vu à Londres , ea 1771 , un prêtre catholique, nommé Malon^ qui fut mis en justice pour avoir dît la messe dans une maison particulière. Il fut condamné à une prison perpétuelle ; mais le roi lui accorda sa grâce , à condition que, quatorze jours après son elar-^ ^issement,^ il quitterait ï'Aiigletcrre , et pro-

3ao Londrerj la cour et tes provinces

mettrait de n'y plus revenir sans une permission expresse. U fut condamné do plus à payer une amende de 5oo livres^ sterling i et à donner* caution pour la même somme. >

Le ju§e qui prononça la cpndafnuation de M. Malon , n'avait pas la sagesse et l'humanité que montra dans une occasion semblable mi- > lord Mansfield, Fun des plus savans juriscon-. suites et des plus grands orateurs qu'ait jamais, eu l'Angleterre.

Un prêtre catholique fut accusé d'avoir dit la messe ; son procès fut porté au banc du roi ; plusieurs témoins déposèrent contre lui. Mi-, lord Mansfield, qui présidait ce tribunal , qu'on, lui a vu présider jusqu'à l'âge de plus de qua-, tre-vîngt-six ans, dit au dénonciateur, pripci-, pal témoin : « Vous êtes bien sur que cet homme est un prêtre papiste, et qu'il a ditla messe » ?, Le témoin ayant répondu oui , le juge répliqua : ce Vous savez donC: ce que c'est qu'une mîesse »? Le téinoia se troubla. et. ne sut que répondre. Alors milord Mansfield , s'adressant aux jurés , leur dit : « Pour déclarer cet homme coupable , il faut que vous ayez la preuve complette qu'il a dit la messe , et qu'il vous soit démontré que c'est la mesçe que cet homme disait quand les témoins l'onjt vu faire des ac-, tes qu ils ont pris pour la messe. Voyez si vo-

^jingl^errei d Ecosse et d* Irlande. 3a i

tre conscience est entièrement satisfaite sur ce point ». Les jurés îlemandèrent aux témoins , et se demandèrent à eiix-mémes , quelles étaient les cérémonies qui constituaient la messe ; et n'ayant pu trouver une seule réponse satisfaisante, ils trouvèrent que le corps du délit n'était pas prouvé, et déclarèrent l'accusé non cbujlable.

. Uq, prêtre anglais^ ayant été interdit de tout bénéfice ^ parce qu'il était non conformiste , di^ il ses juges , t£ue le traitement qu'on venait de lui faire coûterait la vie à plus de millç pfiy sonnes. On l'arrêta sur cette menace, et on lui en demanda Feiplication : Rien de plus ^împk^ répondit-il^ m'ôtant la faculté de jouir /^!auqi^ bénéfice 9 voua ne me laissez d'autre tts^vff^ que de me faire médecin* \

Il ne faut pas croire cependant que l'Âii^Ië: terre soit livrée au fanatisme et i Une sdftè d'inquisition; Il règne à Londres la plus jurande liberté de 'conscience ;nbn*^sieulement ceur qui ne professent pas la religion àt l'Stat , hé sont ^int inquiétés par le gouvettiiément , mais •encore un fanatique peut j préchfér dans lès rues jpour faire des prosélytes, pourvu que son fâ^ iiatisme n'aille pas jusqu'à llnrtblérance envers les atrtlres rèligtous. Le^ luifs y ont plusieurs synagogues , et tow l^ itel>àsaadeurs de» prist^ a. ^1

3Ua Londres^ Jafiqiir et les pifûfW9pes ,

.ces (Catl^pM^u^^ y ^^ ^^® c;h|^f^ejpi^ ,pfirlic;ulier f^Sf où Jle j>€mp^e ^e ,pQne ^ içmjje^ les dwaMches et les fêtes.

L'Ang^et^rf jpfiéojie a .quelques,, c^ux^iUF 4^ /exnnies, qijie Ton d^oane ai^.'|H4)% jpç^ d^ * l^epsionna^s. Qn y admet à la |a:ç^ession. Les ^rc^esses 9 fveJtues sijxipleix^enjt , Yiyepft ea commun , font tous les exercices de leur règle ^ ^ vont dans le monde et dans leur famille.

' li.es Anglais tolèrent le culte catholique , et 1tt*ont point la haine qu'on leur attribue communément pour le pape. Un lovd , parlant de t^Iéknent XIV, disait à un ami : « Vous connaissez ma fortune, et ma fHle unique que j'adore : «fa bien y je la donnerais au pape Ganganelli , iW pouvait se marier , tant je suis enchante' de TOû* mérite ». Les Anglais étaienft pénétra des mêmes sentimens d'estime et d'admiration pour 5^ |>o;ç>ti% Ils plf^c^ej)^ ^^ bys^fs pa^ ceux

4^ ëm^ ^¥»w^?- Qm^^ Q4m^t xiv sut

«effe nc^uyelje $x #3t«,ep^ j^ur l'jitçfl^p.piropre, jU'^ia: plut ftPieiiflu'^f^ent, pour lare-

. Vfîlwry^Aicjç 4v 4iT^a^^ fxf^;:êf^^rignep^\, *!^ hmPl^ <A«Wfl*|'pçi puisse X/eprpcher ?U)t wrtgliç^^ ;; ^eia^" /fajojatiswe , i pet

frfv^l ^t iift^ev^if , 4«s ^^ctecÉg», i^ fia^^.^ts, le; ïpimm # j«» ^^ ft^^ufipme^ fef.

'dés villes le *plaisîr' de la proAi éhâÔè ; 1 '

C'eét dii lléWîps»dë*Grdmv«élV^]sfern Tondie lï>'pbfc«*é V^ que Td t ' irrtèi^ terre toute fes^ièbe iTartmseméffH lès diTOànôh^ et fe rhtisîqyy fwêttfé dâtià les îiaîsoiîs pèiFlîrèti- ^ères : cettV;^VA preiidifâït; ehfcore aujBtip- 'd'Kul en ic^trà^rëiiiion , payeraient ime îSbrtW

-ààien^?''''^ '-''"- ■ '• '-' ' ■ «■'■■ -

Dans les ^jècles reculés,, Ijçs. ^yçflue.s d'^^glet^ipjî. voulaiei^t quç,'les fétes et; les dinaançj^ç^ W h'allâtj^qji'jà, pie^ I,^urs . r^g^enç, défeft- .^aienï méj9ie^^ft^ixe.,,d;a]kj?,,ç^ iQijESîl^ en chariot, à .oixe^ai^fîw w.bat^au. , .^. j,^;

.' . Le ^ «aars i'^^,'>tttt*i«ïrfe pëtwiqoteir îA «itttché Ml -piiteiri ,' dans 'k TjAadé'de ^Ifondtes^ ;ippelëe Mé(#fieléU', '{^tfir ^i^r^^'ëtë'^atprià basant le dimanche. *^ -pèpàTâiië fâAJsiÉfÀiBl^ âitfl;<)W de ce.B^fl^jïwuXj'B^^jyi^ffjjat l8,^?ipps iqpif dura,s«n,%ujpliçe;, 4«j %.dW;<iiapi^;W^ ai4^>l^ , ti^n ,d>^qu?jc«^ap,i;^ftigiu- j«,T«?f l*r .ig^^e^e or» |çjraitai|l;. Il^i^iî^iplufl ^(péqfit^i^f^ç )i;bâtiiaeBt.,.qn|if d^ quatep ^'fiHi(|[#jTïatne4««éil?jée5àXair(Ç.4çs.bjarbe«;, ,,,.,V. . -yj})' .";.'i

•Le t5 dù'W^Aiè mois /iWi fetâit U^

dtfeàïciit avoît f^kxM''(!^^^iMt çàrtïè dJé

3a4 Londres. , • la cour et le^^groffinces débauche , et le d^^ordre de leur toilette sem-

blait le prpvtv^f- M^ .firent tqnte$ leâ instance^ imaginables pour qu'on ivoi;!^^ l^ien donner 4in coup de peigne à le|irs, perruques* Le maitr^ €ut le. bçnhçur de les refuser : c*étaiënt des perruquiers» ses confrères^ qui avai^t eu l'indignité de se travestir pour le faire tomber dans le piège, et qui. lui auraient '.fait payer une grosse amende , s'il se fût rendu à leurs prières*

Tous les maîtres perruquiers dé Londres se Tassemblèrent le ii mars, méniié aimée 1761 y et ils se promirent mutuellement de tenir là imaiii avec la plus griainde rigueur , à la loi qui interdit l'exercice de leur pYOfession lé dimanche. Xeurs gar^^Qs^ s'^ng^èreiit ^xm\ à dénoncer les maijtres qui vovidijaieint les y. f^Q co^treyfu^ix*^ Se serait-on ;|ttçii4^ ^ trouyef U^\;(èle si t^M^ ^euiL dans 4^ perruquiers^? / ; .

* ' ; Un de ces dobtèUrs d'une nouV^né espèce ëtait -peut-être t'aûtièur d'un petit ' 'écWt' qui partit idâns les gaaseités dil 6 féviiér-i^/èôl. où où lut ^es' réflexions originales/ sur le scâ'ndale d'une -barbe noii^SémeM faite; et d^ihe tête bien accommodée , dans les jours consacrés 'au Set*gneur. En voici un fragment; <c II est .encore plu- » sieurs points sur lesquels nos mœurs ont. be^ » soin d'être, réfçriQées^ ilenest^i^n surtout qui » mérite la plus gcaxMle att^ àt la part dn

érjngleterre^^ a Ecosse et J^ Irlande. d%5

ygo^vernerrtent. La niode est v^nue depuis^' ^^^^eî^fï"® temps, et surtout dans le quartîeip^ ni de la cour ^ (jtié les jeunes gens se fassent fri^ » 8çr et poudrer tous les jours , sans ep exeep« » ter le dimanche. On exhorte les gens raisoir- » ;nables à se faire raser et accommoder le sâ^ » medi au soir, et s^ils portent perruque , à 1» » faire peigner* et poudrer dans te même temps. yf On peut âfssttjrer tous cenx qui voudront suiv we ce bori» éxehEïplé; que , pour plaire aux » fenrmes,"il h-est pas toujours nécessaire de' 3*' sortir des mafins d'un perruquier, et qu'elles » ont une estime plus réelle pour une perruque- »• ou àe% cheveùjt toal^igriés , pair uu' raison-" y niable s<5tii{>&le y que poUr.leplus bel accbtti-- »► iHôdâgé , lorsqu'il est le fruit de rinahsei'van- » eè d'une dès plus Respectables fois ».

•H se passa à Dublin une ôcène fort originale. Une multitude de gens du bas peuple s'assem^ Wa devant une msûson conriUé' pour être une académie di& jeu* C'était un dimanehe , et l'heure ^a^pï'OGhait où 1» compagnie devait arriver. Cette populace , quoiqttC' tiombi?euse , «e fsiisait pas* le moindre tuniultè , et attendait en silence qtt'il-parut un des acteurs. Arrive une chaise àporteurs, et précisément celle d'une- joueuse tris - connue. Elle est entourée , ^es porteurs sont arrêt es.. Leffroi la saisi t^çlled^maude ce

3;26> Londres,^ Iq cour et les.provinces

qu'on lui veut. Alors, xlu top le plus capable de la^ j(a«3ur^n, quoique ferme et imposant, on ta prie oU sprtir de^ ch;^i$e. Difficultés de sa part ; ojQ;ii)^«t0, elle. obëitii et celui qui portait la paroje^ lai . adressa ensuite ce discours : * Nous saisons , ^ladame, que vous mene^ une yie trop, ji^i/^didantet : votre passion pour le jeu you&' fait-QubUer ce que vous deve^ aujour du Sel* gneuit- C'estf j'ipterèt que l'on prend à votr^ aaie, ^fii vous- attire cette pejUte: remiontrancch d0,iK4|*o par)t. Voii&.m^ vai^refuserk^z point (e.n niéme{ t?mps iMui'pr.éseate i^ne Bible );de jurçr sn^ : li^s sainte^ £^ci*ituf es-, que^ voiis^ nenoneea pour : toujç^uir^f à, ui2ke pasfiion si dangereuse i>« Kouyelles peiiites ppiir lui arrdbhw oe $erxn^n^; niais; «qn parlait avec.t{iint d'aulprit^quiil. fallut céder. Qn lui, dicte le^ paroles i'une aj[Mràs« l'autre; elle les répète d'une voix distincte, quoique tremblante.; elle; baise .1^ saint- I;i-

vre (i).vL4f voilà ;.délivr(¥ san3.^dc>ute de cette étrange pers.éQU(^c^p ; elle v^QMt Ff3n|rer dans ^ ohaisie , Qn Te^^ .i^iïïpêche., « VouA^aav^z , majdameivluifdit.unr.avtire orateur ,, non 'moins poli Qtnon«nioinsr^e^mequie le ppemief;> vous savez que rfaumili}^ e^t^unq vei^U: agréable devantf Dieu. Vous n'aureijz? jamais^ upe plu3;belle occa-> sion delà praiiqUbr>; œ seraiiinbenreux début

' (x) SeièA la^févAmliK^da serinent juaglauu ^

pôtir votre nouvelle vie. Nousr* allons vous eà^^ Porter ^ et même vous soutenir,? si vous'âvez de. la peine à marcher; maisi vbus vbuàcontehterez de vous faire suivre par vos porteurs , el ' vous retournerez à pied, au' milieu de noi;is, jusqu'à votre logis ». Elle fut ainsi r,€conduite eu grand cortège ; et quand on l'eut vu rentrer dans sa maison , la foule se dispersa , et chacuii retourna chez, soi avec la plus grande tranquil^ lité. .

Le IbrH^chef dfe jtjlstice, fe au février- 1*769 '»* |ugea, dànsf ki'sàllé dé W-estttiinster ; trne cà'uàfe'' très-sihgûliiéfre, qui ttkiu^e- nattu^ellèMeiit fe* j^lace leii ^ -

Un délateqr voulait faire condamner là dan(e Sarah Compttôn, à ao livres sterling d'amfende, pour avoir passé un mois entier sans aller à. Féglise. Il appuyait sa dénonciation jd'unacte. promulgué, spus le règne d'Elisabeth , et qui n'ayant iao^ais été révoqué, est censé subsister encore dans toute sa force.. Vât cet acte , tous le^ sujets proteStans ; et même les papistes • doivent prouver ,. lorsqu ils evt sont reqms , qu'ils ont et^, au moins une ^îs'daiis respace d'un mois , a quelque église ou chapelle tolérée : faute d'en donner les preuves suffisantes, sils^ sout âgés de plus dé seize ans, oh lés condamne^ à uiie amende de 2pUvxes sVerlirig. ïlèjùgeinent

Saft : I^on^s^ la cour et lu provinces

déchargea la dame Compton des sQîte^i de cette accusattoa int<4ëraote , |>arce qu'il fut prouiré qu^elle arail été malade.

La plupart de^ ecetesi antiques et des pasCeurs atiglicans rMi^ loin d'approuver des lois si rigoureuses, et de suivre Texeiuple de FancieEk clergé du culte romaio.

On petit juger, par te discours que prononça^, dans une assemblée d'évéques, le roi £dgar> en 969 , quel était alors le dérèglement des ecclési^$ti4S|ues»>«Â peine , dit ce prince , les clercs 3» daignefît*il& assister aux vigiles ^ et ik sem- » blent venir à la messe plutôt pour y rire , que . » pour y prier. Ils s'abandonnent aux débauches » de la table et du lit ; en sorte qu^on regarde 3»' leurs maisons comme des lieux infâmes, et » le retidez-vous des farceurs. Ott j joue aux. » jeafx de' hasard , on y danse , on y chante , on. »'y Veille avec un bruit scandalenx »*

Les prêtres anglicans , occupés de l'éducation rfe leurs enfans , et de la pratique de leurs devbirs , ne sont point exposés aux tentations da désœuvrement ; retenus chez eux par les charmes qu'ils goûtent au sein de leur famille , ils. ne vont pas cherchet» les plaisirs d'une vie dissipée : aussi ont-ils des mœurs eX des vertus. On ne les. voit jamais se mél#r dos intérêts des .

dfjàngkteney â^ Ecosse etd^Irlandei Zag.

^en$ d*u fitionde y arranger W masiagea^ dicter les testaiDeâs ^ brouiller les j^areofi; ^ pour a\roir. le mérite de les raceomraoder*

Lès mœurs des evêques anglais sont encoreplus réglées qae celles du clergé inférieur. Ils; ne révpltcjnt pas par leur faste 5 leurs équipages. . sont simples ^ leurs habits modestes , leurs do* mèstiques. peii' nombreux j. et leur table est sans somptuosité. Si quelques-uns ont des maîtres-^ ses, on Fignore. Un évêque anglais qui en aurait une publiquement, et qui se rendrait che». ^elle sans précaution,, n'oserait plus se montrer dans le public ; il ne serait plus reçu dans aii-:^ cune maison, bonnétc.

Un ëvéque anglican qui se répandrait trop dans lès sociétés , perdrait toute espèce de cour sîdératioEi. Rarement se permet ^il de manger ailleurs que ehet ses parens; mais jamais on ne le Voit dans ks:as6e«nblées. où l'on jotte , ni aux. spectacles , nimémeaux promenades^ptibliques :: enfiui^jusqu'aBX^ plaisirs innoicéiis-de la sociétë» lui sont interdits. Sa femme, ses «nfans imitent * sa modestie et sa vie exemplaire II résulte d'un^' telle coçduite^ -que les évéqàes> d'Angletei*»*^ inspirent un ^Jéritalblel respect. ]La?cansidérâtiOi* * dont ilsjouissetit, et^qu'ib ne doivent qu'à lai > purete.de leurs, mœurs ^ leur jêsI. accordée géi^ neralement par tout le monde.. Ces év.êques, oiU îe titre de lordj ils sont nommés çat le xola;

3^0 £xmdres\^lacùm'éfies'pr(wimes

l'archevêque de Cantorbéry leur eofifète^ lies or^ dres en qoalitëde priraat du poyautne.

L'un de ces prélats^ M. Hanway , était aussi respectable par sa pie'té que par ses vertus soci aies.; Un jour il engagea un cocher à son 'Service, etlui^ détailla les devoirs qu'il aurait ar;elmplir<danssa' maison ^ dont Tun était d'assister rëgulièreinent à la prière dii soir avec toute la famille. A la. prière, monsieur, s'écria le cocher! — Oui ^ répliqua M. Hanway. N'avez -vous jamais dit vos prières? —Je n'ai jamais denteuré dans unefamille ou l'on observât ce régime. — Quoi l vbus refusez-vous à dire vos prières ? -^ Non ^. monsieur ; mais j'espère, si je le fais , que vou&n

y aurez égard pour augmenter mes gag^îs.

Le plus' g^ând nombre dës^évéques anglicans^ sont élevés'à; laiprélatuFe^pour ppi« de leUI* sa*voir et de leur rm'érite« Lé docteuiî'ïbrtetis l d^abw4' évéque de Chester, et ensuite^ transféré- AU: siège de Londre^^r)»^^^^!^^ dons: sa jeunesse* bfdeau del'Uniyersité de'lGcHubrîdge, et» portât eiî ctett^ qualité la* masae devant- le' vice*cbfta<ielier de cette uiiiverfeité „ lorsque celui-ci; sç rendait en cérémonie à: l'église^ Le prix fondéd^'SeatOQ , qu'il remporta, et' qui parut une

(t) ee ]prëlat'ett lâort à te fiû W irtài 1809, âgé de 78: ans.. >

prôdiulitFôti stittîiM^^ ie tira bientôt d'un emploi ^sî fort 2itiî-'dfêssfô^s^(îé sesitaléni Supérieurs. Dès -lors il itdijllît \ïne réputation liotiorable ^. <|m ^ei tarda/^as à^liékver àdff ^i^làttifé.

>fiîlyta/'ei} Angletc^iTe troii mi qiiftiré détiomi^ iiaiitOQav)Boiir;4engtier;uii ^otlëMf^stikjué ch^gé du ogoû veDnèin«rivt ' d'aile ; pt^t^ls^l |OhI a{ypeltèi rè^oa^. { riacCeur) un i adté^ qui » jduf t» -dès * dixmietf d^rséiii bénëfice.' Ohid^pellb-^si/mt* (>i^iêairé') , uii. cwé qû)û àié .jauvtripas des di£iii[e.<? dis sien , «oit quieU^S)dien]t;étéaiduf>pées.;pÀr<^dês laïques , soiC^ quieUes aîcatiétè «élribo^es àl'Uid évécttë^^àim cbàpîtreyielb^iBoânv on appeite Kmnte {c^àVé) ; ui^.oqoJié^adtiqpe. jkyë-ponr fâiire les fonotiohs 4fttÇUré., oHUfSiffiple desseirvant". '

I^uiPK^mtiâe^ r<ïcte>ttr» àùii> dures t^ c!t<oeluî dectiré ^t^mn^p^ebvicairesii usage ^ui^paraat venir de» A«g}aii5;»î(Qu ique ceux-ci dntippJsjen France, lie; nopci^id^ reet^uTfTétaitvparticuIièreraent àé-^ fére laiiv chefi de l'université de^fari^*, avec 1'^ pithète fo]^liv(exlraai;dinair0<^Wnp/4^ji^ y 'Oi* titès-araple* ■ -•'>},: «.>.: J» < .(

;>]4e8$prêti^es| étant presque tous mari*» einAn^' gleterre V iltarrive^irès^sot^vent (^uiej^ ' pouf^ direr qU'nn homme appartient kde&parTOshonïi^tes y on'>ditT c^vl i\*^s\rfilsr^ un , prêtre' :bQ' qtii> swait* ùfae;insulte<{làiis'les parys catbioliqujôfs. Les^ An-* glais. btxt* atissii qtielqncs' grav^&rbeis' roUti% -à

33»' Londres y la C0uret tes pro^ihees ,

leurs mœurSjt qui seraient satyr|f|ues sur le coa*^. tiuent; tel, par exemple ,qjue c^xà<x\.V enfant du curé doit être baptisé le premier..

Le chapelaio d'uDrégiiaenteBgarbisoadiatQSi uHQ ^i\h voisine de Londres y iiétaJH pas* moânstî Fei^arqu9i>le par ses reparties prosipte», ^0» par ses pp^opps lest^es; se trauvaut. un jour'ài %àtii^ dans une taverne duJieu oà était son ré^' giipçnt, Jl se permit de critiquer la conduite^ d'.une dame de qualité ateei una -• sëyéritë* outra* géante. Un colonel qui se trouvait à la même l^ble, et qui él^it, parent de là dame ealomrpiée j s'adressa au peu discret aumônier y et luv dit : « Monsieur -. lé bayard , les- propô» éean^leux que vous venez de tenir sont fous d'tme^ fiMifisété mamlesl)e ; et^i j'étais atiprès de votis,. un sofsiflet vous aurait déjà ptmi de ^tre insolence ; mais vous, devez vous •regm'dier comteè souffleté^ puisque la distance qm nous sépare estv seule cause que vous ne Faveî point reçu. -^ Colonel y. répliqua, raumônier , mon état me diéfend de porter une épée^ mais ppenezqtfé'jÊl sois auprès de vous , que j'aye saisi eell^ de votre voisin: f et qite je vous, Faye passée ^u travers du corps.- Vous devez- vous regarder com^cj tué de ma main, puisque vRonis ne virez qu'àf eause de la distatrce qui' nouir sépare >. Le colonel se leva furieux à cette k-épliqué , mais le ^1)^s^lai«i observa que commet il avait tué son.

^â?Jngtèté&e y d^ Ecosse etWlrland^ '355

^liomine^ il n'était plos permis *à un mdrt die parier ni d'agir. La compagnie se mit à rire , et empêcha tiue la querellé n'eut des suites , qui Itéraient "dév^miesr fâcheuses «i, pendant quie ronëiaitodciipëât c^lmerlè cobnèrl, le chajpe- 4âin n'eût eu' la 'prudence de conserver l'Heureuse distance qui l'avait garanti du soufflet/ *

Rien de si commun que de voir un ecclësias-

tique , en Angleterre , être recteur de deux ou

trois paroisses à la fois, qui lui produisent uja

Vevenu eonsideraljle , pour lequelil ne fait autre

chose que prêcher une fois Pânaee dans cha-

cune. Ce qu'ils appellent le gros 'ouvrage , c'èst-

ii-dire le stervie^ divin , Tinstrtrètion dés^en-

:fans, l'exhortabidn des malades , ils s'en déchar-

qgént sur une espèce de valet qut^bn: nomme ctt-

^rate , à qui ils donnent le moins dé gages qu'ilà

-ipfèuvent , et«qm dé soû cblé fait le moins d'où'-

vrage qu'il peutc j

.11 «st pieti d'^éiat^ '^i Angleter^ , àùési mëpri-

Babie que celui fle chapelain d'un grand sei^

gtteur. Le titre dont cet ecd^tique est ré^

.Yiètu ne sert qp'ii le dégrader : il ja'obtiéht i hoh-

ii/eur d'élre tt^mis i la^ table de son iseigneùr oii

^hitôt de 80|i maître , qu'aux conditions d^

îi^u^r le pliis.bas de tous les rôles, celui 4'^à

Aatt^ury.ou^ ce qui "est à péù près la rnême

chpaey celui d'un esclave soumis à toutes lés

^ii>lQntà)({tt'oAiui laisse aperc^oir. Lès pain

334 Landry % M çojur^ «f les^pf^in/if^^ %

des trcâs rpyamr»^ , , caçfiiU^a ., A'^çik Pte. , îorft ,tou3 up /cecUiii ^pfnl>rettle ab^^p^tiSi, c'cWî*<^* dite d'hQnné.les domestiquer q)ui,i»;^vi lUeu.de ,poi*tçr leur livrée , ;pprttAt wlfe du^jcbargéf «t tiçnaent pljûs à J^M^* p^trqniquaileur^égUisej' i Voici comi^ç çp par-M L'aut^Mir fangldiftqiirk le mieux peint \e^ mœurs de sa naiian ( ^Addisspn ) : « Chf z le3 grands, dit-il, il est d'pAage "jrijué lek cliapelains se retîrept de table lor^i qu'on apporte Je dessert ; \l arrive ^e là :^j^

^» qu^ils n'ont pas une minute a perdre ».

. Qn r'enconjtfjb , jinalheurilP^ii^nit'. dès »eGclé^ siastiqu^ bieifi dignes d'^«)tf^l.4^iASâfn]nnJt«.lIh

à $a npxniii^t^pnf ifl afi piy36Ç;atr.ji^iantilé.dîe<> clésiastiqtteSjpÇjuiç |'Qf>^§nir ^jliiw; id'pwx fatraora» tenu d'une recommandation si.ipuishafaite, que le seign^mr lui <daff4)(^ !#s h pimnieût fSfVtr <}àelques;m;irqu(Qf:*4e^Mf0reocevïCépëndasvt, ^aât hxçn Sifis^ . d6r ^.^^^^d^cidi^r qof avec ûoaiàaissance d^ç^^usfS,, jiil)l||i;iclit qii'avsuitjdicJSfB diéterminfer^ il voulait pp^,dite quelques- in&riiraitions dur ^s taleus e}:^e^;îBr><»iii:Si Jl les fpjrit effective^ xaent .av€^ soia , ^^t il jappHt jqii'ilikne pouvaii: Xdir^ uja film .pia^ïais choix- ;^ parccr que ^eA eçcléph&ïiqw: 4t;;^i% un Ikomme iscondaleux , et Jiv^4 ^^^^ fi^^^P^^^pewent à itoutes 'idNftes de «b^-

,4K>rdr^8. Celui-ci qpi ne:9e çlé^t poini; qu'on i'qvt^ peint si re^embla|it> revint quelques jours .'AS^ avec J|p^^u^.up 4e caufianoe, et tieaiacida .à ficm fptiu* '.pa^i^QU $!il étiùt 3fttis&it des xap- ;Pf3^tS/qi;L'il ay^it recu(âUi6« «Jelauiisâiiforaié ^e ^tçMt;^ qM^e je voulais .sai«ioir, Éépoodit le mi- JU»i9d> >ç^r ]Yi ^ppiiû» q^e KOUâ avez jious les vices :q\ii;<K>pt .Q^dippffe^ .^i^i^ mauivais ^ets de votije proCes^OB ; jmais il .eu manquiB uii , i ^ ce défaillit ipi'eaac^pif qlie i^e yaus co^forer le heiléâçe. rr- îJn viqe ^a$ xaaj^qUe , p<é|dftc[ua recolesiastir iq^e fort ^on«t?'I It-p Qui , :Beprit loâloEd ^ >c'eïrt i')bypoQi*Â^'9 piO|iircoiii»ir tous les autres f>. . »

Que ne mit-il en j|;isage le ihoy^nxlont nous ^Uop^ parier? iiM'aAirait erupDitf eur ious ses jcoueur^etns. JÂu JD^néfice x^ooaidiér ablejéliuQ t meôn à vaq^i^er , unjjQu^Qe ecclé»Mtjiq^e,couit;oht2;Jfe patrpQ 9 avec (ifn. |ila)^ ^g^rni ^d« ti'^Afte pommes r: il prié le «yfdçt 4e 'Obajnl^e de 1^ pré^e^ter g jpon jnaître, et.e9 ro^etjeMpfip9;de jj^mai^d^r., :j^Mf çç^liû qfti vi^ut |^ pffr^*» 1(6 Jbénéfiqe vap c^t* ÎLjB v^ljSt ^ ciiftfijj)ite f'ftcqHittQ (Je^sa jCQWr »iis^<>n . xi Ce ïn'^t ^>^ W} une afffwe^ de pomn^e^ 3 i^épood le ppHaJeur ; Biie^ pommiers pcffr l;en)t /(^e^ Iryfit^ 9us&i )^^u|ç , çt peut-«étr:e m^M" leiLurç q^e jçeijxJ^ », ï^e vftlet ^e çbai^}ye va re^ 4re:fCet4te r.^pan$e..« iQue mMpr4 ait ^aijs (^^ j^r4in d'^iw^i b^s |>iofîqijQie^, je le ^pis, dijt le

336 Londres y la cour et les provinces

je n'en crois rien. Prièz-le'VTen goûter une, la première vettue ». Le valet de chambre/ sûr 'd*as voir une bonne récompensé , rétourbe , ^ insisté auprès dé son maître , qui oiivre une des tl^etite pommes. «Ciel! <iue vois- je! des pièces dW!

lo guinées! Fais entrer ». Le jeune aspiratet est introduit, a Milord ^ pardon si je vous toiportune ; mais si la pomme que vous vene^ d'entamer est de votre goût/ je vous prolestfe que les vingt-neuf autres sont du même arbre-, et portent les mêmes pépins.-— Monsieur, votre vertu m'est très-recommandaMe, et persttâdë que personne ne mérite plus que vous le bénéfice vacai^t , i^ vous le donne ».

II. est des pasteur$ qui ont à peine de quoi vivre avec le revenu très -modique attaebé à leur cute : la pauvreté des bénéfices, d^hs té pays de Galles , est passée en proverbe'. Dan^ quelques villages de cette contrée, un ecclésias* 'tique offiéie datis trois églises le dimanche , et cependant ïe revenu total qu'il eh .tire n'excède pas t6 ou 17 liv. sterl. Apres avoir fini le service darts une église; il niottté à cfheval , fait au plus vite huit % dix milles , et; teôùvert de pous- )5tère , lïiôuîllë par la pluie , où transi par lé fi*oidJ^iilfèebtnmence* à célébrer l'office. Heureux le burë qui' peut avmr une école , et par ce ïhôyen prëservei» sa famille du besoin ! Dans «jtielqué^ tomtés du N6i*d^ il n'est pas rare de

â^ Angleterre , d Ecosse et d Irlande. 337

▼oir le ministre de la paroisse conduire luimême ses bestiaux au pâturage, ou se travestir en. charlatan ^ arracher les dents, ou vendre des remèdes. Dans une paroisse de ces cantons, on fit une souscription pour donner une perruque au cure.

Un petit gentilhomme gallois , ennemi d'un de ces pauvres pasteurs qui employait ses mo^ mens de loisirs à raccommoder des pendules et des montres ) l'accusa auprès de l'evêque de Saint-Asaph, de se livrer à une profession mécanique contre l'esprit de son état et les règles prescrites par les canons* Le prélat promit aU délateur de faire punir le coupable , de manière à lui ôler l'envie de récidiver. Quelques jours après, il manda le cu^é, et le fit trembler en lui disant d'un ton sévère : « Comment osezvous déshonorer votre état, et l'avilix: au point de faire le métier d'horloger? -~ Hélas, milord, c'est pour subvenir aux besoin^ d'une femme et de dix enfans. — Cette excuse ne me contente pas , répliqua l'évéque paraissant fort en colère , et je vous punirai de manière à vous faire changer de conduite ». Appelant son secrétaire après cette menace , il lui ordonna de dresser un acte par lequel il donnait au pauvre curé un bénéfice dont le reveolil était de i5q liv.. sterl. Cette punition neiûianqua pas.

338 Londres y la cour et le^ proyij^^es

son effet ; le délateur fut couvert de honte ; le pasteur ne raccommoda plus de montres , et il pria Dieu tous les jours de sa vie pour son bienfaiteur.

Un bénéfice de 5oo liv. sterl. Tenait de tomber à la nomination du chancelier. M. Walpoole lui recommanda un de ses amis , et le chancelier lui promit le bénéfice. A ^^ bénéfice intéressant ét^it attaché une petite, cure du yto^ duit de 3o guinées seulement, et le curé qui l'avait desservie pendant plusieurs années , avait Augmenté sa famille de sept enfans» La cure ne suffisant plus à l'entretien de sa nombreuse famille , il se présent au chancelier, avec Jes meiU leurs témoignages de .sa bonne cQuduite , et les recommandations de toute sa paroisse.. Il demandait que son excellence augmentât le rc* venu de sa cure de lo guinées, en les prenant 8^r le bénéfice qui en valait près de Sop. Le lord-chancelier , qui était la bonté même , pro^ mit cette grâce au pauvre curé* Celui que M. Walpoole avait recommandé se présente. Il est accepté, maisoa lui expose que de son bénéfice on retranchera .3o guidées pour ajouter à la cure. C'était plus que Tinfortui^é. pasteur ne de-, mandait , beaucoup plus que le riche bénéficier ne voulait donner ; car il dit au chancelier que la chose était impossible , puisqu'il savait promis

d^Jngleterrey d'Ecosse et d'Irlande. SSg

cette cure. ^ Vous Tavez promise , dit le lord ; if est juste qu'un homme que M. Walpoole m'a recommandé ne manque point à sa parole, Vo* tre ami aura la cure, mais vous, n'aurez pas le bénéfice. Adieu ».

Le lendemain arrive le pauvre ecclésiastique ,.. tremblant , inquiet de son sort. Milord lui annonce qu'il ne peut lui donner ni l'augmentation de f o guinées , ni mén^e lui laisser la cure^, garce qu'il a été obligé de la conférer à un autre. Le bon curé , la larme à l'œil , n'ayant plus d'ça-. pérance, et perdant le peu qu'il avait, se retirait sans pouvoir proférer une parole , quand le lord-chancelier lui dit en souriant : « Mou: ami , il est vrai que je ne puis plu» disposer^ de la cure , mais si vous voulez accepter le bénéfice , il est à vous ». >

Une des bizarreries dii révérend docteur Pat-* l€ii y consistait dans Taversion la plus décidée pour le symbole des apôtres. Il s'abstenait toujours de le dire à ses paroissiens , lors des prié*" res que les pasteurs anglicans ont la cdutumQ de faire dans leur église. Son archevêque en fut informé , et chargea quelqu'un de l'interroger, sur les motifs de cette omission. « Je nç crois point à ce symbole , répondit le pas^teur ». L'envoyé lui observa que son métropolitain y croyait. « Cela peut être / et rien n'est moins étrange.

34o Londres y la cour et les provinces

Sa foi est en raison de 7,009 guinées qu'elle lui. rapporte annuellement; je n'en saurais avoir que sur le pied de mes 5o liv. sterl. \

Les prédicateurs anglais lisent et ne déclament point en chaire. Si leurs discours ne sont pas fleuris y ils sont très4ouchans et énergiques. . On ne va pas les entendre par air, pour les louer ou les critiquer , mais pour s'instruire dans la religion et la morale , s'édifier et se corriger. En général les ministres de l'église an-glicane sont très-instruits.

Le docteur South , chapelain de Charles II, prêchait un jour devant la cour, composée des hommes les plus corrompus de la nation. Le> chapelain s'aperçut au milieu de son discours, que le sommeil s'était emparé de ses auditeurs;: il s'interrompit tout à coup , et changeant de ton , appela par trois fois le comte de Lauderdale. Ce seigneur s'étant levé : <c Milord, lui dit tranquillement le docteur, pardonnea^moi si je; . trouble votre repos ; c'est seulement pour vous prier de ronfler un peu moins fort , attendu que vous courez risque de réveiller sa majesté ».

Guillaume de Nassau , connu depuis sous le ©om de Guillaume III, après avoir subjugué ^itièrement l'Angleterre , passa en Irlande , qui

d" Angleterre j d Ecosse et d^ Irlande. 34 1'

tenait toujours pour le roi Jacques. Le lendemain de son débarquement , il assista au ser-

' vice divin. Le docteur Rouse qui prêchait 'de* vaut lui , prit pour texte de son sermon ces paroles de répîtje aux Hébreux : Perfidem vicerunt régna ( par la foi ils ont subjugué les royaumes). Au sortir de l'église , le roi dit : « Mon chapelain a fort bien ouvert la cam-i pagne >».

Lorsque le docteur Beadon était recteur d'Eltham , dans le comté de Kent , il prit un jour pour texte de son sermon-. Qui êtes -vous?

Après l'avoir prononcé, il s'arrêta suivant sa coutume , pour que ses paroissiens eussent le temps de réfléchir sur le sens qu'il présentait. Un étranger , portant l'uniforme d'officier , croyant que cette question s'adressait à lui , s'avança de pied ferme au milieu de la nef, et répondit , au grand étonnement des spectateurs : « Je suis sous-lieutenant du seizième régiment d'infanterie , chargé de faire des recrup^dans ces cantons. Comme j'ai amené avec moi ma femme et mes enfans , je désire faire connaissance avec les ecclésiastiques et les bourgeois d'Eltham w. Ce propos naïf troubla tellement le prédicateur qu'il ne put achever son sermon.

Le desservant d'une petite paroisse de village , dont4 auditoire était peu nombreux, un

34^ Londres y la cour et les provinces .

.jour qu'il prêchait , dit en voyant entrer àt% canarda et des oies dans l'église dont les portes avaient été laissées ouvertes : « Je ne ferai aucun reproche à mes paroissiens de ce qu'ils n'assistent point à mon sermon , pui&qu'ils m'envoient leurs Teprésentans jpu

Un pasteur se fit interdire pour trois ans à l'occasion d'un sermon fort original , imprimé dans le temps , et auquel il donna pour exorde une prière encore plus bizarre ; la voici :

« Nous prierons y mes frères , pour TEglise catholique; je veux dire celle d'Angleterre et dlrlande , pour la sacrée majesté de George et la famille royale : prious aussi pour les deux universités de ce royaume et pour les archevé-* ques et évéques, afin que Dieu rende les uns plus orthodoxes, et augmente la foi des autres. Èénies soient les deux chambres du parlement ^ et puisse le ciel accorder à ceu^ de ses membres qui'fbrment la majorité ce dont ils ont besoin , plus d'entendeftient et de bonne foi » l

Tirant ensuite son texte de FEcclésiaste , il expose, à sa manière ^ la vérité de ce passage , ^ tout n'est que vanité. Il passe en revue les différens' plaisirs auxquels on se Uvre. <c Je com- Iptience, dit-il, par les femmes, ces créatures 49iimables qui tiennent le premier rang dans jBïon ç9ti9iÇ| et je dois prouver coAfre monf g é^

Jl^ Angleterre -^ ^Ecosse et âHrïànde. 345

qu'elles ne sont que yanité. fteprésentons-nousles telles qlieMilton décrit notre mère comiriuae, suivies des grâces , portant le ciel dans leurs y^ux adorables , et chacun de leurs mouvémens inspirant le res]pect et 1 amour: Malgré cela , mes frères , que les plaisirs qu'elles nous donnent sont courts ! Hélas ! ces plaisirs par excellence, ne durent qu'un moment! Si malheureusement elles ont de l'esprit ou croient en avoir ^ leur langue, comme le cliquet d'un moulin , est toujours en mouvement^ et malheur au pauvre mari s'il n'a, par hasard, le bonheur négatif d^étre sourd ! Tout est vanité » .

De l'esquisse légère des plaisirs que nous dçxons au3i femmes , le prédicateur passe à ceux que dispense Bacchus; il en démontre la vanité. « Cependant , dit-il , n'allez pas me prendre pour un de ces docteurs rébarbatifs que je hais; jiB méprise les pédans de toute espèce ; écoutez et |uge2-moi. D'abord j'approuve fort les plaiairs dli mariage, mais je veux qu'on se choisisse une belle femme, douce, prudente et vertueuse : ne regardez pas à la dot ; ceux qui ne se marient que dans cette vue ne ressemblent pasfnsflàSaiîl vîsitantia sorcière d^Endor . Quant aux plaisirs illicites, le soin de votre santé merépondrade \:o tre sagesse. En second heu , buvez; je bois bien, moi ; mais évitez de vous enivrer : c'est encore un préjcegte dç santé. .

344 Londres , la œtir et les provinces ,

» Néanmoins croyez-moi , tout cela n est que yanitë ; j'ai Vexpérience de tous ces prétendus plaisirs^ je les recherche encore» mais j'espère que Dieu me corrigera : ce n'est qu'au ciel qpj^ Y on peut trouver le vrai bonheur»..

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